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EAN : 9782907337823
304 pages
Éditeur : Folies d'encre & Merle Moqueur (22/08/2012)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Accompagné de son âne Babel, Marc Roger traverse la France, l'Espagne, la Méditerranée, enfin l'Afrique... Il marche. Il lit. Au gré de ses étapes, lecteur public, il prête sa voix aux textes et aux auteurs, en partage avec tous les publics qui désirent l'écouter. De Saint-Malo, son port d'attache, à Bamako où il est né, Marc Roger lait le chemin à l'envers et parcourt au total un peu plus de 7 000 kilomètres.
La lecture et la marche ont ceci de commun: pas... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
fanfanouche24
  03 mars 2019
Achat et lecture en 2012 - Relecture débutée mars 2019 [ reprise après avoir lu sa dernière publication, "Grégoire et le vieux libraire" ...]
En 2012... je revenais de Corse... pour réintégrer mon 19e parisien...je fréquentais, entre autres librairies indépendantes, Le Merle moqueur (20e)... et c'est dans cette caverne d'Ali-Baba, que j'ai découvert ce carnet de bord , coédité par eux-mêmes et un autre libraire de Montreuil, Les Folies d'encre... Et cela est bien une " folie douce" que le parcours incroyable de ce "lecteur public" [ et non comédien; Marc Roger tient à ce terme et à ce métier atypique, qu'il remet à l'honneur depuis 1992]... Au bout de 4 années de préparatifs minutieux : la provision de livres ou plutôt d'extraits choisis de textes avec la couverture photocopiée pour référent visuel pour chaque ouvrage, l'acquisition de son âne au prénom choisi fort à propos, Babel... sans oublier le "nerf de la guerre": trouver des partenaires financiers... Projet fabuleux si bien préparé, argumenté, qu'il sera sous le patronage de l'UNESCO !
Le 31 mai 2009 , Marc Roger partira de Saint-Malo avec Babel, son âne et sa provision de mots, de copies , pour rejoindre sa ville et son pays de naissance, Bamako [Mali], ce qui représentera environ en une année: 7100 kms, dont 2600 kms à pied, 4480 kms par camion, bateau, avion et train, 136 lectures, et 8270 spectateurs !!....
Journal de voyage, de transmission de mots, de lectures multiples dans les villages, les écoles, etc...riche de mille anecdotes, rencontres, réactions aux lectures choisies par notre"griot"...Un mélange détonant entre les incontournables difficultés pratiques quotidiennes, la fatigue, la chaleur, le souci de son précieux compagnon, Babel, son âne...les tracasseries de certains policiers ou autres "gardiens" des institutions du Pays et la poésie, la magie unique de ses lectures à voix haute !!!
Des passages précieux sur les lectures elles-mêmes habilement équilibrées entre des classiques et des romans, récits , de la Méditerranée , la pratique délicate de "Lecteur public"... à adapter selon les l'audience présente, à intéresser et à captiver !...
"(....) J'essaye toujours d'avoir de l'empathie pour l'auditeur, de deviner selon ses origines sociales ou culturelles ce qui peut l'émouvoir, tout en gardant ma porte ouverte à la surprise. Ainsi de certains mots, de certaines phrases, qui me laissent et qui laissent de marbre les auditoires de France, quand, en Afrique, à leur écoute, le public déchaîné applaudit. Je m'apprête à partir et j'ignore totalement que cet extrait du -Ventre de l'Atlantique- de Fatou Diome provoquera à chaque lecture, au Sénégal et au Mali, un enthousiasme que jamais je n'obtiendrai de Saint-Malo ua Pays basque " (p. 21)
Pour tous les avides de littérature et de voyages !!!
"Alassane s'interroge sur l'esprit de mon travail. Je lui demande la permission de lire un livre à ses élèves. (...)
Puis , très vite, les esprits se réveillent, les visages s'éclairent, les rires fusent, les corps bougent de plaisir. mais, curieusement, la lecture achevée, le silence éteint tout. Cette brève étincelle d'une poignée de minutes
laissera-t-elle derrière elle quelque trace d'un possible univers différent de celui qu'ils connaissent ? "(p. 237)
N.B : Une bibliographie complète ces chroniques de voyages...
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EmyB
  11 novembre 2012
J'étais là parmi tous ces livres. Parmi toutes ses promesses d'évasion, je caressais les couvertures, je les regardais, les scrutais. Attendant peut-être que l'une d'elles me parlent. Ce petit plus qui fait toute la différence, celui de prendre ce livre, de l'ouvrir pour découvrir son contenu.

Parmi ces titres que je commençais à connaitre par coeur, ces couvertures d'un noir corbeau, de photographies plus grandes que la couverture ou d'un blanc immaculé. Ma main, mes yeux, mes sens s'arrêtèrent sur un livre qui sortait indéniablement du lot.

D'un magnifique orange vif, point de photo juste un dessin : celui de trois hommes marchant . J'ai eu une drôle de sensation. L'impression qu'ils m'appelaient, qu'ils voulaient me prendre par la main et me dire: -« Viens allons faire ce voyage ensemble, écoute notre histoire. »

C'est ainsi que ma curiosité me poussa à répondre à l'invitation. « La Méridienne » était pour moi un titre synonyme de voyage, d'un ailleurs qui m'emmenera loin de Paris.

« La Méridienne » est moins un projet qu'un rêve. Celui d'un lecteur public, Marc Roger de diffuser dans des écoles, dans des collèges les oeuvres de grands auteurs. En partenariat avec l'Unesco, il a le projet un peu fou de partir de Saint-Malo pour rejoindre Bamako, en passant par l'Espagne, le Maroc et le Sénégal.
Pour Marc Roger: "Lire à voix haute et en public, c'est à son sens, offrir à l'écoute du plus grand nombre, public adulte et jeunesse, des récits brefs, nouvelles ou extraits de romans. C'est également produire des étincelles qui donnent envie de lire, d'ouvrir la voie des livres par où circulent l'échange et les idées. Mais c'est aussi, au coeur des villes et des villages, dans l'entreprise, dans les cafés, partout dans la cité, s'inscrire comme un passeur. Tout simplement lecteur public."

J'ai de suite pensé aux Rêveries du promeneur solitaire de Rousseau, en effet "la Méridienne" n'est pas seulement un journal de voyage c'est une réflexion, une réflexion sur la littérature, sur la connaissance, sur la nature mais surtout de la manière dont gravite l'homme autour ces éléments

Il ne sera cependant pas seul, l'âne Babel l'accompagnera dans sa quête, un solide allié, un compagnon de voyage.

Un récit très bien romancé. J'avais l'impression de lire de la poésie tant les phrases sont mélodieuses. J'ai beaucoup ri, au dépend de l'auteur: "lorsque le voyage ne se passe pas comme on l'avait prévu." Certes la logistique est une donnée que l'homme peut contrôler mais il y-en a bien une qu'on ne peut absolument et tout simplement pas envisager c'est le comportement de l'homme. Et Marc Roger attire aussi bien la sympathie que la suspiçion que a raillerie.

Ainsi la "Méridienne" est remplie d'anedoctes drôlissimes comme celui du baigneur nu sur la plage mais parfois révoltantes, je pense notamment aux policiers corrompus au Maroc ou de l'attaque du chien; des anedoctes aussi émouvantes, celui d'un vieux Monsieur d'Amérique Latine qui fond en larmes après avoir découvert dans les ouvrages offerts par les bibliothèques , à l'occasion d'une lecture publique: "Les Métamorphoses" de Kafka. La définition de la vraie richesse est là.

Plusieurs reflexions sont amenées: l'oralité face à l'écrit. Je retiens cette belle citation de Saint-Exupéry " Il faut être patient. Tu t'assoiras d'abord un peu loin d moi, comme ça dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'oeil et tu ne diras rien. le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'assoir un peu plus près." La lecture publique offre les deux: l'oralité (ô combien importante en Afrique) et l'écrit.

Un livre donc pour les amoureux de la lecture, des mots, pour les personnes curieuses, pour les personnes qui veulent rire, s'émouvoir. Un livre pour tout le monde! Venez découvrir un métier du livre inconnu celui de lecteur publique. Celui qui fait résonner les mots pour que l'on puisse les raisonner, s'émerveiller, s'impregner.
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Walden-88
  28 septembre 2012
Accompagné de son âne Babel, Marc Roger traverse la France, l'Espagne, le Maroc, le Sénégal et enfin le Mali. A travers plus de 7000 kilomètres, on partage les joies et les déceptions, la solitude et les rencontres, la fatigue du voyageur. Mais attention ce livre est plus qu'un simple voyage, c'est un voyage à travers les mots. Marc Roger réalise de nombreuses lectures publiques durant son périple (136 au total) dans des écoles, des collèges, sur les places des villages, à tous ceux qui désirent l'écouter... Au fil des pages, on se délecte de textes d'auteurs parmi lesquels Machado, Choukri, Hampâté Bâ, Mabanckou, Dongala ou encore Senghor. Ce conteur-voyageur, qui préfère le titre moins pompeux de lecteur public, nous fait partager son goût des livres et de la lecture. Pari réussi !
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Jacotte_Fenwick
  25 avril 2016
Road book impressionnant d'un conteur d'histoires professionnel mandaté par l'Unesco qui va à pied, avec trois ânes successifs qui s'appellent tous Babel, de Saint-Malo à Bamako. Ce n'est pas le Projet (amener la lecture où elle n'est pas, si j'ai bien compris) qui tient la plus grande place de ce journal à trous, mais les petits déboires bien humains que vit ce mâcheur de mots, confronté au réel d'une marche à plein-temps, par tous les temps, avec un budget nourriture/hébergement des plus réduits. Et on lui en sait gré, parce que ces déboires nous (lecteur moyen casanier) rendent à la fois plus sympathique (nous, on n'en est pas capables et pourrait être un peu jaloux) et encore plus courageuse (on n'en est pas capables et on comprend pourquoi) cette incroyable expérience. Et avoir entendu Marc Roger lire Fahrenheit 451 sous la yourte des Lectures sous l'arbre l'année dernière ne gâte rien.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   27 octobre 2014
Pourquoi cet homme, qui ne lit pas, se met-il d'un coup à emprunter les livres que sa défunte a lus ? Va-t-il les lire ? Ou ne les emprunte-t-il que pour tourner les pages qu'elle-même tournait sans faire de bruit ? Ou encore souhaite-t-il s'imprégner de ce qu'elle s'imprégnait dans ces heures de voyage immobile, livre après livre, faire connaissance avec tous ceux qu'elle côtoyait et prendre ainsi de ses nouvelles pour qu'elle perdure dans sa mémoire ? (p.105)
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fanfanouche24fanfanouche24   02 mars 2019
Alassane s'interroge sur l'esprit de mon travail. Je lui demande la permission de lire un livre à ses élèves. (...) Puis , très vite, les esprits se réveillent, les visages s'éclairent, les rires fusent, les corps bougent de plaisir. mais, curieusement, la lecture achevée, le silence éteint tout. Cette brève étincelle d'une poignée de minutes laissera-t-elle derrière elle quelque trace d'un possible univers différent de celui qu'ils connaissent ? (p. 237)
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fanfanouche24fanfanouche24   03 mars 2019
"S'ils parviennent vivants en Europe, on les qualifiera carrément de désespérés. Alors qu'ils font partie des rares personnes au monde qui, chargés d'espoir, on encore le courage de mettre leur vie en jeu." [Fabrizio Gatti, Bilal sur la route des clandestins ]

Que chacun de mes pas dirigés vers le sud n'éloigne pas mes pensées de tous ceux qui remontent vers le nord au péril de leur vie. (p. 146)
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EmyBEmyB   11 novembre 2012
"Approche-toi que je t'explique. Sur la semelle de chaque chaussure qui passe entre mes mains, à l'aide d'une gouge à l'envers pour avoir son empreinte à l'endroit sur le sol, je grave un mot, de ma langue native, bien sûr, pas la tienne. Sur chaque semelle de pied droit, je grave un verbe, un article, comme ça vient, et sur chaque semelle du pied gauche, le mot qui suit dans le dictionnaire, adjectif, conjonction, un abverbe peu importe [...]sur chaque semelle d'usure au contact du sol quand on marche, je grave un mot [...] des histoires, des poèmes, le jour, la nuit, des rêves, ton rêve."
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fanfanouche24fanfanouche24   03 mars 2019
Avant que la nuit tombe, j'aimerais ne rien lâcher du paysage, ni d'aucun arbre, ni d'aucune pierre, pour garder la mémoire de chacun, à former une terre-en beauté. (p. 285)
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