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ISBN : 2253257982
Éditeur : Le Livre de Poche (16/01/2019)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 42 notes)
Résumé :
DANS PARIS, LA NUIT,
UN FLIC ET DES VIES BRISÉES.

Emma Loury aimait les causes perdues et dangereuses. Emma vient d’être découverte, sauvagement assassinée, dans son appartement du IVe arrondissement. Son amant, un officier français de retour d’Afghanistan, s’est enfui. Le coupable idéal.

Le commissaire Marsac se plonge dans cette enquête avec rage : de l’avis de tous, Emma était une personnalité solaire et une excellente ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Acoun
  16 avril 2018
Bon... C'est pas comme si je vous avais pas prévenu. J'avais découvert l'écriture d'Elsa Roch avec son premier roman « Ce qui se dit la nuit »... J'avais été séduit... et je n'étais pas le seul. Après un premier succès, le cap du deuxième livre est souvent casse-gueule. Si vous pensez que l'autrice allait confortablement chausser ses godillots pour nous emmener une nouvelle fois dans cette ambiance rurale faussement tranquille qui nous avait tant plu, vous vous fourrez le doigt dans l'oeil jusqu'au cubitus... Nenni Ma Foi ! Avec ses petites bottines à talons et son blouson noir, Elsa nous entraîne à toute vitesse dans une ambiance urbaine sombre et sordide. Et c'est parti pour 350 pages en apnée dans un Paris nocturne, à la moiteur étouffante, aux mains de trafiquants violents et cruels.
Une jeune journaliste qui enquêtait sur la prostitution est sauvagement assassinée. Le36 est sur les dents. le premier suspect est son p'tit copain, un militaire qui revient d'Opex. D'autant plus suspect qu'à la première occasion, il se fait la malle pour se lancer aux trousses du coupable. Tout son être réclame justice, mais une justice à sa façon... Avec le personnage de Jérôme, victime du Syndrome Post Traumatique à son retour d'Afghanistan, Elsa Roch choisit de mettre en lumière ces hommes qui vont mourir à l'autre bout du monde pour défendre nos libertés ou qui reviennent détruits. Elle nous décrit intelligemment le trauma de cet homme meurtri. Et c'est ce qui fait avancer l'écriture d'Elsa Roch, cette volonté de décortiquer l'être humain, de le fouiller, de nous en livrer les failles...
On retrouve avec plaisir le commissaire Amaury Marsac, écorché, à la dérive, plongé dans l'attente morbide d'un appel qui ne vient pas... « Mon vide et moi, on retourne se noyer dans la nuit. » ; son adjoint Rimbault qui souffre de l'absence de sa famille, « L'histoire de jalousie qui s'esquissait lui perforait le coeur, et les souvenirs qu'il se contraignait à oublier ressurgissaient avec violence » ; Hélène, la flic rousse, « Elle était tombée amoureuse, par inadvertance, comme on rate une marche,et alors ? »...
Car un des atouts d'Elsa, est certainement, de réussir à mettre en avant le côté psychologique de ses personnages. Elle aime profondément les hommes et les femmes qu'elle crée. Elle les cisèle dans les moindres détails, ils sont profonds, attachants ou angoissants, hantés par leurs démons intérieurs... Des hommes et des femmes qui essaient de survivre dans un univers violent, dans un folie quotidienne.
On est loin ici des polars qui privilégient l'action. Pas plus que l'intrigue n'est le noeud du récit. Cette chasse à l'homme n'est qu'un prétexte pour aborder la barbarie humaine et les dégâts qu'elle fait en chacun de nous. Elsa Roch choisit de nous parler des être humains et de leur inhumanité. Mais derrière cette violence et cette haine, on est parfois saisi par la beauté des mots. L'écriture d'Elsa est travaillée et nous séduit avec une poésie sombre et rare dans le polar.
« On ne sort pas seul du noir, il faut une main tendue... »
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clintisgood2
  11 février 2018
Après son excellent Ce qui se dit la nuit, Elsa Roch signe ici un second opus des enquêtes du commissaire Marsac qui sonne, à nouveau, comme un réquisitoire contre la folie humaine dans ce qu'elle a de plus barbare et de plus abject.
Psychanalyste de formation, Elsa Roch aurait pu simplement écrire de très intéressants essais médicaux sur son quotidien de clinicienne. Mais son divan à elle c'est le polar. Les mots et les personnages qu'elle couche sous sa plume noire sont les ambassadeurs des thèmes qui la touchent.
Dans ce second roman, les questionnements de Marsac, incapable d'avancer vers une résilience libératrice, sont ici mis en réserve pour aborder deux thématiques chères à l'auteur : le syndrome de stress post-traumatique ou SPT d'une part et la traite des êtres humains d'autre part.
Largement développé dans les media depuis les conflits en Syrie, en Irak ou en Afghanistan, le SPT avait déjà été identifié chez les vétérans du Vietnam, mais l'implication de nos soldats en OPEX a malheureusement vulgarisé de manière brutale la lente descente aux enfers de nos vétérans à nous, véritables « gueules cassées » du XXIème siècle.
La traite des êtres humains, et notamment celle qui consiste à faire commerce des femmes, nous plonge de la manière la plus abjecte qui soit dans ce que l'âme humaine a de plus noire.
De très jeunes filles, toujours vierges, deviennent les esclaves modernes d'un trafic répandu aux quatre coins de la planète et jusqu'au coeur de notre capitale. On les kidnappe, on les palpe comme de vulgaires pièces de boucherie, on les recoud lorsqu'elles ont trop servi et on les propulse dans les circuits ignobles de la prostitution. « Sept jours et sept nuits et elles sont matées. »
Dans Oublier nos promesses, Elsa Roch entremêle avec beaucoup de justesse ces deux thématiques d'une violence inouïe.
D'un côté, il y a Jérôme, héros anéanti par son passé militaire, mélange d'American Sniper et d'Apocalypse Now, qui veut massacrer celui qui a massacré la femme qu'il aimait, parce que le massacre, il ne connaît que ça et que ça lui colle à la peau jusqu'à la folie.
« Il arrive que toutes les fenêtres du monde se referment brutalement sur un homme déjà à terre. »
De l'autre, il y a Marsac l'homme de loi qui, pour les besoins de l'enquête, remise ses propres démons aux oubliettes... avant de se faire rattraper.
Le fond de ce polar est d'une brutalité absolue, on a parfois envie de hurler en lisant certains passages.
L'écriture est cependant magnifique, empreinte parfois de touches de poésie qui nous surprennent au détour d'une page. Mais qu'ils soient doux ou empreints de la plus grande cruauté, les mots de l'auteur font mouche à tous les coups.
Avec cette brillante analyse de l'âme humaine, de ses perversions et des méandres insoupçonnés de sa folie, Elsa Roch nous emporte aux fins fonds de l'enfer.
On ne ressort pas identique de cette lecture.
« A certains moments de la vie, ne faut-il pas oublier nos promesses, pour avancer, rester en vie ? »
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Commenter  J’apprécie          440
gruz
  12 février 2018
Elsa Roch est-elle adepte du grand écart ?
Après un premier polar rural, elle nous plonge cette fois-ci dans un Paris âpre, aux côtés de son personnage, le commissaire Marsac. le point commun ? Son écriture soignée, sans aucun doute.
Ambiance diamétralement opposée donc, mais mêmes qualités communes, loin des polars primant l'action aux sensations. Oublier nos promesses est une plongée dans l'horreur des bas-fonds parisiens, ce qui n'empêche pas les sentiments.
Une journaliste indépendante atrocement massacrée chez elle. Son amant, officier de retour d'Afghanistan et victime de stress post-traumatique. Marsac, flic à l'âme blessée et à la personnalité profondément attachante. Trio marquant pour un roman qui lorgne avec talent vers les polars à atmosphère.
Voilà bien un livre qui mérite d'être lu lentement, pour bien se laisser imprégner par ce sombre climat et par l'écriture travaillée d'Elsa Roch. L'auteure aime ses personnages, à n'en pas douter. Elle aime tout autant ciseler ses phrases pour en faire ressortir une noire poésie.
Ce n'est donc pas tant l'intrigue qui marque les esprits. Elle est, somme toute, assez classique. C'est plutôt le soin apporté à l'enveloppe qui apporte une certaine singularité au récit. Et puis, surtout, ce personnage de militaire au trauma intelligemment étudié. Meurtri avant, doublement meurtri maintenant. Amor à mort.
Les personnages de flics ne sont pas en reste. Loin d'être de gros bourrus, ce sont plutôt des enquêteurs qui questionnent et se questionnent, avec un côté psychologique très marqué. Nul doute que ce angle psy vient d'une certaine déformation professionnelle de l'auteure (et c'est tant mieux, ça leur donne du corps).
Oublier nos promesses est un polar sombre mais terriblement humain, et Elsa Roch y démontre sa propension à construire des histoires à la forme léchée, où la psychologie trouve toute sa place. A déguster.
Lien : https://gruznamur.wordpress...
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black_dog
  09 février 2018
Aussitôt acheté, aussitôt dévoré !!
Après « Ce qui se dit la nuit », Elsa Roch nous fait retrouver avec Bonheur le commissaire Amaury Marsac de retour au 36 à Paris.
Une journaliste qui se battait pour les femmes (en dénonçant la prostitution nigériane à Paris, le business des filles de l'Est en Europe…), vient d'être découverte sauvagement assassinée.
Son amour, un militaire de retour d'Afghanistan prend la fuite.
Une chasse à l'homme s'engage alors dans Paris. Mais qui est vraiment le chasseur et qui est la cible.
Quelle joie et quel plaisir de retrouver la plume fluide et captivante d'Elsa Roch.
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ArlieRose
  08 février 2018
Déjà séduite par "Ce qui se dit la nuit" c'est avec impatience et curiosité que j'ai ouvert ce deuxième roman d'Elsa Roch. L'histoire est bien documentée et bien racontée, avec cette touche psychologique qui fait la différence. On découvre le fameux "Stress Post Traumatique" dont on entend beaucoup parler, en l'occurrence à travers un militaire rentré d'Afghanistan. Un autre thème tristement d'actualité est abordé, la traite de jeunes femmes venues de pays pauvres et confrontées à la réalité différente de ce qu'elles attendaient face aux belles promesses d'odieux exploiteurs de la crédulité et de la misère.
J'ai retrouvé avec plaisir le capitaine Marsac, qui n'a pas fini de tuer ses démons du passé, alors vivement le troisième volume…
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
AcounAcoun   14 avril 2018
Quelque chose de moi est resté là-bas. A la place, un trou. Dans ce trou, ça me démange. Une hallucinose à la sauce amputée psychique. Celui que j'étais est resté là-bas. Je suis un nouvel homme.
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rkhettaouirkhettaoui   01 mars 2018
Il avait appris à repérer les tarés de loin et plaça son curseur d’alerte sur vigilance 3. L’échelle, mise en place lors de sa première nuit dehors, en comptait 10. Les vigiles aux portes des centres commerciaux, les chiens, les bandes de zonards, les bains douches municipaux et les ponts, c’étaient des 10. Le 0 n’existait jamais. Le froid, la chaleur et la faim, 5, parce qu’on s’habituait ou qu’on en crevait. Y avait pas de demi-mesure, dans la rue. Dans la rue, la vie muait en une torture pérenne, qui te donnait deux âges, celui de l’état civil et celui des pavés, et ça ne correspondait jamais. La frontière était invisible mais il y avait un avant et un après la rue.
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rkhettaouirkhettaoui   01 mars 2018
Une jeunesse insolente, un corps souple, des yeux de biche effarouchée. « Approche. » Elle s’était exécutée, et il en avait fait rapidement le tour, glissant ses mains sous le pull en mauvais coton afin de vérifier la marchandise. Il avait senti ses formes pulpeuses, sa peau douce. Les gars ne l’avaient pas abîmée, ce qui signifiait qu’elle devait être aussi docile qu’Ardian le lui avait assuré.
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ArlieRoseArlieRose   08 février 2018
A certains moments de la vie, ne faut-il pas oublier nos promesses, pour avancer, rester en vie ?
Commenter  J’apprécie          190
rkhettaouirkhettaoui   01 mars 2018
Au départ, lorsque tu es un bleu, tu endures en serrant les dents. Pas le choix si tu veux intégrer la Crim’, ce qu’il avait toujours souhaité. Pour lui, il n’y avait pas mieux. C’était la maison des flics de légende qui le faisaient fantasmer étant môme, Broussard et Mancini en tête, et Cassem voulait ne jamais oublier qu’il avait été ce gosse-là, acceptant de prendre sur lui pour réaliser son rêve. Il avait ainsi fourni des efforts surhumains, scène de crime après scène de crime, jusqu’au jour où il avait dit stop et demandé un entretien avec Marsac.
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