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ISBN : 2369560622
Éditeur : Intervalles éditions (12/04/2018)

Note moyenne : 4.16/5 (sur 19 notes)
Résumé :
« Elle a vingt-quatre ans, une licence de lettres modernes avec laquelle elle peut au mieux espérer trouver un boulot de vendeuse au rayon librairie de la Fnac, toujours autant de comptes à régler avec papa, maman et docteur Freud, trois cents mots d’allemand et une centaine de thaï, deux histoires d’amour ratées et, à force de frimer en portant cinq assiettes à la fois, une tendinite chronique au poignet gauche.

Summer sent les larmes monter lorsque ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
zabeth55
  11 juin 2018
C'est une très belle histoire d'amitié avec en toile de fond tous les évènements sociaux des années 80 à 2000.
Summer, fille d'une ex-hippie
Jean-Charles, fils de portugais
Douma, fils d'une ex-bourgeoise et d'un sénégalais thésard à la Sorbonne
Ces trois là sont inséparables depuis l'enfance. Un seul être à trois têtes.
Ils grandissent dans le même immeuble, à la Goutte d'or, puis les déménagements les séparent, mais toujours ils se retrouvent, tout au long de leur vie, et toujours ils ne font qu'un, toujours en totale fusion.
C'est un livre qui se lit lentement
On jongle un peu avec les époques mais sans se perdre vraiment.
Cette amitié indestructible fait chaud au coeur.
L'entrée dans la vie adulte n'est facile pour aucun d'entre eux, mais leur lien est tellement fort que rien ne peut les abattre.
L'écriture est irréprochable. Les personnalités des personnages sont très fortes et extrêmement bien dépeintes.
Malgré le temps mis à lire ce livre, aucune sensation d'ennui, jamais.
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zazy
  21 août 2018
Tonton vient d'être élu président de la République. Peut-être vous souvenez-vous de la téloche « Un visage qui commence à s'afficher, un crâne dégarni, un instant suspendu –auquel des deux candidats appartient ce crâne ? »
L'auteure décide de faire débuter leur histoire ce jour-là « Puisqu'il s'agit d'un roman, on dira que notre histoire commence avec cette image-là, la place de la Bastille, cet écran bleu blanc, rouge, ce 10 mai 1981 » et comme dans tout souvenir, il y a des odeurs de clope, de morue salée, de poulet yassa, de boeuf bourguignon, de chou aigre, d'effluves de pisse, de javel, d'épices à couscous. Bref, les odeurs des appartements d'un immeuble populaire à loyer abordable, vers Barbès où beaucoup de nations cohabitent joyeusement.
Ils sont trois inséparables. Les oiseaux du même nom vont par deux, mais eux, il s'agit d'une bête à trois têtes, six bras, six jambes et un certains nombre de dents. « Ces trois-là, dès ce premier souvenir commun, formaient déjà une drôle de créature à trois têtes, six bras et six jambes, mêlés emmêlés. »
Il serait peut-être temps de leur donner un prénom. Nous avons Summer, fille d'une hippie, Jean-Charles, dit JC dont les parents sont portugais et Alain-Amadou, dit Douma franco-congolais. Ils sont I N S E P A R A B l'E S.
Douma sort de prison et les deux autres sont là à l'attendre « Summer glisse sa main dans la sienne, le bras de JC le frôle à chaque enjambée, ces deux-là le collent comme s'ils avaient pour mission de leur réapprendre à marcher ».
Roman de l'enfance, jusqu'au passage à l'âge adulte avec beaucoup de désillusions, mais toujours l'envie de s'en sortir. Ces trois-là ont eu des destinées différentes, ce sont un peu éloignés physiquement, mais ils sont toujours présents et les retrouvailles les retrouvent mêlés, emmêlés.Ils sont également emmêlés avec l'histoire qui s'appelle tout simplement la vie.
Un immeuble où l'on aimerait habiter pour partager un peu de ce melting polt. ‘‘Ce soir-là on avait préparé du poulet yassa et où Véronique avait apporté son infect boeuf bourguignon sans boeuf, et où la mère Da Silva y est allée de sa morue »
Un roman, album photo sur ces trois familles, sur la société où le mélange est possible.
La vie n'est pas rose, n'est pas tendre. Beaucoup de rêves sont cassés par la machine, par la difficulté à vivre, à survivre. Un énième départ, une nouvelle page à écrire, oui, mais avec quelle encre ? La difficulté de la page blanche de la vie à écrire, ils connaissent, eux que l'on dit « génération sacrifiée ». Malgré ce qu'ils pensaient, devenus grands, ils ne sont toujours pas libres. « Nous avons compris trop tard que libres, nous ne le serions jamais autant que nous le fûmes dans le bruit et l'odeur de l'immeuble à l'angle de la rue Myrha et du boulevard Barbès, même en étant les trois plus petits dans cet univers grouillant de marmaille »
Trente ans de vie en deux cents pages, un défi très bien relevé par Sonia Ristić qui ne tombe jamais dans la sensiblerie tout en évoquant le sida, la prison, la difficulté de trouver sa place. Il y a toujours l'espoir de grimper, grâce à une Mademoiselle Morand, ou les deux autres qui servent de tuteur, de soutien quand il faut… et la boule tricéphale se reforme encore et toujours.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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Marieemmy
  18 juillet 2018
Mai 1981. Tandis que le pays fête ou pleure l'élection de François Mitterrand, dans un immeuble du boulevard Barbès, Summer, Douma et JC, âgés de trois ans, s'enlacent pour la première fois. Devenus inséparables, ils forment une drôle de créature à trois têtes qui ne va jamais se lâcher quelque soit les événements, les aléas de la vie quotidienne, leur parcours de vie.On suit ces 3 bourgeons de fleurs jusqu'à leur maturité de jeunes trentenaires.
On alterne les chapitres entre ceux de leur enfance et ceux de leur vie actuelle....
Ce roman est celui d'une génération toute entière où chacun de nos 3 héros a sa propre histoire, vie qu'il va mener comme il l'entend mais toujours sous le regard bienveillant des 2 autres. Car une magnifique amitié existe entre ces 3 êtres, plus forte que les galères de la vie, la prison, l'éloignement et le tout sans jugement, sans reproches mais avec beaucoup de respect, de tendresse, de compréhension et d'amour. Cette amitié leur sert de famille à tous les 3, de socle sur lequel ils pourront toujours compter et se retrouver.Et ce malgré des origines, des éducations différentes (Summer est elevée dans une famille monoparentale faite de femmes uniquement, Douma est issu d'un couple binational et JC a 1 père violent, une mère victime de violences conjugales)
Mais ces différences sont riches d'enseignements, d'apprentissages tout comme les quartiers dans lesquels ils vivent, grandissent.
Ce roman est une ode à l'amitié et pose des questions sur l'amour (ses formes, son poids), la famille, la différence, la solitude, la vie en général, ce qu'on entend par "réussir sa vie". Il mène aussi un travail de reconstruction,de résilience.
perçu comme différent, que ce soit par son histoire familiale, sa couleur de peau ou son orientation sexuelle. à travers ces personnages touchants d'ardeur ou de maladresse s'écrit un roman pénétrant sur la force que l'on puise auprès de celles et ceux qui constituent nos familles choisies, celles dont l'acceptation est inconditionnelle et où l'on vient s'abriter de toutes les tempêtes.
Un roman où il m'a manqué un petit je ne sais quoi pour avoir mes 5 étoiles d'où 3,5 étoiles sur 5..
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valeb
  26 mars 2018
30 ans de vies : c'est ce que raconte Sonia Ristic dans son roman.
Les trente années pas toutes glorieuses de JC, Douma et Summer commencent à Paris rue Mirha, dans le même immeuble. Pour ceux qui comme moi ne connaissent pas Paris comme leur poche, parce qu'ils vivent en province, on se repère un peu grâce au boulevard Barbès, et la rue Mirha, c'est tout près.
On a vite compris que ces trois-là, même s'ils n‘ont que trois ans dans les premières pages ont déjà leur histoire fichtrement imbriquée dans la grande : du franco-sénégalais à la mère célibataire en passant par la famille portugaise, les 3 tout-petits vont se tenir serrés, tellement soudés que ces liens-là vont les faire avancer et gérer ces grands et petits moments qui font une vie.
« Les fleurs dans le vent » raconte. JC, ou plutôt Jean-Charles, Douma, ou plutôt Alain-Amadou et puis Summer ont aussi dans leurs prénoms des Histoires, avec un grand H qui racontent autant leurs parents que la France des années 80-90.
Sonia Ristic publie un roman, mais on a aussi le sentiment de feuilleter un album photo, avec des vraies photos, et elle nous raconte ces anecdotes qui n'en sont pas, ces grands moments de l'histoire de la France et du monde en même temps. le temps passe, les années 90 amènent leur lot de bouleversements, les conflits, les adolescences, les amours et les désamours.
Le trio, comme une créature à trois têtes, a ses premiers souvenirs en 1981, le 10 mai précisément avec le « crâne de Tonton à la télévision ». Il va continuer son bonhomme de chemin, et on a l'impression d'avoir passé une trentaine d'années avec eux, à les voir s'inquiéter ou souffrir, se tenir la main ou se « marrer comme des baleines » !
Le roman est autant le portrait de personnages que celui de la société. Sonia Ristic donne à voir que nos origines nous façonnent certes, mais ne nous obligent pas !
Merci pour cette belle lecture que je ne manquerai pas de recommander à ceux qui n'étaient pas bien vieux au début des années 80 pour raviver des souvenirs, et à ceux qui n'y étaient pas et qui les découvriront avec l'oeil amusé et parfois piquant de Sonia !
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Mirontainestaleggendo
  21 mai 2018
« Personne n'ose provoquer l'avenir. Il faudrait être fou pour provoquer l'avenir. »
Naissance de l'amour, film de Philippe Garel.
Les lumières dansent dans la cage d'escalier, boulevard Barbès. le yukka de la concierge n'est pas le seul à souffrir de cette période où l'âge fait défaut pour Summer, Douma et JC. Les trois amis se retrouvent quotidiennement et depuis leur prime enfance, dans ce hall. Triskèle de notre mémoire commune, face à l'écran le 10 Mai 1981. La tête de tonton, nos parents crient de joie ou de colère, c'est selon. On se souvient encore de l'image pixellisée du nouveau président. Entre les pages, le kaléidoscope d'une génération désenchantée. La politique s'use. Que nous soyons fille de bobos, post 68, comme Summer, ou fils d'immigrés, bosseurs et acharnés pour se faire une place dans un « nôtre pays » comme Douma ou encore fils de ceux qui expriment leurs peurs à coups de poing pour souligner leur regard haineux sur les différences, comme JC. Nous sommes tous enfants de ceux-là et cette souffrance suggérée par Sonia Ristic dans les pas de côté. La mémoire partagée s'impose au fil du texte. C'est l'histoire d'une jeunesse qui emprunte le chemin de la vie sans savoir où il mène ; c'est la voie actuelle sans reconnaissance matérielle ni reconnaissance sociale. Des Fleurs dans le vent nous fait partager ce quotidien de trois jeunes amis, leur choix de vie, parfois marginal, tantôt léger ou grave, sur plusieurs années de 1980 à 2000 et les majorités silencieuses de nos souvenirs en commun. Des fleurs dans le vent: des fleurs vivaces pour certains, des mauvaises herbes pour d'autres. Fragments de différentes époques de leur vie, leur histoire est constamment reliée à la nôtre. Une fiction flottante sur la différence au moment où la République est allée trop loin sur le chemin du désamour de ses enfants.
« [...] ne laissez jamais la couleur de votre peau vous définir. Ne laissez surtout jamais personne vous définir par rapport à ce qu'il voit dans cette couleur de peau. »
J'ai été troublée en refermant le livre de Sonia Ristic, en laissant ces fleurs au vent quand la poésie, la vérité et la beauté surgissent des bouches des égarés, dans leur urgence de vivre à l'heure où la jeunesse vacille au coeur des tempêtes de notre siècle.
Des Fleurs dans le vent de Sonia Ristic, éditions Intervalles.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Marti94Marti94   19 février 2019
Saint-Denis avait déjà mauvaise presse, alors que c'était une ville plutôt agréable en réalité. L'immense marché où se côtoyaient Dieu sait combien de nationalités et d'origines diverses était une merveille bariolée, odorante et joyeuse.
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Marti94Marti94   19 février 2019
Quand elle a le cafard, que Jean-Charles et Alain-Amadou lui manquent trop, que ses frangines l'exaspèrent, il lui suffit d'ouvrir un livre pour qu'immédiatement, elle se sente mieux.
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Marti94Marti94   19 février 2019
- Eh, regarde ça, dit-il. C'est super beau.
C'est pour cela qu'elle a un faible pour lui, elle trouve génial qu'il soit capable de remarquer tout ce qu'il y a de beau autour d'eux.
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valebvaleb   26 mars 2018
Douma pense de plus en plus qu'il est trop tard, que le point de non-retour a été dépassé, pas pour lui particulièrement, pas pour lui seulement, qu'il a été dépassé en général, que ce pays et ses plus de soixante millions d'habitants libres, égaux et fraternels ont tous ensemble dépassé le point de non-retour, que la République est allée trop loin sur le chemin du désamour de ses enfants.
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Video de Sonia Ristic (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sonia Ristic
Soirée En Echo au spectacle "14 minutes de danse". Enregistrée au TARMAC de la Vilette le mercredi 29 avril 2009. Bernard Magnier reçoit Sonia Ristic, dramaturge et romancière (Orages - Actes Sud), comédienne et metteur en scène.
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