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ISBN : 2266138340
Éditeur : Pocket (01/10/2003)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 331 notes)
Résumé :
Le premier volet de la saga visionnaire et culte
Demain. Cent pionniers s'embarquent à bord de l'Arès, un immense vaisseau spatial dans lequel ils vont voyager une année entière. Leur destination ? Mars. Seul un homme y a déjà posé le pied, John Boon, légende vivante qui s'est porté volontaire pour ce second voyage, sans espoir de retour vers la Terre. Car les hommes et les femmes de l'Arès devront aller au-delà de l'exploration : ils devront rendre habitable... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
finitysend
  22 août 2012
OH LA BELLE ROUGE !
Le premier tome de la trilogie martienne .
Un cycle de quasiment 3ooo pages avec les annexes !
C'est long ! Mais pas de doute c'est le seul moyen de découvrir la planète mars dans tous ses états : passés ... présents et futurs .
Avant de parler de mars soulignons que l'auteur prospecte tous azimuts : le politique ... la géopolitique
- on est très loin dans un monde multipolaire - la médecine .. la robotique ... l'informatique ...
l'ingénierie ... la climatologie ... la sociologie ... les théories autour de la mémoire ... la génétique .. Bla ... bla bla
C'est vrai que c'est long mais c'est vivant et réel .
Même si c'est une aventure en compagnie de connaissances intimes c'est quand même un peu une épreuve mais : sachez-le : Il n'y a rien de mieux que la trilogie martienne ! -sourire-
Dans ce tome la terra formation est encore à ses balbutiements . Elle ne passera réellement un seuil , que au second tome alors que la planète rouge verdira progressivement .
Les cent premiers colons font leur premier vol , arrivée et exploration de mars , essor de la conquête de cet environnement hostile avec tensions et rivalités politiques et idéologiques ...
La colonisation se développe entre équilibre et anarchie ... entre oppression et liberté .. entre visibles et clandestins et enfin entre rouges et verts ...
Cependant et avant tout , une fabuleuse exploration des environnements martien en compagnie de personnages compétents en planétologie et écosystèmes ( naturels et artificiels ) .
Par ailleurs la terre poursuit sa descente aux enfers et on se paye une tranche d'apocalyptique au passage , même si ce n'est pas la fin du monde mais que cela y ressemble un peu beaucoup !
C'est une fresque époustouflante d'une présence fabuleuse qui plonge dans les moindres détails et dans l'intimité d'un remarquable nombre de personnages !
..................................................................................................................
A mon humble avis ce n'est pas tant de la hard science que de la SF réaliste ...
En tous cas c'est ahurissant et ça ouvre des perspectives immenses au lecteur ..
Un de ces cycles que l'on habite et un de ceux qui sont incontestablement habités ...
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marionlafontan
  13 novembre 2012
J'avais lu Mars la Rouge pendant mon adolescence, et je n'en avais pas un très bon souvenir : j'avais trouvé l'histoire longue et molle, l'écriture fastidieuse et les descriptions trop longues.
Comme quoi, certains livres ne sont pas faits pour être lus trop jeune !
Quelle relecture passionnante !
Mars la Rouge, premier tome d'une trilogie martienne hors du commun, raconte de façon hyperréaliste comment les hommes partent investir Mars, dans un futur proche. Sans dévoiler l'intrigue, par le biais de points de vue internes savament alternés, nous découvrons toutes les problématiques liées à la colonisation d'une planête, alors même que la Terre connait peut être sa propre fin. La politique, volontaire ou subie, la sociologie, qui se mèle habilement à la psychologie, l'ingénierie, remarquablement expliquée(on dirait que tout est déjà possible, tellement l'explication est claire) ...etc, le tout sur le décor quasi réel et magnifique de Mars, décrite pragmatiquement mais passionément (je ne pensais pas les deux possibles simultanément). Mars qui prend une place de plus en plus personnifiée au fur et à mesure du récit...
Une franchement belle expérience, une réflexion sur l'humanité, ses limites, son génie et sa capacité à transformer les rèves en cauchemars, et vice versa! Et un voyage hors norme sur une planête mystérieuse, qu'on apprend à (re)découvrir à travers les descriptions fabuleuses de Kim Stanley Robinson.
Un régal, qui n'engage qu'à découvrir la suite!
De plus, j'ai découvert que sur Mars, je n'avais que 14,73 ans. Et pourtant j'en suis sortie grandie! =)
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loreleirocks
  07 mai 2015
Plus de trois mois après avoir commencé Red Mars, et interrompu aussitôt mes lectures pour cause d'emploi du temps et de temps de cerveau entièrement occupés par mon année intense de formation, je peux enfin retrouver un semblant de vie… Aussitôt reprise, la lecture de cet excellent premier tome d'une trilogie s'achève. C'est dire si j'étais assoiffée d'évasion mais surtout, impossible de lâcher la « bataille » pour Mars.
Cela faisait des années (probablement une bonne décennie) que je ne m'étais pas plongée dans un bon gros tome de science-fiction et c'était la première fois, si l'on ne compte pas Dune, que je me lançais dans la croisée des genres Sci-fi et environnement.
Robinson écrit très bien et rend ce premier tome bourré de science très accessible. Les personnages principaux, au départ une centaine de scientifiques transportant leur expérimentation commencée en Antarctique sur Mars, sont riches et très variés de par leur nationalités, et donc au-delà des sciences, apportant des points de vue culturels multiples, mais aussi leurs points de vue sur ce que doit être la colonisation de Mars. Aux antipodes, ceux qui souhaitent la laisser intacte (l'émerveillement devant une nature qui paraît si hostile et stérile comparée à celle de la Terre) et ceux qui y voient une mine inépuisables de ressources pour une Terre surexploitée et surpeuplée, dirigée par les transnationales (la prochaine étape de nos multinationales?), rendant inefficace l'ONU, etc.
Une belle utopie rattrapée par la colonisation humaine, ou plutôt l'exploitation humaine (des ressources et des humains pensant y trouver une seconde chance ou un moyen rapide de s'enrichir et de vivre confortablement sur Terre à leur retour), et rapidement théâtre d'affrontement entre premiers colons (parmi lesquels une partie de nos premiers scientifiques) et les forces Terriennes.
L'aventure a été pleine de rebondissements, de trahisons, de découvertes… et elle se termine dans la destruction et la possibilité d'un nouveau départ.
Un livre très réaliste où l'on peut à la fois voir se profiler un avenir possible et les convictions de l'auteur, très intéressant et malgré tout très positif dans sa colonisation de Mars.
J'ai hésité quelques secondes, regardant amoureusement la belle pile de livres qui m'attend, maintenant que ma formation est terminée et que je n'ai plus que mes élèves sur lesquels me concentrer… non, je n'interromprai pas l'aventure. Je me lance dans Green Mars !
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Thanatos
  23 novembre 2018
Un vrai coup de coeur ! Malgré quelques passages à vide (mais sur plus de 500 pages, on pardonnera), je peux me dire comblé par cette lecture.
Nous voici donc devant l'histoire de la colonisation de la planète Mars. Histoire abordée selon le point de vue de personnages différents et selon des thématiques différentes. Ainsi, on s'intéressera aussi bien aux techniques de survie sur Mars, à l'écologie sur Mars, à la politique sur Mars, au commerce sur Mars, à la criminalité sur Mars, à la religion sur Mars et sûrement d'autres aspects en sous-texte que je ai été incapable d'apercevoir.
Ainsi, à chaque partie (de longueur inégale), on change de point de vue, on suit un autre protagoniste. Pour le coup, les deux parties qui m'ont le plus captivé sont celle où l'on suivait Nadia et celle de John. Tandis que celle sur Franck m'a passablement ennuyée.
Pour John, je pense que c'est la bonne humeur constante du personnage qui me contaminait et qui me poussait à continuer à lire. Pour Nadia, c'est plus le côté découverte d'un nouveau monde, une sensation d'émerveillement constant, alors qu'à côté, il faut se battre pour le moindre centimètre carré contre la planète.
Pour Franck, deux choses m'ont dérangées : premièrement, le personnage est fortement antipathique, ce qui n'aide pas vraiment, et ensuite l'échelle de temps de son chapitre est assez distordue, il se passe parfois deux ans entre deux paragraphes, ce qui est parfois perturbant.
Pourtant, même si tous les protagonistes ne sont pas égaux, je me suis attaché à la plus part d'entre eux et je pense qu'il s'agit d'une des plus grandes réussites de ce roman, avec la sensation de se retrouver vraiment sur Mars. Ainsi, il y a Maya, complètement bipolaire, Ann, attachée à la planète Mars telle qu'elle était, Arkady, révolutionnaire russe, le Chacal, mystérieux personnage et bien d'autres encore.
Bref, c'est une vraie réussite ! de part la diversité des sujets abordés, de l'attachement que les personnages suscitent et par l'émerveillement devant la nature martienne.
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girafe83500
  30 avril 2015
Un petit voyage sur Mars qui ne se refuse pas.
Les nombreux protagonistes ont tous un profil bien spécifique détaillé tout au long des chapitres. Au fil des épisodes le lecteur lie une complicité avec les cents premiers.
Toutefois, l'auteur a un souci du détail qui peut parfois être pesant et faire décrocher le lecteur. Mais on est vite raccroché et il est facile de se replonger dans le cours de l'histoire.
L'emploi d'un vocabulaire technique peut également gêner les lecteurs néophytes.
C'est un très bon livre qui semble assez réel pour nous faire oublier qu'il s'agit de science-fiction. Mars la Rouge donne envie de découvrir la suite de cette trilogie en lisant Mars la Verte et Mars la Bleue.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
OlivOliv   05 février 2019
Nous avons été envoyés par nos gouvernements, et tous nos gouvernements sont défaillants, la plupart au bord du désastre. Ce qui explique que l'Histoire soit un pareil bordel. Nous ne dépendons plus que de nous-mêmes, et, en ce qui me concerne, je n'ai pas l'intention de répéter les fautes commises sur Terre simplement pour obéir aux conventions. Nous sommes les premiers colons de Mars ! Nous sommes des scientifiques ! Notre devoir est de repenser les choses, de les rendre neuves !
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UnCurieuxUnCurieux   19 juin 2018
Sax Russell se leva à son tour. Il restait le même petit homme discret, il battait des paupières comme un hibou. Il avait sans doute le visage un peu coloré, mais sa voix restait calme et sèche, comme s’il récitait un texte sur la thermodynamique ou la table des éléments.

-C’est dans l’esprit de l’homme que réside la beauté de Mars. Hors de la présence humaine, ce n’est qu’une collection d’atomes, guère différente de toutes celles qu’on peut observer dans l’univers. C’est nous qui comprenons Mars, qui lui donnons son sens véritable. Avec tous ces siècles que nous avons passés à l’observer avec nos télescopes, à deviner des canaux dans chaque changement d’albedo. Avec nos romans de SF stupides remplis de monstres, de princesses et de civilisations disparues. Avec tous les étudiants qui ont rassemblés toutes les données pour nous conduire jusqu’ici. C’est ça qui donne sa beauté à Mars. Et non pas le basalte ou les oxydes. […]
-Maintenant que nous sommes ici, continua-t-il, ça ne suffira pas de nous cacher à dix mètres sous terre pour étudier la roche. Oui d’accord, c’est de la science, et elle est même nécessaire. Mais la science va bien au-delà. La science fait partie d’une entreprise humaine plus vaste, qui implique d’aller jusqu’aux étoiles, d’adapter les autres planètes à notre forme de vie. La science, c’est créer. L’absence de vie sur cette planète, et le fait que nous n’en ayons pas trouvé trace en cinquante ans de travail sur le programme SETI, indique que la vie est rare, et la vie intelligente encore plus. Pourtant, la beauté est tout le sens de l’univers. Elle réside dans la conscience de la vie intelligente. Nous sommes la conscience de l’univers, et notre travail est de la répandre, d’observer les choses, d’aller vivre là où nous le pouvons. Il est trop dangereux de confiner la conscience de l’univers à une seule planète. Elle pourrait être balayée. Nous voilà donc sur deux planètes, trois si nous comptons la Lune. Et nous avons les moyens de transformer cette planète-ci, si nous voulons y vivre en sécurité. En la transformant, nous ne la tuerons pas. Il sera sans doute plus difficile de déchiffrer son passé, mais nous n’en supprimerons pas la beauté. En quoi des lacs, des forêts, des glaciers pourraient-ils diminuer cette beauté ? Pour moi, cela ne fera que l’accentuer. Cela lui apportera la vie, le plus beau des systèmes. Mais la vie n’abattra pas Tharsis, elle ne comblera pas Marineris. Mars restera Mars. Différente de la Terre, plus froide, plus sauvage. Mars et nous pouvons survivre en même temps. C’est inscrit dans l’esprit humain : si ça peut être fait, ce sera fait. Nous transformer Mars et la construire, comme nous avons construit les cathédrales. Ce sera un monument à l’humanité et à l’univers. »
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UnCurieuxUnCurieux   19 juin 2018
« Comme ils approchaient de la base, Ann devint taciturne et distante, le visage aussi rigide qu’un masque.

-Qu’y a-t-il ? lui demanda Nadia un soir.
Elles réparaient un transpondeur défaillant.
-Je ne veux pas retourner là-bas, dit Ann. (Elle s’était agenouillée près d’un rocher avec son marteau.) Je ne tiens pas à ce que ce voyage s’achève. J’aimerais qu’on continue comme ça tout le temps, qu’on descende les canyons, qu’on grimpe sur les volcans, qu’on explore les chaos et les montagnes autour d’Hellas. J’aimerais que ça ne s’arrête jamais. (Elle soupira.) Mais… je fais partie de l’équipe. Il faut bien que je retourne dans ce taudis avec les autres.

-C’est à ce point ?

Nadia, elle, pensait à ses superbes caveaux, à la piscine à remous, à un bon verre de vodka glacée.

-Mais tu me comprends ! Vingt-quatre heures et demie par jour dans ces petites salles enterrées, avec les complots politiques de Maya et de Frank, avec Arkady et Phyllis qui se disputent à n’importe quel propos, ce que je comprends maintenant, tu peux me croire, et George qui n’arrête pas de se plaindre, John perdu dans son brouillard, Hiroko obsédée par son petit empire, et aussi Vlad, et Sax… Je veux dire : c’est une foule impossible à vivre !
-Ils ne sont pas pires que n’importe qui. Ni pires ni meilleurs. Il faut faire avec. On ne peut pas s’en sortir seul ici !
-Non, je sais. Mais j’ai l’impression de ne pas être ici, justement, quand je suis à la base. Je préférerais encore me retrouver dans le vaisseau !
-Non, non. Tu oublies. (Elle donna un coup de pied dans le rocher sur lequel Ann travaillait, et Ann leva les yeux, surprise.) Tu vois ? Tu peux shooter dans les rochers, ici. On est là, Ann, là, sur Mars. Et peux sortir tous les jours pour aller faire un tour. Vu ta position, tu pourras te payer autant de voyages que tu le veux.
Ann détourna les yeux.
-Oui, mais parfois, ça ne me paraît pas suffisant.
Nadia ne la quittait pas du regard.
-Écoute. C’est avant tout à cause des radiations que nous avons dû nous enterrer. Ce que tu veux dire en réalité, c’est que tu souhaiterais qu’il n’y ait plus de radiations. Ce qui signifie qu’il faut une atmosphère plus dense. Autrement dit : terraformer la planète.
-Je sais. (Soudain, la voix d’Ann était plus tendue, à tel point qu’elle abandonna son ton froid.) Tu penses que je ne le sais pas ? (Elle se leva en agitant son marteau de géologue). Mais ça n’est pas juste ! Quand je contemple ce paysage, je l’aime ! Je ne veux qu’une chose, le parcourir sans cesse, le découvrir, l’apprendre. Mais en même temps, je le change –je détruis ce qui est, ce que j’aime. Cette route que nous avons tracée, ça me fait mal de la voir ! Et le camp de base ressemble à une mine à ciel ouvert, au milieu de ce désert que personne n’a touché depuis le commencement des temps. C’est tellement moche… Nadia, je ne veux pas qu’on fasse la même chose à toute cette planète. Non. J’aimerais mieux mourir. Il faut laisser Mars telle qu’elle est, dans toute sa sauvagerie, et que les radiations continuent à pleuvoir. Ça n’est qu’une question de statistiques, de toute manière. Je veux dire que si les risques de cancer augmentent de un à dix, alors j’ai raison neuf fois sur dix !
-C’est très bien pour toi. Ou pour n’importe quel autre individu. Mais pour le groupe, pour tous les êtres vivants –il y a un risque génétique grave. Avec le temps, nous serons tous diminués. Donc, tu ne peux pas penser pour toi seule.
-Parce que je fais partie de l’équipe, ajouta Ann d’un ton morne.
-Exactement.
-Je sais. Et c’est ce que tout le monde dit. On va rendre cet endroit habitable. Avec des routes, des villes. Un nouveau ciel, un nouveau sol. Jusqu’à ce qu’il ressemble à la Sibérie ou aux territoires du Nord-Ouest. Fini Mars, et nous nous demanderons alors pourquoi nous éprouvons ce sentiment de vide. Pourquoi, en contemplant le paysage, nous ne voyons que nos visages. »
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marionlafontanmarionlafontan   10 novembre 2012
Dès que nous avons débarqué, nous avons concentré tous nos efforts à devenir autonomes, indépendants, pour les rembourser et en finir. Mais nous avons échoué, et les requins d'hypothèque sont de retour, John. Au départ, si quelqu'un nous avait demandé de produire plus d'argent, à toi, ou à moi, nous n'aurions pas su quoi répondre, n'est ce pas?
_exact.
_C'est une question qui n'a plus de sens. Mais repose la maintenant. A qui vas tu faire appel ?
_A personne.
_Moi non plus. Mais Phyllis, va s'adresser à Amex, à Subarashii,(...) General Electric, Boeing. Et ainsi de suite. Ils sont plus riches que nous. Et dans ce système, être plus riche c'est être encore plus puissant.
On va y réfléchir, songea John. Mais comme il ne tenait pas à faire rire Arkady, de nouveau, il ne dit rien.
Autour d'eux, des nuées d'Arkady agitaient les bras comme un mandala tibétain représentant des démons aux cheveux rouges.
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GaerathGaerath   12 avril 2013
L’unique mobilier était un globe de Mars d’un mètre de diamètre, installé sur une estrade de plastique bleu. Un câble d’argent long de cinq mètres reliait la petite bosse qui représentait Pavonis Mons à une tache noire. Le globe tournait lentement, à un tour par minute, et le câble d’argent tournait en même temps, son extrémité restant fixée sur Pavonis.
Ils étaient huit, regroupés autour du globe.
— Tout est à l’échelle, dit Phyllis. La distance entre le satellite aréosynchrone et le centre de la masse est de 20 435 kilomètres, le rayon équatorial de 3 386 kilomètres, ce qui nous donne une distance de 17 049 kilomètres entre la surface et le point synchrone. Il suffit de doubler ça, d’ajouter le rayon, et ça nous donne 37 484 kilomètres. Nous disposerons d’un rocher de lest à l’autre extrémité, et par conséquent le câble ne devra pas être aussi long que ça. Son diamètre sera d’environ dix mètres, et il devrait peser dans les six milliards de tonnes. Les matériaux de construction proviendront de son point de lest, qui devrait être un astéroïde de treize milliards et demi de tonnes. Quand tout aura été foré et le câble fixé, il n’en restera que sept milliards et quelque. Ce n’est pas un astéroïde très important, disons dans les deux kilomètres de diamètre. Il existe six candidats qui croisent l’orbite de Mars, six astéroïdes d’Amor. Le câble sera fabriqué par les robots de la mine et le carbone sera traité à partir des chondrites de l’astéroïde. Ensuite, dans les derniers stades de construction, on déplacera le câble jusqu’à son point d’attache. Là. (Phyllis pointa le doigt vers le sol en un geste dramatique.) Le câble sera aréosynchrone avec l’orbite, il sera à peine en contact avec le sol et son poids sera suspendu entre l’attraction de la planète, la force centrifuge de sa partie supérieure et le lest de la roche à son point terminal.
— Et Phobos ? l’interrompit John.
— Phobos est droit en bas, bien entendu. Le câble va vibrer de façon à l’éviter. Les concepteurs appellent ça une oscillation de Clarke. Ça ne posera aucun problème. Deimos aussi devra être contournée par oscillation, mais avec son orbite plus inclinée, ce sera plus facile.
— Et quand il sera en place ? demanda Helmut, avec une expression rayonnante.
— Quelques centaines d’ascenseurs au moins seront attachés au câble, et leurs chargements seront montés sur orbite en utilisant un système de contrepoids. Il y aura une quantité de matériaux à réceptionner de la Terre, comme d’habitude, ce qui minimisera les besoins en énergie. Il sera également possible d’utiliser la rotation du câble à la manière d’une fronde : les objets libérés de l’astéroïde-lest en direction de la Terre utiliseront la force de rotation de Mars pour la poussée initiale. Économie d’énergie : 100 %. C’est une méthode propre, efficace, extraordinairement économique. Aussi bien pour larguer des charges jusqu’à l’espace que pour leur donner une impulsion d’accélération. Si l’on tient compte des récentes découvertes de métaux stratégiques, qui commencent à manquer sur Terre, une ascension sur orbite plus une poussée gratuite, c’est d’une valeur inestimable, littéralement. Ça rend possible un échange qui n’était pas économiquement viable auparavant. Ce sera une composante essentielle de l’économie martienne, la pierre de touche de son industrie. Et le coût de la construction ne sera pas aussi élevé que ça. Dès qu’un astéroïde carbonacé sera placé sur l’orbite requise et qu’on y aura implanté une usine robotisée pour la fabrication du câble, ce sera comme une grande araignée qui tisse son fil dans l’espace. Nous n’aurons presque rien à faire, sinon attendre. Telle qu’elle a été conçue, l’usine devrait produire 3 000 kilomètres de câble par an – ce qui signifie que nous devons commencer aussi tôt que possible, mais, quand la production aura démarré, ça ne prendra que dix ou onze années. Et ça vaut le coup d’attendre.
John fixait Phyllis, comme toujours impressionné par sa ferveur. Elle se comportait comme un prêcheur, comme un converti témoignant de sa foi, sereine, confiante et triomphante à la fois. Le miracle de l’Ascension aux Cieux. Jack et la tige de haricot. Il y avait un peu de miracle dans tout cela.
— À vrai dire, continuait-elle, nous n’avons pas le choix. Cela va nous libérer de notre puits gravifique, l’éliminer en tant que problème physique et économique. C’est crucial : sans cela, nous serions court-circuités, comme l’Australie l’a été au XIXe siècle, parce qu’elle était trop loin pour constituer une partie signifiante de l’économie mondiale. Si nous ne faisons pas ça, ceux de la Terre exploiteront directement les astéroïdes, qui disposent de vastes ressources en minerais et qui n’ont pas de contrainte gravitationnelle. Sans l’ascenseur, nous ne serions plus qu’un trou perdu.
Shikata ga nai, songea John, sardoniquement. Phyllis lui jeta un regard rapide, comme s’il s’était exprimé à haute voix.
— Nous ne laisserons pas faire ça, dit-elle. Et le plus important, c’est que notre ascenseur servira de prototype expérimental pour un modèle terrien. Les transnationales qui vont construire le nôtre seront en position majoritaire quand il s’agira de passer au stade contractuel pour le projet terrien, beaucoup plus important.
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