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ISBN : 2266272519
Éditeur : Pocket (16/02/2017)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 74 notes)
Résumé :
Parce qu'elle devrait manger davantage et n'aurait pas dû s'ouvrir les veines à un si jeune âge, Bianca est admise dans l'unité psychiatrique pour adolescents de sa ville natale. Bianca ne s'élève pas contre cette décision. Elle ne se révolte pas. Même si elle ne voit pas en quoi le fait d'être enfermée et soumise à de multiples interdits peut atténuer la souffrance qui la détruit, Bianca se tait, obéit et regarde. Elle observe le monde chaotique qui l'entoure. Tous... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
iris29
11 mai 2016
Il était une fois un royaume dont la princesse s'appelait Bianca .
Il était une fois un palais appelé "Les Primevères", qui n'en était pas un , un palais qui était une unité psychiatrique pour adolescents . (Un palais qui ressemblait au pavillon des enfants fous de Valérie Valère ). A cet étage , il y a Clara, Simon, puis Juliette, Raphaël... et puis ... et puis Jeff , les infirmières et le docteur.
Et puis , bien sûr , il y a Bianca .
Princesse , c'est le surnom que lui a donné Simon, son petit ami , parce qu'elle est belle . Tout le monde le lui dit.
Mais elle est maigre aussi... Très très maigre .
On dit anorexique, même si ce mot ne lui plait pas . Elle est là , parce qu'un mois auparavant, elle a fait une tentative de suicide (une TS pour les intimes) . Oui, en plus d'être très , très maigre... Comme si elle voulait disparaître. Comme si elle voulait rejoindre le vide, le rien .
Il était une fois un palais où tous les enfants étaient fracassés . Mais pas par la vie . Oh non ! Juste par les adultes . Ceux-là même qui étaient sensés les protéger .
Et Bianca raconte très bien la souffrance des autres, la sienne .
Oh oui , elle raconte très bien . L'air de rien, avec légèreté, pudeur, révolte, humour, lucidité , intelligence .
De façon rock & roll, moderne, crue, poétique, classe, aristocratique...Mais Bianca est une princesse...
Alors , je ne sais pas dans quelle mesure ce roman est un roman ou un témoignage . Loulou Robert a 22 ans ou 24 (selon les sources...). Elle est la fille d'un grand journaliste ,comme Bianca , elle est très belle ( dans la vie , elle est mannequin) .
Comme Bianca , elle est très cultivée.
Comme Bianca , elle n'est pas bien grosse...
Mais, on n' a pas envie de lui poser la question tant elle a l'air fragile et aristocratique .
On ne pose pas ce genre de questions à une Princesse... Une princesse aux immenses yeux couleur algues vertes...
Bouleversant et magique !
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motspourmots
10 février 2016
Une très belle surprise ce premier roman. D'autant plus belle qu'il partait chez moi avec pas mal de handicaps. le thème d'abord, l'adolescence et ses tourments, n'est vraiment pas de ceux que je préfère. L'auteure ensuite, jeune mannequin de 22 ans, enfant de (Loulou est la fille de Denis Robert, le journaliste qui a fait exploser l'affaire Clearstream), et donc forcément déjà très médiatisée avant même la sortie du livre (double page dans ELLE quand même). de quoi agacer... Eh bien disparu l'agacement, dès les premières lignes. Justesse de ton, légèreté de l'écriture... Embarquée tout de suite, j'ai littéralement dévoré ce livre.
Il faut dire que le personnage de Bianca est particulièrement bien campé, loin des clichés et malgré la difficulté du sujet. Bâti à partir d'éléments autobiographiques, il est plein de vérité et surtout extrêmement touchant. le roman la suit pendant une dizaine de mois, aux Primevères, une unité de soins psychiatrique où elle séjourne après une tentative de suicide. Bianca a 16 ans, plus aucun appétit et une terrible sensation de vide. Autour d'elle, ses compagnons de chambrée semblent tous avoir une bonne raison d'être là, leur mal-être étant relié à un événement traumatisant. Bianca, elle n'a aucune idée d'où lui vient ce vide qui l'a poussée à vouloir s'endormir une fois pour toutes. Aux Primevères, elle observe avec acuité ceux qui l'entourent, médecins et infirmières, elle se lie d'amitié avec Jeff, un vieux monsieur dépassé par le chagrin d'avoir perdu sa fille, elle se recrée une sorte de vie sociale. L'enfermement n'élude pas les sentiments. L'amour, l'amitié, la relation à l'autre sont autant de bouées qui aident Bianca à nager et à dépasser ses pulsions de tristesse morbide.
Dans son cheminement vers la guérison, les mots jouent un grand rôle. Alors que les livres lui sont d'abord interdits car ils l'empêchent de se confronter à la réalité en lui proposant sans cesse de nouvelles opportunités d'évasion, ce sont finalement les textes et les poèmes des grands auteurs (Dostoïevski, Verlaine...) étudiés un peu plus tard pour rattraper ses cours qui l'aident à mieux comprendre ses sensations et à avancer. Tout comme la belle relation avec Jeff, grand-père (ou père) de substitution et la découverte du sentiment amoureux avec Simon.
Dans ce récit d'un lent retour à la vie, aux sensations, au désir, tout sonne juste. Loulou Robert parvient à faire toucher du doigt cet état de perturbation adolescente, de questionnement sans fin sur le monde, sur son environnement, avec beaucoup de délicatesse. Peut-être parce qu'elle n'est finalement pas si loin de cet âge qu'elle a laissé derrière elle et qu'elle en éprouve encore les sensations dans sa chair. Encore fallait-il le traduire en mots. C'est fait et bien fait. Et l'on devine qu'ils lui ont déjà été utiles ces mots pour grandir.
Touchée, et presque coulée dans les dernières pages par le simple jeu d'un point d'interrogation. de l'art de faire jaillir l'émotion. Bravo.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Floyd2408
13 mai 2016
Suite à la promotion du livre, Bianca était sur tout les plateaux de télévisions, son auteure Loulou Robert jeune mannequin, Fille du journaliste et écrivain Denis Robert, un père, touche à tout , englué par les procès et blanchi dix après l'affaire sûr la société Clearstream...
Ce Roman chuchote surement la vie de Loulou, celle-ci lors de ses interviews susurre cette part d'elle-même et de fiction, comme chaque auteur écrivant un livre.Puis cette avalanche, ce matraquage marketing, avec pour la plupart des éloges sur cette œuvre m'intrigua puis une enfant d'une personnalité connu aura toujours certain avantage mais ma curiosité littéraire fût trop forte .
Bianca est tristesse, sa vie est une boite perdu dans une autre boite, des boites qui se referment sur des autres boites, ses 17 ans sont vide. un puits de mélancolie, un spleen soudain surgissant de la boite de Pandore d'un Baudelaire farceur. Albert Camus dans Le Mythe de Sisyphe écrit que le suicide est un acte absurde. pour Bianca c 'est un arrêt, juste pouvoir rompre avec cette tristesse inconnue, surgit de nulle part, cette tristesse est là, une ombre de ces actes, une humeur dévoreuse, Bianca dans une marre de sang cesse sa vie pour ne plus être triste et viens rejoindre les Primevères.
Bianca est un cri puissant de vie...
Mot pour maux.
Loulou Robert distille les mots avec justesse puis certains passages vous brûlent de l'intérieur, comme son corps se vidant de sa substance, l'anorexie prend sa vie, doucement les rencontres donneront de la substance et de la chair à cette jeune adolescente. Perdue dans les méandres familiales de parents à la dérive de l 'amour, une mére saoule, d'adultère maladroit, un père peu présent discret et une bulle d'air d'amour avec ce petit frére adorable, Bianca croise la misère des autres, absorbe la tristesse l'entourant telle une éponge!
Ces enfants broyaient par ces adultes égotistes, pervers, méchants....Ces enfants croisent Bianca différente, Bianca est happer par la tristesse, une tristesse sans origine. les autres sont les séquelles de stigmates plus grave; inceste pédophilique, homophobie, violence physique....La mort sera avec l'amour un passage important pour Bianca ...
Un roman inégal, des fragments émouvants surtout avec cet Hommes Jeff. son ange gardien...il sera l'oxygène...Simon sera sa jouissance...Raphaël son soutien ....Et Bianca devra trouver la joie ..cette liberté pour sortir de cet hôpital psychiatrique.....
Un roman fort. une écriture coup poing. des personnages en ruptures, une héroïne fragile auquel nous nous attachons tendrement..
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Tlivrestarts
26 octobre 2016
Bianca, c'est le 1er roman de Loulou ROBERT, mannequin. Il fait partie de la sélection des 68 premières fois 2016.

Bianca est une jeune fille de 16 ans. Elle a fait une tentative de suicide. Elle est désormais internée dans l'établissement "Les Primevères", hôpital psychiatrique. Bianca va faire un bout de chemin avec Simon, Clara, Sam, Raphaël... Tous sont malheureux dans leur vie, certains réussiront à y mettre fin comme Juliette. Il ne lui aura fallu qu'une opportunité pour réaliser son oeuvre. Et puis il y a Jeff, ce vieillard, arrivé de nulle part, fumant sa cigarette en peignoir blanc sur le banc du jardin. Bianca va lentement s'en approcher, l'apprivoiser jusqu'à partager avec lui une profonde intimité.

Ce roman m'a rappelé "Branques" d'Alexandra FRITZ, également découvert dans cette sélection.


Il y est question de la notion du temps, qui ne passe pas ! de ces journées interminables...


Les heures et les jours ne se comptent plus. Quand j'ai été internée, je ne faisais que regarder ma montre. L'obsession du temps, allez, plus vite. P. 68

Et puis du silence, qui occupe une place prépondérante alors que, paradoxalement, les êtres vivent en collectivité. Il y est appréhendé dans différentes dimensions qui ne manquent pas de nous inviter à méditer !

Le silence rapproche quand on le comprend. P. 10
Le silence embarrasse, il cache la tempête. P. 14
Le silence angoisse, le son des voix rassure. P. 181

Chacun de ces adolescents a eu un parcours chaotique, chahuté par les autres, des adultes, qui ont laissé des traces indélébiles au plus profond de leur être. Comment réussir alors à surmonter ses blessures ? Comment panser ses peines ? Comment se raccrocher à la vie ? Ce sont toutes ces questions que Bianca se pose. Elle les partage avec le lecteur, la lectrice, que nous sommes.

Elle fait prendre conscience de ces tout petits riens qui constituent notre vie quotidienne mais dont on ne mesure la véritable valeur que lorsque l'on en est privé. Un simple parfum peut faire resurgir des souvenirs depuis longtemps oubliés.

Je sens l'odeur de chewing-gum à la chlorophylle, la même depuis dix-sept ans. Il y a des odeurs comme ça qui vous suivent toute votre vie. P. 149

Mais le plus important semble bien reposer sur la reconnaissance, celle que procure les autres et qui donne un sens à votre vie.

Quand tu n'existes pas aux yeux des autres, tu finis par ne plus exister. P. 181

Le sujet est profondément triste et une nouvelle fois, j'ai été très émue devant le chemin de croix de ces êtres marqués par des histoires familiales ou affectés par la maladie. C'est un portrait terriblement déchirant qui est brossé de notre société, d'une génération de notre société, celle qui dit-on a toute la vie devant elle. Ironie du sort ! Qu'avons-nous fait, ou pas, pour en arriver à ce tel état de tristesse, de détresse humaine ?

Et puis parfois, il y a des raisons, connues ou non. Traumatismes, hérédité, maladie... le magasin des peines est rempli. Il n'y a qu'à choisir. P. 190

Quand la source des maux peut être diagnostiquée, quand la cause des troubles peut être identifiée, les professionnels, l'environnement familial, amical... les patients eux-mêmes peuvent commencer à soigner pour nourrir une reconstruction, mais quand les raisons sont inconnues...

Pourquoi vouloir toujours chercher une raison à la tristesse. Justement, ce qui est triste, vraiment triste avec elle, c'est quand elle ne vient de nulle part. P. 278

Un petit clin d'oeil à Serge JONCOUR et son tout dernier roman "Repose toi sur moi". Loulou ROBERT fait le même constat :

C'est dans les grandes villes que la solitude est la plus importante. Une solitude meurtrière. P. 181
Heureusement, Loulou ROBERT a su rendre lumineux ce roman avec la singularité du personnage de Jeff, la complicité établie avec Bianca et leurs regards croisés sur la vie.

J'ai également été très sensible à la qualité de l'écriture de cette jeune femme connue dans le mannequinat, une écriture qui peut prendre une dimension très poétique :
Adossée contre la porte, je ressors le livre. Je caresse sa couverture, et sens son odeur. le parfum d'une vie, de ses années. Tu sens le temps, mon ami. Les livres détiennent le secret de l'éternité. A bout de souffle, vers une nouvelle vie : tu avances. Les pages se tournent. Tu ne dors jamais. Les mots ne dorment pas. Leurs sens te gardent en éveil, tu accomplis ton devoir. Stoïques, uniques, multiples. Les mots restent, seuls les maux changent. P. 94

C'est une nouvelle fois une très belle découverte, bravo à nos fées !

Lien : http://tlivrestarts.over-blo..
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hcdahlem
02 juin 2016
Laissons de côté la presse People qui a choisi les belles photos du mannequin pour annoncer la sortie de ce premier roman ainsi que l'aspect « fille de», sinon pour souligner que le journaliste Denis Robert peut être fier de sa fille. Si les podiums et le réseau médiatique ont pu servir à propulser ce roman sur levant de la scène, c'est une bonne chose. Car ce récit mérite vraiment le détour.
Après Branques
https://collectiondelivres.wordpress.com/2016/06/01/branques/
le hasard aura voulu qu'à nouveau un séjour en hôpital psychiatrique soit à nouveau le sujet principal du livre. Cette fois, la narratrice a 17 ans et se retrouve, sur recommandation de ses parents, dans une unité de soins qui va tenter de soigner un profond traumatisme qui a notamment conduit à une anorexie sévère. À ses côtés, deux autres jeunes filles, Clara qui brûle sa vie dans les paradis artificiels et Juliette, une enfant consumée par l'inceste. Parmi les autres pensionnaires, il y a aussi deux garçons, Simon puis Raphaël et un homme âgé, Jeff. Ce dernier explique : «Quand ma fille est partie, ma femme et ma raison m'ont quitté». On ne pourra qu'admirer sa lucidité et son courage quand on saura qu'un cancer est en train de la ronger.
Après le choc des premiers jours, l'observation détaillée d'un personnel soignant fort souvent atteint de névroses diverses et la visite de ses parents dont on dira simplement qu'ils ne sont pas pour rien dans l'état de leur fille, Bianca va nous offrir elle-même le meilleur des résumés: « Alors voilà. C'est l'histoire d'une jeune de dix-sept ans qui à force d'éponger des merdes se retrouve en hôpital psychiatrique. Elle y rencontre un garçon, il devient son meilleur ami puis, sans qu'elle s'en rende compte, elle tombe profondément amoureuse de lui. Il devient le seul. Elle a besoin de lui pour vivre, respirer, mais un jour, il part. Elle n'a plus d'air et ne veut plus continuer. Puis un nouveau garçon entre en scène, il lui fait reprendre goût à la vie, elle décide de ranger l'ancien dans un coin. Et vit sa relation avec le nouveau. Elle finit par tomber amoureuse. Et alors là, coup de tonnerre. L'ancien revient et elle se retrouve dans une pièce au milieu des deux. »
Eponger des merdes, comme elle dit, c'est entre autres voir ses parents se déchirer, sa mère mélanger alcool et antidépresseurs, son petit frère Lenny être ballotté dans une histoire familiale qu'il ne comprend plus, assister au suicide de son prof de sport, retrouvé pendu au bout d'une corde puis une fille de douze ans, qui flottait sans vie dans la piscine.
Avec Simon, puis avec Raphaël, elle va réussir à se construire, aidée également par Jeff et ses encouragements précieux: «il faut vivre fillette. A fond. Ne te gâche pas la vie avec ces conneries de dépression et d'hôpital. (…) Moi je te conseille de tout essayer, de tout aimer et d'être aimée. Trouve ce que tu aimes faire. Et fais-le, fillette ! Sans jamais regarder derrière.»
Si le personnel hospitalier n'apparaît qu'en filigrane, c'est que son rôle n'est guère reluisant. En proie à ses propres problèmes et pulsions, il est davantage là pour surveiller et punir, comme aurait dit Michel Foucault que pour soigner et guérir. Un aspect dérangeant, qui n'a guère été relevé, mais qui n'empêchera pas Bianca de s'en sortir… en nous proposant de réfléchir à la société dans laquelle baignent les adolescents d'aujourd'hui et sur le manière dont ils peuvent se construire.
« En entendant le mot « psychiatrie », j'ai pensé qu'ils m'envoyaient chez les fous. Aujourd'hui je me rends compte que ce n'est pas nous qui sommes fous, c'est le monde qui est fou. Et si on est abîmés c'est parce qu'on s'en est aperçus.
Personne n'est normal, la normalité, ça n'existe pas. C'est juste un mensonge de plus. »
Lien : https://collectiondelivres.w..
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Citations & extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
iris29iris2909 mai 2016
- Oui, j'aime les livres . Il n'y a pas de mal à ça, pas vrai?
- Non, il n'y a aucun mal à aimer quelque chose . Et je pense qu'aimer lire en est une bonne mais un livre par jour, c'est trop Bianca .
- Il n'y a rien à faire ici . En général , on reproche aux gens de ne pas assez lire , pas l'inverse . Avec vous, quoiqu'on fasse, c'est toujours mal .
- Ton cas relève de l'obsession . Tu lis pour ne pas penser . Tu te réfugies dans les livres , ce qui t'empêche d'avancer et de te concentrer sur toi .
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iris29iris2912 mai 2016
Un jour , j'ai arrêté de manger . Je me suis enfermée dans une boite puis dans une autre . De plus en plus sombre . Je n'ai jamais trouvé ce qui s'y cachait . Peut-être qu'elles étaient vides .Peut-être que c'est ça mon problème . Le vide . Peut-être que je voulais simplement qu'on me voie, alors je me suis rendue malade . Peut-être que je ne trouvais pas de sens . Peut-être que je refusais de grandir . Peut-être que mes parents ont merdé quelque part .
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iris29iris2910 mai 2016
Je comprends , crois-moi . Je sais ce que c'est que d'être mis en cage . Ma chambre, l'hôpital, ma maison, le lycée, la société, le monde ; des cages plus ou moins grandes dans lesquelles il faut faire illusion . Mentir . S'habiller . Faire du sport . Etre en bonne santé . Etre gentille . Prendre ses cachets . Bien gagner sa vie . Se marier . Avoir des enfants . Acheter une maison . Dans lesquelles il ne faut pas crier . Trop manger . Baiser trop jeune . Baiser trop vieux . Voler . Boire . Prendre des drogues . Roter. Se suicider . Déranger .
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iris29iris2911 mai 2016
Chez moi , c'est ma mère qui boit . A la maison, c'est toujours l'heure de l'apéro . le rhum de onze heures, le verre de vin en cuisine, le whisky de quatorze heures, le gin de dix-neuf heures et la vodka de vingt-trois heures . Elle dit que c'est son repas préféré. C'est pour rire mais moi, ça ne me fait pas rire .
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hcdahlemhcdahlem02 juin 2016
Ce sont mes parents qui ont voulu que je vienne ici. À vrai dire, après ce que j’ai fait je n’ai pas eu le choix. En entendant le mot « psychiatrie », j’ai pensé qu’ils m’envoyaient chez les fous. Aujourd’hui je me rends compte que ce n’est pas nous qui sommes fous, c’est le monde qui est fou. Et si on est abîmés c’est parce qu’on s’en est aperçus.
Personne n’est normal, la normalité, ça n’existe pas. C’est juste un mensonge de plus. Je pense à Angélique.
Chef des infirmières, mariée depuis plus de vingt ans avec un type nommé Vincent. Elle a deux enfants : un fils et une fille. École de commerce et fac de médecine. Si je sais tout ça, c’est parce qu’avec Simon on aime bien écouter leurs conversations, ça change des poneys. Angélique sourit. Elle garde le contrôle. Elle aime sa vie, son mari, sa maison, son travail. Foutaises. Sourire congelé, vie figée. Angélique n’est pas heureuse, elle fait semblant. Tout le monde fait semblant. Le mensonge comme instinct de survie. Certains dérogent à la règle de l’illusion. Ils sont montrés du doigt. Ils dérangent le beau, le normal, le rond, le simple. Déprimés, dépressifs, malades, perturbés. Moi je crois qu’ils sont simplement lucides.
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Vidéo de Loulou Robert
Dans son premier roman "Bianca" (Julliard), Loulou Robert raconte le quotidien d'adolescents internés dans un hôpital psychiatrique autour de Bianca, 16 ans.
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