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Dominique Haas (Traducteur)
EAN : 9782266128513
960 pages
Pocket (11/09/2003)
3.91/5   232 notes
Résumé :
Le troisième et dernier volet de la saga visionnaire et culte
Le Vert a triomphé, Mars est " terraformée ". Ceux qui espéraient préserver la planète rouge dans sa terrible beauté ont perdu la bataille. Leur objectif, désormais : empêcher l'invasion des Terriens. Et qu'importe si, sur la planète mère, la situation est désespérée : un déluge cataclysmique a fait monter l'eau des océans, aggravant une surpopulation déjà critique. Poussés par le désespoir, les Te... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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jamiK
  12 septembre 2019
J'ai passé presque un mois avec ce troisième volet de la trilogie. J'avais adoré les deux premiers tome et là aussi je me suis régalé.
Je ne me suis jamais ennuyé, mais il vaut mieux savoir cela avant de s'y attaquer : les personnages s'éloignent progressivement de l'action, le véritable héros de l'histoire, c'est la science, et dans ce domaine, les tergiversations sont parfois poussée très loin.
J'avoue avoir été parfois perdu, comme dans le chapitre sur la neuro-chimie. En gros, si les revues scientifiques vous rebutent, Science & Vie, Science et Avenir, Pour la Science… ce livre ne sera pas pour vous. Mais pour autant, le romanesque n'est pas absent, Kim Stanley Robinson dépeint des personnages complexes, riches, qui évoluent dans le temps, on passe d'un personnage central à un autre au cours de ces 750 pages.
Les décors sont décrits avec un précision chirurgicale, les couleurs, la roche, chaque moment est scientifiquement observé, sans pour autant oublier le lyrisme. L'écriture de Kim Stanley Robinson est un pur régal. Rien n'est oublié dans les détails, les mots sont choisi avec délectation, même les mots scientifiques compliqués ou issu du jargon spécialisé participent à la grandeur de l'aventure. le passage ou Nirgal, un natif de Mars découvre la terre raconte ses impressions, est racontée avec un réalisme très élaboré, en tenant compte des différences de couleurs, de sons, d'odeurs en fonction des atmosphères différentes, de la gravité différente. Chaque moment d'aventure est basé sur une base de connaissances empiriques, à chaque instant, Kims Stanley Robinson tient compte de la pression atmosphérique, de la vitesse du vent, de la nature du sol, de l'altitude, de l'ensoleillement. le réalisme est poussé au plus haut point, le terraforming semble absolument réel. de plus, Kim Stanley Robinson ne se cantonne pas aux sciences dures, c'est aussi un livre politique, social et c'est peut-être là qu'il m'a le plus étonné. Là aussi, l'évolution politique est imaginée avec réalisme et précision, on est loin des histoires de Vizir qui veut prendre la place du Calife. C'est la structure de la société, son organisation, en tenant compte des tensions internationales (ou je devrais dire interplanétaires, mais ça serait trop schématiser, mais le terme de nation ne colle pas non plus), des phénomènes migratoires, de surpopulation, de rapport de force, d'économie qui sont ici décrits, observés, imaginés et proposés. Kim Stanley Robinson revient aux origines de la science fiction qui proposait des modèles de société utopique, ou la présentation d'une nouvelle société servait à lancer de nouvelles idées pour modifier la nôtre, Micromégas de Voltaire, L'Utopie de Thomas More, Les Voyages de Gulliver (Laputa)... J'ai d'ailleurs adoré le discours anticapitaliste de Vlad.
Politique, science, histoire romanesque, Kim Stanley Robinson ratisse très large, immensément large, la trilogie dans son ensemble est sans doute le roman le plus ambitieux qu'il m'est été donné de lire, l'auteur a dû emmagasiner une somme considérable de connaissances, d'informations, dans tous les domaines, et jamais il n'a faibli, c'est du moins mon ressenti. Il s'est même permis quelques petites fantaisies : La romance amoureuse sous fond de physique quantique est un moment d'anthologie littéraire, et il y en a d'autres. le plus étonnant avec tout ça, c'est qu'en plus il nous aiguille vers une philosophie de la vie qui va en porte à faux avec tout ça, s'attachant aux petits riens qui font du bien, le vent sur la peau, la beauté d'une pierre, où les petits bonheurs simples sont tout aussi importants que les grandes avancées de l'humanité. Enfin la dernière partie du roman tourne autour de la mémoire, laissant l'oeuvre ouverte sur encore d'autres questionnements, ce qu'on laisse derrière nous, les regrets et les satisfactions, les émotions, les bonheurs, la notoriété...
Cette lecture m'a pris beaucoup de temps, mais j'ai eu l'impression de lire un dizaine de romans au moins, plus quelques articles scientifiques et politiques, et d'en ressortir plus grand, plus riche, avec, au passage, beaucoup d'émotions. Je comprends que le manque d'action et les longueurs aient pu décevoir certains lecteurs, mieux vaut s'attaquer à cette lecture en connaissance de cause et se préparer à l'apnée littéraire de longue durée. C'est une “oeuvre somme” qui traite de tout sous fond de terraforming de Mars.
J'avais comparé les deux premiers tomes aux deux premiers livres de la Bible (la Genèse et l'Exode), ici le lien est moins évident, mais il est toujours question de la naissance d'un Monde, sans mysticisme ridicule, sans mégalomanie mal placée, seulement du génie.
Bref, c'est énorme !
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bilodoh
  21 janvier 2015
Dernier volet d'une trilogie, un pavé de 950 pages (en poche !), tout un voyage sur la planète rouge devenue bleue !

C'est volumineux, mais surtout riche et diversifié. Sur Mars, la société évolue, ce qui permet d'analyser les systèmes politiques et l'économie, d'observer les luttes de pouvoir entre les personnes et les groupes, les problèmes liés à l'immigration, la gouvernance, etc. La science-fiction, c'est aussi les sciences sociales…

On continue l'étude de la nature, l'hydrologie, l'« écopoésie », l'étude des vents ou des vagues ainsi que l'histoire planétaire. On aborde même l'infiniment petit, avec des notions de physique et de mathématique.

Place aussi aux sensations fortes : voler avec les hommes-oiseau à l'aide d'exosquelettes, courir le mar(s)athon, chasser avec les farouches, essuyer des tempêtes en faisant de la voile sur la mer ou simplement observer toutes les nuances des couchers de soleil.

Et pourquoi ne pas poursuivre la balade vers les autres planètes, visiter une ville qui se déplace sur rail pour éviter la chaleur extrême de Mercure, aller vers des cités bâties dans des astéroïdes évidés, survoler l'atmosphère glauque des lunes de Jupiter et se poser sur Miranda, un satellite d'Uranus ?

Pour finir, ressentir les émotions humaines, les peurs, l'amour et l'amitié, s'interroger sur le fonctionnement de l'esprit, le vieillissement et la mémoire.
Une belle aventure dans un imaginaire aux nombreuses facettes!
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finitysend
  10 février 2012
Franchement ! elle ne vous fait pas rêver cette couverture ?
Voici le tome 3 de la trilogie martienne ...
Après les plantes .. :
Un cycle de quasiment 3ooo pages avec les annexes !
C'est long ! Mais pas de doute c'est le seul moyen de découvrir la planète mars dans tous ses états :
passés ... présents et futurs ..
Avant de parler de mars soulignons que l'auteur prospecte tous azimuts : le politique ... la géopolitique
- on est très loin dans un monde multipolaire - la médecine .. la robotique ... l'informatique ...
l'ingénierie ... la climatologie ... la sociologie ... les théories autour de la mémoire ... la génétique
... et Bla Bla Bla ...
C'est vrai que c'est long mais c'est vivant et réel ...
Même si c'est une aventure en compagnie de connaissances intimes c'est quand même un peu une épreuve mais
sachez-le : Il n'y a rien de mieux que la trilogie martienne ! -sourire-
Dans ce tome la terra formation passe un seuil et la planète verdie progressivement ...
Lichens .. algues ...
La planète se réchauffe grâce au biologique mais aussi grâce à l'ingénierie spatiale et au usines à effet
de serre et à la géothermie etc. ..
Par ailleurs la terre poursuit sa descente aux enfers et on se paye une tranche d'apocalyptique au passage
même si ce n'est pas la fin du monde mais que cela y ressemble un peu beaucoup !
La colonisation se développe entre équilibre et anarchie ... entre oppression et liberté .. entre visibles
et clandestins et enfin entre rouges et verts ...
C'est une fresque époustouflante d'une présence fabuleuse qui plonge dans les moindres détails et dans l'intimité
d'un remarquable nombre de personnages !
...................................................................................................................
A mon humble avis ce n'est pas tant de la hard science que de la SF réaliste ...
En tous cas c'est ahurissant et ça ouvre des perspectives immenses au lecteur ..
Un de ces cycles que l'on habite et un de ceux qui sont incontestablement habités ...
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Riduidel
  14 mars 2020
Je crois que je vais avoir beaucoup de mal à écrire cet avis, car [book:Mars la bleue] est un roman très dense, très gros, et très inégal (faute de meilleur terme). Pour exécuter la partie résumé, sachez juste que ce tome de la trilogie doit son titre à la présence d'eau liquide sur Mars, et que l'action s'y déroule sur une bonne centaine d'années, comme le montre la page de la wikipedia traitant de la trilogie. On y retrouve donc quelques uns des cent premiers survivants, ainsi que divers personnages plus jeunes, comme Nirgal et Zo. Mais ce qui change, c'est que l'humanité, poussée par la démographie galopante de la Terre et les coinditions de vie qui s'y dégradent de jour en jour, va désormais beaucoup plus loin que Mars, et s'installe sur l'ensemble des planètes compatibles gravitationnellement avec les besoins physiologiques humains. Tout cela occasionne naturellement son lot de conflits, qui sont cette fois vus de plus loin, car la plupart des intervenants se sont retirés de la vie politique foisonnante de Mars. Pour être franc, je trouve ce dernier tome inférieur aux précédents, pour des raisons qui tiennent plus à l'intrigue qu'à autre chose. En effet, dans la mesure où le récit s'étale sur une centaine d'années durant lesquelles les personnages changent de vie plusieurs fois, et toujours pour des occupations assez peu spectaculaires, il est ardu pour le lecteur de s'intéresser à leurs soucis. Autrement dit, on passe du roman de construction sociétale à la chronique d'une civilisation qu'on pourrait considérer comme plus évoluée que la nôtre. Ca n'est pas inintéressant dans l'absolu, notez bien. Seulement ça n'est pas un genre dans lequel [author:Robinson] excelle. Non, là où il excelle, c'est dans la description d'une constitution qui tienne la route, par exemple, un sujet qui m'a bluffé par la maîtrise qu'il en a et l'intelligence du système mis en place(1). On pourrait aussi parler de son éco-économie, dont on peut se demander dans quelle mesure Nicolas Hulot s'en est inspiré(2). Et ce ne sont là que ses idées les plus emblématiques. Chaque page de ces trois tomes est susceptible d'accueillir une idée d'une élégance incroyable, malheureusement déservie, encore une fois, par une écriture trop administrative. Au delà de ces idées, il faut quand même reconnaître à l'auteur une implication évidente dans les problématiques qui touchent notre société. Ainsi, le vieillissement de la société, qui était déja le thème de [book:Les menhirs de glace] est encore une fois (et plus que dans les précédents tomes du fait du vieillissement des personnages) l'un des thèmes principaux du roman. En corollaire de cette étude sur ce qu'on peut faire de sa vie lorsqu'elle dure plus de deux cent ans(3), transparait naturellement la vision qu'on peut avoir de la mort lorsque personne ne meurt (thème mis en valeur par le décès d'un des personnages). Bref, vous vous en doutez, j'ai adoré ce bouquin, même s'il est rempli de défauts comme cette écriture aride comme Mars (était-ce donc voulu ?). Je l'ai adoré, mais attention, rien ne garantit que ce sera votre cas. (1) Système dont la France devrait d'ailleurs s'inspirer pour la sixième république, car il supprime enfin le concept de président-roi et adapte d'innombrables aspects un peu foireux de la démocratie pour qu'ils se révèlent enfin efficaces, au premier lieu desquels se trouve le bête bulletin de vote.(2) Après lecture de son pacte écologique, je constate que j'ai manifestement inventé son histoire d'économie basée sur l'empreinte écologique, qui est l'exacte transcription de la formidable idée de Robinson, l'éco-économie. En effet, notre économie utilise actuellement une échelle de valeurtt visant à l'accumulation d'équivalent-or (ça n'est plus vrai dans la réalité, mais toujours sur le concept). L'éco-économie propose d'utiliser comme étalon pour la monnaie l'empreinte écologique de chacun. Ainsi, une vie moins polluante sera plus riche qu'une vie polluante. D'un seul coup, les pays les plus pauvres, et donc les moins consomateurs et les moins polluants, deviendraient les plus riches.(3) J'y pense comme ça, ça n'était pas l'espérance de vie des numénoréens ?
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girafe83500
  05 décembre 2015
Livre abandonné à la page 296. Il en comporte 756 dans la collection que j'ai lu.
Pour ma part, je n'ai pas su apprécier ce troisième tome. Les descriptions interminables et le manque de dynamisme ont eut raison de ma volonté de connaître la suite du déroulé du livre. Les personnages sans espoir et torturés ont fini par me mettre tellement mal à l'aise que je n'ai plus pris de plaisir à lire ce roman. le vocabulaire très technique n'a pas toujours été à ma portée, même si l'auteur en a moins abusé qu'au deuxième tome.
Dommage car le sujet est parfait, judicieux, un régal. Encore bravo à l'auteur pour son travail colossal pour écrire ces trois tomes avec un méticuleux qui montre un profond respect pour le lecteur.
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
jamiKjamiK   11 septembre 2019
Si la démocratie et l’autogouvernement sont des droits fondamentaux, pourquoi l’individu devrait-il y renoncer sur son lieu de travail ? En politique, nous nous battons comme de beaux diables pour la liberté, pour avoir le droit d’élire nos chefs, d’aller et venir comme nous le souhaitons, de faire le travail qui nous plaît, pour contrôler nos vies, en somme. Et quand nous nous levons, le matin, pour aller travailler, ces droits nous seraient confisqués. Nous y renoncerions, et pendant la majeure partie de la journée, nous en reviendrions au féodalisme. C’est ça, le capitalisme, une version de la féodalité dans laquelle le capital remplace la terre et les chefs se substituent aux rois. Mais la hiérarchie demeure. Et c’est ainsi que nous continuons à offrir le travail de notre vie, sous la contrainte, pour nourrir des chefs qui ne travaillent pas vraiment.
— Les responsables d’entreprise travaillent, répliqua sèchement Antar. Et ils assument le risque financier.
— Le prétendu risque du capitalisme n’est que l’un des privilèges du capital.
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Charybde2Charybde2   26 février 2016
Il aurait été simple de couper le grand anneau de miroirs et de le laisser dériver dans l’espace, hors du plan de l’écliptique. Il en allait de même avec la soletta : il aurait suffi d’allumer quelques-uns des moteurs-fusées de guidage et elle serait partie en tournoyant dans le vide comme un soleil de feu d’artifice.
Mais ce serait un gâchis de silicate d’alumine usiné, et cette idée déplaisait à Sax. Il décida d’étudier le moyen d’utiliser la réflexivité des miroirs et leurs fusées de guidage pour les propulser ailleurs dans le système solaire. La soletta pourrait être positionnée en face de Vénus, et ses miroirs réalignés de façon à former un immense parasol, ombrageant la planète chaude et amorçant le processus de décongélation de l’atmosphère. Il en était question dans la littérature depuis longtemps, et quels que soient les projets que l’on puisse formuler pour la suite du terraforming de Vénus, c’était une étape obligée. Après, le miroir annulaire pourrait être placé dans l’orbite polaire correspondante autour de Vénus, la lumière réfléchie contribuant à maintenir le parasol / soletta en position malgré la poussée des radiations solaires. Ils retrouveraient ainsi tous les deux une utilité, et ce serait encore un geste symbolique, un geste qui voudrait dire : « Regardez là-haut, ce grand monde est terraformable, lui aussi. » Ce ne serait pas facile, mais c’était envisageable. Ca permettrait aussi d’alléger un peu la pression psychologique qui pesait sur Mars, « la seule autre Terre possible ». Ce n’était pas logique, mais c’était sans importance. L’histoire était bizarre, les gens n’étaient pas rationnels, et dans la logique symbolique, particulière, du système limbique, ce serait un signe adressé à la Terre, un présage, un semis de graines psychiques, un rapprochement. Regardez ! Allez-y ! Et laissez Mars tranquille.
Alors il en parla aux astrophysiciens de Da Vinci, qui contrôlaient effectivement les miroirs. Les rats de labo, ou les saxaclones comme on les appelait derrière son dos et le sien (il l’entendait quand même). De jeunes chercheurs sérieux, nés sur Mars, dotés de tempéraments aussi divers et variés que tous les étudiants et tous les savants de n’importe quel laboratoire, en tout temps et en tout lieu. Mais les gens n’étaient pas à ça près. Ils travaillaient avec lui, c’étaient donc des saxaclones. Il était en quelque sorte devenu l’archétype du savant martien moderne : un rat de labo au poil blanc, un savant fou en chair et en os, dans son château-cratère plein d’Igors dingues, aux yeux fous mais aux manières circonspectes, comme de petits Mr Spock, les hommes aussi osseux et maladroits que des albatros au sol, les femmes drapées dans leur absence de couleur protectrice, leur chaste passion pour la science. Sax les aimait beaucoup. Il aimait leur dévotion à la recherche, elle avait un sens pour lui. Il comprenait leur avidité de comprendre, de mettre le monde en équations. C’était un désir sensé. En fait, il se disait souvent que tout irait mieux dans le monde s’il n’y avait que des savants. « Mais non, les gens aiment la notion d’univers plat parce qu’ils ont du mal à envisager un espace à courbure négative. » Allons, pas forcément. En tout cas, les jeunes indigènes de Da Vinci formaient un groupe puissant. L’underground s’appuyait beaucoup sur eux pour sa technologie, et comme Spencer s’y impliquait à fond, leur productivité était stupéfiante. Ils avaient mis la révolution au point, pour dire les choses telles qu’elles étaient, et ils contrôlaient maintenant de facto l’espace orbital martien.
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bilodohbilodoh   14 janvier 2015
C’est ça le capitalisme, une version de la féodalité dans laquelle le capital remplace la terre et les chefs se substituent aux rois. Mais la hiérarchie demeure. Et c’est ainsi que nous continuons à offrir le travail de notre vie, sous la contrainte, pour nourrir des chefs qui ne travaillent pas vraiment.
(Pocket, p. 192)
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Charybde2Charybde2   26 février 2016
Sax se glissait dans le creux des vagues de pierre avec l’exaltation du surfeur, descendre, descendre, remonter, descendre, descendre, remonter, tout en déchiffrant les peintures de sable qui étaient autant de cartes des vents. Plutôt qu’un patrouilleur camouflé en rocher, avec son habitacle bas, sombre, et qui avançait furtivement, comme un cafard, d’une cachette à l’autre, il avait préféré prendre un gros véhicule d’aréologiste à la cabine supérieure entièrement vitrée. Il éprouvait un immense plaisir à déambuler dans le grand jour diaphane, monter, descendre, remonter, redescendre sur la plaine sculptée par le sable, aux horizons étrangement lointains pour Mars. Pourquoi se serait-il caché ? Personne ne le pourchassait. Il était un homme libre sur une planète libre, il pouvait aller à sa guise. Il aurait pu faire le tour du monde avec son véhicule.
Il lui fallut près de deux jours pour mesurer l’impact de ce sentiment. Même alors, il ne fut pas sûr de le comprendre tout à fait. C’était une étrange sensation de légèreté qui lui retroussait souvent les commissures des lèvres en de petits sourires que rien ne justifiait. Il n’avait pas eu conscience jusque là d’être particulièrement opprimé, mais il lui semblait l’avoir toujours été. Depuis 2061, peut-être, ou même avant. Soixante-six années de peur, ignorée, oubliée, mais toujours là, une sorte de crispation, une petite angoisse tapie au creux des choses.
– Yo-ho-ho ! Soixante-six bouteilles de peur sur le mur, soixante-six bouteilles de peur ! Prends-en une, fais-la passer à la ronde, yo-ho-ho ! Soixante-cinq bouteilles de peur sur le mur !
Fini, tout ça. Il était libre, dans un monde libre. Un peu plus tôt, ce jour-là, il avait vu, dans des interstices de la roche, les premières neiges briller d’un éclat liquide que la poussière n’altèrerait jamais. Puis des lichens. Il s’enfonça dans l’atmosphère. Se demandant pourquoi ne pas poursuivre dans cette voie, à baguenauder librement dans ce monde qui était son laboratoire, et tous les autres avec lui, libres eux aussi !
C’était une sacrée sensation.
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bilodohbilodoh   21 janvier 2015
Pourquoi les bonnes journées étaient-elles si courtes? D’un instant à l’autre, d’un jour à l’autre — si remplis, si beaux, et à jamais disparus, disparus avant qu’on ait le temps de s’en imprégner comme il aurait fallu, de les vivre vraiment
(p. 712)
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