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ISBN : 2020220334
Éditeur : Seuil (03/05/1994)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 10 notes)
Résumé :
En proie au déchirement interne et à la menace de ses puissants voisins, l'Arabie se cherche.
C'est en 571, si l'on en croit la tradition, que naît l'homme qui va incarner l'avenir de ce monde en gestation. La vie et le destin de Mahomet sont marqués par la rencontre entre la force des choses et la complexité psychologique de son personnage.

Il fallait à l'Arabie une religion monothéiste qui ne soit ni le judaïsme ni le christianisme, un État c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Luniver
  31 juillet 2013
Dans cet essai, Rodinson nous présente une approche matérialiste de la vie du prophète Mahomet, depuis le contexte politique de la région à sa naissance jusqu'à sa mort. Difficile de juger précisément l'ouvrage, qui présente à mon sens un point négatif majeur.
Dans l'introduction, Rodinson nous dit que les sources vraiment fiables sont maigres, problème qui donne d'ailleurs des maux de tête aux théologiens. Pourtant, toute l'histoire qu'il nous raconte se lit comme un roman, et comporte une foule de détails, allant de l'état d'esprit des protagonistes (« pleins d'entrain », ...) à leurs pensées les plus secrètes (visions politiques, stratégie, ...). Mais à aucun moment l'auteur ne fait vraiment la différence entre son interprétation personnelle et les faits authentiques.
Je pensais me retrouver face à un travail d'historien, je tombe plutôt sur une biographie romancée. Petite déception.
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ablachair
  28 février 2013
Une bonne introduction, pour autant que je puisse en juger.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   31 juillet 2013
Les versets haletants du début, hachés, concis au point d’en être extrêmement obscurs, pleins d’images syncopées d’une poésie saisissante, étaient déjà devenus, à Mekka, dans le récit de l’histoire des prophètes de l’ancien temps, plus longs, plus plats, plus précis. La narration ne peut conserver le style du lyrisme. Mais à Médine, à côté de morceaux qui rappellent encore heureusement les envolées mekkoises, on trouve surtout de filandreux et interminables articles de code, exhortations, protestations, proclamations d’un prosaïsme souvent pénible, encombrés de répétitions et de fautes de style. Il faut la foi des Musulmans pour y voir encore un chef-d’œuvre inégalable de la rhétorique universelle dont la perfection suffit à démontrer l’origine divine.

Que les Musulmans croyants qui peuvent lire ces lignes pardonnent ma franchise. Pour eux il s’agit du livre d’Allah et je respecte leur foi. Mais je ne la partage pas et je ne veux pas recourir, comme l’ont fait bien des orientalistes, à des formules équivoques dissimulant ma pensée. Cela permet de conserver plus facilement peut-être de bonnes relations avec les individus et les gouvernements qui professent l’Islam. Mais je ne veux tromper personne. Les Musulmans peuvent légitimement refuser de lire le livre, de prendre connaissance de la pensée d’un non-Musulman ; mais s’ils le font, il faut qu’ils s’attendent à y trouver des propositions qui, pour eux, sont blasphématoires. Je ne crois pas, évidemment, que le Coran est le livre d’Allah, sans quoi je serais Musulman. Mais le Coran existe et, m’étant intéressé à son étude comme bien d’autres non-Musulmans, il faut naturellement que je me l’explique.
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LuniverLuniver   30 juillet 2013
Faut-il donc abandonner une tâche désespérée, renoncer à écrire cette biographie, voire comme certain auteur soviétique parler d’un mythe de Mohammad ? Je ne le crois pas. Il nous reste le texte du Coran, très difficile à utiliser, le plus souvent énigmatique, demandant un long et incertain travail pour être ordonné chronologiquement. Mais c’est une base ferme, certainement authentique. Il nous reste les faits sur lesquels toutes les traditions s’accordent. Les premiers compilateurs arabes diffèrent (en partie) quant aux noms de ceux qui participèrent à la bataille de Badr, quant aux circonstances de la bataille et à ses préliminaires, à ses conséquences. Ils discutent entre eux sur ces points, reflétant les luttes des partis de leur temps. Mais de telles discussions ne purent avoir lieu que parce que tout le monde était d’accord sur le fait de la bataille de Badr, sur sa date (approximative au moins), sur son issue.
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LuniverLuniver   01 août 2013
Les descriptions de l’état des morts après le Jugement sont assez tardives dans le Coran. Les damnés seront dans la Géhenne (jahannam), autrement dit le Feu. Des anges seront affectés à la fonction de tortionnaires. On dirigera sur les malheureux, chargés de chaînes et de carcans, des jets de feu et d’airain fondu. Quand leur peau sera brûlée, une autre, toute neuve, la remplacera. Parfois régnera un froid terrible. Ils boiront une eau fétide, une boisson bouillante, mangeront du fruit de l’arbre zaqqoum, un fruit particulièrement amer. Tout cela dévorera leurs entrailles. En vain demanderont-ils aux Bienheureux de répandre sur eux un peu d’eau du haut de leur demeure céleste. Ceux-ci répondront négativement et railleusement avec la satisfaction sadique habituelle au privilégié qui se croit juste et estime, comme c’est le cas général, que ses privilèges sont mérités.
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PilingPiling   12 mai 2010
Dans les rues, l'agitation gagnait les membres des autres tribus qui se trouvaient à Médine et ne voulaient pas être les dupes dans la décision qui allait intervenir. La nuit tombait. Tous oubliaient le cadavre qui gisait dans la petite cabane de 'Aïsha.

La discussion fut longue, ardente et confuse à la lumière des lampes à huile et des torches. Un Médinois proposa qu'on élise deux chefs : un Qorayshite et un Médinois. La plupart comprirent que c'était faire courir la communauté à la division et à l'effondrement. Tous criaient ensemble et peut-être en vinrent aux coups. Il fallait en finir. Obscurément ces hommes comprenaient que l'écroulement du système serait un désordre pour eux. Aucun Médinois n'arriverait à obéir sans contestation dans sa ville même. Les tribus non-médinoises se refuseraient à suivre des gens que l'on soupçonnerait de penser en premier lieu aux intérêts de leur tribu. Le candidat idéal, c'était un de ces Qorayshites détachés de leur propre tribu par une longue émigration et une longue lutte contre elle, un des héritiers de la pensée du disparu. Abou Bekr proposa 'Omar ou Abou 'Obayda. Ses discours d'homme pondéré et intelligent, qui ne perdait pas la tête dans les heures graves comme celles qu'on vivait, avaient impressionné les assistants. Le nom de 'Omar qui avait la réputation d'être trop emporté se heurtait à des réticences. Il se désista en faveur d'Abu Bekr. L'accord se fit tard dans la nuit sur la désignation de celui-ci. Il serait le "remplaçant" (khalîfa, dont nous avons fait calife) du messager d'Allah. L'Islam continuait.
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enkidu_enkidu_   17 octobre 2017
Tandis que la Chrétienté voyait en lui l’archi-ennemi, malfaisant et lubrique, tandis que l’Islam célébrait en lui « la meilleure des créatures », des hommes venaient qui, concevant mal la foi religieuse et surtout cette foi-là, cherchaient à retrouver en lui un homme pensant et agissant sur le même plan qu’eux. Le comte de Boulainvilliers, au début du XVIII e siècle, célébrait en lui un libre-penseur qui créa une religion raisonnable. Voltaire, pour attaquer le christianisme, en fait un cynique imposteur, menant pourtant à l’aide de fables son peuple à la conquête de la gloire. Tout le siècle voit en lui le prédicateur de la religion naturelle et rationnelle, bien éloignée de la Folie de la Croix. Les Académies le célèbrent. Gœthe lui consacre un magnifique poème où, type même de l’homme de génie, il est comparé à un fleuve puissant. Les fleuves et les ruisseaux, ses frères, crient vers lui, demandent son aide pour les amener vers l’Océan qui les attend. Irrésistible, triomphant, majestueux, il les entraîne.

Und so tragt er seine Brüder,
Seine Schätze, seine Kinder
Dem erwartenden Erzeuger
Freudebrausend an das Herz.

Carlyle place parmi les héros de l’humanité cette grande âme en laquelle il reconnaît quelque chose de divin. Puis les savants viennent, vont aux sources, reconstruisent sa biographie d’après les historiens arabes de plus en plus profondément scrutés. A la fin du XIX e siècle, l’arabisant Hubert Grimme voit en lui un socialiste qui a imposé une réforme fiscale et sociale à l’aide d’une « mythologie », très réduite d’ailleurs, délibérément inventée pour effrayer les riches et emporter leur adhésion. Tandis que la plupart des orientalistes essayent de nuancer leur jugement et mettent au premier plan sa ferveur religieuse, haineusement le jésuite belge Henri Lammens, grand connaisseur des sources, nie encore sa sincérité. Les savants soviétiques discutent s’il fut réactionnaire ou progressiste. Les nationalistes, les socialistes, les communistes même des pays musulmans s’en réclament comme d’un précurseur.

Ainsi chacun a cherché en lui le reflet de ses inquiétudes et de ses problèmes ou de ceux de son siècle, chacun l’a amputé de ce qu’il ne comprenait pas, chacun l’a modelé selon ses passions, ses idées ou ses fantasmes. Je ne prétends pas avoir échappé à cette loi. Mais, si l’objectivité pure est impossible à atteindre, c’est un sophisme que de poser qu’il faut, en conséquence, être délibérément partial. Cet homme dont la pensée et l’action ont ébranlé le monde, nous savons bien peu de choses certaines sur lui. Mais, comme pour Jésus, à travers récits suspects et traditions boiteuses, on peut percevoir quelque chose qui est le reflet d’une personnalité singulière, étonnante pour les hommes ordinaires qui se réunirent autour d’elle. C’est ce reflet tel que j’ai cru l’apercevoir que j’ai essayé de fixer dans ce livre.
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Video de Maxime Rodinson (1) Voir plusAjouter une vidéo

Les frontières d'Israel
Jean PRASTEAU présente le thème de cette semaine : Les Frontières d'Israel.Le premier entretien est avec Maxime RODINSON qui commente son livre "Israel et le refus arabe" ainsi que celui de Sami AL JOUNDI, auteur du "Drame palestinien, pour sortir de l'impasse".Interview de Marc HILLEL qui publie "Israel en danger de paix". L'auteur, qui ne croit plus à la paix, présente son analyse de la...
>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Biographie générale et généalogie>Chefs et penseurs religieux. Religieux (220)
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