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Philippe Rouard (Traducteur)
EAN : 9782266057363
Pocket (18/08/2006)
3.75/5   67 notes
Résumé :
Walter et Colquitt ne sont pas très heureux lorsqu'ils apprennent qu'un couple a décidé de se construire sur le terrain d'à côté. Ils avaient une si belle vue... Pourtant, lorsque les futurs voisins leur présentent les plans de leur maison, les Kennedy sont enchantés. C'est une belle maison moderne aux lignes contemporaines qui est un plaisir pour les yeux. Pourtant, elle est à peine construite que déjà plusieurs malheurs s'y produisent...
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Une maison hantée, on imagine toujours que c'est une bâtisse ancienne, lugubre, dans laquelle des phénomènes inexpliqués terrorisent les habitants, et ce, à cause de drames horribles qui ont forcément dû se produire sur place des années auparavant.
Sauf que dans ce roman, la maison en question n'est ni vieille, ni sombre, ni gangrenée par un lourd passé vu que tous les habitants de la rue ont eu l'occasion de la voir jaillir de terre, créée par un jeune architecte prometteur, et qu'elle est magnifique, moderne, lumineuse, située dans un quartier chic et tranquille qui respire davantage l'argent et la respectabilité que la misère ou la peur.

Et pourtant dès sa construction des choses mauvaises se produisent, des accidents, des maladies, des tensions, des coïncidences, et cela ne fait qu'empirer au fil du temps, distillant une aura de malaise autour d'elle.
Le suspense monte crescendo dans cette histoire où chaque fait nouveau peut tout à fait s'expliquer rationnellement, mais où l'accumulation de ces faits les rend justement irrationnels, car autant de malheurs et de drames condensés en un seul lieu ne peut tout simplement pas être possible.

Alors, serez-vous tenté d'y voir là une histoire terrifiante mais qui ne relève que de l'ordre des coïncidences et de la malchance ou y verrez-vous plutôt la preuve d'une force maléfique qui a su évoluer avec son époque ?
J'ai dévoré ce roman d'un genre peu commun, une forme d'épouvante moderne, qui change un peu du genre conventionnel de la maison hantée par des fantômes qui frappent sur les murs ou font claquer la porte de la cave la nuit, et la fin m'a paru particulièrement bien pensée.
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Cela fait un bon moment que je voulais lire La maison d'à côté, attirée bien entendu par l'éloge qu'en a fait Stephen King dans son Anatomie de l'horreur. Je ne connaissais pas du tout Anne Rivers Siddons et je dois dire que sa plume m'a séduite.
Sans l'aide de grands effets spéciaux, l'auteure arrive à nous impressionner par l'atmosphère oppressante dans laquelle baigne le roman. La maison vient d'être construite, ce qui nous change des demeures ancestrales et lugubres auxquelles nous sommes habitués.
Nous sommes dans une banlieue tranquille, où il fait bon vivre, et l'histoire s'installe assez lentement, l'auteure prend son temps, et ça j'aime bien. Petit à petit, l'angoisse commence à nous étreindre. C'est le moment de quitter les charentaises dans lequelles nous étions confortablement installés avec les protagonistes et de nous armer de courage pour affronter avec eux les événements auxquels ils se trouvent confrontés. Il faut dire que les personnages sont attachants, tout particulièrement Colquitt, la narratrice, dont j'ai presque "enfilé" la peau, ainsi que son mari, Walter, et on partage leur douleur quand arrivent le malheur, la dépression, la folie... la mort. Un profond sentiment d'injustice m'a submergée, et tout du long je me disais qu'ils ne méritaient vraiment pas ça. Les personnages secondaires (leurs amis) ne sont pas délaissés, l'auteure a réussi à faire en sorte que je m'attache à chacun d'entre eux.
On ne sait pas vraiment pourquoi cette maison et ses environs, semblent "vivants", le lecteur n'aura pas la réponse à cette question. Nous sommes entraînés de fausse piste en fausse piste et j'ai apprécié m'interroger sur les actes et pensées des personnages.
Ce roman joue avec nos émotions, nos peurs, nos phobies. Peut-être que les amateurs de gore et d'horreur à l'état pur seront frustrés par cette lecture. Personnellement, j'ai trouvé ce récit original et comme dit plus haut, très bien écrit. J'en attendrais presque la suite pour avoir les réponses à mes questions et parce que j'en voudrais bien encore une tranche, mais je ne peux pas dire non plus que je sois restée sur ma faim. En deux mots, chapeau bas.
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Vivre dans le quartier huppé où habitent Walter et Colquitt Kennedy est synonyme de bon voisinage et les soirées entre voisins devenus des amis sont fréquentes. Cependant lorsque le terrain nu jouxtant leur propriété est vendu, ils sont contrariés par la peur de perdre leur tranquillité. Bien que décontenancés par le style hyper moderne de la construction, ils sont finalement séduits par la sympathie du jeune architecte responsable du projet et par celle du couple qui s'y installe. Mais cette ambiance conviviale et sereine va être durablement troublée par une succession de drames tous liés aux habitants successifs de cette maison. Colquitt est très vite persuadée des ondes maléfiques de celle-ci.

"La Maison d'à côté" est la deuxième production d'Anne Rivers Siddons et sa seule incursion dans l'univers horrifique. Je suis une réelle admiratrice de cette auteure américaine lorsqu'elle met en scène l'histoire de son sud natal comme dans "La Géorgienne" ou quand elle se consacre à des histoires plus intimistes comme dans "Quartiers d'été". Je n'ai pas retrouvé dans ce roman sa plume élégante qui m'envoûte à chaque fois. Elle a voulu jouer sur deux atmosphères diamétralement opposées, celle très BCBG de la vie quotidienne des habitants de ce quartier (j'ai eu l'impression de les voir toujours un verre à la main) et celle d'un univers à la Stephen King (qui par ailleurs dit avoir apprécié le livre) pour ce qui se passe derrière les murs de cette nouvelle maison. Chez moi, il est évident que la sauce n'a pas vraiment pris, les horreurs qui se déroulent dans cette maison "hantée" ne m'ont pas touchée et j'ai été agacée par la liste des cocktails qu'ingurgitent tous ces quadras branchés.

Heureusement par la suite, Anne Rivers Siddons a trouvé le genre d'histoire où elle excelle. Pour cet essai non transformé, j'accorde un 10/20.
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Maison à vendre
A vendre, une superbe maison d'architecte de 400 mètres carrés habitables, située dans un beau quartier cossu d'une ville du Sud des Etats-Unis, voisinage agréable et discret. le prix ? Désolée, je n'ai pas cette information… Et pourquoi est-elle en vente ? Il est vrai qu'elle est récente… Eh bien, adressez vous aux voisins, les Kennedy, Walter et Colquitt, ils vont vous expliquer.
Ce sont les Harralson qui ont acheté le terrain et fait construire la maison, Buddy un jeune avocat prometteur et son épouse Pie qui attend leur premier enfant, le tout financé par le père de Pie. Les plans ont été dessinés par un architecte avant-gardiste, Kim Dougherty et il faut avouer que c'est une réussite ! Enfin, dommage que Buddy et Pie n'aient pu en profiter longtemps… elle a fait une mauvaise chute dans l'escalier menant au sous-sol et a perdu le bébé… et après il y a eu ce scandale…
Heureusement, la maison n'est pas restée longtemps sur le marché : vient d'y emménager un couple charmant, les Sheehan, Anita et Buck, qui arrivent du Nord et qui y ont vécu un drame affreux… D'ailleurs Anita reste fragile… très fragile… Jusqu'au jour où…
Exit les Sheehan. Maintenant ce sont les Greene qui s'installent dans la maison. Une petite famille bien sous tous rapports. Lui est professeur d'université, elle ne travaille pas voyons, elle s'occupe de leur fillette, Melissa. Norman Greene semble bien un peu rigide et son épouse Susan un peu trop soumise peut-être mais ce sont leurs affaires après tout… Evidemment, après ce drame, la maison est à nouveau vide…
Voilà, vous savez tout, ou presque… Une maison hantée ? Mais non, ce sont les vieilles bicoques qui sont hantées, ou des châteaux en Ecosse ou Dieu sait où … mais une maison neuve ? le fait est que les différents propriétaires n'ont pas eu de chance, ça arrive, hélas…
J'aime beaucoup Anne Rivers Siddons, ses romans profondément ancrés dans le Sud des Etats-Unis (Georgie, les Carolines, Alabama etc) ont un souffle romanesque incomparable qui m'a toujours séduite (alors que je ne suis pas une grande lectrice de ces romans dits « féminins »). Ce roman beaucoup plus sombre (je l'ai dans l'édition Pocket Terreur) n'y déroge pas et à travers l'histoire de la Maison d'à Côté on retrouve une peinture souvent critique d'une certaine « bonne » société américaine.
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The House Next Door
Traduction : Philippe Rouard

Désormais, "La Maison d'A-côté" trônera pour moi auprès de la "Maison Hantée" de Shirley Jackson car, bien que Rivers Siddons ait adopté une approche beaucoup moins classique que Jackson, les deux livres atteignent à la même puissance.

Jackson partait d'une maison déclarée hantée, Rivers Siddons opte pour une maison en devenir. Tout commence en effet par un terrain nu, celui des Mc Intyre, qui jouxte la propriété d'un couple de sybarites bien sympathiques et peu enclins à croire aux phénomènes surnaturels, Walter & Colquitt Kennedy.

D'abord peu heureux de voir des vis-à-vis s'installer près de chez eux, les Kennedy font contre mauvaise fortune bon coeur et finissent, hospitalité sudiste oblige, à lier des relations avec le jeune couple qui fait construire. Mais c'est surtout avec leur architecte, Kim Dougherty, qu'ils sympathisent. Pour Kim, ce contrat est une opportunité décisive, qui va lui permettre de faire ses preuves, surtout face à son père, qui l'a encouragé dans ses études mais qui ne le voyait pas forcément en architecte - Kim est un enfant adopté.

Pour les Harralson, le jeune couple fortuné qui a commandé la maison, le drame commence par une chute de l'épouse, alors enceinte de six ou sept mois, dans les fondations. Bien entendu, elle perd l'enfant. Notez que, tête de linotte et narcissique comme l'est Pie, ça n'a pas l'air de lui faire beaucoup d'effet. Mais de l'effet, ça en fait par contre à son père - une relation malsaine semble exister entre eux - et, bien entendu, à son mari.

Mais ils ne sont évidemment pas au bout de leurs peines ...

... comme vous vous en doutiez.

Après le départ en catastrophe des Harralson, deux autres familles se succéderont dans la nouvelle maison, si belle, si harmonieuse - extérieurement en tous cas. Que ses membres s'aiment ou se détestent, qu'ils aient ou non des enfants, le scénario sera, sur le fond, le même pour tous : avec une malveillance démoniaque et une volonté farouche, l'étrange demeure les privera de tout ce qui, pour eux, est le plus précieux.

Le pire, c'est que cela ne lui suffira pas. Avec une sûreté insidieuse, elle commencera à étendre sa toile aux maisons - et aux familles - voisines ... Et même si elle périt dans les flammes, n'allez pas surtout pas croire, naïfs que vous êtes, que tout est fini ...

Un roman que Stephen King considère comme capital dans l'Histoire de la littérature d'horreur moderne. Et qui l'est, à mon humble avis. ;o)
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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
- Colquitt, tu me demandes de croire que cette maison est... hantée ou je ne sais quoi. Ne comprends-tu pas que je ne peux pas croire une chose pareille ? Je veux bien supposer... je ne sais pas... qu'il y a dans ce terrain un champ magnétique, une poche de gaz toxique, bref un agent physique qui pourrait expliquer certains déréglements comportementaux, mais ne me demande pas de souscrire à l'idée qu'il y aurait là je ne sais quelle intelligence maligne. Une maison dont la construction date d'un an ? Dans cette rue ? Ce voisinage ? Allons, Colquitt, si je croyais cela, mais je ne pourrais même plus vivre dans ce monde. J'irais me mettre au lit et je n'en bougerais plus pour le restant de mes jours, parce que je n'aurais plus confiance dans un monde où le diable s'incarnerait dans un tas de pierres. Non, ne compte pas sur moi pour avaler ces sornettes.
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Cet état-là me rend d'ordinaire très malheureuse parce que je me sens terriblement seule, dans la mesure où je ne peux partager avec Walter ces obscurs pressentiments qu'il m'arrive d'avoir. Non parce qu'il pourrait se moquer de moi ou s'avérer incapable de comprendre ce qui m'agite si mystérieusement, mais parce qu'il est d'une nature plus matérialiste que la mienne. Il reste envers et contre tout un homme de réflexion et, quand il me vient ce qu'il appelle "mes visions", il est plus enclin à me rassurer et à me cajoler tout en riant un peu qu'à essayer de les partager avec moi. C'est là un des rares domaines où notre union n'est pas totales. Quand je suis en proie à une inquiétude incompréhensible, dont il ne ressent lui-même aucun signe, je sais à qui ressemblera mon ultime solitude sur la terre. Walter est sensible. je suis, d'après lui, une sensitive. Mais sans excès ni névrose. Il n'empêche, je sais que je ne délire pas quand il m'arrive de ressentir des courants, des ombres, là où apparemment l'eau est calme et claire.

Chapitre 9
Deuxième partie. Les Sheehan
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- "Des gens comme nous n'intéressent pas le magazine People. Nous ne sommes ni assez riches ni en passe de le devenir. Nous ne sommes pas de ces jeunes qui promettent, bien que nous ne soyons nullement de vénérables vieillards bourrés de gentils travers autant que de sagesse. Nous n'avons pas de talent particulier hors celui, peut-être, de vivre plutôt sereins et satisfaits les trois quarts du temps. Ni l'un ni l'autre nous n'avons écrit - ni n'écrirons jamais - de best-seller qui nous aurait rapporté un million de dollars en droits d'auteur, et convaincu Robert Redford d'en faire un film à succès. Nous n'avons pas fondé d'organisation de soutien en faveur des minorités opprimées ou des enfants atteints de maladies graves et rares. Nous n'avons pas d'enfant. Nous avons bien quelques amis qui ont eu l'honneur de paraître dans ce distingué magazine, mais ce sont des célébrités marginales, des originaux qui font des trucs pas ordinaires, pas des stars, pas de ces vedettes qui suscitent un abondant courrier d'admirateurs. D'autres, parmi nos relations, sont passablement éminents par leur profession ou leur standing (ceux-là sont rares) ou encore par leur fortune (rarissimes, ces derniers). Bref, nous ne sommes pas connus ; nous serions plutôt des connaisseurs et, jusqu'ici, nous n'avons pas eu à nous en plaindre."
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Certes, nous sommes bien loin d'être aussi riches que certains de nos amis, mais nous n'en faisions pas moins partie de leur cercle, parce que nous comprenons et apprécions leur manière de vivre. C'est également la nôtre ; nous y trouvons un bonheur tranquille et un certain équilibre. Nous n'avons qu'une envie : mener une existence paisible. Le désordre, la violence nous sont insupportables. Nous connaissons la misère qui accable tant de gens un peu partout dans le monde. Nous restons à l'écoute, nous sommes attentifs à l'actualité, et nous professons des opinions plutôt progressistes en politique. Nous sommes conscients d'avoir tissé une espèce de cocon autour de nous, mais nous l'avons voulu, nous y avions droit, nous avons travaillé dur pour cela.

Première partie. Les Harralson
Chapitre I
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Des gens comme nous n'intéressent pas le magazine People. Nous ne sommes pas assez riches ni en passe de le devenir. (...)
Et pourtant, cette semaine, nous y sommes, Walter et moi, dans People. Assis sur nos chaises blanches de jardin, ressemblant à ce que nous sommes ; (...). Nos bustes légèrement inclinés en avant, nous portons nos regards, par-delà la pelouse qui n'apparaît pas sur la photo, vers une maison - une maison bâtie sur un beau terrain boisé et pentu qu'on ne voit pas non plus. c'est pourtant à cause d'elle que nous voici dans People. La maison voisine est hantée, et c'est moi la responsable de toute cette publicité. (...)
Parce qu'elle est véritablement hantée, la maison des Harralson. Et hantée de terrible façon.

Prologue
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