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ISBN : 2351786009
Éditeur : Gallmeister (03/01/2017)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 110 notes)
Résumé :
Sissy Hankshaw a été dotée à sa naissance des deux plus longs pouces du monde : elle deviendra donc la plus grande auto-stoppeuse des États-Unis. Conduite par ses pouces, Sissy fait des rencontres étonnantes qui transforment sa vie, la Comtesse, magnat des déodorants intimes; Julian Gitche, l'Indien, qui sera un temps son mari, le docteur Robbins, psychiatre farfelu. Et surtout, les cow-girls, qui revendiquent l'égalité avec les hommes sous la conduite de la belle B... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
Tumbleweed
07 février 2017
Dressés fièrement tels deux sommets narguant un bitume incapable de les atteindre, ils arpentent les routes des Etats-Unis. Combien de portières ont été ouvertes, caressées par ces phalanges surdimensionnées, ces fiers mats incongrus portés par le souffle de la liberté et les envies de leur jolie propriétaire, Sissy Hankshaw. Elle n'aurait pu être qu'une fraîche et jolie blonde mais le destin l'avait doté d'appendices extraordinaires : un pouce hors norme orné chacune de ses mains tel un fruit aux proportions irréelles. Et si certains la regardait comme un freak échappé de l'imaginaire de Tod Browning, d'autres voyaient cette particularité comme une force, un signe distinctif, une signature. Sissy dont la perspicacité n'a d'égale que la hauteur de ces doigts, constatera très vite que South Richmond dans l'état de Virginie est trop étroit pour elle et ses pouces. L'auto-stop deviendra une révélation pour la jeune fille. de nombreuses arrestations en raison de son comportement inconvenant (arpenter seule les routes américaines et se laisser véhiculer par de parfaits inconnus est très malvenu à l'aube des années 70) ne décourageront guère l'apprentie voyageuse. Elle laisse son South Richmond, son ennui, sa famille et leurs préjugés pour l'aventure et ses pouces semblant n'avoir d'autres raisons d'être se muent en spécialistes de l'auto-stop. La route est jonchée de rencontres parfois mauvaises, parfois bonnes mais toujours surprenantes. Sissy ne se pose jamais, vivant de contrats publicitaires pour une marque de produits d'hygiène féminine dirigé par la Comtesse, un barbon à tendance misogyne et fantasque. Elle court, vole, portée par ses mains où ses pouces toujours en quête d'ailleurs paraissent près de s'envoler, l'attirant toujours plus loin, au plus près de son destin. Et si sa beauté lui permet de gagner sa vie et de poursuivre son chemin, ce sont ses pouces qui guident ses pas vers le mariage, vers l'amour et vers sa conscience. Accroché aux pouces vertigineux de Sissy, le lecteur la suit dans ses pérégrinations, découvrant un Dakota sauvage où des cow-girls tentent de diriger un ranch, s'émerveillant devant un vol de grues ou terrifié face à la folie des hommes. L'existence de Sissy est pareille aux dactylogrammes de ses énormes pouces, sinueuse, unique et infinie.
Tom Robbins, auteur ayant prêté son nom au personnage du Dr Robbins, psychiatre des plus originaux de ce roman, signe une oeuvre foutraque peuplée d'interludes, de réflexions philosophiques et politiques et surtout d'humour et de poésie. Animée par un esprit contestataire propre à la contre-culture américaine des années 70, Même les cow-girls ont du vague à l'âme est le roman de l'anti-conformisme dans lequel s'invitent également, écologisme, féminisme, pacifisme, anti grise-mine et anti-consumérisme. Sans jamais évoquer ces idéaux de façon professorale, Tom Robbins les distille dans un style profondément décalé et utilise des images qui ne sont pas sans rappeler l'oeuvre de Richard Brautigan. Inattendu, drôle et troublant, Même les cow-girls ont du vague à l'âme est une séance d'auto-stop sur une route inconnue. le lecteur ignore qui l'embarquera à la prochaine page ni dans quel engin mais l'envie féroce de découvrir de nouveaux paysages et d'autres voyageurs est trop forte et le lâcher prise s'impose…On the road again, again…
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le_Bison
20 juin 2017
J'enlève mes santiags toutes poussiéreuses avant de pénétrer l'antre du ranch de « la Rose de Caoutchouc ». C'est que je tiens encore un peu, si peu, à ma vie qu'il serait dommage que je me fasse estropier, flinguer, castrer par la renommée Bonanza Jellybean. Elle tient d'une main de maîtresse ce ranch où, bonheur des yeux et des culs, seules des cowgirls sévissent dans ce lieu de fantasmes et de peyotls.
Sissy, de longues jambes, un pouce démesuré à Richmond, Virginie. Défaut majeur dans sa plasticité certes, mais c'est le stetson vissé sur sa crinière qu'elle va user de son appendice et de son charme pour sillonner les routes d'Est en Ouest, du Sud au Nord, version autostop. Ça a du charme l'autostop, et je n'hésiterai pas à arrêter mon pick-up pour la prendre dans ma cabine hurlant le vague à l'âme de Johnny Cash.
Ce roman de Tom Robbins fera des étincelles dans ma tête, dans mon esprit, dans ma libido. A chaque page, son image, son délire. L'auteur abuse des substances hallucinogènes. Sous quelle forme ? Champignons, entre autre, mais pas que, tant son imagination totalement débridée épouse un univers totalement déjanté. Depuis que j'ai tourné ces pages, je rêve chaque nuit de cowgirls, je rêve de leur pays une bière assis au comptoir, elles les longues jambes croisées dans une minijupe bien serrées, moi les yeux dans le vague, l'âme dans la vague, rêve d'une vague de whisky qui viendrait me fouetter le visage de son embrun iodé.
Il y a des romans qui illuminent votre vie ou votre trajet de métro. Celui-là en fait partie. Ne serais-je pas un peu fou de me prendre pour un cowboy, ou pour sourire seul face à ce livre… Mais pas aussi fou que l'auteur… le soleil décline vers d'autres pâturages, j'ai envie de me faire une omelette aux peyotls, je me souviens du sourire d'une cowgirl, et j'écoute le silence de ma putain de vie que le vent emporte au loin.
De drôles de rencontres, un chinetoque un peu gourou, un psychiatre excentrique, un fabricant de déodorant, un indien loin de ses racines, des cowgirls lesbiennes, parsèment de son humeur sulfureuse et jasminée la vie de Sissy ; et par conséquent mon voyage littéraire inclassable. D'ailleurs comment se refuser un tel enivrement de mots, de whisky et de pensées saugrenues à sauvages aussi aphrodisiaques qu'une cowgirl en complet-3S, string stetson et santiags. Toute ma philosophie, le sky et le string, et maintenant les cow-girls avec du vague à l'âme.
Lien : http://memoiresdebison.blogs..
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colimasson
26 mars 2013
Une seule lecture n'est pas suffisante pour cerner ce livre de Tom Robbins. Sur plusieurs centaines de pages, l'ouvrage cumule les aventures, les réflexions, les personnages et les lieux les plus insolites qui puissent naître d'imagination d'écrivain. Tout cet humour, toute cette ironie, toute cette érudition déployées par Tom Robbins ne s'encaissent pas tranquillement en une lecture distraite. le résultat est excitant, mais aussi déstabilisant.

Contre-coup de cette richesse : le risque de nausée. Les tournures métaphoriques, parfois inutilement alambiquées, alourdissent un texte déjà dense qui ne cesse de nous trimbaler d'une péripétie à une autre, en passant par une anecdote politique, scientifique ou philosophique. Pas moyen d'avoir la paix ! Mais n'est-ce pas justement ce qui nous plaît ? Tom Robbins semble vouloir nous happer dans son histoire, sans aucune considération pour notre disponibilité : qu'on le veuille ou non, on sera dévoré par les aventures de ses cow-girls joyeusement cafardeuses !
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gilles3822
01 juin 2010
Ou l'on replonge avec délectation dans une période où tout semblait permis et l'avenir ouvert à tous les possibles. Ecrit au cours de la décennie 70, ce roman se place dans le courant de la contre culture américaine.
Dennis Hopper vient de mourir, s'il a lu ce livre, il a du jubiler de voir une héroïne appliquer à la lettre le titre de son film culte, Easy Rider. Elle voyage Sissy, elle fait du stop, c'est sa religion, c'est tout ce qu'elle sait faire, et elle fait son chemin dans les grands espaces. Elle a les appendices qu'il faut : Deux pouces à la taille extravagante, au pouvoir magnétique qui attire tout objet roulant pourvu d'un siège qui emportera sa propriétaire là où elle doit se rendre.
Les multiples rencontres occasionnées par ce pouvoir l'emporteront hors des sentiers battus (si je puis dire!). Tout ce joli monde repeint l'univers à sa façon, sans contraintes esthétiques ou morales. C'est l'époque où le libre arbitre vous permet toutes les fantaisies, les digressions métaphysiques, les expériences socio-hallucinées bien loin de nos pérégrinations frileuses et coincées, caractéristiques de la logorrhée actuelle.
Tous les personnages semblent hors champ, hors du champ social et n'existent que par la caricature qu'il dresse de la société d'où ils sortent. Ils forcent le trait avec talent et l'on se dit que décidément, ils ont foutrement raison, raison de tourner en dérision ce monde là.
C'est un livre sain, à recommander à tous les pisse-froid, les donneurs de leçons, les tristes sires qui hantent les multiples tuyaux de communications d'aujourd'hui, des plateaux de télévision aux forums sur Internet en passant par les séminaires d'entreprise.
Ici, les gens sont de vrais personnes, bien vivantes, décidées à en découdre.
A lire d'urgence.
Je n'ai pas vu le film mais ce n'est pas grave, j'ai mes images et c'est bon.
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le-mange-livres
31 mars 2015
Après avoir dévoré littéralement un autre titre de Robbins, Comme la grenouille sur un nénuphar (voir mon billet enthousiaste ici), je me suis jetée, frissonnante de plaisir anticipé, sur ce roman au titre on ne peut plus évocateur : Même les cow-girls ont du vague à l'âme.

Une trame bien difficile à raconter (ou plutôt pas de trame du tout), des personnages plus farfelus les uns que les autres : Sissy qui est une fille superbe malgré (à cause ?) de ses pouces démesurés ; son mentor la Comtesse, vieille tante maniaque ; les amazones sauvages du ranch de Bonanza Jellybean ; Julian, l'amoureux de transi de Sissy qui renie ses racines indiennes, sans oublier bien sûr le Chinetoque, ses deux horloges et ses oiseaux ... le tout mis dans un shaker avec New-York, le grand Ouest, des milliers de kilomètres d'auto-stop, agité par le Dr Robbins, psychiatre manifestement fou et curieux double de l'auteur, avec un évident plaisir de conter ("Ou bien est-ce que l'auteur n'est pas en train de vous amener quelque part ici, en train d'essayer de vous manipuler un brin, alors qu'il devrait se contenter de vous raconter son histoire, comme doit faire un bon auteur ? C'est peut-être le cas. Mais n'y pensons plus.")
En ai-je trop attendu ? Je suis en tout cas un peu déçue. Pas des abîmes de déception, non. Car il y a bien cette étincelle de folie furieuse, ces délires incontrôlables de Robbins (mais veut-il seulement les contrôler), cette étrangeté toujours, vaguement "murakamesque", et puis que diable, on est chez Gallmeister, et chez Gallmeister, on a confiance, surtout face à un roman comme celui-ci, élevé au rang de monument-culte de la contre-culture américaine. Alors oui, elle est bien attachante cette Sissy, oui, il est complètement barré ce Robbins, et il parvient à être drôle et grave à la fois. Et pourtant, j'ai un peu souffert du manque de cohérence du roman, et finalement de son caractère échevelé et sans doute un peu trop baba-cool et new age pour moi. Mais attention, hein, ça reste bien quand même ! (en me relisant, je me trouve trop sévère : il FAUT lire ce livre)
"Avant toute chose, si vous avez le moindre soupçon de jugeote, vous devez savoir maintenant que nous payons nos triomphes aussi cher que nos défaites. Alors, allez-y, ratez ! Mais ratez avec esprit, ratez avec grâce, ratez avec style. Un échec médiocre est aussi insupportable qu'un succès médiocre. Adoptez l'échec. Débusquez-le. C'est peut-être la seule manière dont certains d'entre nous seront jamais libres."
Lien : http://le-mange-livres.blogs..
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Citations & extraits (78) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison07 octobre 2016
Cette phrase-ci est faite de plomb (et une phrase en plomb donne au lecteur une sensation tout à fait différente d'une phrase en magnésium). Celle-ci est en laine de yack. Celle-ci est faite de soleil et de prunes. Cette phrase est en glace. Cette phrase est écrite avec le sang du poète. Cette phrase est made in Japan. Cette phrase luit dans le noir. Celle-ci est coiffée. Cette phrase en pince pour Norman Mailer. Cette phrase est une alcoolique et elle se fiche pas mal de qui le sait. Comme beaucoup de phrases en "italiques", celle-ci a des liens avec la Mafia. Cette phrase est double Cancer ascendant Poissons. Cette phrase a perdu la tête en cherchant le paragraphe parfait. Cette phrase refuse d'être schématisée. Cette phrase s'est enfuie avec une proposition adverbiale. Cette phrase est 100 p. 100 naturelle : elle ne contient aucun produit artificiel de fraîcheur comme les phrases de Homère, Shakespeare, Goethe et Cie, bourrées de conservateurs. Cette phrase a une fuite. Cette phrase n'a pas l'air juive... Cette phrase a reconnu Jésus-Chrits Comme son sauveur personnel. Cette phrase a un jour craché dans l'oeil d'un critique littéraire. Cette phrase sait danser le funky chicken. Cette phrase a vu trop de choses et n'en a pas oublié assez. Cette phrase sait comment planter des choux. Cette phrase est sans doute enceinte, car elle a oublié de prendre son point final Sept fraze ai kriblé de fot daurtaugraf - mais vous voyez bien qu'elle a survécu. Si cette phrase avait été un serpent, elle vous aurait mordu. Cette phrase est allée en prison avec Clifford Irving. Cette phrase était à Woodstock. Et cette petite phrase a fait trois petits tours et puis est rentrée dans la ligne. Cette phrase-ci est fière d'être de l'équipe de Même les cow-girls ont du vague à l'âme. Cette phrase ne sait pas trop quoi penser de tout ça.
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le_Bisonle_Bison22 mai 2017
Le baiser est la plus grande invention de l’homme.
Tous les animaux copulent, mais seuls les humains s’embrassent.
Le baiser est l’accomplissement suprême du monde occidental.
Les Orientaux, y compris ceux qui veillaient sur le continent nord-américain avant le grand ravage, se frottent le nez, et ils sont encore des milliers à le faire. Pourtant, en dépit des fruits d’or produits au cours des millénaires – ils nous ont donné le yoga et la poudre, Bouddha et l’épi de maïs -, eux, leurs multitudes, leurs saints et leurs sages n’ont jamais produit le baiser.
La plus grande découverte de l’homme est le baiser.
Primitifs, pygmées, cannibales et sauvages se sont manifesté leur tendresse par différents modes tactiles, mais babine contre babine n’a jamais été leur style.
Les perruches se frottent le bec. Oui, c’est vrai, c’est exact. Mais seuls les partisans acharnés de l’éjaculation précoce ou les petites vieilles qui assassinent des enfants avec des aiguilles à tricoter pour leur voler leur argent du repas et acheter des rognons frais pour les matous placeraient le bécotage des oiseaux dans le domaine du baiser.
Les Noirs d’Afrique se touchent les lèvres. Tout à fait juste ; certains le font, de même que certaines tribus aborigènes d’autres contrées dans le monde – mais si leurs lèvres s’attouchent, elles ne restent pas collées. Le bécot, c’est une roue carrée, difficile à manier et légèrement inquiétante. Avec quoi, sinon un bécot, Judas a-t-il trahi Notre Sauveur : net, sec et sans l’usage de la langue ?
La tradition nous apprend que le baiser tel que nous le connaissons fut inventé par les chevaliers médiévaux dans le but utilitaire de déterminer si leur épouse avait été à la barrique à hydromel tandis qu’ils allaient à leurs devoirs. Si l’histoire est exacte, donc, le baiser fut créé pour capter les messages gustatifs, pour fureter dans les bouches – bref, une espèce de ceinture de chasteté alcoolique.
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le_Bisonle_Bison16 décembre 2016
- Comme ça tu as eu des rapports sexuels avec le vieux bonhomme ? demanda le docteur Robbins.
- De manière répétée, rougit Sissy.
- Et comment était-ce ? Enfin, je veux dire, qu’est-ce que ça te fait ?
- Euh, je ne sais pas bien. Vous voyez, le sexe avec Julian, c’est comme de vouloir faire du stop au camion des pompiers qui tourne à toute blinde au coin de la rue. Avec le Chinetoque, c’était comme de faire Chicago-Salt Lake City dans une vieille grosse Buick Roadmaster modèle cinquante-neuf. » Elle fit une pause pour s’assurer que ses images avaient été comprises. Le docteur Robbins n’arrêtait pas de relever et d’abaisser sa moustache, de manière répétée, comme si sa moustache était un store dans un hôtel bon marché. Le store refusait de s’incliner comme le docteur Robbins le voulait.
Sissy décide de s’expliquer.
« Avec Julian, c’est rapide et furieux. Cela a toujours été comme désespéré. Il y a un tel besoin. Nous nous cramponnons l’un à l’autre, comme si nous nous retenions avec nos organes sexuels pour ne pas tomber dans le vide, une sorte de vide de solitude. J’ai l’impression que c’est comme ça chez beaucoup de couples. Mais avec le Chinetoque, c’était complètement détendu, calme, lent et, disons, cochon. Il ricanait, rigolait et se grattait tout le temps, et pouvait rester des siècles sans éjaculer. Un vrai routier. Une fois, il a mangé du pudding d’igname pendant qu’il me baisait. Il m’en donna aussi, avec ses doigts. Il en mit sur mes mamelons et les lécha ; je lui fis de même sur les couilles. J’avais l’impression que nous étions une sorte de couple de babouins.
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le_Bisonle_Bison06 octobre 2016
Ce sont les plus jolis cabinets des deux Dakotas réunis. On ne saurait faire moins.
Araignées, souris, courants d'air froids, picots de bois, épis de maïs et puanteurs coutumières ne sont pas considérés ici comme de bonne compagnie. Les filles ont rénové et écoré elles-mêmes le petit coin. Mousse de plastique, pots de fleurs, deux gravures de Georgia O'Keeffe (sa période crânes de vache), tapis duveteux, plaques d'isolation bon marché, cendriers, porte-encens, papier tue-mouche, et une photographie de Dale Evans qui soulève quelques controverses. Il y a même une radio dans ces cabinets, bien que la seule station radiophonique de la région ne joue que des polkas.
Bien entendu, le ranch dispose de waters intérieurs, de toilettes automatiques dans des salles d'eau normales, mais elles avaient été bouchées pendant la révolution et personne ne les avaient débouchées depuis. La plomberie n'était pas le fort des filles. Le déboucheur le plus proche était à cinquante kilomètres. Et il n'existait nulle part de déboucheuse, pour autant qu'elles le savaient.
Jelly est assise dans les cabinets depuis plus longtemps que nécessaire. La porte est grande ouverte et laisse entrer le ciel. Ou plutôt, un bout de ciel car par un jour d'été dans le Dakota, le ciel est sacrément bleu, et aujourd'hui il y a à peine un nuage. Ce qui semble être une mèche de nuage n'est en fait que la lune, étroite et pâle comme une rognure d'ongle d'orteil d'un bonhomme de neige. La radio diffuse La polka du dollar d'argent.
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le_Bisonle_Bison13 juin 2017
Si l’on peut dire que l’homme civilisé est intelligent mais non sage, on peut également dire que la prairie est sèche mais qu’elle ne manque pas d’eau. Sur la prairie, on trouve parfois des rivières, des ruisseaux, des lacs, des étangs et des trous bourbeux où se roulent les buffles. Comme le système américain lui-même, la plupart des mares et lacs de la prairie sont des opérations aéroportées de nuit. Bien qu’ils puissent temporairement déborder, faisant vivre une chaine nutritive foisonnante qui peut aller des plantes aquatiques aux rats musqués et aux hiboux, des insectes à nymphe aux poissons-lunes et aux chélydres serpentines, ou des salamandres aux pies at aux belettes, les mares et lacs sont finalement envahis de végétation, envasés par le limon et éliminés durant les sécheresses d’été, finissant par rendre le dernier souffle ( !) et mourir, se transformant en marécage et redevenant finalement prairie. Il arrive souvent qu’une mare de prairie ne survive pas assez longtemps pour mériter un nom.
Depuis qu’il trouva asile au fond d’une dépression relativement profonde entre les collines moraines frontales laissées par la couche de glace continentale, le lac Siwash a joui d’une certaine permanence, bien que ses rives implosées couvertes de flèches d’eau, de massettes et de roseaux prouvent qu’il entre lui aussi dans la phase marécageuse de son existence et ne pourra finalement plus donner même assez d’humidité pour rallonger d’eau le whisky on the rocks d’un têtard.
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Videos de Tom Robbins (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tom Robbins
Chez Tom Robbins.
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