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EAN : 9782070757459
122 pages
Gallimard (23/03/2000)
3.06/5   31 notes
Résumé :
« Les chiffres ne nous ont jamais intéressés, Jim et moi. Nous avons su dès le départ, il y a quarante siècles, qu'il fallait se méfier de ces bestioles rusées, trompeuses, et souvent d'un rigorisme malfaisant.
Nous nous fions aux battements d'une horloge qui serait sidérale. Pas de cadran, pas d'aiguilles, pas de remontoir. Les heures tournent d'elles-mêmes sans avoir besoin de nous qui les avons pourtant inventées. »
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
La narratrice est une femme d'environ 45 ans au début de cet ouvrage, veuve de son premier mari, auteure et qui s'est mis en ménage avec un jeune auteur de 24 ans son cadet. Evidemment, cela fait un peu scandale autour d'elle mais celle-ci reste indifférente. Elle en vient même à quitter sa demeure pour habiter dans un modeste appartement à Paris. Les journées de cet homme et de cette femme se ressemblent et pourtant, ne sont jamais les mêmes. Souvent en voyage pour faire la promotion de ses ouvrage, lui est allé un peu partout dans le monde tandis qu'elle, reste souvent à Paris mais quand ils sont ensemble, ils écrivent et n'ont pas forcément besoin de mots pour se dire ce su'ils ressentent. La narratrice est émerveillée par la beauté de la vie, les oiseux, la musique et tous les petits plaisirs.

Un livre qui par moments, ressemble plus à de la poésie qu'à un roman, ce qui m'a un peu déconcerté et qui, malgré une écriture raffinée et soignée, ne m'a pas enchantée. A découvrir !
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Écriture d'une grande énergie fluide qui m'a donné à expérimenter une lecture concentrée et rapide. Comme si le style était travaillé moins pour produire de petites trouvailles sous formes de belles formules comme des bijoux, que pour que le texte complet, relativement court, apparaisse ainsi, vif, éclatant, dynamisant. Mais pas le dynamisant forcé des livres de développement personnel! Un dynamisant allant chercher dans les vibrations de jouissance de vie, douce, qui n'épuise pas la source; la révèle au contraire.
Le style est soutenu par le personnage de Jim, vif, vivant, insaisissable mais présent, attentionné, d'une attention qui porte la narratrice à se laisser travailler pour que parte enfin les scories de ses démons intérieurs, ramenés au final à de l'évanescent laissant place à la vie nouvelle.
J'ai commencé L'amant de Duras et m'aperçois que cette qualité d'écriture simple et vibrante existe ailleurs et différemment, que chez Sollers et Rolin. Rolin comme tremplin vers la bibliothèque entière après les découvertes de Sollers!
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J'ai mis sur mes rayons "Babélio", "Passion fixe" de Sollers et "Journal amoureux" de Dominique Rolin parce que ce n'est plus un secret que le Jim de Rolin et la Dora de Sollers sont le même amour.
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Petit texte de 140 pages, déroutant par rapport à mes lectures habituelles.
Je l'ai trouvé exigeant, poétique, parfois décousu ... j'ai pourtant pris beaucoup de plaisir à le lire et surtout j'ai envie d'en savoir plus sur l'autrice, sur qui est "Jim" l'amoureux de son journal.
Livre trouvé dans une boîte à livres, à Vezoul ... je n'avais pas de connexion internet durant ma lecture donc j'ai effectué les recherches une fois rentrée à la maison. Et il y a sur le net de quoi apprendre à connaître l'autrice et Philippe Sollers ... Cela me promet de beaux moments d'écoute radiophonique (via podcasts évidemment) et sans aucun doute d'autres lectures d'elle, et de lui ...
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
Dominique Rolin



Un amour clandestin
PAR JOSYANE SAVIGNEAU







Mais qui était donc ce «Jim », apparu dans l'œuvre de Dominique Rolin au début des années 1960 et traversant désormais presque tous ses livres? Le choix de son nom était certainement un clin d'œil à James Joyce et à son amour pour Nora. Mais était-il seulement un personnage de fiction, une miraculeuse invention, ou un miracle dans la vie même de la narratrice? De roman en roman, jusqu'à ces Trente Ans d'amour fou, en 1988, on avait compris qu'il était l'amour absolu, non seulement de la narratrice, mais de l'auteur.



Il l'avait ramenée à la vie après un deuil qu'elle croyait inguérissable. Il avait apaisé ses angoisses. Ecrivain lui aussi, plus jeune qu'elle, il lui avait permis, disait-elle, de libérer» sa narration. Il l'avait arrachée à toutes les conventions, littéraires, sociales. Ses anciens amis s'en plaignaient. Elle s'en moquait.



Leur amour devait demeurer clandestin, donc parfait, puisque totalement asocial. Ensemble, ils avaient découvert leur refuge, « la ville étrangère», devenue elle aussi un personnage des romans de Dominique Rolin. On reconnaissait sans peine Venise. Ils y allaient deux fois par an, presque toujours aux mêmes dates. Dans le même hôtel, dans la même chambre. Quand il faisait beau, elle écrivait sur le ponton, tandis qu'il restait à l'intérieur. Si le temps se gâtait, ils écrivaient tous deux dans la chambre. Une même passion: les mots.



A la toute fin du XXe siècle, l'identité de Jim était devenue, dans le milieu littéraire, un secret de Polichinelle. Mais personne n'aurait osé écrire ou dire son nom. En 2000, Dominique Rolin publiait Journal amoureux. Un texte bref, magnifique. Leur histoire d'amour demeurait, certes, une « clandestine révélation magnétique », mais l'excellente dessinatrice qu'était aussi Dominique Rolin traçait un portrait de Jim, où l'on pouvait reconnaître un écrivain désormais célèbre.



Elle racontait leur première rencontre, en 1958. Il n'avait pas encore 22 ans, et son premier roman, Une curieuse solitude, faisait beaucoup de bruit. Son éditeur voulait faire connaître ce jeune homme et avait organisé un déjeuner littéraire. Dominique Rolin, dans la grande beauté de ses 45 ans, était assise à côté de lui. Elle lui a confié que depuis la mort de son mari, le sculpteur Bernard Milleret, elle ne pouvait plus écrire. Il a répondu : « Vous croyez ?» Puis il lui a écrit. «Il souhaite me revoir, il précise qu'il n'aime pas les choses inabouties. Je lui plais. Il me plaît. Après tout, pourquoi pas?»



Pour ceux qui savaient qui était Jim, l'occasion était trop belle. Bernard Pivot a invité Dominique Rolin sur le plateau de « Bouillon de culture » pour Journal amoureux et lui a dit soudain: «Jim, c'est l'homme qui est ici à côté de vous, c'est Philippe Sollers. » À la fois heureuse et gênée, elle a simplement dit «oui». Si Philippe Sollers était sur ce plateau de télévision, c'est aussi parce qu'il publiait Passion fixe, que certains ont lu un peu trop vite comme un écho à Journal amoureux. Dora, le personnage principal, n'est pas Dominique Rolin comme Jim est Philippe Sollers. Passion fixe n'est pas une confession.



Mais leur histoire est bien une passion fixe. En 1965, Drame, de Philippe Sollers, était dédié « à D ». En 2004, son Dictionnaire amoureux de Venise est « Pour la Grande Petite Jolie Belle Beauté ». « Venise est une grande aventure historique. Elle peut être aussi une passion individuelle. C'est le cas ici », écrit Sollers.

Dominique Rolin est morte le 15 mai. « Jim a dit: "Comme c'est bête la mort!" » Mais quelques pages auparavant, dans ce Journal amoureux, Dominique Rolin lui avait répondu: « À y bien réfléchir, la mort existe-t-elle vraiment? »



Le Nouvel Observateur du 24 mai 2012 - n° 2481





Dominique Rolin







Dominique Rolin

par René de Ceccatty

Le Monde



Auteur d'une œuvre littéraire intransigeante d'une exceptionnelle longévité, Dominique Rolin est morte le 15 mai, à Paris, à l’âge de 98 ans.

Au début des années 1960, Dominique Rolin, encore quadragénaire, avait déjà une œuvre romanesque importante, assez classique de facture, mais traversée de violences. Elle venait de perdre son mari, le sculpteur Bernard Milleret, et lui avait consacré un récit bouleversant, Le Lit (Denoël, 1960). Ses précédents livres avaient été remarqués par la critique et par le public. Elle n'hésitait certainement pas sur son rapport à la littérature, mais la forme littéraire n'était pas sa préoccupation première. Grâce à la rencontre d'un jeune écrivain et aux recherches du Nouveau Roman et de Tel Quel, elle trouve alors une liberté de narration nouvelle.

Elle publie Le For intérieur, en 1962 : c'est un tournant. La critique prétend qu'elle se laisse gagner par l'avant-garde. Ce n'est pourtant pas la stricte vérité, car dès Les Marais (Denoël, 1942), les contradictions intérieures des liens familiaux et affectifs, des pulsions sexuelles, faites de désir et de dégoût, étaient traquées. Ce livre, à sa sortie, fut célébré notamment par Jean Cocteau et Jean Paulhan. Dominique Rolin lui demeura fidèle, puisqu'elle le republiera.

De ses personnages, elle écrivait dans la préface à l'édition de 1991 (Gallimard), où elle s'adressait à la jeune femme de 29 ans qui avait signé ce premier roman: "Ils sont uniquement sauvés de leurs obsessions par la permanence d'une fantasmagorie ténébreuse qui les autorise à flotter au long des jours et des nuits : Jérôme Bosch et Bruegel, ainsi que la magique atmosphère de ton pays de naissance, sont là pour te seconder." En effet, Dominique Rolin aura puisé dans une zone de rêves la force de résister à ses "violences narratives incontrôlées". Et son œuvre, qui se réfère souvent à Bruegel (Dulle Griet, L'Enragé) est, comme elle le reconnaît, "somnambulique".

Née le 22 mai 1913, à Bruxelles, dans une famille littéraire (son père est conservateur de la bibliothèque du ministère de la justice et sa mère est la fille du romancier Léon Cladel), elle a d'abord été bibliothécaire, mais publie des nouvelles dès 1934 (reprises dans Les Géraniums, La Différence, 1993).

"Le futur écrivain, commentera-t-elle, était doué d'une méchanceté d'œil fort plaisante, d'humour noir aussi, du besoin de s'abandonner sans contrôle à ses intuitions et ses rêves, c'est-à-dire l'amorce d'une recherche d'amour."

Son mariage en 1937 avec un homme violent et alcoolique la hantera toute sa vie. Pendant la deuxième guerre mondiale, elle change à la fois de pays et de style d'existence. Dessinatrice douée, elle mène parallèlement une carrière d'illustratrice et une autre d'écrivain, avec succès, puisque, en 1952, elle obtient le prix Femina pour Le Souffle (Seuil). Les romans et nouvelles publiées durant cette période (Moi qui ne suis qu'amour, Le Gardien, Artémis) font d'elle un écrivain qui, sans être populaire, rassemble un large public.

UN AUTRE MONDE

Sa famille demeure au centre de son inspiration. Son ton est cruel, ses descriptions parfois crues, son regard assassin. Par ailleurs, sa beauté lui permet de construire un personnage très singulier dans le milieu littéraire.

Mais, tout en acquérant un certain pouvoir et une autorité critique (elle fait partie du jury Femina, qui l'exclura pour avoir critiqué son "archaïsme" et son fonctionnement), elle se détache intérieurement de cette comédie. Ses livres se dépouillent de l'intrigue. Le style passe au premier rang. Maintenant, Le Corps, Les Eclairs, Deux témoignent de cette affirmation de la littérature pure.

Elle met en place une œuvre de plus en plus originale, avec en particulier une trilogie : L'Infini chez soi ; Le Gâteau des morts, qui fait mourir l'auteur le 5 août 2000 et La Voyageuse (Denoël, 1980, 1982, 1984). Dénonçant l'hypocrisie mielleuse des âmes éplorées, Dominique Rolin trace un tableau impitoyable de son entourage, en isolant un amour clandestin, dans lequel beaucoup de lecteurs verront la clé de l'œuvre de la maturité. Enfin, à l'occasion de Journal amoureux (Gallimard, 2000), a été révélée l'identité de celui qu'elle a toujours prénommé Jim, Philippe Sollers, ce qui a suscité dans le grand public une plus vive curiosité.

À cet amour, elle a consacré de nombreux livres, dont Trente ans d'amour fou, 1988, Le Jardin d'agrément, 1994 (tous deux chez Gallimard). Cet homme apparaît comme un repère essentiel de son univers, auquel il procure constance et force. Mais aucun détail qui trahirait l'intimité des amants. On est dans un autre monde, dans une autre mesure. L'enjeu est ailleurs que dans des confidences anecdotiques : dans un dialogue de l'écrivain avec des parts lumineuses ou obscures d'elle-même, un véritable combat avec son inconscient, ses rêves, ses désirs, auxquels elle assigne des formes souvent allégoriques, sur un ton onirique, provocant, parfois comique.

"Pourquoi faudrait-il mourir ?", s'interrogeait-elle dans Le Futur immédiat (Gallimard, 2002). "Falloir mourir. Que signifie en réalité ce monstrueux aphorisme auquel est soumise l'humanité depuis ses origines les plus lointaines, burlesquement ignorées de nous, pauvres petits vivants désarmés." Fuyant l'angoisse et la courtisant, Dominique Rolin est allée au plus loin dans la description de la solitude et du bonheur, acquis par les seules armes de l'intelligence, de l'ironie, de la franchise.

Cette mort qu'elle connaissait parfaitement, chez les autres et chez elle-même, elle ne cède pas devant elle, mais l'a toujours provoquée. Elle avait intitulé Plaisirs son livre d'entretiens avec Patricia Boyer de Latour (Gallimard, 2002). Il y est question de Venise, de sa lumière et de ses peintres, de son bonheur d'aimer et d'écrire, mais aussi, toujours, de son enfance assombrie par la mésentente de ses parents, des erreurs et errements de sa vie et de la seule tyrannie qu'elle ait jamais acceptée : celle de la page à remplir.

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J'apprécie le mot merveille ainsi que ses dérivés. Je le répète souvent, cela signifie que je suis émerveillée de nature. Je n'ai pu grandir, aimer, haïr, croire et travailler qu'à travers les eaux de l'émerveillement. C'est un rude privilège qu'on m'a donné là. Je l'ai longtemps ignoré. (...) Merveille est mon plus précieux joyau dont je me sers jour après jour non sans audace au vu et au su du monde entier sans craindre les voleurs. Si j'avais mis merveille au coffre, sans doute aurait-il perdu son éclat, petit à petit, avant de se dessécher.
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"Il n'y a pas un bonheur ou un genre de bonheur ou un instant de bonheur, telle est la sommaire croyance des animaux pensants que nous sommes. En réalité, chaque atome de vie est la source de milliards de bonheurs qui ne cessent de se renouveler à mesure qu'on la respire."
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Le jour se lève à peine. Soudain deux oiseaux traversent avec aisance la grande pièce tout comme s'ils volaient à l'air libre. Ils virent sur l'aile en plantant jusqu'au-dessus de ma tête en recommencant le même tour. Je me pince. Ce ne sont pas des oiseaux ordinaires, leur plumage étincelle, émaillé de pierres précieuses. Est-ce un rêve ? Je ferme violemment les yeux, je les rouvre, ils ne sont plus là. Je suis formelle : je n'ai pas rêvé. Je raconte ma vision à Jim au téléphone. Ça semble l'intéresser. " Gros comment, tes oiseaux ? " J'hésite à répondre. " Comme des mouettes? " Oui, oui, c'est exactement cela : comme des mouettes.
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J’ai préféré les risques : Jim est resté une clandestine révélation magnétique. Nous avons évincé les chausse-trapes du présent de l’indicatif, des passés définis ringards, plus-que-parfaits maniérés, subjonctifs violeurs, imparfaits obséquieux, futurs antérieurs dévots.
Écrire est à la fois un certain rire et un certain cri.
Assis à mon bureau, Jim travaille.
Son écriture est fluide, serrée, linéaire, finement musclée.
Il s’arrête de temps en temps.
La main droite levée semble attendre le signal d’un ordre précis, et c’est exactement cela.
Le regard de l’homme se fait vacant comme pour mieux capter la source d’une idée enfouie dans la profondeur, informelle, et se préparant à luire.
Ce n’est pas si mal après tout mais il faut aller plus loin.
Il faut capter la lueur avant de la fixer sur le papier sous forme de mots, de phrases que cadence la ponctuation. Vrai travail d’Hercule, un Hercule paisible en apparence.
Le front et la mâchoire, creusés jusqu’ici par l’effort, brusquement se détendent.
Voilà. Ça vient. Ouf. Ça y est. C’est .
Comment un tel tour de passe-passe abstrait-concret a-t-il pu se produire ?
On n’en sait rien du tout. On n’a pas envie de savoir. Simplement ceci : un miracle intérieur d’origine énigmatique a pris par la nuque l’homme au stylo.
La main droite obéit. Elle reprend sa course frémissante et bleue.
Sous les paupières pudiquement baissées, le regard de l’homme au stylo a cessé d’être humain, la pensée a le droit de pleuvoir dans sa plénitude contrôlée.
Les mots s’alignent sur le papier à toute vitesse.
Enfin l’homme se redresse, vidé de lui-même, heureux d’avoir échappé à son trou visionnaire.
Il se tourne vers moi, un peu surpris, comme s’il me voyait pour la première fois.
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