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ISBN : 275782161X
Éditeur : Points (17/02/2011)

Note moyenne : 3.17/5 (sur 29 notes)
Résumé :
En 2003, de retour d'Afghanistan, j'avais dû m'arrêter à Bakou Azerbaïdjan. Je logeai dans un hôtel portant le non, Apchéron, de la péninsule sur laquelle est construite la ville. J'écrivais alors "Suite à l'hôtel de Crystal" un livre composé d'une quarantaine d'histoires se déroulant dans des chambres d'hôtels à travers le monde. Le nom de l'Arpéchéon si proche de celui du fleuve des morts de la mythologie grecque, me suggéra d'y mettre en scène mon propre suicide.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
carre
  23 juin 2013
Sur un postulat de départ original, connaitre l'endroit et l'année ou vous passerez de vie à trépas avouez que cela à de quoi intriguer. Et bien Lui, Olivier Rolin décide de s'y rendre à Bakou, même pas peur !!!, exactement dans la chambre de l'hôtel Apchéron ou doit avoir lieu le drame. Provoquer la mort ? Revoir défiler son existence en guise de testament littéraire ? Très vite, on s'aperçoit que ce postulat n'est qu'un prétexte. Rolin nous invite plutôt à une flânerie entre voyages, découvertes, rencontres, souvenirs. le livre devient celui d'un voyageur, doté d'un talent de conteur incontestable. Rolin revient sur des personnages connus, sur des anonymes, sur des lieux originaux. Son style est agréable, érudit, sa ballade en Azerbaïdjan, une belle évasion. Sympathique assurément même si au final l'exercice peut paraitre un peu vain.
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Apoapo
  10 février 2019
Attiré par un récit de voyage récent à Bakou, malgré une couverture fort repoussante composé uniquement d'une photo de face d'un auteur passablement négligé au regard las et féroce, la lecture de la quatrième m'a convoqué le souvenir de Un Devin m'a dit, de Tiziano Terzani. Association a contrario. Car alors que Terzani, ayant entendu la prophétie qu'il mourrait dans les airs cette année-là, s'embarque dans un long périple de Bangkok à Florence par tout autre moyen de transport que l'avion et l'hélicoptère, et nous livre au final un splendide journal de route de l'Asie du Sud-est et de ses superstitions, Olivier Rolin s'est lui-même créé, dans un roman précédent, une notice biographique qui indique son décès dans un hôtel de Bakou en 2009, et il décide d'aller au-devant de cette fatalité, en dépit des injonctions de ses amis. Âgé de soixante-deux ans, chargé d'une cargaison de livres ayant trait à la mort, dans un état d'esprit d'anticipation de son trépas et de désir de vérification du pouvoir qu'aurait la littérature de générer des prophéties autoréalisatrices, comme le soutient Pierre Bayard (et quelques autres), l'auteur se rend en Azerbaïdjan, et je l'y suis en me demandant si la morbidité du propos déteindra vers des pulsions suicidaires.
Le premier chapitre le laisserait présager, qui décrit à la troisième personne un homme vieillissant sortant d'un petit hôtel de la rue Mirza Mansûr, dans la Ville intérieure à une heure crépusculaire. Ensuite le détachement de la troisième personne sera abandonné, et en fin de compte la morbidité s'estompera – sauf au total une dizaine de scénarios de disparition violente – en monologue aux brides déliées contenant surtout des références aux propres ouvrages de l'auteur et à de multiples lectures inspirées, de loin ou de près, des lieux visités. Il reste un air vague de bilan de sa vie, de belles photos en noir et blanc, illustrant un voyage qui se pousse aussi sur la rive opposée de la Caspienne, du côté du Turkménistan très peu fréquenté et jusqu'à l'ancienne Merv, dans la steppe.
Les ingrédients du récit de voyage sont là, les références littéraires et historiques intéressantes (même si pour la plupart elles ne m'étaient pas inconnues, j'ai retiré une ou deux références et envies de future lecture, donc, de mon côté, le contrat lectoral est rempli), à l'exception peut-être d'une certaine exiguïté des contacts humains – hormis la mignonne Sabina de l'Institut français, qui n'a pas beaucoup d'épaisseur – pour cause d'une connaissance insuffisante des langues locales, même du russe qui fait l'objet d'amers regrets de Rolin. Mais surtout, me semble-t-il, de la nature introspective et – ne craignons pas le mot – dépressive inscrite dans la démarche de ce voyage.
À noter aussi, stylistiquement, l'usage du futur pour une description assurément synchronique du paysage de la ville, dans l'antépénultième chapitre, à partir du paragraphe :
« Je contemplerai une dernière fois Bakou depuis ma terrasse... » (p. 164).
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kathel
  19 mars 2015
L'idée de ce récit est aussi superbe qu'intrigante. Ayant écrit son propre suicide dans une nouvelle de Suite à l'hôtel Crystal, suicide qui devait intervenir en 2009 à Bakou, Olivier Rolin décide de revenir dans cette ville pour y passer quelques temps, à cette date précise.
L'hôtel Apchéron n'existe plus, mais il trouve à se loger, et parcourt la capitale de l'Azerbaïdjan en essayant d'utiliser au mieux les quelques bribes de russe qu'il connaît. Enfin, j'aimerais déjà en connaître autant, et j'ai adoré découvrir quelques mots de vocabulaire aussi utiles que tchimadan (valise) ou chchouka (brochet, moins utile) ici ou là. Les nombreuses citations, les souvenirs et les photos qui émaillent le livre ajoutent à l'impression de tenir un petit récit de voyage tout à la fois parfait et dérisoire. Car l'auteur fait preuve d'un sens de l'humour et de l'auto-dérision qui marche totalement avec moi, mêlé à un don certain pour l'observation.
Les paysages urbains, l'architecture, les petites gens et autres rencontres de voyages, apparaissent sous la plume d'Olivier Rolin comme sous le coup de crayon d'un dessinateur de talent. Je me reconnais dans sa manière de flâner dans une ville en repérant des endroits qui lui en rappellent d'autres, ailleurs, vus il y a plus ou moins longtemps, et plus ou moins loin : à Lisbonne, à Paris… Quel plaisir aussi que son goût (fugace) pour les grands restaurants sinistres et vides, et autres joyeusetés réservées aux touristes !
Les réflexions qui naissent des balades en ville sont aussi passionnantes, qu'il s'agisse de références littéraires sur les villes englouties ou sur le pétrole, de l'idée que la littérature en parlant du présent est une conséquence du futur, tout est intelligent, vif et malicieux. Les menus propos sur la mort disséminés ici et là, « derniers jours à Bakou » obligent, ne manquent pas d'intérêt non plus.
Mais que n'ai-je découvert cet auteur plus tôt ? Enfin, la bonne nouvelle est qu'il m'est encore possible de lire de nombreux autres livres de lui !
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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topocl
  31 octobre 2015

Dans son précédent livre, Suite à l'hôtel Crystal, paru en 2004, Olivier Rolin décrivait minutieusement des chambres d'hôtel qui l'avaient hébergé, et, dans celle de Bakou, mourrait suicidé en 2009 (je n'étais pas arrivée jusque là ).
2009 arrivant, Olivier Rolin retourne à Bakou, histoire de tenter le diable, ou la mort… on ne sait pas trop.
Cela donne un récit de voyage avec ce que cela implique d'observations et descriptions d'un pays mal connu, entre pétrole et dictatures, de réflexions, de réminiscences, de rappel de livres qu'il a lus ou écrits. Cela a un petit charme morbide, il y a des pages touchantes ou amusantes, on croise des personnages pittoresques ou saumâtres. C'est par moments assez égocentré, mais quand on aime Olivier Rolin, on s'en accommode fort bien (le voyageur n'est il pas aussi important que le voyage?).
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Charybde2
  19 mars 2013
Plaisant mais inabouti...
Publié en 2010, ce récit de voyage tire prétexte d'un scénario de type "Mort à Samarcande" inversé : ayant annoncé dans un roman précédent qu' "Olivier Rolin était mort à Bakou en 2009", l'auteur tenait à être sur place au moment "prévu"...
C'est pour lui l'occasion de nous proposer un compte-rendu éminemment cultivé de ses pérégrinations en Azerbaïdjan et au Turkménistan "voisin" (une fois la Caspienne traversée), au cours duquel on croisera des personnages hauts en couleurs, tels l'espion britannique Teague-Jones, au début du XXème siècle, l'écrivain Milorad Pavic du fabuleux "Dictionnaire khazar", ou encore un jeune Staline ("Koba") sensiblement différent de celui présenté par Montefiore.
Exercice de style plaisant, mais au bout duquel on se prend à regretter des visions plus engagées, ou plus authentiques, construites à partir des mêmes prémisses : les décors post-soviétiques du "Yama Loka Terminus" d'Henry & Mucchielli, même imaginés, sont autrement plus attachants, de même que les périples d'Anne Nivat "Par les monts et les plaines d'Asie Centrale" sont tout aussi pittoresques et infiniment moins superficiels, et que la mise en scène burlesque de la décadence politique caucasienne par un Gary Shteyngart (dans "Absurdistan") est sensiblement plus drôle que celle proposée par Olivier Rolin.
Un exercice sympathique, donc, mais trop nettement inabouti.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
brigetounbrigetoun   07 mars 2011
Merveille des livres, de la lecture - je le remarque en passant, au risque de la naïveté - accroissement formidable de la vie, celle qu'on vit et celle qui est une ombre après la mort : près d'un siècle après qu'il est passé par ces lieux, un écrivain français revit les émotions d'un jeune capitaine anglais ; il voit, par la fenêtre de la chambre 49, la mer que brouille une brume de chaleur, et ne même temps celle sur laquelle arrive, au petit matin du 12 juillet 1918, le vapeur de Bakou ...
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brigetounbrigetoun   07 mars 2011
Repensant aux analyses de "La Chambre claire", je comprends mieux, plus complètement, le trouble créé par la photo de la jeune "martyre" du Haut-Karabakh ; "cela est mort et cela va mourir", toute photographie écrase le temps, produit un "futur antérieur" de la mort, mais superlativement celle qui grave les signes de la vie - regard de côté, mèches tombant sur le front, main ployée sous le menton - sur la pierre noire de la mort.
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brigetounbrigetoun   07 mars 2011
Mehmet ressemble de façon frappante à l'écrivain argentin Ernesto Sàbato. (Je sais, j'ai la manie de trouver des ressemblances ; c'est ainsi, j'ai tendance à voir le monde comme un jeu de miroirs, un réseau de correspondances. Il semble que j'en sois resté à ce stade du savoir que Foucault, dans 'Les Mots et les Choses", fait se terminer à la fin du seizième siècle, et que structurent les figures de la similitude.
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brigetounbrigetoun   07 mars 2011
Tombé d'un minaret proche du palais des Shirvanshahs, l'appel d'un muezzin suspend dans l'air de frêles festons sonores - si discret, presque plaintif, qu'il en devient émouvant. Le Dieu qu'invoque cette voix de violoncelle n'a pas l'air terrible, on l'inviterait bien au restau, justement on dîne seul ce soir - comme tant d'autres soirs. Les feuilles des figuiers plaquent des mains vertes, tremblantes, sur le ciel.
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brigetounbrigetoun   07 mars 2011
Le vieil édenté, une canette de bière à la main, regarde la ville éclairée par les saccades lumineuses d'un bombardement de fantaisie, les fusées tombent en sifflant autour de lui, grésillent dans la mer visqueuse, gonflée de lentes ondulations de serpent noir. Il en a vu d'autres, en fait d'incendies nocturnes, il connaît la guerre, la vraie, la pire, c'est un ancien colonel de l'Armée rouge.
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Videos de Olivier Rolin (36) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Olivier Rolin
Olivier Rolin vous présente son ouvrage "Extérieur Monde" aux éditions Gallimard. Rentrée littéraire Août 2019. Parution le 22/08.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2341882/olivier-rolin-exterieur-monde
Notes de musique : Youtube Audio Library
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