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Critique de florencem


florencem
  29 septembre 2020
J'ai d'abord connu Margaret Rogerson avec An enchantment of ravens (que je vous conseille vivement si lire en anglais ne vous fait pas peur). Quand Sorcery of thorns est sorti, je n'ai guère attendu pour me le procurer, mais… j'ai attendu sa sortie française pour me lancer. Et je suis franchement une idiote d'avoir attendu si longtemps.

Si vous avez lu le premier roman de Margaret Rogerson, on y découvre la même trame qui m'avait tout de suite charmée : une héroïne qui découvre un univers dont elle ignorait tout, un compagnon revêche, une prise de conscience. Mais contrairement à Isobel, Elizabeth a quelque chose d'original : sa naïveté. Si dans certaines histoires, cela me fait souvent grincer des dents, dans Sorcery of thorns (dont on notera le jeu de mots), cela m'a au contraire fait sourire et a rendu ma lecture bien plus intéressante. Car notre petite terreur (surnom que j'ai adoré) a tout à découvrir et part, malgré son éducation, avec une vision moins biaisée. Un choix qui pouvait ne pas être judicieux, mais qui ici, rend notre héroïne encore plus attachante et courageuse.

Autre point qui m'a absolument envoutée : les bibliothèques. Car dans Sorcery of thorns, les livres ont une âme, ainsi que les lieux qui les habitent. Quand on aime lire, c'est un peu voir un rêve devenir réalité. Tout l'univers construit ici est riche et original, et si cela ne suffisait pas, Margaret Rogerson y ajoute de la sorcellerie et des démons, en partant encore une fois sur un socle bien solide qui tient parfaitement la route et dont la genèse est maitrisée. Pour un one-shot, c'est une réussite totale pour moi.

Un bon roman a forcément de bons personnages. J'ai déjà parlé d'Elizabeth qui par sa candeur nous offre une héroïne, certes naïve, mais avec ses convictions, un esprit érudit, du courage, et une volonté de fer. Elle est maladroite, peu sûre d'elle, mais cela ne gâche en rien l'attachement que l'on peut avoir, bien au contraire. En face d'elle, nous avons un duo : Nathaniel et Silas. le premier est un jeune lord sorcier, sûr de lui, plus que doué mais qui cache une blessure profonde. Certes, il y a moins d'originalité dans la construction de ce personnage, mais il n'en reste pas moins que son évolution est très intéressante à voir. Au contact d'Elizabeth, il reprend goût à la vie. Et puis il y a Silas. Que dire… un être complexe, drôle à sa manière, touchant et… terrifiant à la fois. Si la relation entre Eli et Nathaniel était charmante, celles de nos deux héros avec le serviteur du jeune lord avait quelque chose de bien plus profonde.

Car Sorcery of thorns va bien au-delà d'une histoire de fantaisie avec une quête et un méchant à vaincre. Il y a cette acceptation, ce regard différent sur le monde, cette leçon de se faire ses idées par soi-même, aller au-delà des idées reçues et des préjugés. L'époque, le début du dix-neuvième siècle, n'est pas propice aux femmes, mais l'auteur bien qu'elle le mette parfois en avant, va creuser encore plus loin dans une critique de la société. Et voir ces genres se mélanger et ce que j'affectionne de plus en plus, surtout quand il n'y a pas de côté moralisateur dans les prises de conscience, ni de jugement.

Comme vous pouvez vous en douter, je ne me suis pas ennuyée une seconde. Et pourtant, certains passages me faisaient peur, car amenant des situations qui ne me plaisent guère en général dans les romans. Et pour l'auteur parvient à changer la donne. L'action est là, l'humour également, la romance est douce sans prendre trop de place, l'univers solide. Margaret Rogerson nous avoue que ce second roman a été une épreuve, mais je suis heureuse qu'elle ait pu la surmonter.

La fin est pour moi parfaite, certains diront peut-être trop, mais j'ai quitté le roman avec le sourire et la sensation que l'histoire était close, sans regret. Et il est toujours plaisant de fermer un roman de la sorte. J'espère que Margaret saura nous charmer encore longtemps, et j'ai hâte de lire ses prochaines histoires.
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