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EAN : 9782213712901
Éditeur : Fayard (28/08/2019)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Tu avais l'âge de quitter ton enfance, l'âge où on se sent libre et où, dans le train pour Paris, on s'assoit dans le sens de la marche.
Dès ton arrivée, tu t'es sentie obligée de devenir quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui n'oserait plus dire "je ne sais pas".
C'était la ville qui t'imposait ça, dans ce qu'elle avait à tes yeux de violent et de désirable: sa culture.
Puis tu as rencontrée Elia.
Elle avait le goût des métamorphoses.
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
Cancie
  10 janvier 2020
Océane, 18 ans, issue de classe moyenne quitte Saint-Jean-des-Oies en Vendée pour venir poursuivre ses études universitaires à Paris. Elle se retrouve confrontée à un monde différent, à côtoyer la bourgeoise et n'arrive pas à être elle-même. Elle essaie de calquer ses gestes et ses pensées sur les autres, notamment deux étudiants Paul et Aurélien qu'elle essaie d'imiter pour tenter de leur plaire et de s'en faire des amis.
Alors qu'eux ne se posent jamais de questions et ont toujours l'air de savoir, il n'en est pas de même pour elle qui se sent idiote et doute sans cesse. Elle sait pourtant que "les gens préfèrent mentir plutôt qu'avouer qu'ils ne savent pas".
Cette période de vie, teintée de souffrance et d'imposture, Blandine Rinkel la nommera L'imposture puis viendra alors La rencontre, la rencontre d'Elia. Océane est subjuguée, dès le premier regard par cette grande séductrice beaucoup plus affirmée qu'elle. Une grande amitié va naître, elles vont vivre une relation passionnée extrêmement forte et tumultueuse et Elia donnera à Océane le goût des métamorphoses. Elle va la convaincre de changer d'identité pour qu'elle puisse avoir ainsi la possibilité de choisir qui elle veut être vraiment, et en fera autant. Blandine Rinkel a elle-même entrepris cette démarche dans le passé en changeant de prénom.
Mais arriveront-elles à se trouver ?
Le nom secret des choses transcrit très bien cette période de la vie où l'on se cherche et le dédoublement qui peut être ressenti, ces contradictions que l'on porte en soi, que l'on retrouve également chez les autres. Il me semble que le "tu" employé par la narratrice pour se parler à elle-même comme s'il s'agissait d'une autre personne renforce ce sentiment de double. de même, Blandine Rinkel aborde cette dualité dès le début de son roman avec Paris, ville terrifiante la nuit par ces bruits, ces cris, ces hurlements, mais grisante et bigarrée le jour.
C'est un roman dans lequel tout est multiple et contradictoire, un roman que je n'aurais sans doute pas connu si je n'avais assisté à sa présentation en septembre aux Correspondances de Manosque par Blandine Rinkel elle-même : une belle histoire d'amitié et de quête d'identité.

Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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Fandol
  20 février 2020
Il en faut du talent pour écrire pareil livre, pareil roman, sorte d'introspection narrative exprimant un mal être, une recherche de personnalité !
Blandine Rinkel se parle à elle-même, se tutoie, et cela donne un style direct qui m'a bien accroché, même si l'intérêt de la lecture n'est pas entretenu artificiellement par quelque suspense que ce soit.
Bac en poche, Océane, 18 ans, se retrouve seule à Paris pour poursuivre ses études. Son père, un homme attentionné, à l'écoute et sachant s'effacer pour laisser sa fille vivre sa vie, lui paie un petit 10 m2 parisien et elle découvre la ville.
Elle dit venir du village imaginaire de Saint-Jean-des-Oies, près de la Roche-sur-Yon, et elle trouve beaucoup de différences entre la capitale et son lieu d'origine. C'est l'été et elle en profite pour s'habituer à sa nouvelle vie.
La rentrée l'amène à Tolbiac, Paris-Sorbonne. Elle rencontre Paul et Aurélien. Ils parlent histoire, culture, politique, sexualité et elle découvre un nouveau vocabulaire, se heurte au snobisme et doit cacher ses manques de références en musique, elle qui adorait la téléréalité.
Elle s'aperçoit même que sa voix change. Cela lui donne l'impression d'être doublée, comme au cinéma. Elle qui avait un blog, n'ose pas en parler et enfin, se lie avec Elia qui a des yeux vairons, l'un vert, l'autre marron. Commence alors une histoire d'amitié profonde, pleine de surprises, certaines très inattendues.
Dans le nom secret des choses, l'auteure glisse doucement d'un « tu » pudique et sévère vers un « je » plus franc et direct. Elle se permet certaines digressions fort instructives comme lorsqu'elle parle de l'imposture et constate qu'il n'y a pas de féminin à imposteur…
J'ai trouvé aussi très original cette volonté de changer de prénom, l'une comme l'autre. Elia devient Safiah alors qu'Océane privilégie son second prénom : Blandine. Cela donne des chapitres très personnels, de réflexions intimes qui font de ce livre un ouvrage inclassable d'une écrivaine rencontrée aux Correspondances de Manosque où Blandine Rinkel qui est aussi journaliste et chanteuse dans le groupe Catastrophe, a été en résidence d'auteure.
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hcdahlem
  09 septembre 2019
Comment Océane est devenue Blandine
Dans une nouvelle version de l'histoire de la provinciale qui découvre Paris, Blandine Rinkel confirme les espoirs suscités par «L'abandon des prétentions». Et nous raconte comment elle est devenue Blandine.
Océane n'est plus la même depuis son arrivée à Paris. Bac en poche et toute la vie devant elle, elle est fascinée par la capitale et ses habitants. Même si elle est encore bien loin d'en apprivoiser tous les codes, elle sent la vibration, l'énergie et les opportunités qui s'offrent à elle: «Les premiers mois, tu habites dans le quartier d'Odéon. Dix mètres carrés, dégotés sur un coup de chance grâce au bagout de ton père. Tu n'as aucune idée de la portée symbolique de ce quartier. Tu n'es pas au fait de l'ancienne rivalité entre rive gauche et rive droite. Tu n'as pas même conscience d'être chanceuse de loger là. Tu trouves ça tout simplement beau.»
Même «la fosse de Tolbiac» ne lui fait pas peur, cette fac où pourtant elle doit se préparer un avenir. Il s'agit, consciemment ou non, de faire quelque chose de cette nouvelle vie, de se transformer, de se métamorphoser. Et pour cela toutes les expériences comptent, y compris sexuelles. «Tu suçais sans y penser. le sexe te semblant être un moyen comme un autre de te changer en quelqu'un d'autre. Une façon d'accélérer ta métamorphose. C'était comme un processus chimique de transformation de soi. Se faire pénétrer, comme la pâte à laquelle on ajoute un ingrédient, deux cerises, du beurre fondu.»
La route d'Océane va alors croiser une jeune fille qu'elle n'avait jusqu'alors pas vraiment considérée, même si cette collègue semblait venir de loin, comme son regard vairon, le même que David Bowie. Une rencontre comme une évidence, une découverte et la naissance d'une amitié fusionnelle, presque télépathique.
De la seconde personne du singulier, le récit passe alors à la seconde personne du pluriel : «Vous partagiez une amitié incandescente qui, tout extatique qu'elle fût, n'était en rien sexuelle, ne l'avait pas été, ne le serait jamais, et cette impossibilité de toucher, cet interdit tacite entre vous, rendait votre relation d'autant plus dérangeante.»
C'est à ce moment du roman que la romancière nous offre ce moment où tout bascule, ce rite de passage qui fait que toute la vie d'avant se fige et que désormais l'autre vie prend la place. Ce moment, c'est celui où on transforme la réalité pour qu'elle soit conforme à ce que l'on voudrait qu'elle soit. Un mensonge, une imposture dont Blandine Rinkel nous cite les exemples les plus emblématiques comme par exemple avec Jean-Claude Romand. «La mise en branle de l'imposture, c'est une tâche indélébile qu'on étale de plus belle en espérant la résorber. Et l'imposteur ajoute en permanence, de l'eau au moulin de son propre naufrage.»
Pour Elia et Océane, ce dédoublement de leur personnalité doit trouver sa légitimité dans un changement de prénom. Un petit jeu aux conséquences loin d'être anodines, comme vous vous en rendrez compte.
Voilà comment Océane est devenue Blandine. Et voilà comment, après L'abandon des prétentions, Blandine Rinkel confirme son talent.

Lien : https://collectiondelivres.w..
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Bazart
  30 août 2019
Une fois le bac en poche, Océane quitte sa province vendéenne pour aller à Paris, suivre des études de lettres.
C'est dans la ville lumière aussi magique qu'effrayante, qu'elle va rencontrer des jeunes gens issus d'un milieu social bien plus aisé qu'elle et notamment, une jeune fille, dont la liberté et l'audace vont rendre Océane aussi admirative que fascinée: jeune fille prénommée ( mais plus pour très longtemps) Ellia.
Entre elles, va alors se tisser une relation aussi ambigüe que passionnelle dont le dénouement semble inéluctable...
Une écriture douce et heurtée , qui commence par la seconde personne du singulier avant d'aller investir le "je" cinquante pages avant la fin une fois que la narratrice prend du galon et de la distance sur cette histoire.
Le nom secret des choses est un peu comme l'était "Respire" d'Anne- Sophie Brasme (mais en plus érudit et en moins organique), une histoire d'amitié toxique entre deux jeunes filles, donnant lieu à un beau et fort roman d'initiation et d'émancipation
Un récit qui va essayer de montrer jusque à quel point une jeune provincial est prête à aller pour se faire accepter dans cette ville et dans cette amitié où elle n'est pas sûre d'avoir sa place .
Un récit d'apprentissage aussi cinglant et doux amer..
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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ATOS
  08 janvier 2020
Attachement, souvenir, qu'est-ce qui nous hante , nous happe, nous construit ? Papier brouillard, brouillon d'histoire.
Ce qui nous ampute ? Ce qui nous quitte ? Qu'est ce que ça cache ? Qu'est ce qu'on perd ? qu'est- ce qu'on apprend ? Qu'est-ce qui nous fuit, qu'est ce qu'on égare ?
Faire comme si ...ou vivre comme ça. Ici ou mal là-bas.
On tient à quoi ? Un nom, un visage, des histoires qu'on se raconte.
À soi, aux autres. Ces autres à qui on écrit pour dire pourquoi on cherche tout le temps un nom, un geste, un rire, une silhouette….au fond des choses. A des années poussière.
Soi ou bien une autre ? On se détache du fond. Alors on prend des formes qui parfois ne tournent pas bien rond.
Ça tient à quoi tout ce qui s'en va ? Passé lumière.
Comment on quitte, comment ça s'arrête, ça disparaît, pourquoi ça revient même si c'est loin.
Rien que des lettres d'identité – papier glacé. Des parallèles aux lignes brisées.
On vit comme si , on vit pour ça. Palimpseste du regard.
On se rattache, quelque morceaux d'identité en cinq secondes dans un décor.
Astrid Shriqui Garain
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critiques presse (1)
LeMonde   21 octobre 2019
L’apprentissage périlleux des codes de la « distinction » bourdieusienne par une étudiante provinciale à Paris. L’écrivaine et musicienne fascine.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   09 septembre 2019
Un matin on se réveille, et l’on est fatigué de soi-même.
On a plus envie de revêtir, ce jour-là, le visage qu’on portait la veille. On aimerait tout recommencer, alors on commence quelque chose. En sous-vêtements, l’haleine ridée, sans avoir bu ni mangé, on se saisit de son téléphone et on compose le numéro d’une mairie lointaine et qui pourtant est la nôtre.
À l’adresse d’une oreille étrangère, qui ne connaît rien de notre histoire et du rôle clé qu’elle y joue, on confie pour la première fois le soupir d’être soi. La pudeur administrative nous aide à formuler les choses. On aimerait changer de prénom. La décision est prise. On est prêt à effectuer des démarches, à s’abandonner à toutes les recommandations. En écoutant ces dernières on hoche la tête, pour personne, on ronronne, pour soi-même, et on prend des notes, inutiles, des notes qu’on ne relira jamais. On affirme qu’on apportera bientôt de nouveaux papiers, des justifications, on remercie la voix pour qui renverser l’ordre des choses semble être un jeu d’enfants. On salue. On raccroche. Pas encore tout à fait certain d’être celui ou celle qui accomplit les gestes, on se lève. Quelqu’un, peut-être soi, ouvre le répertoire de son portable et, sans en éprouver aucune émotion, y modifie son propre prénom. On commence par là. Puis on va se doucher.
Comment nos vies parallèles infléchissent-elles la principale ? Comment la déforment-elles subtilement – pareilles à ces batteries de smartphones usées auxquelles il arrive, gonflant dans l’obscurité, de finir par soulever l’écran de la machine ?
Sans doute y a-t-il des parts de nous soumises à d’autres lois de la gravité, d’une autre gravité, lois tordues et inconscientes dont nous ne connaissons rien mais sentons la puissance par à-coups – des accords de piano plaqués dans le vide –, et nous éprouvons parfois, en nous-même, la trace d’une intensité qui, si nous la prenions au sérieux, pourrait modifier durablement nos vies. Puis, généralement, nous oublions.
Mais tout le monde n’oublie pas. Et chacun des gestes d’Elia, chacune de ses intonations, étaient en ce sens comme les indices d’un système moral alternatif qu’on devinait cohérent et tenu, mais auquel personne ne pouvait tout à fait accéder.
Batterie secrète qui la faisait enfler.
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FandolFandol   27 février 2020
Mélanges de pisse, de vomi et de renfermé, les effluves t’étonnaient quand tu atteignais le 22e étage où tu avais cours. Ils te prenaient à la gorge, t’imposaient le silence. D’autant plus que Paris I avait bonne réputation – classée dans le top 100 des universités les plus réputées au monde, elle rendait fiers les parents. Le gouffre entre l’aura de l’institution et son délabrement effectif t’épatait. Confusion dont tu tirais avantage, sans chercher à rétablir la vérité.
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CancieCancie   13 janvier 2020
La mise en branle de l'imposture, c'est une tache indélébile qu'on étale de plus belle en espérant la résorber. Et l'imposteur ajoute, en permanence, de l'eau au moulin de son propre naufrage.
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CancieCancie   13 janvier 2020
Bientôt, vous vous fréquentez quotidiennement, sans avoir pour cela besoin de prétexte. Peut-être reconnaît-on une relation qui prend à ce que ses membres , pour se voir, ont de moins en moins besoin de motifs. Arrive le moment où vous n'en avez plus.
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BazartBazart   27 août 2019
Voilà comment tout était parti. Le prénom est un déterminisme comme un autre sauf qu'apparemment- Elia avait entendu dire ça-le prénom, ça pouvait se changer. Alors qu'attendait on? Etait ce compliqué? Google vous indiquerait vite que ce ne l'était pas. Deux mois de patience, un rendez vous avec un avocat plus de 90% des cas concluants. Mais le plus simple restait évidemment de faire passer en premier son deuxième prénom.
" Tu serais prête à ça, toi?"
Elle l'avait lancé comme un défi.
" Oui j'ai un deuxième prénom, Blandine. Et même un troisième.
- c'est bien, Blandine. Ça te ressemble."
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