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ISBN : 2707302562
Éditeur : Editions de Minuit (01/05/1953)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 123 notes)
Résumé :
Le détective Wallas est dépêché sur les lieux d'un meutre. Mais la victime est-elle vraiment morte ? L'enquête a-t-elle un sens sans cadavre ?... Pastiche de polar, cet ouvrage s'évertue à dénoncer l'illusion réaliste, en manipulant les éléments narratifs. Autre particularité : les personnages n'ont pas plus d'importance que les objets, qui sont décrits pour eux-mêmes, et non plus en fonction de leur utilité par rapport à l'homme. Pour rompre avec une vision anthrop... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
chartel
  05 novembre 2012
Dans "Essais critiques", Roland Barthes précisait que le projet littéraire de Robbe-Grillet était une tentative de "refus radical de la tragédie", une "expression de la négativité". Mais il ajoutait que rien ne certifiait que ce projet puisse s'accomplir, car une oeuvre n'est jamais totalement "l'expression retardée d'un projet initial". C'est bien ce dernier point qui m'a fortement marqué dans "Les Gommes", car ce projet d'écrivain donnant une valeur littéraire prééminente à l'oeuvre de Robbe-Grillet, fait écho aux différents projets fictionnels des personnages du roman. le récit ne se déroule jamais comme le souhaiteraient les protagonistes. Bien que l'on aboutisse aux mêmes résultats, le chemin pour y parvenir n'est jamais celui prévu au départ. Ce qui indique de toute évidence que le résultat importe peu dans ce roman policier. Nous n'avons pas, effectivement, besoin de savoir qui a tué qui ? pourquoi ? et dans quelles circonstances ? Les personnages agissent souvent comme des girouettes, notamment Wallas, l'enquêteur parisien, perdu dans cette terne préfecture provinciale, qui ne parvient jamais vraiment à suivre son programme et qui, parce qu'il ne peut s'empêcher d'imaginer ce que pourraient penser de lui toutes les personnes qu'il rencontre, finit par tourner en rond plutôt qu'avancer dans ses recherches.
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vincentf
  24 juin 2010
Dénarratologisons le propos. Mon mémoire est terminé. Je relis, sur la chaise longue, Les Gommes, pour la défense, vendredi prochain. C'est quoi, finalement, Les Gommes ? Un roman policier ? L'un des meilleurs. Bien plus que ça ? Certes. Une journée effacée, la négation du temps ? Bien trouvé, Alain. Un théâtre de points de vue où le narrateur cache au coeur des pensées des personnages la solution de l'énigme ? C'est ce que j'ai voulu montrer dans mon mémoire. La relecture (ouf) me donne, je crois, raison. Il n'empêche que Les Gommes, ça reste un roman policier, presque un polar, un Agata Christie, plein d'indices partout que personne ne voit sauf le relecteur (qui se dit : "mais c'est bien sûr"). Rajoutons-y, pour le plaisir culturel, mille allusion à Oedipe-Roi, et voilà. J'écris des platitude parce que ce roman, il me sort par les oreilles, je l'ai trituré en long, en large et en travers et je reconnais qu'il est bien foutu, mais il a perdu la fraîcheur de la surprise. Alain Robbe-Grillet révolutionne le roman, c'est entendu, mais pas encore dans Les Gommes (c'est peut-être pour ça que j'ai envie d'écrire que c'est son meilleur roman, ou son plus mauvais, ça dépend de l'humeur). Bon, je n'écrirai rien de mieux. Allons voir si relire le Voyeur m'inspire plus. En fait, le problème est le suivant : le nouveau roman, ça meurt dès que ça devient familier, dès que l'on y entre sans vertige.
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Warrenbismuth
  11 septembre 2018
Considéré parfois comme le premier Nouveau roman de l'Histoire de la littérature, sorti en 1953, avant même la détermination de la définition de « Nouveau roman », « Les gommes » est une expérience labyrinthique. Et au risque de surprendre, je retiens surtout de sa lecture cette sensation hautement kafkaïenne dans un roman où rien ne commence, rien ne se termine, tout est délimité dans un espace-temps réduit.
Pourquoi kafkaïen ? Pour de nombreuses raisons : l'absurde de la situation, la robotisation de la pensée humaine, les décors glaciaux, l'espace restreint et circulaire. La trame même : un crime est commis, certes. Mais l'assassiné n'est pas mort (il le laisse croire grâce à la complicité d'un toubib qui le déclare effectivement décédé), pourtant une enquête s'ouvre. Une enquête sans cadavre donc. Les médias s'y mettent puisqu'un journal annonce le décès d'un homonyme de ce Daniel Dupont dont la gouvernante est sourde mais pas complètement. Un enquêteur, Wallas, dont on ne sait pas grand-chose mais qui est pourtant le personnage central du roman, et accessoirement (mais pas toujours !) suspecté d'être le meurtrier alors que parallèlement l'enquête s'oriente par moments vers le suicide. Roman giratoire et sans fin, même les blagues d'un ivrogne pilier du bar où se déroule une partie de l'action ne dévoilent jamais leur chute, les devinettes restant en suspens.
Kafkaïen aussi et pourquoi pas, par le choix des rues d'un quartier où se déroulera l'intégralité de l'action, le meurtre ayant été commis rue des Arpenteurs (le héros K. du roman « le château » de KAFKA est lui-même arpenteur). C'est un peu cette satanée pierre de Sisyphe qui grimpe et retombe, remonte puis dévale à nouveau la pente, on n'en sort pas. Circulaire et figé, car le temps. Ces 7h30 à l'horloge, toujours, dans le (faux) crime, mais aussi sur la montre de l'enquêteur arrêtée à la même heure, les événements importants de l'intrigue se précipitant, la plupart à 7h30, les témoins qui ont souvent une anecdote à raconter, étant survenue à 7h30. le temps. Histoire sur deux jours, mais que de bouleversements malgré l'enquête sclérosée.
Tour à tour les témoignages, très différents les uns des autres, et pourtant chacun semble tenir la route malgré les discordances. Wallas tend à croire tout le monde, même s'il se retrouve lui-même impliqué et en difficulté dans un témoignage. Ah, le titre, « Les gommes » : Wallas tente plusieurs fois d'acheter en boutique une gomme parfaite, mais ressort désabusé avec une gomme de mauvaise qualité qui ne réalisera pas les tâches voulues. Évidemment, cette gomme miracle qu'il ne déniche jamais est celle qui aurait permis d'effacer le faux crime, les témoignages, le toubib, les flics, afin que plus rien ne s'embrouille, que tout devienne enfin translucide, que tout reparte de zéro, on avance et on oublie tout. Mais là justement, on ne progresse jamais, ou alors pour revenir au point de départ.
Ce roman est aussi et surtout un pastiche du polar noir, sauf qu'ici l'enquête n'est qu'un alibi, jamais une avancée, plutôt une stagnation, un piétinement, ah ! ce mouvement circulaire. Ce polar pourrait être d'ailleurs estampillé comme anti polar par excellence ! Et le fond de l'affaire, si vous parvenez à la fin du présent récit, est sans contestation possible le complexe d'oedipe, de quoi vous saouler en questionnements sans fin. Un bouquin riche, très singulier, du genre qu'on ne lit pas tous les jours, nerfs en pelote assurés malgré l'humour évident.
Je découvrais enfin (il n'est jamais trop tard pour bien faire, blablabla…) ROBBE-GRILLET qui m'attirait depuis un sacré moment, et j'ai tout naturellement voulu commencer par le début : Si « Les gommes » n'est que son deuxième roman (« Un régicide », écrit 4 ans auparavant, ne sera cependant édité que 30 ans plus tard), il fut le premier imprimé. Il m'a fait forte impression, même si je conçois parfaitement que pour un lectorat non averti ou non habitué à ce genre de littérature tordue et presque mathématique, il peut être très désagréable à lire et devenir une expérience calamiteuse (il peut rendre dingue avec les redites volontaires, les situations qui recommencent incessamment, jusqu'aux dialogues, jusqu'aux virgules). ROBBE-GRILLET fut l'un des piliers des Éditions de Minuit durant trois décennies, c'est même lui qui en quelque sorte fut le moteur de la ligne éditoriale, il n'en est que plus intéressant à lire, même 65 ans plus tard.

Lien : https://deslivresrances.blog..
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Soundandfury
  05 juillet 2011
Avis chrono'
Agréable surprise avec ce roman déroutant mais qui se laisse tout de même comprendre. Un bijou d'allusions dissimulées et de jeux d'énigmes! Un polar qui aurait presque une intrigue avec un crime qui n'en finit pas de finir et des quasi-personnages.
___________________________
Une relecture! Oui, vous ne rêvez pas! C'est déjà un exploit en soi et quand vous saurez que ce même roman, lu en 2006 avait reçu de moi dans mon petit classeur jaune ce commentaire définitif "L'auteur a écrit avec les orteils" il était très improbable que j'y remette jamais les pieds et pourtant...
Quelle promotion! Cette fois, j'ai aimé. Beaucoup... Voilà qui va faire plaisir à certaines d'entre vous, grandes relectrices!
Vous allez voir comme je vais bien vous vendre ce vieux Nouveau Roman des années cinquante...
Résumé:
19h30, le tueur tire sur la victime. La balle va prendre quelques détours (elle va mettre 24h à finir le boulot), durant lesquels nous allons suivre Wallas, chargé de cette délicate enquête... Toute une journée à errer dans une ville labyrinthique, à échaffauder des hypothèses autour d'un crime dont le lecteur connait dès le départ tous les détails: identité du tueur et des commanditaires, déroulement minutieux du crime...

Mon avis rien qu'à moi que j'ai pas copié chez les autres:
Et pourtant... C'est un grand tour de force de bâtir une intrigue policière sur l'impression qu'il n'y a plus rien à découvrir! Quand presque chaque page est un indice...
La fin vous surprendra tout de même, s'il vous vient l'envie de vous lancer dans ce roman. Comme une nouvelle, ça ne prend toute son ampleur qu'à la seconde lecture. Avec un peu d'expérience aussi. (Whouah.. j'ai vieilli, alors...? Zut)
Attention, le style est spécial. Il ne faut pas être trop attaché à ces choses futiles que sont une chronologie, une attribution nette des paroles à un locuteur identifiable ou une envie de bien comprendre ce qui arrive. Quelques scènes "fausses" se glissent de ci, de là et on tourne en rond comme dans un aquarium. Un aquarium rond. Parce qu'il y en a aussi des rectangulaires. Pensez au marque-page pour éviter l'impression de relire un passage qui ressemble à douze autres.
Pour les amateurs, il y a encore beaucoup à dire dans ce roman... Par exemple, sur le tarot marseillais (là, je cède la parole à mon charmant collègue E. ) et à l'histoire d'Oedipe qu'il vaut mieux connaître un peu pour admirer le travail hallucinant de Robbe-Grillet.
Hé! Et pourquoi les gommes, au fait? Pendant tout le roman, Wallas cherche une gomme précise, LA gomme idéale. le Graal de la papeterie! Pendant que l'assassin lui passe sous le nez...
Ce pauvre garçon n'est jamais où il faudrait... Il cherche aussi un docteur pendant une bonne centaine de pages et quand il le trouve... L'entevue nous est résumée en trois lignes et ne sert à rien... Un livre agaçant... Comme j'aime ça!
Conclusion:
Est ce que j'ai pas été gentille avec ce livre que je détestais? Y'a que les imbéciles qui changent pas d'avis!
C'était tellement bien que je me suis lancée dans La Jalousie, du même auteur... Aïe aïe aïe...
Lien : http://talememore.hautetfort..
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monsieurloic
  10 mai 2015
La première idée qui m'est venue lorsque j'ai terminé la lecture de ce curieux roman est qu'il s'agissait d'un polar à l'envers, à savoir que l'on sait à peu près tout sur tout dès le début (comme dans les Columbo) et puis plus on en avance dans la lecture, plus on commence à avoir des doutes sur la véracité des faits, sur le coupable du crime et sur la réalité du crime lui-même. L'auteur aurait même pu pousser le bouchon plus loin en mettant en cause l'existence de la victime (un dénommé Daniel Dupont, un solitaire et chercheur en économie, vivant dans un pavillon cossu d'une ville lugubre du nord de la France). le détective Wallas dépêché de Paris fait office de personnage principal de cette histoire sans queue ni tête. Il loge dans l'unique chambre d'un bar-hôtel paumé dans lequel des habitués alcoolisés se font des devinettes enfantines et discutent de problèmes arithmétiques. Pendant ce temps, Wallas erre dans la ville mais s'y perd très souvent bien qu'empruntant toujours les mêmes rues. Parfois, il s'arrête dans des papeteries pour acheter des gommes (pour quoi faire, on sait pas mais on peut voir dans ces gommes le symbole de ce roman où l'intrigue s'efface petit à petit comme s'effacent sous le frottement de la gomme les traits laissés par un crayon papier). Wallas doit rendre des comptes à Paris où l'on est persuadé que le meurtre du Dupont est le fait d'un groupe terroriste et doit composer aussi avec le commissaire du coin, le commissaire Laurent qui penche pour l'hypothèse du suicide. Pour compliquer les choses, Wallas se retrouve quasiment présumé coupable après que différents témoins lui trouvent une forte ressemblance avec un type louche qui traînait autour du pavillon la veille dudit crime (parce qu'en fait, Dupont n'est pas vraiment mort).
Bien qu'estampillé nouveau roman, ce qui signifie souvent lecture ardue, les gommes se lit aisément . Je suis rentré avec délectation dans l'univers étouffant et singulier mis en place par l'auteur dont certains aspects (l'allure de Wallas, l'absurdité de certaines scènes) m'ont fait pensé aux films de Jacques Tati. Cet ancien roman est à mettre entre toutes les mains d'autant plus que certains dialogues dans le bar sont à mourir de rire.
éditions de minuit, 1953, 364 pages, lecture sur kindle en avril 2015. note : 4.5/5
Lien : http://doelan.blogspirit.com/
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
NicolasFJNicolasFJ   29 mars 2012
Dans la pénombre de la salle de café le patron dispose les tables et les chaises, les cendriers, les siphons d’eau gazeuse ; il est six heures du matin.
Il n’a pas besoin de voir clair, il ne sait même pas ce qu’il fait. Il dort encore. De très anciennes lois règlent le détail de ses gestes, sauvés pour une fois du flottement des intentions humaines ; chaque seconde marque un pur mouvement : un pas de côté, la chaise à trente centimètres, trois coups de torchon, demi-tour à droite, deux pas en avant, chaque seconde marque, parfaite, égale, sans bavure. Trente et un. Trente-deux. Trente-trois. Trente-quatre. Trente-cinq. Trente-six. Trente-sept. Chaque seconde a sa place exacte.
Bientôt malheureusement le temps ne sera plus le maître. Enveloppés de leur cerne d’erreur et de doute, les événements de cette journée, si minimes qu’ils puissent être, vont dans quelques instants commencer leur besogne, entamer progressivement l’ordonnance idéale, introduire ça et là, sournoisement, une inversion, un décalage, une confusion, une courbure, pour accomplir peu à peu leur oeuvre : un jour, au début de l’hiver, sans plan, sans direction, incompréhensible et monstrueux.
Mais il est encore trop tôt, la porte de la rue vient à peine d’être déverrouillée, l’unique personnage présent en scène n’a pas encore recouvré son existence propre. Il est l’heure où les douze chaises descendent doucement des tables de faux marbres où elles viennent de passer la nuit. Rien de plus. Un bras machinal remet en place le décor.
Quand tout est prêt, la lumière s’allume…
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Bruno_CmBruno_Cm   19 mai 2013
- Quand vous m'avez annoncé qu'il était mort, tout à l'heure, ça m'a fait un effet bizarre. Je ne sais pas comment vous dire... Quelle différence pourrait-il y avoir entre Daniel vivant et Daniel mort ? Il était si peu vivant déjà... Ce n'est pas qu'il ait manqué de personnalité, ou de caractère... Mais il n'a jamais été vivant.
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chartelchartel   04 novembre 2012
-Quel est donc le rôle de la police, à votre avis ?
Laurent se savonne les mains un peu plus vite.
-Nous maintenons les malfaiteurs dans certaines limites, plus ou moins fixées par la loi.
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Bruno_CmBruno_Cm   20 mai 2013
On peut même dire qu'il ne faisait que ça, commettre des erreurs. Mais en fin de compte c'était encore lui qui avait raison : son erreur était seulement de croire tout le monde aussi raisonnable que lui.
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PalimpsestePalimpseste   06 janvier 2014
[...] - Je voudrais une gomme, dit Wallas.
- Oui. Quel genre de gomme ?
C'est là justement toute l'histoire et Wallas entreprend une fois de plus la description de ce qu'il cherche... [...]
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Alain Robbe-Grillet est l'invité de Jacques Chancel (1979).
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