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EAN : 9782864249368
144 pages
Éditeur : Editions Métailié (05/09/2013)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 37 notes)
Résumé :
« A la maison, comme l’argent courait toujours plus vite que nous, quand un film arrivait à la Compagnie et que mon père le trouvait à son goût – juste d’après le nom de l’actrice ou de l’acteur principal – on réunissait une à une les pièces de monnaie pour atteindre le prix du billet et on m’envoyait le voir. Ensuite, en revenant du cinéma, je devais le raconter à la famille, réunie au grand complet au milieu de la salle à manger. »

María Margarita a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  01 juin 2015
Laissez-moi vous raconter, non pas un film, mais un livre. Un tout petit livre par sa taille, 129 pages qui se lisent à toute vitesse, mais grand par le talent de son auteur et par la place qu'il a pris dans mon coeur et ma tête.
Il était donc une fois, dans les années 50, une petite fille de 10 ans, Maria Margarita, qui vivait avec ses 4 frères plus âgés et son père en fauteuil roulant, dans le campement d'une mine de salpêtre quelque part dans le désert d'Atacama, dans le nord du Chili. Au village, la seule distraction, c'est le cinéma. Mais la famille est pauvre, et le défi de chaque semaine consiste à rassembler assez d'argent pour qu'un des enfants puisse aller voir le film à l'affiche. le voir, et puis revenir bien vite à la maison pour le raconter au reste de la famille. A ce jeu-là, c'est Maria Margarita qui est la meilleure, pourvue d'un don peu commun pour restituer les films, peu importe leur genre. Au point que son père la désigne officiellement « raconteuse de films » de la famille, puis du village entier qui se bouscule dans la petite maison, préférant « entendre » l'histoire plutôt que de la « voir » sur grand écran. Ce talent fera le bonheur et les beaux jours de la famille, pas toujours ceux de la jeune fille.
C'est Maria Margarita elle-même qui nous raconte son histoire, des années plus tard. Comment l'arrivée de la télévision a mis fin à sa célébrité en même temps qu'à ses séances de raconteuse, comment la mort de son père puis le départ de ses frères l'ont laissée seule au campement, comment elle y a vécu ou survécu jusqu'à aujourd'hui. Parce qu'elle y vit toujours, près de cette mine désaffectée, assurant les visites guidées pour les quelques touristes. L'air de rien, derrière ces aventures de pellicule, elle nous laisse voir la vie dure des mineurs du salpêtre, la promiscuité d'une réalité sordide dans « l'âpre néant du désert d'Atacama ». Néant duquel on se sauve grâce au cinéma et à l'imagination, et sans jamais se plaindre de son sort. Désert âpre mais magnifique, comme ce roman, tendre, joyeux, émouvant, terrible.

Lien : http://www.voyagesaufildespa..
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Bookycooky
  28 juin 2015
"A la maison,comme l'argent courait plus vite que nous, quand un film arrivait à la Compagnie et que mon pére le trouvait à son goût-juste d'après le nom de l'actrice ou de l'acteur principal - on réunissait une à une les pièces de monnaie pour atteindre le prix d'un billet et on m'envoyait le voir.
Ensuite en revenant du cinéma, je devais raconter à la famille, réunie au grand complet au milieu de la salle à manger."
C'est le premier paragraphe du livre, de quoi vous donner la pêche pour le lire d'un trait.
Une famille de cinq enfants, quatre garçons, une fille,un pére invalide, suite à un accident du travail, et la mère disparue.Nous sommes dans le désert d'Atacama,dans les années 60, dans un campement installé par la Compagnie, qui régit une salpetriere, et la vie de tout ses habitants.Un cinéma, et en deuxiéme lieu le foot sont les seuls distractions qui sauvent les gens de l'aride ennui du désert.
La narratrice, la raconteuse de film est la petite fille,Maria Margarita.Elle devient célèbre pour son talent de raconter des films mieux que les films eux-mêmes,...mais la réalité rattrape vite le rêve....
Un petit livre, mais un beau et grand roman malgré ses 129 pages,le fond, la forme tout est original et m'a beaucoup touchée.Coup de coeur!
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isabelleisapure
  21 février 2017
Comment faire quand on aime le cinéma mais que dans une famille de cinq enfants, on a tout juste de quoi acheter une seule entrée ? On vote pour celui des cinq enfants qui raconte le mieux un film : désormais c'est donc la seule fille, la cadette de la famille, qui a l'immense privilège d'aller au cinéma.
Son talent de raconteuse de films lui taille une si belle réputation qu'elle prend un nom d'artiste, Fée Ducinée, et que bientôt toute le voisinage vient payer son entrée pour aller la voir, elle, se donnant en spectacle avec force mimiques, jeux d'acteurs et accessoires.
L'auteur nous conte l'histoire d'une petite fille intelligente et attachante en nous plongeant dans le Chili des mines de salpêtre, du dénuement et de la misère sociale.
Ce qui m'a frappé dans ce trop court roman est la beauté et la précision de l'écriture. Rien d'inutile dans ces lignes, chaque mot est à sa place.
Les descriptions sont d'une telle minutie que j'ai eu moi aussi l'impression d'être au cinéma.
Une très belle découverte d'un auteur dont j'ignorais jusqu'au nom.
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Dune00
  17 janvier 2016
Un joli petit livre. Une pause poétique et hors du temps dans le désert d'Atacama. Une époque révolue, d'un campement perdu dans le désert vivant grâce à une compagnie salpêtrière. Un moment attendu par les habitants rythme le campement, celui de se réunir autour d'une petite fille, qui va leur conter les films que son père l'envoie voir avec le peu d'argent qu'il a. Tellement douée qu'à renfort de déguisements, elle se laisse souvent emporter et améliore l'histoire originale. Au cinéma les habitants préfèrent l'écouter et laisser leur imagination inventer le décor pour les emmener loin de leur quotidien. Arrive cependant une nouvelle ère avec l'arrivée de la télévision annonçant la fin de ces réunions autour de la petite raconteuse de film. Chacun se refermant petit a petit sur eux- même. Chacun essayant aussi de faire sa vie dans ce désert marqué par la désillusion, la pauvreté et la peur de se transformer eux aussi en statue de sel. Un joli clap de fin teinté de mélancolie avec malgré tout une raconteuse de film fidèle au désert et qui vous racontera sûrement, toujours une histoire.
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ATOS
  05 mars 2016
Nous sommes faits de la même matière que les rêves écrivait Shakespeare, Nous sommes faits de la même matière que les films racontait Morgane Féduciné. Elle raconte les films, il écrit des livres, entre le rêve et la vie, entre le rêve et les livres, entre la vie et les films, tout se raconte. Chacun en l'autre, tout en chacun. C'est un très joli roman, celui des rêves, des éphémères. de ce qui du bord de nos lèvres nous revient au coeur du monde , de tout notre choeur. Une écriture que je découvre. Un regard que je suivrai parce qu'il me parle et me plaît.
Hernan Rivera Letelier est né au Chili en 1950. Familier des déserts des mines de nitrate d'Atacama. Il a travaillé longtemps comme ouvrier avant de commencer, à 25 ans, en cours du soir, des études.
Poète, conteur, et romancier, il raconte nos rêves, et c'est un très beau métier.
Astrid Shriqui Garain
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
PecosaPecosa   21 mars 2019
Grâce à Ecran, j'avais découvert que la plupart des acteurs et des actrices célèbres avaient de faux noms car les leurs, les vrais, étaient aussi moches que le mien. Ou même davantage. Pola Negri, la diva du cinéma muet, était le meilleur exemple. J'avais toujours beaucoup aimé son nom. Je le trouvais parfait pour une actrice. Mais, un jour, j'ai découvert avec horreur que c'était un pseudonyme: elle s'appelait en réalité Apolonia Chavulez. Consternée, je me suis dit, ce n'est pas possible. Avec un nom pareil, la pauvrette n'aurait même pas eu assez de grâce pour battre des cils.
J'ai eu une autre déception quand j'ai su que le vrai nom d'Anthony Quinn, un de mes acteurs préférés, était Antonio Quiñones .
Le glamour en prend un sacré coup!
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BookycookyBookycooky   28 juin 2015
Il arrivait aussi que le Bancal du Ciné, comme on appelait l'opérateur, se trompe dans les rouleaux de pellicule-surtout quand il avait but un coup de trop- et nous passe la fin au milieu du film.
Ou le début à la fin.
Ou le milieu du début.
Dans ce méli-mélo,on comprenait que dalle.
P.49-50
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Alice_Alice_   20 février 2016
Au fond, je crois que j'avais une âme de commère car il me suffisait de regarder les deux ou trois photos collées sur le panneau d'affichage - le regard lascif du curé, la moue innocente de la jeune fille et l'air complice de la bigote - pour inventer une trame, imaginer toute une histoire et me passer mon propre film.
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LyvresLyvres   08 décembre 2017
Et les choses ont commencé à bien marché. La "salle" se remplissait d'enfants et d'adultes, d'hommes et de femmes. Certains allaient voir le film au cinéma et venaient ensuite l'écouter raconter chez nous. Après quoi ils sortaient en disant que le film que j'avais raconté était mieux que celui qu'ils avaient vu.
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