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Critique de MissJZB


MissJZB
  10 octobre 2012
L'agent des ombres est une série que je suis avec beaucoup d'enthousiasme depuis pas loin de deux ans. Je me souviens avoir englouti les cinq tomes, constituant le premier cycle, en l'espace d'une semaine… Je ne m'attendais donc pas à être déçue comme je l'ai été par Chiens de guerre. C'est très difficile de mettre des mots sur cette déception, car cela ne fait que la rendre plus concrète, alors que je préfèrerais l'oublier. Oui, il y a du positif dans ce livre, mais il ne compense pas l'impression générale négative que j'en garde.

Commençons par ce qui m'a posé problème. Ce tome porte le nom des chiens de guerre, un corps militaire d'élite, anciennement rattaché à la Lumière avant d'être dissout pour des motifs obscurs. Pendant la moitié du livre, j'ai eu l'impression de suivre leur histoire plutôt que celle de Cellendhyl. En fait, un peu comme si je lisais un spin-off. Ces guerriers ont beau être la réussite de ce tome en termes de psychologie et de présence, ils font de l'ombre à l'ange, qui n'avait pas besoin de ça... Englué dans une relation peu crédible avec Constance de Winter, la Phoenix de Priam, il en devient puéril, et se questionne sans cesse sur ce qu'il attend d'une relation. Ses réflexions intérieures sont lassantes, car répétitives et formatées. Par moments, on se croirait dans un manuel de conseils sur les relations de couple.
Concernant la jeune femme, j'avais déjà soulevé, dans ma chronique du tome 6, le fait qu'on ne percevait en rien le potentiel inhérent à sa fonction, et ce n'est pas avec cet opus-ci qu'on comprendra comment la jeune femme s'est hissée au sommet. En effet, alors qu'elle mène l'enquête, Cell démontre une meilleure intuition tandis que la Phoenix piétine, courant à droite et à gauche, créant du courant d'air plus qu'autre chose. D'ailleurs, en parlant de l'intuition de l'ange, je suis sceptique quant au coup des « prémonitions » qu'il peut avoir, de même quand il ressort mot pour mot ce que la troupe d'élite a fait le chapitre précédent, comme preuve d'une déduction hors norme. Je n'ai pas du tout été convaincue.
Quant à Priam, il a perdu de sa superbe, il est trop bon enfant avec Cell, un Cell qui lui pardonne tout, nous faisant écarquiller les yeux. J'espère d'ailleurs qu'il y a une explication magique derrière ces amen récurrents…

Plus généralement, une sensation désagréable persiste, celle de lire des scènes emboîtées les unes aux autres. On voit le fil conducteur, mais il s'effiloche dangereusement tant on a l'impression que l'alternance de points de vue n'est pas bien maîtrisée. Je reviens, encore une fois, sur la surdose de chiens de guerre. J'ai également connu un moment d'interrogation profonde sur la fin du tome. Les chiens de guerre ont perpétré une série d'attentats auxquels on n'entend rien, surtout quand on sait que leur but ultime était d'enlever l'empereur. Que de chemins détournés pour en arriver là…

Évidemment, il y a du positif dans ce tome. L'écriture est toujours aussi précise et riche en sensations visuelles, sensorielles et gustatives, et l'univers toujours aussi vivace. Les scènes de combat sont denses et variées, notamment celles durant lesquelles Cell affronte des adversaires à sa mesure. Il y a toujours du sexe dans cet univers de violence, ces scènes sont sympas, quoiqu'un peu télécommandées. Les personnages secondaires viennent densifier l'ensemble, je pense notamment aux Nodus, des soldats au service de la Lumière, ou encore à Rathe le Corbeau (et sa famille!!!!!!) et Morion d'Eodh que nous retrouvons avec joie pour des scènes très appréciables. En leur présence, il y a comme un air de nostalgie qui flotte, et qui nous donne à penser que la série peut retrouver son niveau. La dissociation entre le Chaos et la Lumière est palpable, on perçoit bien la dichotomie entre les deux entités. La fin est de qualité, quoiqu'un peu prévisible, et comme toujours (et heureusement!), il y a quelques complots qui se profilent à l'horizon azuré. Les ennemis d'hier n'ont pas oublié l'ange, la baronne Melfynn est toujours aussi tordue et fait des siennes dans ce tome. À côté, de nouveaux protagonistes oeuvrent dans l'ombre et semblent mener un double-jeu pour prendre dans leurs diaboliques filets l'ancienne ombre.

Vous l'aurez compris, je suis donc déçue. J'attends de l'ange qu'il se ressaisisse et redevienne le combattant fougueux qu'il était sur tous les plans de sa vie. J'ai une certaine appréhension à lire le prochain tome, même si paradoxalement, j'en ai besoin pour exorciser ma déception…
Lien : http://www.place-to-be.fr/in..
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