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ISBN : 2812604573
Éditeur : Editions du Rouergue (07/01/2013)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 46 notes)
Résumé :
Elles n'ont, en apparence, rien en commun. L'une a 89 ans, vit dans un mouroir, entendez une maison de retraite. L'autre est une parisienne trentenaire travaillant dans l'événementiel. Le temps de quelques jours passés ensemble, elles se réapproprient leur vie et leur mémoire. Après Comme elle vient, Raphaëlle Riol nous embarque dans un deuxième roman féministe réjouissant où elle cultive avec talent l'ironie et le second degré. On n'en lit peu de ce "genre" dans la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  17 août 2018
Alice et Alphonsine ont au moins un point en commun, elles sont toutes deux sur un fil en déséquilibre tanguant dangereusement vers une mort mal assumée et une vie peu digérée.
Alice, 30 ans, personnalité limite, borderline ou bipolaire, allez savoir, Alice est une trouillarde, vieillir lui fait peur autant que vivre. Contrainte à rendre visite à sa grand mère au Repos-Fleuri, les chansons de bal de musette, les grabataires avachis en attente du dernier souffle, elle n'en peut déjà plus.
Alphonsine regarde cette parisienne qui tient toutes les promesses de ses 30 ans mais aussi quelques anxiolytiques dans sa main suffisants pour un aller sans retour.
Alphonsine supplie Alice de la sortir du mouroir. Dans cette demande, Alice y voit l'aubaine de changer d'air, laissant tomber ses petites pilules. Demain a encore de l'avenir.
« On devient vieux le jour où l'on renonce à devenir punk ou poète. »
Les deux compères se racontent avec une volonté certaine de liberté, d'émancipation. La plus jeune nous livrera ses délires, ses cris, avec une hyper sensibilité, ses difficultés à trouver les limites entre raison et folie. La plus âgée nous parlera d'une vie désarticulée où la femme ne servait pas à grand chose il n'y a pas si longtemps.
Toutes deux pourtant s'en vont telles des Amazones, au plus près de la vie et d'une liberté qui ne semble s'accorder que dans la fuite.
Amazones est un beau roman avec une juste mesure d'humour. J'ai souri, j'ai retenu quelques larmes, d'une traite, j'ai compati pour tous ces êtres en mal de vivre, tous ceux qui attendent sans trop savoir quoi au fond.
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sandrine57
  18 février 2013
Contrainte par ses parents, Alice, 30 ans, assiste à la fête de fin d'été du Repos fleuri, la maison de retraite où sa grand-mère finit sa vie. Entre les chapeaux en crêpon, le tiramisu mou, les chansons de Michel Sardou et les pensionnaires décrépits, Alice étouffe et n'a qu'une idée : fuir vite et loin. Sous le coup d'une inexplicable impulsion, elle embarque dans sa fuite sa voisine de table, Alphonsine, 89 ans, qui se morfond dans ce mouroir déprimant. En cavale, elles s'apprivoisent, se racontent et se découvrent des points communs. de Loupiac à Marseille, Alice et Alphonsine, rebelles, révoltées, insoumises, s'offrent une parenthèse et revendiquent la liberté pour les femmes.

Drôle et acide, ce road movie nous entraîne dans les roues de deux amazones des temps modernes. Elles ont subi le joug de l'homme mais ne se sont pas résignées. L'une a trompé son notaire de mari, despotique, violeur à l'occasion, condescendant toujours. L'autre a tué son compagnon, à petits feux, le faisant glisser lentement vers la dépression. Alice la trentenaire borderline et Alphonsine la grand-mère indigne ne sont pas femmes à entrer dans le moule que la société voudrait leur imposer et c'est sans tendresse qu'elles jugent les hommes dominateurs et les femmes qui s'épanouissent dans une soumission béate. Belliqueuses et revanchardes, les deux fugitives poussent un cri de colère contre l'hégémonie masculine et prônent la liberté pour les femmes.
Un rythme trépidant, un humour caustique et deux personnages au caractère bien trempé font de ce roman un moment de lecture réjouissant, à déconseiller cependant aux fans de chanteurs sirupeux et aux machos arrogants.
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Herve-Lionel
  08 octobre 2015
N°968– Octobre 2015
AMAZONESRaphaëlle Riol– Éditions le Rouergue.
Il est des mouroirs comme des terrains de camping populaires, le nom semble choisi avec une particulière attention, du genre qui vous fait fuir avant d'y être entré. Ici c'est « Le Repos Fleuri », et de plus ce jour-là, il y a une fête avec cotillons et ces incontournables chansons censées rappeler la jeunesse des pensionnaires pour leur donner l'impression que « c'était le bon vieux temps »… de quoi avoir envie de ne pas y aller, quitte à mourir avant.
Alice, 30 ans, ne coupe pas à la traditionnelle visite à sa grand-mère et, par hasard, sa voisine de table, Alphonsine, 89 ans la supplie « de la sortir de là ». Coup de folie, elles se ruent ensemble vers la porte, et c'est parti, pour Loupiac, la maison de famille de la jeune femme ! Enfin un peu de liberté pour Alphonsine que les ateliers débiles proposés par la maison de retraite, dépriment, mais cela ne peut durer longtemps. Au départ, elles n'ont rien en commun, à commencer par l'âge et on se demande bien ce qui s'est passé par la tête d'Alice ! Pourtant elles vont s'apprivoiser et découvrir qu'elles sont toutes les deux des révoltées, qu'elles partagent au moins quelque chose : la haine des hommes et particulièrement de leur conjoint, mari ou amant. Bonjour le grand amour et bonjour le mariage ! Robin finit par mourir de trop avoir absorbé d'antidépresseurs, sans doute pour supporter la vie avec Alice, mais apparemment il ne lui manque pas et elle se sent même plutôt bien sans lui qu'à l'évidence elle n'aimait plus. Même s'il y a prescription, Alphonsine se souvient qu'elle était nantie d'un mari tyrannique, qu'elle trompa d'ailleurs allégrement et qu'elle laissa mourir tout comme elle trouva un matin son amant mort sans que cela lui fasse une peine immense. Il n'y a pas que le désamour qu'elles ont en commun !
Ah cette Alice, ce n'est pas parce qu'elle porte un prénom à visiter le pays des merveilles qu'elle peut se sentir sur un petit nuage en permanence. Pourtant, elle n'hésite pas à quitter un emploi subalterne peu attrayant sans pour autant avoir songé à un autre job, se réjouit sans vergogne de la mort de son Robin et invite ses deux soeurs à sortir de leur routine ménagère et de leurs habitudes de femmes soumises ! le coup de folie d'Alice sonnerait-il le glas de son enfance quelque peu tardive ? Peut-être est-elle enfin libre et indépendante sans son téléphone portable, sa carte bancaire, sans amant et sans boulot ? Allez savoir ? En réalité, comme Alphonsine qui a choisi de s'échapper de son mouroir, Alice, elle aussi est enfin sortie de son cocon, deux insoumises qui s'offrent un moment d'évasion qu'on peut, de l'extérieur, qualifier de dérive.
On dit le style de Raphaëlle Riol alerte, peut-être, mais pour ma part je ne l'ai guère apprécié puisqu'il ne correspond pas exactement à l'idée que je me fais de la manière dont doit s'exprimer un auteur littéraire. Sur le roman, je ne sais quoi en penser. Certes l'histoire est intéressante, Raphaëlle Riol parle de la relation difficile entre hommes et femmes ce qui est plutôt un fait de société quand deux mariages sur trois se terminent par un divorce et que ceux qui perdurent le font souvent à coup de trahisons et de mensonges, de convenance ou de patience, quand ce n'est pas d'intérêts. Cet exemple n'a rien de fictif qui pourtant parle d'un des piliers de notre société face à une des caractéristiques de l'espèce humaine. Au début une relation amoureuses est pleine d'illusions et on est prêt à jurer n'importe quoi qui parle d'avenir et de vie... Rapidement, tout cela s'effondre et la pulsion de mort, la sienne ou celle de l'autre, prend la place de tous ces beaux sentiments et si on hésite à sauter le pas, on invoque le hasard qui fait souvent bien les choses. Encore une fois le mariage est la danse plus ou moins longue d'Éros avec Thanatos et on est loin des lénifiants discours sur le sujet. de là à dire que la vie en commun est impossible, il n'y a qu'un pas et je le franchirai volontiers.
J'avais lu précédemment un roman de Raphaëlle Riol qui m'avait laissé perplexe [« Ultra-Violette » – La Feuille Volante nº 964), j'avoue bien volontiers que celui-ci ne m'a pas davantage convaincu.
Hervé GAUTIER – Octobre 2015 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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Mimeko
  18 janvier 2015
Un texte très fort que ce court récit, dans la lignée et l'esprit du film "Deux jours à tuer" avec Albert Dupontel.....
La fuite d'Alice trente ans et Alphonsine quatre-vingt neuf ans deux amazones l'une dans sa chair et l'autre dans sa tête, elles ont pour point commun une violence et une volonté d'être elles même peu importe le prix.
J'ai beaucoup aimé ce road movie qui permet de faire évoluer deux femmes fortes et pourtant fragiles, j'ai aimé la construction du récit à plusieurs voix, mêlant également des réflexions d'outre-tombe et des courriers échangés avec les soeurs d'Alice, une composition kaléidoscope très intense, mais l'ensemble reste violent, les deux femmes ressentant une grande animosité voire agressivité vis à vis des hommes, bien malmenés.
Un texte fort, à déconseiller aux âmes trop sensibles ou trop sentimentales.
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bibliothequedebracieux
  17 juin 2014
Cela commence par une fête au Repos-Fleuri. Alice est là un peu par hasard, elle est venue rendre visite à sa grand-mère.
" On fait les essuies-glaces tous ensembles. Comme si le monde entier pleurait à tue-tête"
Le ton est donné. Alice prévient aimablement son père " qu"elle a envie de crever". Ce qui le fait se marrer.
Et puis c'est la rencontre entre Alphonsine 89 ans et elle, 30 ans. Veuve -mais ce n'est pas un traumatisme pour elle, au contraire -, désespérée, anti-conformiste et libre…
- Je m'appelle alphonsine. sortez-moi de là
- sortez-moi de ce marasme, je n'en peux plus.
Seulement ces mots et c'est parti pour une épopée un peu étrange, désespérée, drôle aussi. Car ces deux-là elles auront des histoires à se raconter. Poursuivies par les autres, condamnées dès le début, incomprises elles ne se laisseront pas entraîner dans ce monde bien -pensant à la ligne de vie très étriquée.
Alice est une rebelle qui rue dans ce monde de tartuffes. Les hommes sont maltraités dans ce roman, sauf le doux et timide Max. Et nos amazones, juste 2 guerrières en fuite.
Ce livre est une épopée un peu triste, souvent revigorante, complètement ironique, décidément irrésistible.
Un roman de la sélection qui a beaucoup plu à la bibliothèque.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
LadybirdyLadybirdy   17 août 2018
Aimer sa famille est une obligation complexe proche du masochisme. Accepter d’être une réplique, une pâle copie, comme on dit, ou bien une mutation génétique, dernier maillon atavique, déjà en décomposition. Un clone ou un monstre, autant dire. Accepter d’office la décollation du moi, chantage compris. C’est pas toujours facile. Je suis sans doute trop narcissique pour consentir à devenir la truie attitrée de « ma tribu ». Peau rose, cuisses calibrées, mamelles pendantes. Non merci. L’adolescence m’a indiqué la direction de ma première ligne de fuite. Je l’ai suivie sans hésiter.
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charlottelitcharlottelit   27 novembre 2014
Avant de le rencontrer, j'avais posé des balises bien précises dans le champ des rencontres que j'allais potentiellement faire.
D'abord, éliminer les lâches, puis parmi ceux qui restaient, les machos,
les infidèles, les incultes, les radins, les mecs de droite,
les possessifs, les autoritaires, les trop gentils, les bavards
et enfin les fils à maman.
J'ai rencontré Robin avec de multiples éliminations d'office.
Beaucoup trop vite, je me suis félicitée d'avoir décroché le gros lot ...
Mais voilà, j'avais tout simplement omis les menteurs dans ma liste.
C'était une erreur de débutante.
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cocacoca   29 mai 2014
- Soyons claires, Alphonsine. Je ne suis pas altruiste et même plutôt centrée sur ma personne. Je ne vous ai pas enlevée pour m'occuper de vous ni pour me lancer dans l'humanitaire. Admettons qu'il s'agisse de vous rendre service quelque temps... Disons que j'ai eu pitié. Faudra respecter mon indépendance et recouvrer la vôtre... Je ne sais pas comment vous vous débrouilliez chez les matelots... Je ne suis ni aide-soignante ni infirmière. Alors, je vais être franche avec vous. Il est hors de question que je vous lave avec un gant mouillé, que je vous prépare vos habits le matin, que je vous fasse boire du minestrone à la cuillère, que je pèle vos poires dégoulinantes de jus poisseux ou que je coupe votre viande en menus morceaux...
Hors de question également que l'on s'occupe à faire des petits coloriages à la con ni que l'on écoute du Michel Sardou pour passer le temps.
- Non, bien sûr. Vous me prenez pour qui ?
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fanfanouche24fanfanouche24   04 décembre 2013
La vieillesse est une phobie. Autant la mienne, à venir, que celle des autres, avérée. Je ne vieillirai jamais. Je ne planterai pas de petits navets et je ne trônerai pas dans une ruche d'assistés. Je mourrai quand je le déciderai. On ne me gavera pas de karaoké ni de bouffe en gelée. au mieux, j'inventerai un monde parallèle, ou bien je me tuerai. (p.12)
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bibliothequedebracieuxbibliothequedebracieux   17 juin 2014
Ce qu'on dit de moi, suffit à ma vengeance. je n'en réclame pas autant. Mon mari est mort à la chasse, foudroyé par une crise cardiaque.
(...)
Longtemps que je n'étais plus sa "colombe" mais plutôt sa pigeonne. Ou plutôt la dindonne de sa farce abjecte.
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