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EAN : 9782072844942
304 pages
Gallimard (29/08/2019)
2.61/5   46 notes
Résumé :
«Bigarré, vertigineux, toujours surprenant, tel demeure le monde aux yeux de qui en est curieux : pas mondialisé, en dépit de tout. Venu du profond de l’enfance, le désir de le voir me tient toujours, écrire naît de là. Chacun des noms qui constellent les cartes m’adresse une invitation personnelle. Ce livre est un voyage à travers mes voyages. Digressions, zigzags, la mémoire vagabonde. Visages, voix, paysages composent un atlas subjectif, désordonné, passionné. Le... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Je me suis accroché jusqu'à ce que je lise à la page 115, de la part de l'auteur lui-même, Olivier Rolin : "je sens que je perds des lecteurs". Là, effectivement, j'ai lâché prise. En terme scientifique, le module de la force centrifuge a dépassé celui de la force centripète. le lecteur-électron de la galaxie librairie-de-quartier que je suis a été éjecté : Extérieur monde.

Objectif atteint, ne resteront que les plus forts, les vrais, ceux qui sont capables de s'accrocher au noyau de la planète Rolin, de rester concentré dans la tourmente. Je me suis accroché à tout ce qui pouvait passer à ma portée. Mais non. Il a eu raison de moi. Je ne suis pas de taille à suivre le globe-trotter dans ses pérégrinations extraites en fouillis des soixante carnets d'une vie de sédentaire de l'instabilité.

Après la page 115, j'ai papillonné. J'ai certes retrouvé quelques situations et paysages connus au hasard, page 227. Sarajevo. J'ai un peu bougé moi-aussi, mais je n'ai pas été jusqu'à lire Les Misérables au Pôle nord. En fait je n'aime pas me faire brinquebaler. Je préfère tenir le volant.

J'ai eu encore quelques tressaillements nerveux, mais quand on m'a demandé ce que je lisais, et que je n'ai su dire si j'étais au Soudan, à la Terre de feu, dans une librairie de Shanghai ou les bras d'une colombienne, alors là j'ai expiré.

Depuis les cieux où j'ai retrouvé le calme, j'adresse mes plus vifs regrets aux Éditions Gallimard et à Babelio, les remercie vivement pour m'avoir adressé cet ouvrage dans le cadre de l'opération masse critique. Je fais quand même le serment d'y revenir, mais à petite dose. J'aurai alors l'impression de tenir le volant.

Enfin chapeau quand même. Je confirme, le monde est trop petit pour lui. Extérieur monde.

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Olivier Rolin se défend d'avoir écrit ici ses mémoires, il nous dit faire des digressions ; certains lecteurs n'y trouveront pas leur compte, moi, si. D'abord il y a une écriture ; élégante et précise, vivante et poétique, bref un style. Puis il y a un ton ; quelque chose d'à la fois désenchanté, mélancolique mais qui s'émerveille malgré tout, du monde, qui s'en étonne toujours. Les chapitres et tout le livre semblent décousus, passant du coq à l'âne (certains ne verront que cela). Pourtant s'il faut faire une métaphore ce serait plutôt celle du fondu-enchaîné cinématographique, car Olivier Rolin est cohérent, il retombe toujours sur ses pieds, ce fatras est parfaitement maîtrisé. Ainsi, le récit commence aux Açores et se termine là aussi, entre temps le lecteur aura suivi l'auteur en Russie, au Soudan, en Chine ou en Afghanistan, des endroits pas très touristiques en général. Il aura pérégriné, rencontré des femmes et des hommes, surtout des femmes, souvent de simples passantes comme chez Baudelaire (et aussi chez Brassens). Rolin aura bavardé, devisé à propos des auteurs qui l'ont marqué (B. Cendrars, L. Durrell, F. Pessoa, M. Lowry, H. Michaux ... (je ne cite que certains qui me touchent aussi)), de l'écriture, de la littérature, de la politique et de la philosophie, du monde tel qu'il va, du temps qui passe, des saisons et de l'Histoire ... Il utilise beaucoup les parenthèses - digression oblige - d'ailleurs page 124 une parenthèse se referme qui n'a pas été ouverte ! Coquille ? (l'inverse aurait été plus dans l'esprit du livre, enfin ;-) .Parfois Olivier m'agace un peu : page 246 toute une citation en espagnol puis une autre en anglais ! (c'est quoi ? du Hugues Aufray ?) Et page 248 « comme j'aime les femmes d'Asie », oh ! Olive ça ne te ressemble pas, ce pluriel-indéfini ! Mais soit ; 3 pages qui minimisent mon engouement pour ce bouquin, au final c'est peu, non ? Et puis il y a cette citation de J.L. Borges en exergue - je simplifie - : La somme des voyages, des rencontres, des lectures... d'un homme, forme à la fin une sorte de portrait de lui (comme ces photographies-patchwork (il doit y avoir un terme plus technique mais je ne le connais pas)), mais pas des mémoires s'il vous plaît ! Alors 4.5*. Allez, salut et bon voyage.

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De belles références littéraires, une écriture un tant soit peu poétique par moment.

Olivier Rolin, je suis néanmoins restée à l'extérieur de votre monde. Je comprends vos intentions de partage d'émotions, de sensations, d'aventures uniques, singulières, mais les digressions m'ont perdue. Je ne les ai pas maîtrisées; elles m'ont donc faussé compagnie.

Tanpis...

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D'Olivier Rolin, j'avais lu avec plaisir "Baïkal - Amour" (un improbable road-trip au lac Baïkal, loin des clichés et à l'opposé du tourisme) et "méroé".

Cette fois je ne suis pas entrée dans son univers.

Trop de digressions, uniquement des digressions, il l'écrit lui-même en précisant très tôt qu'il va perdre son lecteur !

Grand voyageur, il voyage aussi dans sa mémoire avec des associations d'idées qui lui sont très personnelles.

Certes de belles pages sur des pays, des rencontres ou des lectures mettent en valeur son style poétique, mais l'accumulation m'a perdue.

Je garderai le souvenir d'un esprit brillant si ce n'était quelques jugements péremptoires qui m'ont surprise, pour ne pas dire agacée, par exemple "Le Clézio, un prix Nobel pour boy-scouts" ...

Dans la famille Rolin, je préfère Jean, dont j'attends le récent " Pont de Bezons"...

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Il y a des lectures qui s'avalent d'une traite et puis d'autres qui vous épuisent, ou plutôt dans le cas de ce récit qui vous impatientent, malgré la richesse de la langue. le dernier livre d'Olivier Robin est à classer dans cette seconde catégorie. Il impatiente le lecteur. Il le laisse à la traîne. Mais, ce dernier s'accroche tant qu'il peut voir briller la lumière du style. Et il est peu de dire qu'Olivier Rolin nous le dévoile dans ce livre.

Plus d'une quinzaine de chapitres, une multitude de souvenirs littéraires, d'incessantes tribulations géographiques, d'incroyables rencontres (le commandant Massoud, Borges, …) à croire que cet homme a passé son temps à voyager, à lire et à croiser les gens qui ont eu de l'importance dans ce monde.

Parlons maintenant de la pratique de la digression; on peut dire qu'il en a usé et abusé. Bien entendu, le style glisse et Olivier Rolin arrive a nous amenés à la page 115 : « je sens que je perds des lecteurs ». Il a vu juste. J'étais à chaque chapitre à la limite de l'abandon, mais j'ai tenu bon jusqu'à ce que la boucle soit bouclée. Mais, contrairement à lui, je ne suis pas sûr de vouloir recommencer …

Je remercie l'équipe du site Babelio et les éditions Gallimard de m'avoir permis, dans le cadre de l'opération Masse critique, de lire ce récit.

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critiques presse (4)
SudOuestPresse
08 mai 2022
Le déménagement imposé à l’auteur de « Vider les lieux » fait revivre des souvenirs et des livres. Avec humour et mélancolie.
Lire la critique sur le site : SudOuestPresse
Actualitte
12 novembre 2019
Au fil des pages, il nous délecte aussi d’histoires de mammouths, de bibliothèques ou cafés lointains ou d’une superbe ode à l’eau – en citant Michaux : « L’âme adore nager ». Il psalmodie les litanies des amours manquées, des amis morts, des rencontres oubliées.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeSoir
30 septembre 2019
« Extérieur monde » court, comme son auteur, à travers le monde pour des rencontres dont il a fait son miel avant de les partager avec nous.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LeFigaro
19 septembre 2019
L’auteur plonge dans le flux de sa vie, qu’il saisit à travers ses voyages et rencontres. Virtuose.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation

LE JARDIN DU LUXEMBOURG, CENTRE DE MON ZODIAQUE…

Extrait 4

L’été au Luxembourg est érotique. Robes légères, dont l’ourlet (ô Baudelaire !) bat mollement des jambes bronzées, maillots découvrant des bras fins, shorts minuscules, soutiens-gorge sous la mousseline, seins entr’aperçus, fines sandales, tennis. Multiple crissement des pas sur le gravier. Japonaises à petits chapeaux, à ombrelles, queues-de-cheval, jambes pâles, pépiant. Cheveux qui volent, dansent sur les épaules, relevés sur la nuque, dont une mèche retombe… Taches de rousseur… Seigneur… Toutes les langues du monde tournent et se mélangent autour du bassin, dans un poudroiement de poussière dorée, se nouent un bref moment et se dénouent. Toutes les langues que j’aime à l’égal de la mienne, qui sont les voix multiples du monde, que j’aimerais tant parler comme je parle la mienne.

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La réduction des animaux sauvages à l'état résiduel de curiosités touristiques est un des grands mouvements vers le pire qu'aura connus l'époque (...) Pour un archéologue ou un paléontologue du trentième siècle, mettons, s'il y a encore dans ce temps des gens qui se préoccupent de sonder le passé, cette disparition paraîtra sans doute plus significative que les décombres des guerres de Syrie (et je ne dis pas cela pour en diminuer l'importance actuelle, ni l'horreur).

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Et puis aussi, finalement, si on va là-bas, à Kaboul, à Beyrouth ou à Sarajevo, (ou à Djouba, à Hodeïda ou à Gaza, que je ne connais pas), c'est parce qu'on est curieux du monde, et qu'il est comme ça aussi, plein de bruit et de fureur qui nous échappent largement, et qu'à un moment on ne se contente plus d'en entendre parler par la radio, on a envie d'aller voir là-bas, loin, à quoi ça ressemble, cette immense cacophonie. Voir, apprendre à voir, c'est du métier d'écrivain. Perec, citant Jules Verne en exergue de La vie mode d'emploi : "Regarde de tous tes yeux regarde !"

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Décrire ce qui est délicat, nervures d'une feuille, galbe d'une plume, ce qui est fugace, goutte d'eau brillante, songes que la nuit a emportés...

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Tenter de ressusciter ces grâces aperçues, ces émotions vite évanouies, trouver les quelques traits qui les feront émerger, vivantes de la vie des mots, de la grande cave d'ombre du passé, est une gageure qui n'est pas digne d'un écrivain. Décrire ce qui est délicat, nervures d'une feuille, galbe d'une plume, ce qui est fugace, goutte d'eau brillante, songes que la nuit a emportés...

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Videos de Olivier Rolin (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Olivier Rolin
Le 8 août 2010, dans le cadre du banquet du livre intitulé "Contre la gestion politique du tous, le souci du chaque-un", lecture d'Olivier Rolin
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