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ISBN : 2370470631
Éditeur : Editions Lajouanie (23/10/2015)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Hubert Garden est chargé de veiller au respect des procédures de sécurité dans une société de travaux publics. Un job largement dans ses cordes. Sauf que les accidents se succèdent sans qu’il y puisse grand-chose. Et que sa hiérarchie, l’estimant responsable, décide de le déclasser. Le spécialiste du «zéro accident» entame alors une croisade mortelle contre cette boîte ingrate.
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
encoredunoir
  12 décembre 2015
L'accident bête. Sur un chantier autoroutier un ouvrier tombe et s'embroche sur un fer à béton. Avant même l'arrivée des pompiers un homme qui semble tout droit sorti de son lit débarque et maquille les lieux. Il enfile des chaussures de sécurité à la victime, pose des capuchons de sécurité sur les tiges de fer et disparait quand les secours arrivent. Cet homme, c'est Hubert Garden, Inspecteur Général Sécurité au service Prévention des Risques de l'entreprise V2V, un des leaders de la construction. Pas mauvais bougre, Hubert Garden est par ailleurs un salarié zélé. Mais essayez donc de tendre vers le « zéro accident » quand votre employeur rogne sur tous les budgets sécurité et emploie des ouvriers étrangers auxquels on ne fournit ni matériel adéquat ni plan de prévention des accidents. Pas étonnant qu'Hubert subisse le nouveau mal du siècle, un burnout carabiné qui a tôt fait de se transformer en action vengeresse contre l'entreprise. Garden n'a plus désormais qu'un seul objectif : atteindre le « 100% accidents ». Mortels, de préférence.
Looser pathétique, instrument d'un capitalisme sauvage contre lequel il finit par se retourner, Hubert Garden n'a pas grand-chose pour plaire. Y compris à sa femme, Diane, coincée entre deux sacerdoces, son travail dans ce qui est moins une maison de retraite qu'un mouroir à vieux et préserver un tant soit peu son couple dans l'attente de la concrétisation du rêve en chantier qu'elle partage avec Hubert : un beau pavillon dont les travaux sont à l'arrêt et un hypothétique jardin dans lequel elle pourra s'abandonner à ses pensées, juste être enfin au calme. C'est peu dire que l'explosion en vol de son mari risque de compromettre ce rêve d'un quotidien un petit peu moins morne.
Bonne surprise que ce roman d'Yvan Robin, noir et absurde ; de cette absurdité que se révèle être le fonds du discours entrepreneurial dans sa quête du profit et d'une image polie, lissée. On voit bien où veut en venir l'auteur, dénonçant ici la servitude volontaire d'employés à la recherche d'un confort illusoire et la contradiction dans les faits de la communication promotionnelle des multinationales. Yvan Robin a cependant le bon sens, en s'accrochant à ses deux personnages principaux, à leurs pensées intimes, de ne pas basculer dans la dénonciation lénifiante de l'ultralibéralisme. Même si – références américaines sans doute plus chics obligent – l'éditeur compare cela au Couperet de Westlake et au Chute libre de Joël Schumacher, il semble que Robin lorgne plutôt, dans l'atmosphère créée tout comme dans la noire mais cocasse désespérance de ses personnages, du côté de Pascal Garnier. Et si quelques développements un peu longs et personnages secondaires un peu courts l'empêchent encore de toucher du doigt l'âpre burlesque de Garnier, il n'en demeure pas moins qu'il nous offre là un roman qui vaut que l'on s'y attarde.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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Commenter  J’apprécie          141
Jazzynewyork
  27 juin 2016
Travailler Tue , Yvan Robin chez Lajouanie
" Tu vas finir par crever, ou Dieu sait quoi . C'est pourtant pas ton genre de mourir . Ça te ressemble pas . Tu es un gagnant. Un battant . Un vivant .Si les bords de la mort sont comme ceux du lavabo tu dois pouvoir en faire le tour, sans glisser dans le siphon. Respire.Voilà .T'es plus un gosse, bon sang."
Hubert Garden est employé d'une boite de travaux publics. Il doit veiller à ce que les procédures de sécurité soient respectées quitte à contourner les règles comme le dit si bien ce vieil adage.
"Il subissait une pression de tous les instants, digne d'un harcèlement moral caractérisé."
Malgré son travail acharné, les accidents se succèdent et son supérieur lui fait miroiter le placard s'il n'atteint pas "Zéro accident "
"Les risques-ci . Les risques-là. Des risques à ne plus savoir qu'en foutre."
Le travail c'est la santé, ne rien faire c'est la conserver.....
À la limite du burn-out, il entreprends une nouvelle bataille. Il devient un nouveau soldat et part en guerre à sa façon contre l'ingratitude de cette boite.
"Depuis l'enfance, oppression parentale, oppression sociale, oppression scolaire, oppression professionnelle. La liste était plus longue que ces trains de marchandises qui sillonnent les campagnes."
Sa femme, également au bord du pétage de plombs, l'accompagnera sans se douter des lourds secrets que lui cache son homme, elle-même en plein bilan sur sa vie.
"Les heures passaient-parfois les jours-et son mari refaisait surface. À la manière d'un cadavre qui remonte, après avoir visité le fond. A croire que lui aussi, il avait ses secrets."
Ce roman aurait tout aussi bien pu s'appeler: "Chroniques de Burn-out annoncés”. À travers ce récit cynique et décapant, nous accompagnons ce couple, monsieur et madame tout le monde, dans leur vie quotidienne et professionnelle avec une réalité surprenante.
Qui de nous n'a jamais subit de harcèlement au boulot, ou fait un petit bilan sur sa vie, avec ensuite une envie de tout foutre en l'air. Seulement on n'a pas le choix, faut avancer, survivre coute que coute, et continuer à croire que ça va s'arranger.
Yvan Robin réussit à mettre des mots sur nos maux, avoués ou enfouis...
Avec humour noir, il dépeint admirablement le monde du travail manuel, le patronat, les obligations de faire toujours mieux pour remplir davantage les poches de ceux-ci. Ceux-là même qui vous tourneront le dos aux moindres pépins. Sous tension en permanence, l'être humain souffre, mois après mois jusqu'à l'explosion....
Un roman social, brutal, réaliste, parfois dérangeant, intriguant. Un roman noir qui éveillera en vous questionnement et rébellion contre ce système aussi pourri qu'il parait.
c'est tellement ça, c'est tellement vrai, et c'est tellement bien écrit, bien transcrit, ce malaise ambiant...une histoire qui m'a touché pour m'y être reconnue parfois, et qui me conforte dans mon choix d'avoir quitté ces entreprises à faire du fric sur mon dos, et à créer la mienne avec le choix d'y travailler seule à ma façon. Je travaille pour vivre, je ne vis pas pour travailler, car n'oublions pas :
TRAVAILLER TUE !
Encore une sacré découverte de la maison d'édition Lajouanie qui nous réserve de belle surprise, ici encore, "Roman pas policier mais presque".Pas d'enquête, pas de flic, pas de témoin, mais un suspense intense ...Yvan Robin rejoint cette écurie d'auteurs aussi diversifiée que sur un champs de courses en route vers les podiums. Qu'on se le dise ...
Et prenez le temps de lire, trop TRAVAILLER TUE ! Pensez-y .
Petit plus: si vous avez aimé le couperet de Donald E. Westlake ou vu l'adaptation cinématographique avec José Garcia, ce livre vous plaira forcément ...
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fuji
  23 septembre 2016
Une grosse entreprise du BTP et l'effet boomerang comme dans "le dîner de cons", car d'entrée de jeu Yvan Robin n'a pas l'intention d'assommer ses lecteurs avec la misère du monde qu'est devenue l'inhumanité des entreprises et leurs hierarchies pyramidales qui font de chaque employé un pion et non un être humain digne de confiance et de professionnalisme.
Donc au lecteur de plonger dans la danse, celle du jeu de massacre sur l'air de la danse macabre de Camille Saint-Saens...
Hubert Garden a pour job de faire respecter les procédures de sécurité mais ne pouvant être sur tous les chantiers à la fois, son rôle est plutôt de faire en sorte que chaque accident ne soit imputable à la "boîte" et pour cela il ne recule devant rien, c'est le "Monsieur Propre" du BTP.
Mais voilà les accidents se multiplient et Hubert dont la particularité physique : les ongles rongés jusqu'au sang, en dit long sur son état psychologique, est sur la sellette et un siège éjectable.
Il est épuisé, se remet en question encore et toujours, sa vie personnelle va mal, plus apte au quotidien car son entreprise c'est une pieuvre qui l'a pris dans ses tentacules et qui le serrent à l'étouffer en prenant tout son temps.
Yvan Robin nous présente cette situation en trois actes, comme au théâtre.
Le premier acte plante le décor et nous voyons la situation D Hubert se dégrader et nous assistons à la "fracture" qui s'effectue dans son psychisme.
L'absurdité du fonctionnement de certaines entreprises est bien décrite notamment la construction hiérarchique des hautes sphères et les objectifs fixés, qui changent constamment et ne sont pas réalisables.
La perte de contrôle du salarié qui subit cette dégradation permanente jusqu'à ne plus avoir les idées claires, ne plus savoir, ne plus être...
Le deuxième acte met l'accent sur sa situation personnelle et entre en scène sa femme qui elle aussi a des problèmes: incapacité à procréer, difficultés d'un boulot d'aide-soignante pénible etc...
Et cet acte là me gêne car il tend à donner à ce couple une image de "looser", ce qui n'est pas la majorité des cas de "burn out", où celui qui subit cet effondrement total se replit sur lui-même, il en dit le moins possible à son entourage, par honte, désespoir et bien d'autres sentiments qui se mêlent dans une confusion extrême.
Le plus souvent l'entourage est stable et solide, même s'il subit les influences de cette dégradation, là l'auteur prête à son personnage des difficultés autres : enfance d'un mal aimé, un mariage pas très réussi qui le fragiliseraient.
Sa femme n'est en rien le réconfort dont il a besoin, et leur vie sociale est inexistante...
Pour moi cette partie est le maillon faible de cette histoire car elle tend à discréditer le syndrome d'épuisement professionnel.
Le troisième acte: la fracture est totale, Hubert est passé des troubles "normaux" de l'épuisement : difficultés à se lever, à se préparer, à entrer dans l'entreprise, à avoir le minimum de relations correctes avec ses collègues au plongeon inexorable.
Il devient différent de ce qu'il est, différent de ceux qu'il cotoie et indifférent aux mille signaux que la vie lui envoie.
Son cerveau enregistre les faits sans les appréhender ni rien ressentir, la dichotomie est avérée.
"Il n'y a rien à comprendre, répétait Hubert à voix basse" est-ce-bien sûr?
Ne rien voir, ne rien entendre et ne rien dire est-ce la sagesse?
C'est un roman noir sur un phénomène social de plus en plus important et pas suffisamment reconnu, Yvan Robin a une belle plume avec un vocabulaire soutenu et il sait parfaitement jongler avec le burlesque.
A lire sans oublier que la réalité est bien plus dure que ce roman.
@Chantal Lafon de Litteratum Amor 23 septembre 2016
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cathe
  11 août 2016
Hubert Garden est le responsable sécurité d'une grande boîte de travaux publics. Il est chargé de veiller sur la sécurité des agents, mais aussi, et surtout, de faire en sorte que les accidents coûtent le moins cher possible à la société ! Ce qui donne l'inoubliable séance d'ouverture du roman où Hubert vient en pleine nuit mettre des chaussures de sécurité à un ouvrier qui est tombé dans un trou de travaux et des protections aux piques métalliques, tout cela avant d'appeler les secours ! Mais malgré sa bonne volonté, il y a encore trop d'accidents et la société le rétrograde sur un autre poste. A bout de nerfs, il décide de se venger de sa société avec les armes qui sont les siennes….
Voilà un polar jubilatoire, ou plutôt un roman noir car s'il y a des assassinats, il n'y a besoin ni d'enquête ni de police ! La quatrième de couverture cite « le couperet » de Westlake comme thème similaire, je citerais également « Les visages écrasés » de Marin Ledun qui rivalise de noirceur sur le monde du travail et du harcèlement ! Un excellent polar et un auteur à suivre !
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Commenter  J’apprécie          90
yvanrobin
  13 novembre 2015
EN GUISE DE MISE EN GARDE
Ouvrez le placard sous votre évier. Déposez sur la table de la cuisine votre lot de produits détergents. Observez minutieusement les pictogrammes derrière chacun. Ne gardez que le plus corrosif. Ouvrez la première page de ce roman et appréciez en substance la différence entre la soude et les effets de Travailler tue ! sur les voies biliaires du lecteur que vous êtes. Dégustez.
CA, C'ETAIT AVANT...
Hubert Garden est un homme respectable, cadre subalterne dans une société de travaux publics respectable, chargé de veiller au bon suivi des procédures de sécurité avec l'engouement et le respect des fonctions qui incombent à un homme de son rang. D'aucun aurait dit qu'il était taillé pour ce job. D'autres qu'il y avait quelque chose de louche dans la manière qu'il avait de mordre ses lèvres comme dans une peau de boudin. La vérité, c'est qu'Hubert avait accepté son poste à contrecoeur, que sa hiérarchie l'avait mis là pour le disqualifier et qu'un malheureux concours de circonstances allait précipiter ce brave type expert en accidentologie dans la plus diabolique et la plus vengeresse des vendettas...
...AVANT LA TRAGEDIE
Travailler tue ! Voilà le sceau de la fatalité ! Implacable, inique et bien au-delà de l'endurance humaine. Hubert est un homme manipulé et impuissant. Fatigué d'être le larbin d'une boîte ingrate. Fatigué de voir se succéder les accidents sans y pouvoir grand chose. Fatigué de devoir décrocher des crédits. Epuisé de faire un enfant à sa femme qui, faute de le voir rentrer tous les soirs à la maison, suspecte une relation torride avec la contrôleuse de gestion de son entreprise. Faire les courses. Passer à la caisse. Trouver une putain de place de stationnement. Etc, etc. Dans une guerre sans fin contre les contingences. Abattu mais pas en reste. Hubert a rendez-vous avec son destin. Et son destin, s'il est de sombrer un jour dans les tréfonds de l'âme humaine, sera de vaincre le mal qui le ronge en s'attaquant à la racine, quitte à sacrifier quelques innocents sur l'autel de la rédemption : comme investi d'une mission dictée d'en haut !
Moralité de l'histoire. Pas de moralité mais le plaisir coupable d'avoir aimer tuer le travail dans un roman si ce n'est complètement cathartique, absolument jubilatoire ! Noir, mordant et sans bavures ! C'est arrivé près de chez vous mais du côté de Neuville. Un chef d'oeuvre de roman pas policier mais presque...
Lien : http://librairielescordelier..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Simba33Simba33   24 juillet 2016
J'ai adoré , ce livre .lf monde du travail en prend un coup.tiut est dit , la souffrance , la réalité les objectifs personnels jusqu au
Burn out . La les concequances seront tragique pour tout le monde . Un dénouement extraordinaire , une écriture
Qui accroche .
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yvanrobinyvanrobin   12 janvier 2016
Livre du mois, à la librairie Bordelaise Le Passeur.

"Yvan Robin (auteur Bastidien) signe un roman noir où l’humour (cinglant), la plume (maîtrisée) et la narration (addictive) font mouche dès le prélude ! A DÉCOUVRIR !!!"
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AzilisAzilis   13 septembre 2016
Les lueurs perçaient dans la noirceur. De part et d’autre de la route nationale deux ballons lumineux, gonflés à l’hélium, flottaient à bonne humeur. Des moucherons gribouillaient le halo de leurs trajectoires désordonnées.
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Videos de Yvan Robin (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yvan Robin
Yvan Robin vous présente son ouvrage "L'appétit de la destruction" aux éditions Lajouanie. Rentrée littéraire janvier 2019.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2291473/yvan-robin-l-appetit-de-la-destruction
Notes de musique : Yvan Robin - Fine lame
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