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Philippe Mikriammos (Traducteur)
EAN : 9782351785041
453 pages
Éditeur : Gallmeister (30/04/2010)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 152 notes)
Résumé :
Sissy Hankshaw a été dotée à sa naissance des deux plus longs pouces du monde : elle deviendra donc la plus grande auto-stoppeuse des États-Unis. Conduite par ses pouces, Sissy fait des rencontres étonnantes qui transforment sa vie, la Comtesse, magnat des déodorants intimes; Julian Gitche, l'Indien, qui sera un temps son mari, le docteur Robbins, psychiatre farfelu. Et surtout, les cow-girls, qui revendiquent l'égalité avec les hommes sous la conduite de la belle B... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  20 juin 2017
J'enlève mes santiags toutes poussiéreuses avant de pénétrer l'antre du ranch de « la Rose de Caoutchouc ». C'est que je tiens encore un peu, si peu, à ma vie qu'il serait dommage que je me fasse estropier, flinguer, castrer par la renommée Bonanza Jellybean. Elle tient d'une main de maîtresse ce ranch où, bonheur des yeux et des culs, seules des cowgirls sévissent dans ce lieu de fantasmes et de peyotls.
Sissy, de longues jambes, un pouce démesuré à Richmond, Virginie. Défaut majeur dans sa plasticité certes, mais c'est le stetson vissé sur sa crinière qu'elle va user de son appendice et de son charme pour sillonner les routes d'Est en Ouest, du Sud au Nord, version autostop. Ça a du charme l'autostop, et je n'hésiterai pas à arrêter mon pick-up pour la prendre dans ma cabine hurlant le vague à l'âme de Johnny Cash.
Ce roman de Tom Robbins fera des étincelles dans ma tête, dans mon esprit, dans ma libido. A chaque page, son image, son délire. L'auteur abuse des substances hallucinogènes. Sous quelle forme ? Champignons, entre autre, mais pas que, tant son imagination totalement débridée épouse un univers totalement déjanté. Depuis que j'ai tourné ces pages, je rêve chaque nuit de cowgirls, je rêve de leur pays une bière assis au comptoir, elles les longues jambes croisées dans une minijupe bien serrées, moi les yeux dans le vague, l'âme dans la vague, rêve d'une vague de whisky qui viendrait me fouetter le visage de son embrun iodé.
Il y a des romans qui illuminent votre vie ou votre trajet de métro. Celui-là en fait partie. Ne serais-je pas un peu fou de me prendre pour un cowboy, ou pour sourire seul face à ce livre… Mais pas aussi fou que l'auteur… le soleil décline vers d'autres pâturages, j'ai envie de me faire une omelette aux peyotls, je me souviens du sourire d'une cowgirl, et j'écoute le silence de ma putain de vie que le vent emporte au loin.
De drôles de rencontres, un chinetoque un peu gourou, un psychiatre excentrique, un fabricant de déodorant, un indien loin de ses racines, des cowgirls lesbiennes, parsèment de son humeur sulfureuse et jasminée la vie de Sissy ; et par conséquent mon voyage littéraire inclassable. D'ailleurs comment se refuser un tel enivrement de mots, de whisky et de pensées saugrenues à sauvages aussi aphrodisiaques qu'une cowgirl en complet-3S, string stetson et santiags. Toute ma philosophie, le sky et le string, et maintenant les cow-girls avec du vague à l'âme.
Lien : http://memoiresdebison.blogs..
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colimasson
  26 mars 2013
Une seule lecture n'est pas suffisante pour cerner ce livre de Tom Robbins. Sur plusieurs centaines de pages, l'ouvrage cumule les aventures, les réflexions, les personnages et les lieux les plus insolites qui puissent naître d'imagination d'écrivain. Tout cet humour, toute cette ironie, toute cette érudition déployées par Tom Robbins ne s'encaissent pas tranquillement en une lecture distraite. le résultat est excitant, mais aussi déstabilisant.

Contre-coup de cette richesse : le risque de nausée. Les tournures métaphoriques, parfois inutilement alambiquées, alourdissent un texte déjà dense qui ne cesse de nous trimbaler d'une péripétie à une autre, en passant par une anecdote politique, scientifique ou philosophique. Pas moyen d'avoir la paix ! Mais n'est-ce pas justement ce qui nous plaît ? Tom Robbins semble vouloir nous happer dans son histoire, sans aucune considération pour notre disponibilité : qu'on le veuille ou non, on sera dévoré par les aventures de ses cow-girls joyeusement cafardeuses !
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gilles3822
  01 juin 2010
Ou l'on replonge avec délectation dans une période où tout semblait permis et l'avenir ouvert à tous les possibles. Ecrit au cours de la décennie 70, ce roman se place dans le courant de la contre culture américaine.
Dennis Hopper vient de mourir, s'il a lu ce livre, il a du jubiler de voir une héroïne appliquer à la lettre le titre de son film culte, Easy Rider. Elle voyage Sissy, elle fait du stop, c'est sa religion, c'est tout ce qu'elle sait faire, et elle fait son chemin dans les grands espaces. Elle a les appendices qu'il faut : Deux pouces à la taille extravagante, au pouvoir magnétique qui attire tout objet roulant pourvu d'un siège qui emportera sa propriétaire là où elle doit se rendre.
Les multiples rencontres occasionnées par ce pouvoir l'emporteront hors des sentiers battus (si je puis dire!). Tout ce joli monde repeint l'univers à sa façon, sans contraintes esthétiques ou morales. C'est l'époque où le libre arbitre vous permet toutes les fantaisies, les digressions métaphysiques, les expériences socio-hallucinées bien loin de nos pérégrinations frileuses et coincées, caractéristiques de la logorrhée actuelle.
Tous les personnages semblent hors champ, hors du champ social et n'existent que par la caricature qu'il dresse de la société d'où ils sortent. Ils forcent le trait avec talent et l'on se dit que décidément, ils ont foutrement raison, raison de tourner en dérision ce monde là.
C'est un livre sain, à recommander à tous les pisse-froid, les donneurs de leçons, les tristes sires qui hantent les multiples tuyaux de communications d'aujourd'hui, des plateaux de télévision aux forums sur Internet en passant par les séminaires d'entreprise.
Ici, les gens sont de vrais personnes, bien vivantes, décidées à en découdre.
A lire d'urgence.
Je n'ai pas vu le film mais ce n'est pas grave, j'ai mes images et c'est bon.
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Poljack
  24 septembre 2018
Mon avis :
Ceux qui suivent Les lectures de Poljack m'ont vu bien des fois tacler, plus ou moins gentiment, quelques auteurs américains dont la prose à la rigueur toute académique est aussi susceptible de provoquer des émotions que l'annuaire de la Creuse. Encore que pour l'annuaire, je peux me tromper, je n'en ai lu que de très courts extraits ! Ce serait bien entendu aller un peu vite en besogne d'en conclure que je loge toute la littérature américaine sur la même étagère… Tant s'en faut ! J'ai parfaitement conscience que les États-Unis ont produit quelques spécimens de ce qui se fait de mieux en matière de contre-culture, et c'est justement de l'un de ces délicieux fruits défendus que je veux vous entretenir.
Même les cow-girls ont du vague à l'âme n'est pas un petit dernier de l'année, puisqu'il accuse le vénérable âge de quarante ans, pour la version française (ajouter deux années pour la publication originale). Mais il y a des oeuvres qui ne vieillissent pas, et ce roman a vraiment gardé toute sa fraîcheur, même si, sur certains thèmes évoqués, les choses ont un peu évolué (mais pas tant que ça !)
Là, j'entends les grincheux grinçaient… « C'est quoi, ces thèmes ? Encore un bouquin "prise de tête" qui parle de choses sérieuses ? À moins que ce soit un bouquin sérieux qui parle de choses "prise de tête" ! »
Rassurez-vous ! Si l'auteur aborde effectivement un certain nombre de sujets de société, poussant même sa plume vers les contrées sauvages de la philosophie et de la spiritualité, ce livre est loin d'être ennuyeux (si tant est que se poser des questions est ennuyeux). Je dirais même mieux : je n'avais pas été aussi enthousiasmé par un roman depuis le dernier chasseur de sorcière, de James Morrow.
Même les cow-girls ont du vague à l'âme est une espèce de conte baroque où l'on croise des personnages criants de vérité dans leur loufoquerie qui ne repose parfois que sur un léger décalage. L'histoire de Sissy Hankshaw, tout aussi extravagante, en est le lien… un nappage goûteux sur un mille-feuille aux saveurs surprenantes. Tenez ! Quelques extraits, pour vous mettre l'eau à la bouche :
« Sur les bords d'un lac marécageux dans un coin obscur des Dakotas, un feu de camp souriait à en perdre les flammes. »
« Attendez. Attendez un instant, s'il vous plaît. Même si nous sommes d'accord que le temps est relatif, que ses conceptions les plus subjectives sont aussi erronées que ses descriptions les plus objectives sont arbitraires ; même si nous faisons tout ce que nous pouvons pour nous extirper de son terrible flux (au point de ne pas tenir compte lorsqu'un auteur demande "Attendez un instant, s'il vous plaît", car un moment n'est après tout qu'une petite miette de temps) ; même si nous faisons voeu d'allégeance au hic et nunc ; ou que nous considérons le temps comme une boîte vide à remplir de notre génie, ou que nous restructurons les concepts que nous en avons pour qu'ils correspondent au tic-tac sauvage de l'horloge ; même comme ça, nous en sommes venus a attendre que, pour le meilleur ou pour le pire, les livres que nous lisons présentent une forme ou une autre d'ordre chronologique, car la fonction de la littérature est de donner ce qui manque à la vie. »
« Prairie. N'est-ce pas un bien joli mot ? Il vous roule sur la langue comme une petite lune grassouillette. Prairie doit être un des plus jolis mots de la langue anglaise, même si c'est un mot français. Il dérive du mot latin "pré", plus un suffixe féminin. Une prairie est donc un pré femme. Elle est plus grande et plus sauvage qu'un pré masculin (que le dictionnaire définit par "pâturage" ou "herbage"), plus brute, plus océanique, et plus permanente, abritant un éventail de vie plus vaste. »
Je pourrais vous en citer encore bien d'autres, tant ce roman regorge de trouvailles, d'inventivité, d'images aussi folles que parlantes, parvenant à nous faire oublier qu'il parle aussi de sujets, par une aérienne profondeur. En fait, je pourrais recopier tout le livre, tellement il me donne envie de partager le plaisir que j'ai ressenti à sa lecture. Oui, Tom Robbins nous parle de notre conception du monde, mais c'est fantasque, gai, drôle (j'ai ri, mais j'ai ri !), et à la fois profond. N'est-ce pas là tout ce qu'on demande à la littérature ?
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le-mange-livres
  31 mars 2015
Après avoir dévoré littéralement un autre titre de Robbins, Comme la grenouille sur un nénuphar (voir mon billet enthousiaste ici), je me suis jetée, frissonnante de plaisir anticipé, sur ce roman au titre on ne peut plus évocateur : Même les cow-girls ont du vague à l'âme.

Une trame bien difficile à raconter (ou plutôt pas de trame du tout), des personnages plus farfelus les uns que les autres : Sissy qui est une fille superbe malgré (à cause ?) de ses pouces démesurés ; son mentor la Comtesse, vieille tante maniaque ; les amazones sauvages du ranch de Bonanza Jellybean ; Julian, l'amoureux de transi de Sissy qui renie ses racines indiennes, sans oublier bien sûr le Chinetoque, ses deux horloges et ses oiseaux ... le tout mis dans un shaker avec New-York, le grand Ouest, des milliers de kilomètres d'auto-stop, agité par le Dr Robbins, psychiatre manifestement fou et curieux double de l'auteur, avec un évident plaisir de conter ("Ou bien est-ce que l'auteur n'est pas en train de vous amener quelque part ici, en train d'essayer de vous manipuler un brin, alors qu'il devrait se contenter de vous raconter son histoire, comme doit faire un bon auteur ? C'est peut-être le cas. Mais n'y pensons plus.")
En ai-je trop attendu ? Je suis en tout cas un peu déçue. Pas des abîmes de déception, non. Car il y a bien cette étincelle de folie furieuse, ces délires incontrôlables de Robbins (mais veut-il seulement les contrôler), cette étrangeté toujours, vaguement "murakamesque", et puis que diable, on est chez Gallmeister, et chez Gallmeister, on a confiance, surtout face à un roman comme celui-ci, élevé au rang de monument-culte de la contre-culture américaine. Alors oui, elle est bien attachante cette Sissy, oui, il est complètement barré ce Robbins, et il parvient à être drôle et grave à la fois. Et pourtant, j'ai un peu souffert du manque de cohérence du roman, et finalement de son caractère échevelé et sans doute un peu trop baba-cool et new age pour moi. Mais attention, hein, ça reste bien quand même ! (en me relisant, je me trouve trop sévère : il FAUT lire ce livre)
"Avant toute chose, si vous avez le moindre soupçon de jugeote, vous devez savoir maintenant que nous payons nos triomphes aussi cher que nos défaites. Alors, allez-y, ratez ! Mais ratez avec esprit, ratez avec grâce, ratez avec style. Un échec médiocre est aussi insupportable qu'un succès médiocre. Adoptez l'échec. Débusquez-le. C'est peut-être la seule manière dont certains d'entre nous seront jamais libres."
Lien : http://le-mange-livres.blogs..
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Citations et extraits (84) Voir plus Ajouter une citation
Le_monstrothecaireLe_monstrothecaire   16 janvier 2021
Cette phrase-ci est faite de plomb (et une phrase en plomb donne au lecteur une sensation tout à fait différente d’une phrase en magnésium). Celle-ci est en laine de yack. Celle-ci est faite de soleil et de prunes. Cette phrase est en glace. Cette phrase est écrite avec le sang du poète. Cette phrase est made in Japan. Cette phrase luit dans le noir. Celle-ci est née coiffée. Cette phrase en pince pour Norman Mailer. Cette phrase est une alcoolique et elle se fiche pas mal de qui le sait. Comme beaucoup de phrases en italique, celle-ci a des liens avec la Mafia.
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Le_monstrothecaireLe_monstrothecaire   16 janvier 2021
 Dites, il y a une métaphore, là, même si elle est un peu poussive. L’auteur tente ici un parallèle branlant entre la manière dont l’huître assaillie par des impuretés ou une maladie, recouvre cette substance choquante de ses sécrétions, produisant ainsi une perle — un parallèle donc, entre l’ingéniosité éliminatrice de l’huître et la façon dont notre Sissy Hankshaw, ornée de pouces que maint mortel tiendrait pour morbides, revêtit de gloire ces doigts choquants, perpétuant ainsi une vision que l’auteur trouve douce et satinée.
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Le_monstrothecaireLe_monstrothecaire   16 janvier 2021
L’incroyable, avec Sissy Hankshaw, c’est qu’elle ne fit pas une névrose complète. Si vous êtes une petite fille des faubourgs pauvres de Richmond, Virginie, comme l’était Sissy, et que les autres gosses se moquent de vos mains, et que vos propres frères vous appellent par le surnom que vous avez dans le quartier — “Berthe aux grands pouces” — et que même votre papa vous reproche parfois en plaisant de n’être capable que de vous “tourner les pouces”, ou bien vous vous endurcissez, ou bien vous craquez. 
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Le_monstrothecaireLe_monstrothecaire   16 janvier 2021
L’ennui avec les mouettes, c’est qu’elles ne savent pas si elles sont des chats ou des chiens. Leur cri est exactement à mi-chemin entre l’aboiement et le miaulement.
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Le_monstrothecaireLe_monstrothecaire   16 janvier 2021
Je crois en tout, rien n’est sacré. Je ne crois en rien, tout est sacré. Ha ha, ho ho et hi hi ! 
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