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ISBN : 2756050253
Éditeur : Delcourt (09/04/2014)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 51 notes)
Résumé :
A travers les souvenirs d'un espagnol exilé républicain en France, Paco Roca reconstitue l'histoire de la Nueve ou Neuvième compagnie. Un remarquable album sur ces héros oubliés qui ont pourtant libéré Paris en 1944. La majorité des hommes qui composaient la Nueve avaient moins de vingt ans lorsqu'ils prirent les armes, en 1936, pour défendre la République espagnole: les survivants ne les déposeraient que huit ans plus tard après s'être illustrés sur le sol africain... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Pecosa
  16 mai 2014
Qui se souvient que le 24 août 1944, la Nueve, 9ème Compagnie du Régiment de Marche du Tchad, qui faisait partie de la 2ème Division Blindée du général Leclerc, et qui était composée de 146 Espagnols sur 160 hommes, fut la première à entrer dans la capitale?
Le 24 août 2012, le drapeau républicain espagnol flottait pour la première fois sur la Mairie de Paris, à la mémoire de ces combattants dont quelques photos de chars (Teruel, Santander...) prises à la Libération ont gardé la trace.
Dans son passionnant ouvrage La Nueve, 24 Août 1944, préfacé par Semprun, Evelyn Mesquida avait déjà collecté les souvenirs de ces oubliés de la victoire.
C'est avec un roman graphique très réussi que Paco Roca, déjà auteur de L'Ange de la retirada avec Dounovetz, fait revivre la destinée de ces réfugiés qui, des camps de concentration à la campagne de Tunisie, de la Normandie au nid d'aigle d'Hitler, ont combattu pour la liberté.
A travers le parcours du Canarien Miguel Campos, qui en fuyant Alicante en 1939, atterrit dans les terribles camps français d'Afrique du nord où les internés devaient construire dans des conditions épouvantables la voie ferrée transsaharienne (si bien évoquée par Max Aub dans Manuscrit corbeau suivi de Cimetière de Djelfa) nous revivons l'étonnante et passionnante épopée de ces hommes, anarchistes, communistes, souvent antimilitaristes et combattants enragés.
Roca mêle habilement petite et grande histoire, grandes batailles et anecdotes. On y retrouve avec plaisir et émotion les silhouettes de Machado, du lieutenant Granell, du capitaine Raymond Dronne et sa fameuse jeep "Mort aux cons" (Leclerc à Dronne, avant l'entrée dans Paris: "Et changez le nom de votre jeep, nom d'un chien"), du très aimé Joseph Putz, de Leclerc, d'Hemingway....
Jorge Semprun voyait l'implication des Espagnols et des étrangers dans la lutte contre l'occupation comme les prémisses de l'Union européenne. Mais les Espagnols (12 000 déportés à partir de 1940 et du Convoi des 927), tout comme les Arméniens, les Italiens les juifs étrangers, les Luxembourgeois, les Antillais dissidents... impliqués dans la résistance furent balayés des mémoires. Les souvenirs en couleur de Miguel Campos leur rendent enfin l'hommage qu'on attendait.
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tynn
  17 août 2015
Un jeune auteur interroge un vieux combattant.
Miguel raconte sa guerre et ses souvenirs de réfugié républicain espagnol, depuis les camps de regroupements en Afrique du Nord jusqu'à l'engagement dans les troupes de libération.
Ce gros roman graphique, en couleurs pour les souvenirs, en noir et blanc pour les interviews, restitue avec détails et émotion le parcours incroyable et dramatique de ces jeunes espagnols finissant combattants au sein de la 2ème DB, dans la compagnie Nueve.
Hommage leur soit rendu car ils furent les premiers à atteindre l'hôtel de ville de Paris, en toute discrétion historique pour ne pas tuer le mythe de la reconquête par les troupes françaises de Leclerc. La suite les conduira aux confins de la Bavière, laissant la plupart d'entre eux dans les combats de la chute du régime hitlerien.
Le roman est réaliste dans le trait, explicatif dans la narration. Les cartes résumant les déplacements des exilés espagnols sont impressionnantes et révèlent l'ampleur de la tragédie humaine.
Page d'histoire, devoir de mémoire envers des hommes au parcours oublié ou méconnu, qui, par fidélité à des idéaux, auront subi près de 10ans de conflit sans jamais pouvoir finir la reconquête de leur propre terre.
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Walktapus
  10 juillet 2014
Dans cette généreuse BD, Paco Roca rend hommage aux combattants espagnols républicains de la France Libre, à travers le destin de l'emblématique Nueve, la première unité de la 2e DB à atteindre l'Hôtel de Ville de Paris le 24 août 1944 au soir, et composée en majorité d'espagnols.
Je ne vous cacherai pas que les "devoirs de mémoire" ne me passionnent guère. Ce que j'aime c'est L Histoire, et l'aventure humaine. J'avais un peu peur, mais heureusement, tout va bien ici !
Paco Roca choisit de raconter cette histoire à travers le parcours d'un homme, Miguel Campos, le Canarien, sous-officier de la Nueve mystérieusement disparu en décembre 1944. Paco Roca retrouve la trace de cet homme de nos jours (dans la bd) et part l'interviewer. Se met en place une narration sur deux plans qui se répondent, en deux styles.
Dans un dessin gris monochrome, une ambiance pluvieuse et un découpage plutôt statique et très régulier, l'auteur se met en scène avec le Campos âgé racontant ses souvenirs, et quelques personnages de son entourage, dans des scènes d'un quotidien banal (ce qui ne les empêche pas d'être émouvantes). Les souvenirs, eux, s'incarnent en couleur et au pinceau (il me semble), avec un découpage plus mouvementé. Ils sont à la fois plus vivants et plus flous. Les deux types de séquences alternent, et le retour régulier au trivial du présent permet de conserver leur force aux scènes du passé tout au long des 300 pages.
Le récit, très documenté, abonde d'anecdotes historiques, et le personnage fictif de Campos permet d'introduire une note de romance et de tragédie au récit. Non pas que ça manquait de tragique : le récit commence à la fin de la guerre d'Espagne avec une scène hallucinante dans le port d'Alicante. S'ensuit un passage aux enfers pour les réfugiés espagnols, que je vous laisse découvrir avant la formation de la Nueve en Tunisie et son parcours en Angleterre, en Normandie, à Paris et après. Ces républicains après avoir combattu contre le fascisme, ne pourront pas rentrer dans leur pays.
J'ai trouvé un documentaire sur tout ça, avec deux vrais vétérans, notamment El Moro.
http://www.youtube.com/watch?v=8umk¤££¤27L Hôtel de Ville de Paris le 35¤££¤
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MurielT
  24 septembre 2014
Voilà une très bonne BD, relatant la vie mouvementée d'un républicain espagnol. C'est un vieux monsieur de 94 ans qui relate à un tout jeune auteur, son parcours d'Alicante où il échappe de justesse aux troupes franquistes au 24 aout 1944 où il entre dans Paris avec les troupes de Leclerc.
C'est vraiment une belle et émouvante histoire où l'on suit ces espagnols à travers leur fuite pour échapper à la fois aux franquistes, aux geôles de Vichy et qui ont longtemps cru qu'après avoir libéré la France les Alliés iraient libérer l'Espagne.
Les dessins sont simples, mais rendent bien les émotions qui se dégagent des situations. Les dessins en noir et blanc sont destinés aux scènes qui se passent aujourd'hui tandis que les couleurs sont réservées au récit des aventures de Miguel. On découvre en Miguel un Héros très touché par tout ce qui lui est arrivé de 1936 à 1944, qui n'a jamais rien dit à personne et qui n'a jamais pu rentré dans son pays.
Grâce à cette BD j'ai découvert que les premiers blindés entrés dans Paris étaient ceux de la compagnie des Républicains espagnols qui avaient donné à leur véhicule des noms de villes espagnoles où ils avaient combattus les troupes de Franco et qui avaient accroché à chaque half-track des drapeaux aux couleurs de la république d'Espagne.
C'est vraiment une BD très intéressante qui mérite que l'on si attarde
A lire
Challenge abc 2014/2015
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pilyen
  28 avril 2014

Un sacré pavé historique que ce nouveau roman graphique de l'espagnol Paco Roca ! 336 pages sur le récit de la reconversion forcée de républicains espagnols exilés, en soldats de la deuxième DB du maréchal Leclerc dans la division baptisée "La nueve" et qui sera la première à entrer dans Paris le 24 août 1944. le général De Gaulle les a snobés, l'histoire les a gommés mais pourtant, les premiers libérateurs de notre capitale ce sont bien eux, cette poignée d'anti fascistes espagnols.
Formidablement documenté, le récit englobe cinq années d'errance composées de camps de travail vichystes, d'entraînement, de combats militaires ou idéologiques. le courage, l'énergie du groupe d'hommes que l'auteur choisit de suivre sont de celles qui font l'étoffe des héros. Seulement, l'anonymat dans lequel les ont plongés un patriotisme français peu reconnaissant envers tous les étrangers qui se sont pourtant battus pour libérer notre pays, pousse Paco Roca à les mettre à l'honneur. En retrouvant un des derniers survivants de cette division et en intégrant dans le récit cette rencontre, l'album, qui n'aurait pu être que la narration classique d'un fait historique, devient soudain bien plus attachant. Cette alternance passé/présent, procédé connu mais toujours efficace quand il est utilisé à bon escient, permet de vivre cette épopée à hauteur d'hommes. Au récit complexe des années de combats, alterne la vie recluse d'un vieillard qui soudain accepte de se replonger dans un passé enfoui depuis bien longtemps mais toujours présent dans les méandres de sa mémoire. Son quotidien, son amitié rude avec un jeune voisin, ses rapports bougons puis reconnaissants avec le jeune auteur qui l'interroge, sont le parfait contrepoint de la description historique minutieuse, non dénuée de détails personnels.
La fin sur le blog
Lien : http://sansconnivence.blogsp..
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critiques presse (5)
BDGest   03 septembre 2014
Mêler habilement la grande et la petite histoire, voici la recette parfaitement appliquée ici par Paco Roca, qui parvient à maintenir constant l’intérêt pour le récit du vétéran, tout en suscitant l’empathie envers ces héros oubliés, ceci jusqu’à une révélation finale chargée d’émotion.
Lire la critique sur le site : BDGest
Culturebox   03 juin 2014
C'est une histoire méconnue que conte l'auteur espagnol Pablo Roca dans une bande dessinée : celle de la "Nueve", une compagnie composée de Républicains espagnols qui, après avoir combattu le franquisme, se joignirent à la résistance française. Composée de combattants d'élite, elle fut la première à entrer dans Paris après avoir participé à sa libération, il y a soixante dix ans, en août 1944.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Lexpress   29 avril 2014
Le dessin de Roca est simple, lisible, sorte de réalisme imaginaire, mais c'est surtout la mise en pages qui donne le rythme à cet album. Roca dessine à hauteur d'homme et s'applique à dynamiser son histoire par un découpage alternant la taille des cases.
Lire la critique sur le site : Lexpress
BoDoi   16 avril 2014
Paco Roca alterne récit imaginaire au présent, en gris, et souvenirs de la guerre, en couleurs. Il livre à la fois un document important et une histoire émouvante. La ligne claire de son dessin conserve une sobriété et une clarté opportunes dans une histoire fouillée et complexe.
Lire la critique sur le site : BoDoi
LeMonde   08 avril 2014
Comme Emmanuel Guibert dans La Guerre d’Alan (L’Association, 2000-2008), Paco Roca raconte le second conflit mondial à hauteur d’homme. Et sa Nueve, hommage à des combattants pour la liberté, donne très envie de relire le lumineux récit de la vie d’Alan Ingram Cope.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
WalktapusWalktapus   07 juillet 2014
- Ils ont baptisé leurs véhicules ? C'est la tradition avant de partir au combat.
- Vous connaissez les espagnols... ils n'ont pas réussi à se mettre d'accord. Certains veulent utiliser des noms de héros anarchistes, d'autres de socialistes, et d'autres de communistes.
- Non ! Non ! Leclerc ne veut pas de politique. Qu'ils choisissent des noms qui ne posent pas de problèmes. Des noms de villes d'Espagne par exemple.
[Plus tard]
C'était les noms des villes où les républicains avaient combattu Franco.
- Si Leclerc pose la question, dites-lui que c'est votre lieu de naissance.
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NievaNieva   31 août 2015
— Pendant la guerre, tu passes ton temps à poireauter.
— Vous savez, Robert Mitchum prétend qu'être acteur consiste exactement à la même chose. Il dit qu'on passe son temps assis dans une roulotte entre un plan et un autre.
— Il en va de même pour la guerre, mais tu attends toujours sous la pluie, sans dormir, sans manger...
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MurielTMurielT   24 septembre 2014
- Que feras tu en premier quant la République sera restaurée ?

- Je ne sais pas... Marcher tranquillement dans les rues d'Alicante, sans peur des bombes, comme avant la guerre.
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mfgaultiermfgaultier   23 juillet 2014
- ça ne vous faisait rien de les tuer de sang froid ? Car en fait, ça ne faisait pas partie du combat.
- C'était la guerre. Dans une guerre, il n'y a pas de meurtre de sang froid.
- C'est tuer par traîtrise des gens que...
- ce n'était pas... C'était des fascistes ! des fascistes ! ce n'était pas des hommes avec des femmes et des enfants... C'était des nazis qui n'hésitaient pas à faire de même avec nous.
Et pour qui te prends-tu, pour te permettre de me juger ?
Tu viens remuer la merde pour écrire un bouquin ou ce que tu crois être un bouquin !
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mandrake17mandrake17   08 septembre 2017
- Mon pote, il faudra bien qu'ils nous laissent sortir d'ici, non?
- N'en sois pas si sûr, Moreno. Les français n'ont pas perdu de temps pour légitimer le gouvernement de Franco.
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