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François Rivière (Autre)Philippe Wurm (Autre)
EAN : 9782344003916
128 pages
Glénat (17/11/2021)
4.19/5   39 notes
Résumé :
L’aventure dessinée d'Edgar P. Jacobs.

Amateur d’art antique égyptien, collectionneur d’armes en tous genres, chanteur lyrique amoureux de la scène… Avant d’être le créateur de Blake et Mortimer, Edgar P. Jacobs est un homme d’une grande curiosité, animé par des passions nombreuses qui ont toute sa vie transporté son imagination. Ainsi, à 18 ans, il se rêve davantage en chanteur d’opéra qu’en dessinateur de bande dessinée. Malgré un passage à l’Académ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Une épaisse bibliographie graphique d'un maître belge de la bande dessinée: Edgar P. Jacobs, rendu célèbre par ses personnages Blake et Mortimer. Cet album se lit avec plaisir décrit tant la vie que le travail du dessinateur. J'en conseille chaleureusement la lecture, complétée d'un podcast dont je donne les références plus bas.

Je dois d'emblée confesser que je n'ai jamais lu la moindre aventure de Blake et Mortimer ! Quand j'étais jeune, je ne sais trop pourquoi, personne ne m'a jamais proposé un de ces albums. Plus tard, la notoriété de ces personnages m'avait intrigué mais je n'ai jamais pris le temps de les découvrir. Curieusement, cette situation a perduré: je suis resté intrigué et j'ai continué à repousser au lendemain le moment où je me plongerais dans ces aventures. On fait parfois de mauvais choix…

Edgar P. Jacobs s'est rappelé à mon bon souvenir tout récemment, lorsque l'on a fêté le 75e anniversaire de la parution des premières planches de la première aventure de Blake et Mortimer, « Le secret de l'Espadon », dans le Journal de Tintin.

Je me suis donc laissé tenté par la biographie graphique publiée à cette occasion par son biographe François Rivière, associé au dessinateur Philippe Wurm. J'ai complété ma lecture par l'écoute des 10 épisodes du podcast « Partition pour Blake & Mortimer ou les dix vies d'Edgar P. Jacobs » disponible sur le site de la RTBF. Je vous recommande de vous plonger dans ces deux médias car, même s'ils se recoupent fortement, ils donnent toutefois des éclairages différents. François Rivière a publié d'autres biographies de Jacobs, avec Benoît Mouchart: « Edgar P. Jacobs: Un pacte avec Blake et Mortimer » et « La damnation d'Edgar P. Jacobs »; je ne les ai pas encore lues; je ne sais donc pas si leur contenu recoupe celui du podcast.

Edgar P. Jacobs est né le 30 mars 1904 à Bruxelles, dans le quartier du Sablon; son père était sergent de ville. Je vous recommande d'écouter au moins le premier épisode du podcast. Vous y entendrez le dessinateur raconter son enfance avec un ton goguenard, renforcé par un accent bruxellois truculent. Il explique qu'il avait beaucoup se déplacer à pied dans la ville (« Il y avait des trams, mais c'était pour les mous. »). Il a étudié à l'Académie des beaux-arts de Bruxelles, en compagnie de son ami Jacques van Melkebeke, dont il restera proche toute sa vie. Il commence alors une carrière de dessinateur publicitaire, tout étant fasciné par l'opéra, qu'il avait découvert en assistant à une représentation de « Faust » alors qu'il était encore adolescent. Il se produira comme baryton et épousera Léonie Bervelt (« Ninie »), chanteuse de cabaret.

Disons qu'Edgar P. Jacobs n'a pas été encouragé à poursuivre sa carrière à l'opéra… Mais il en gardera le goût d'une mise en scène théâtrale dans ses bandes dessinées. Sa réelle carrière de dessinateur commence en 1943; il avait donc près de quarante ans. Il crée ses premières aventures, « Le Rayon U », pour l'hebdomadaire « Bravo ! », avant de rencontrer Hergé, qui l'engagera comme coloriste et décorateur.

En 1946, il devient un collaborateur important du journal « Tintin », dans lequel il commence à publier « Le secret de l'Espadon ». C'est à cette époque que son mariage bat de l'aile et qu'il entame une relation avec Jeanne Quitelier, professeur de piano; ils s'installeront ensemble en 1955 à Lasnes, dans les campagnes du Brabant wallon. Ils retourneront bien entendu régulièrement à Bruxelles; pour l'anecdote, il échapperont miraculeusement de l'incendie de l'Innovation en 1967.

Le livre, plus que le podcast, s'attache à décrire les relations entre Jacobs et les personnes qui ont occupé une place importante dans sa vie: Ninie et Jeanne, son ami Jacques, ainsi qu'Hergé, avec ses rapports ont parfois été fort conflictuels.

Par ailleurs, tant le livre que le podcast insistent sur la minutie dont le dessinateur faisait preuve. En particulier, il rassemblait toujours une importante documentation pour préparer ses albums, dont les décors étaient souvent basés sur de nombreuses photos qu'il prenait lui-même, même si le décor n'était pas toujours celui qu'on pensait: pour une de ses aventures, il s'est ainsi basé sur des photos du port de Bruxelles pour illustrer le port de… Londres, qu'il n'avait pas eu l'occasion de visiter ! Il se basait également sur des photos de ses amis ou de lui-même pour dessiner les visages de ses personnages. Techniquement, je peux maintenant comprendre pourquoi Edgar P. Jacobs était considéré comme un maître.

Enfin, le podcast, plus que le livre, met en évidence toute la variété et l'originalité des scénarios de Jacobs, ainsi que leur évolution infléchie par les exigences de ses éditeurs ou même par la censure dont il a été victime en France, où certains l'avaient trouvé trop violent.

Edgar P. Jacobs s'est éteint le 20 février 1987 et il repose dans le cimetière de Lasnes, comme le rappelle Francis Groff dans « Waterloo, mortelle plaine », qui fera l'objet de mon prochain commentaire. L'album de François Rivière et Philippe Wurm s'arrête là, alors que le podcast évoque l'affaire de la disparition de planches originales qui a été révélée une trentaine d'années après la mort de l'artiste.

J'ai trouvé que les dialogues manquaient souvent de naturel mais mis à part ce point relativement mineur, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire cette biographie graphique. Je vous en conseille donc la lecture, complétée par l'audition du podcast que j'ai mentionné, ne fût-ce que pour entendre la voix du dessinateur.

Maintenant, c'est bien décidé: je ne vais pas tarder à me lancer dans la lecture des aventures de Blake et Mortimer !
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Rivière et Wurm : ces deux-là font Jacobs

De là où il est, Edgar P. Jacobs doit être doublement étonné de la situation. Non seulement le nombre d'albums de Blake & Mortimer posthumes dépasse de loin celui de ses oeuvres originales, mais en plus, ces nouvelles aventures rencontrent un succès dont l'auteur belge aurait rêvé.

S'il fallait une preuve supplémentaire de cette injustice, cet album l'apporte à coup sûr.

Toute la vie de Jacobs est traitée en 9 chapitres, depuis l'éblouissement d'une visite nocturne au département égyptien du Musée du cinquantenaire, jusqu'à sa disparition, le cercle se refermant sur les mêmes images de marches dressées dans la nuit.

On suit la trajectoire d'un homme qui ne rêve que d'Art lyrique, mais qui devra trimer toute sa vie, enchaîné à sa table à dessin, bridé par Hergé, insuffisamment soutenu par son éditeur Raymond Leblanc, doutant en permanence de son talent, avant une reconnaissance trop tardive.

Celui qui n'a jamais rien lu sur la vie de Jacobs découvrira une foule de détails qui éclaireront sa vision de l'homme et de l'oeuvre.

Le fan qui a déjà certainement dans sa bibliothèque toute une collection d'ouvrages sur Jacobs (dont ceux de François Rivière), trouvera aussi son compte tant les anecdotes pullulent et sont intelligemment distillées tout du long. Car ce qui est formidable dans ce récit, c'est qu'il mêle intimement la vie privée de Jacobs, (ses amours, ses doutes, ses chagrins) et les personnages que cela a inspirés (Mortimer, Blake, Olrik...).

Et pour tout le monde, le dessin de Philippe Wurm, à la ligne claire joyeuse et inspirée, emballera définitivement l'ouvrage.

Le tout est préfacé Ever Meulen (un grand illustrateur belge) et complété par un texte de François Rivière rappelant sa visite en 1970 au Maître humble dans sa maison du Bois des Pauvres. Enfin, une notice biographique présente les principaux personnages croisés dans cet album.

Un bel hommage rendu à cet inconnu si connu.
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Voilà un projet inattendu : retracer la vie et l'oeuvre de Edgar P. Jacobs en BD. de la BD sur la BD, en jouant en plus sur la forme graphique si particulière de l'auteur belge des Blake et Mortimer.

Le résultat est très satisfaisant sur le plan visuel : les planches semblent issues d'un album de Jacobs qui aurait pris la patine du temps. La couverture est très réussie. Bravo à Philippe Wurm.

Sur le plan narratif, la biographie un peu romancée se fait poussive, surtout si on connaît déjà un peu l'essentiel de la vie de cet auteur de BD malgré lui. Il aurait préféré être chanteur d'opéra, se passionnait pour l'antiquité, a toujours difficilement supporté la pression, et avait un peu tendance à voir les choses en noir. C'est d'ailleurs sans doute ce fond pessimiste qui explique ses créations de mondes fantastiques, où des dirigeants dictatoriaux ou des savants fous sont prêts à tout pour imposer leurs vues.

L'ouvrage a beau être assez consistant, il y a peu de développements. Passé l'enfance bruxelloise, la période de la seconde guerre mondiale (et de certains de ses amis qui ont été poursuivis pour collaboration après-guerre), et celle de sa collaboration avec Hergé (où il fut clairement exploité par le créateur de Tintin), Rivière nous transporte surtout de ville en ville à la recherche des lieux qui ont servi de décor aux albums successifs.
Du coup, l'ouvrage est surtout destiné aux fans inconditionnels de Jacobs.
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Une BD dans le style très exact du fameux Edgar P. Jacobs pour nous raconter la vie de celui-ci.
En voilà une idée qu'elle est bonne.
Dans cet ouvrage, très dense, nous revenons sur le parcours de cet homme pluriel, qui se voulait chanteur d'opéra et qui deviendra un des plus grands noms de la BD belge et un des maîtres de la ligne-claire.
De dates charnières en petites anecdotes, nous suivons l'évolution de ses parcours professionnels et sentimentaux mais aussi les chemins pris par ses amitiés...constantes pour certains et plus problématiques pour d'autres.
C'est intéressant et bien fait.
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Je reste perplexe au moment de noter et d'écrire mon ressenti sur ce roman graphique.
Sa mise en forme est parfaite, son graphisme et sa mise en couleur rendent hommage à Edgar P. Jacobs et à son univers si particulier. 
Cependant, je n'ai trouvé aucun intérêt véritable à lire le récit d'une existence cantonnée à dessiner, repérer, signer des dédicaces. 
Il n'y a au fond rien de palpitant à apprendre tout cela et rien de formidablement graphique non plus. Et c'est malheureusement aujourd'hui le problème de beaucoup de romans graphiques qui restent sans relief parce que les vies décrites n'en ont elles-mêmes pas beaucoup.
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critiques presse (7)
9emeArt
05 octobre 2022
Enfin une biographie en bande dessinée qui se sert habilement des codes de la bande dessinée, sans rester en surface ou trop illustrative.
Lire la critique sur le site : 9emeArt
BDGest
24 mars 2022
Philippe Wurm s’amuse vraisemblablement. Adoptant une ligne claire typiquement jacobsienne, il traduit en images l’univers de celui qui est décédé en 1987. D’abord en se baladant dans les quartiers de la capitale dont il restitue les décors ; puis, et certains diront surtout, en multipliant les clins d’œil aux différents albums, au grand bonheur des lecteurs qui reconnaissent les pyramides, dinosaures et autres vaisseaux atlantes.
Lire la critique sur le site : BDGest
Sceneario
12 janvier 2022
Cette oeuvre sort à point nommé pour permettre d'en connaitre plus sur la vie de cet étonnant personnage que fut Edgar P.Jacobs. Une bande dessinée magistrale et majestueuse que je vous conseille fortement.
Lire la critique sur le site : Sceneario
BDZoom
10 janvier 2022
En neuf chapitres, François Rivière parcourt la vie d’un homme hors du commun, son désir de devenir chanteur d’opéra, ses débuts de dessinateur de catalogues pour les grands magasins, son premier récit (« Le Rayon U »), sa collaboration pas toujours idyllique avec Hergé, son entrée à Tintin et la création de « Blake et Mortimer » [...] ou encore ses rapports discrets avec le monde de la bande dessinée sont évoqués tout au long d’un récit vivant et passionnant, riche en anecdotes.
Lire la critique sur le site : BDZoom
LigneClaire
09 janvier 2022
Il y a chez Jacobs une vraie humanité, une douceur qui exclue l’affairisme. Le reportage qu’il fait pour le Piège diabolique, la période compliquée de la guerre, ce portrait biographique est une aventure unique en lui-même. [...] De toute façon un album à avoir qui se lit comme un excellent roman. François Rivière a un style parfait. On le savait.
Lire la critique sur le site : LigneClaire
Bedeo
07 janvier 2022
Cette biographie de Jacobs est un bel hommage à l’une des grandes figures de la bande dessinée franco-belge, qui devrait ravir les nombreux amateurs de Blake et Mortimer.
Lire la critique sur le site : Bedeo
LaTribuneDeGeneve
07 janvier 2022
Avec le scénariste François Rivière, Philippe Wurm consacre un portrait biographique très fouillé au créateur de Blake et Mortimer.
Lire la critique sur le site : LaTribuneDeGeneve
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Finalement, elle fait de moi un scribe chantant qui dessine!
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