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Bernard Lesfargues (Traducteur)
ISBN : 2070779564
Éditeur : Gallimard (30/03/2006)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 26 notes)
Résumé :

" Sans travail, sans rien en vue, j'ai fini de vendre ce qui me restait mon lit de jeune fille, le matelas du lit aux colonnes, la montre de Quimet que je voulais donner à Antoni lorsqu'il serait grand. Tout le linge. Les coupes, les tasses, le buffet... Et quand il ne me restait rien en dehors de ces monnaies qui me semblaient sacrées, j'ai fait taire ma fierté et je suis allée chez mes anciens patrons. " Une Catalane, femme du peuple... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
nath45
  21 juillet 2013
L'histoire est simple, la vie de Natàlia, fille du peuple, habitant un quartier de barcelone. Nous apprenons qu'elle a perdu sa mère jeune, son père s'est remarié et elle travaille dans une pâtisserie.
Tout commence le soir où elle va, accompagnée de son amie Julieta, à la tombola des cafetiers, place du diamant. Un jeune homme, Quimet aux yeux de singe, danse avec elle, elle lui apprend qu'elle est fiancée, il répond en riant que dans un an elle sera sa femme, sa reine.
Ensuite nous les suivons, le mariage, les naissances, dans un décor de guerre civile, la dureté de la vie, les craintes, la faim, ….
Ce roman dans une écriture simple, poétique, nous plonge dans les années noires qui suivent la victoire du franquisme. J'ai eu l'impression de vivre auprès de Natàlia, un grand roman, un plaisir de lecture rare à ce niveau qui me donne envie de lire ces autres livres.

Mercè Rodoreda est née à Barcelone en 1909. Elle publie à l'âge de vingt-trois ans son premier roman, Aloma, qui obtient le prix Creixells en 1938. Après la guerre d'Espagne et la défaite de la République, elle quitte Barcelone, prenant le chemin de l'exil. Elle s'installe d'abord en France, puis à Genève. de retour en Catalogne dans les années soixante-dix, elle meurt à Gérone en 1983. Outre La place du Diamant qui lui assure une renommée internationale - le livre sera traduit dans plus de trente langues - elle a publié Vint-i-dos contes, prix Victor-Català 1957, Rue des Camélias, qui a reçu le prix San Jordi, la plus haute récompense littéraire catalane, et le prix Ramon Llull en 1969. Parmi ses autres oeuvres, figurent en 1974 Mirall trencat (Miroir brisé), non traduit en français à ce jour, et La muerte i la primavera (La mort et le printemps), paru à titre posthume en 1986
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pasiondelalectura
  23 octobre 2018
Ce livre est considéré comme un chef d'oeuvre écrit par cette auteure catalane à Génève, pendant son exil (1962), c'est un texte très important de la narrative catalane de la période de la post guerre civile espagnole.
Je trouve qu'elle offre plusieurs niveaux de lecture et qu'elle est riche en symboles et métaphores.
Entre autres, c'est un roman de formation où nous suivrons pas à pas la vie de Natalia entre les années 1928 et les années 50. Ceci correspond historiquement à la Seconde République, en passant par la Guerre Civile et jusqu'à la post guerre. Mais c'est aussi un roman psychologique, un roman social et un roman de moeurs.
Natalia vit avec son père, remarié et travaille dans une confiserie. Un jour de la Fête de St Jean elle fera la connaissance, Place du Diamant de Quimet, un ébéniste qui décidera sur le champ de la courtiser puis de l'épouser. En ce faisant, il s'approprie de la vie de Natalia et décidera de tout y compris de changer son prénom par celui de Colometa ce qui veut dire en catalan petite colombe.
Colometa donc, vivra enfermée entre quatre murs avec son mari et bientôt deux enfants. Quimet décidera d'élever des pigeons sur leur terrasse envahissant ainsi le seul espace libre de Colometa. Ces pigeons sont tellement envahissants que Colometa/Natalia va bientôt les détester et faire tout son possible pour entraver leur élevage.
Ce sera le premier acte de rébellion de Colometa vers une reprise en main d'une certaine personnalité.
Quimet partira dans le camp républicain pendant la Guerre Civil et ne reviendra pas. Colometa va connaître la misère et la faim pendant cette période, à tel point qu'elle pense sérieusement se tuer avec ses enfants. le destin fait qu'un épicier du quartier verra à quel point elle est acculée à la misère et lui proposera du travail.
Natalia épousera cet homme qui est seul et estropié et ne pourra jamais avoir une famille. Ils formeront ainsi avec lui une famille "toute faite" et connaitront des jours meilleurs.
Au début du roman Natalia vit dans des espaces fermés et à la fin, l'éclosion de sa personnalité nécessite en revanche des espaces ouverts si possible avec des fleurs et de la verdure (passion de Rodoreda).
Beaucoup de symboles dans ce roman. La Place du Diamant pour commencer est le symbole de la liberté pour Natalia, elle qui vit recluse entre l'appartement de son père et la confiserie où elle travaille, puis dans l'appartement du mari, la maison où elle est servante et l'appartement du deuxième mari.
Les pigeons ne sont pas symbole de liberté mais ils sont ici symbole d'assujettissement et fragilité puisqu'ils sont captifs comme elle.
La construction du pigeonnier avec les diverses variétés de pigeons sont un symbole du microcosme social dans lequel évolue Colometa.
Les espaces domestiques de Colometa sont totalement fermés contrastant avec les espaces ouverts des personnages masculins.
Les rues dans le récit représentent une force sociale à laquelle Colometa a peur de se frotter d'où sa réclusion.
Un livre de lecture complexe écrit en grande partie avec un monologue intérieur dans un style assez simplet mais seulement en apparence.

Lien : https://pasiondelalectura.wo..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
ValleerieValleerie   17 juillet 2019
Et à force de vivre ainsi, mollement, je suis devenue comme une figue-fleur : tout me faisait pleurer. Et j'avais toujours un petit mouchoir dans la manche.
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Alice_Alice_   29 novembre 2013
J'ai senti très fortement le passage du temps. Pas le temps des nuages et du soleil et de la pluie, ni celui des étoiles qui ornent le firmament, pas le temps des printemps à la saison printanière ni le temps des automnes à la saison automnale, pas celui qui met des feuilles sur les branches et puis les arrache, ni celui qui frise et défrise et colore les fleurs, mais le temps en moi, le temps qu'on ne voit pas et qui nous pétrit. Le temps qui tourne et tourne dans le cœur et le fait tourner et qui nous change de l'intérieur et de l'extérieur, patiemment, et nous rend tels que nous serons au dernier jour.
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Alice_Alice_   26 novembre 2013
J'ai fait un petit tour du côté de la Grande-Rue en léchant les vitrines. Surtout la vitrine des poupées du magasin des toiles cirées. Quelques benêts ont commencé à me dire des choses pour m'embêter et un qui faisait très gitan s'est approché plus que les autres et m'a dit vous êtes bonne. Comme si j'étais une assiette de soupe. Tout ça ne m'amusait pas beaucoup. C'est vrai, pourtant, mon père me disait toujours que j'étais du genre exigeant... Mais c'est que je ne savais pas très bien pourquoi j'étais au monde.
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Alice_Alice_   29 novembre 2013
Et j'ai fini par comprendre ce qu'on voulait dire quand on disait qu'une personne était en liège... parce que, moi aussi, j'étais en liège. Je ne l'étais pas, mais j'ai dû me transformer. Et mon cœur était de neige. J'ai dû devenir de liège pour pouvoir tenir le coup, car si au lieu d'être de liège, et d'avoir un cœur de neige j'avais été, comme avant, de chair, qui souffre quand on la pince, je n'aurais pas pu passer par un pont si haut et si étroit et si long.

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Alice_Alice_   29 novembre 2013
Et toujours elle leur recommandait que si elle mourait et que ça soit elles qui l'habillent, elles ne lui mettent pas de chaussures, parce que si c'était vrai que les morts reviennent sur terre elle voulait revenir sans faire de bruit et sans gêner personne.
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues romanes. Littéraure française>Littérature provençale et catalane (59)
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