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EAN : 9782070404155
256 pages
Éditeur : Gallimard (01/03/2000)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 25 notes)
Résumé :
"Un soir nous étions installés tous les trois, bien lestés d'alcool et de toxiques divers, devant l'entrée de l'habitat rupestre. Le gueux s'éloigna pour procéder à l'inspection de quelque chose qui clochait avec sa voiture. Sally me fit entrer dans la maison, m'y prodigua des marques d'affection, attira mon attention sur une carabine Winchester posée sur le manteau de la cheminée. Elle m'invita à vérifier qu'elle était en ordre de marche. Incapable, comme on l'a vu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  19 janvier 2015
Ecrit en 1995, "L'organisation" a du recul pour dépeindre avec justesse, les " maos "de l'époque, exaltés, révoltés,des jeunes gens prêts à tout sacrifier pour leur idéal révolutionnaire : extrême gauche,anarchisme, vie communautaire, heurts avec la police,séjours en prison, insultes,fourberie de certains "camarades" .....malentendus, alcool et drogue...inimitiés , trahisons, amitiés, fortes naïvetés, inculpations et arrestations, l'auteur suit ces jeunes hommes plus rêveurs et naïfs qu'efficaces......fabrication et distribution de tracts, " ballades " des militants prolétariens dans des voitures peu dignes de ces jeunes hommes pour échapper à la police.....fuites dans d'autres appartements, dispersion de matériel,recherche de " planques" dans diverses localités," boulots " dérisoires dans des usines, attentats ratés, actions brouillonnes, la gauche prolétarienne : "une poignée de militants dispersés, dubitatifs, agités déjà de désaccords entre eux. ....."
J'ai apprécié l'humour féroce, le côté jubilatoire de l'auteur et l'ironie de ce roman que l'on pourrait aussi intituler " Tours et détours, voyage dans les utopies de ces annés là"....de cette époque là oú , en plus le héros va d'échec amoureux en échec amoureux......en pélerinage en Irlande du Nord......mais aussi à l'orphelinat
de Sainte -Anne.....
Un ouvrage désabusé et décalé......prêté par une amie litteraire car honte à moi, je ne connaissais pas Jean Rolin!
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Kirsikka
  05 décembre 2015
La construction de ce roman en deux parties semblant inégale et détachées l'une de l'autre peut dérouter, d'autant que la première, la plus longue, s'arrête de façon abrupte et que l'on fait un saut temporel de vingt ans à peu près de l'une à l'autre.
Mais ce qu'on lit dans ces pages, c'est le récit d'une constante errance, d'abord au sein de l'organisation, qui envoie ses militants un peu partout dans les villes et villages de la province française, et puis quand le narrateur a rompu avec l'organisation, il rejoint les quartiers catholiques de Belfast, et enfin ses voyages le conduisent en Bosnie pour revenir en France.
Les règles et la discipline de l'organisation sont imbues d'une rhétorique absurde : les pages traitant de la rédaction des tracts sont très drôles, et il est question aussi d'une impossible "prolétarisation" en raison de caractère "petit-bourgeois" rétif, en somme une envie de vivre. Peu à peu, le narrateur et d'autres "copains" prennent leur distance avec une organisation pour laquelle ils ne sont pas faits, car ses règles sont un refus de la vie. Ils partent vers d'autres luttes, qui au fil des pages, semblent finalement aussi confidentielles que sans issue ; et parce qu'il s'est habitué à vivre en dehors des règles, de la loi, à faire la une des journaux, aux relations avec la police sous formes de courses-poursuites et d'interrogatoire, parce qu'il est difficile de décrocher, le narrateur passe du militantisme révolutionnaire au trafic et à la consommation de drogue, aux braquages.
Une écriture simple mais fluide et beaucoup de portraits tout au long du récit, des esquisses de personnages, obtus, violents, déconnectés ou bien lucides et attachants.
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pleasantf
  07 juillet 2019
Derrière son style souvent drôle et son humour ironique, ce roman désabusé est un constat tragique de l'échec de l'action collective, de son incapacité à transformer le monde, tout du moins quand elle ne résulte pas de la mise en branle d'une force étatique.
Révélateur à ce titre est l'évolution du roman : le narrateur entame son livre en utilisant le plus souvent le ‘nous' pluriel avant de passer à un ‘je' plus singulier.
En parfait pied nickelé de l'agitation révolutionnaire, le héros narrateur navigue d'escarmouches insignifiantes en fiascos pathétiques. Il côtoie l'Histoire (mai 68 et les années qui ont suivi, la révolution des oeillets au Portugal, la fin de la colonisation en Afrique, l'Irlande du Nord, la guerre en ex-Yougoslavie) mais la traverse sans y jouer le moindre rôle n'y laisser aucune trace. Pas de rôle d'acteur mais un rôle de piètre figurant qui a passé plus de temps en coulisses qu'au fond de la scène.
Au-delà du rôle individuel du narrateur, très limité malgré ses nombreuses déambulations, l'échec est surtout collectif. le roman de Jean Rolin est une version tragi-comique de la fin des idéologies. Tout dans ce roman, depuis les activités militantes des maoïstes jusqu'à la marche pour la paix en Croatie, montre que les grandes idées mènent à des actions absurdes et stériles.
Ce que montre aussi le roman c'est que l'être humain a malgré cela un penchant pour l'action en groupe, ‘si flous que soient ses contours et si ambigus ses desseins' pour reprendre les termes de Rolin. Au travers du parcours du personnage principal se dessine les motivations d'une appartenance à une organisation. Ce n'est pas vraiment l'attachement à la Vérité mais, toute illusion mise de côté, ce sont bien davantage la camaraderie, le besoin de séduction, le besoin de se sentir utile et important, le goût de l'aventure aussi absurde soit-elle, ou encore le constat pragmatique que le groupe est le moyen le plus rapide d'atteindre des objectifs même s'ils sont inavouables, lorsqu'il s'agit de s'approvisionner en drogue par exemple.
De façon assez surprenante, en envoyant le narrateur en cure de désintoxication dans une institution catholique, un parallèle est dressé entre une organisation politique et une organisation religieuse. Mais cette dernière se révèle finalement beaucoup moins ambitieuse dans ses objectifs. le frère Marc est sans illusion sur sa capacité à sauver le monde et les brebis égarées. Il ne cherche pas à changer le monde mais au mieux à en atténuer les malheurs pour une courte période.
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zazalabeille
  10 octobre 2014
Ce livre plein d'un humour élégant et mélancolique nous raconte la vie dérisoire d'un groupe de maoïstes des années 70. Ce qui s'est passé après mai 68 est peu étudié et pourtant il y eu un foisonnement d'idées révolutionnaires, certaines assez bizarres, mortes sans postérité, d'autres plus fécondes mais dont on a oublié l'origine. L'auteur réussit à restituer l'atmosphère de l'époque au sein d'un groupuscule gauchiste comme on disait alors.
J'apprécie cet auteur et je recommande la lecture de ce livre.
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feanora
  11 août 2014
Extrême gauche, anarchisme, collectivisme, vie communautaire, alcool et drogue, tous les vieux rêves de soixante-huitards me semblent être le sujet principal de de livre.
Il en découle bien sûr des heurts avec la police, des séjours en prison, des amitiés profondes mais aussi des trahisons. Une pincée d'amour complète le tout.
Ce livre, lors de sa parution, m'avait laissé une impression nauséeuse et une certaine forme d'incompréhension.
A ce jour, je ne suis toujours pas en phase avec les héros (le terme me semble mal choisi) même si l'un deux arrive à se sortir dignement de ce magma oppressant.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
KirsikkaKirsikka   25 novembre 2015
Aujourd'hui il me semble que nous aurions persisté moins longtemps dans cette exaltation, si une partie au moins de la police, à commencer sans doute par son ministre, n'avait partagé notre rêve, même si elle devait l'envisager de son côté comme un cauchemar. Je n'en veux pour preuve que l'insistance avec laquelle certains inspecteurs, lors des interrogatoires qu'il nous arrivait de subir, nous demandaient, et pas sur le ton de la plaisanterie, ce que nous ferions d'eux après la révolution, ajoutant parfois que nous aurions besoin d'une police forte, expérimentée, et que le mieux serait de nous appuyer sur celle qui existait auparavant. Aussi aveugles que nous quant aux chances de succès de nos entreprises, les policiers qui nous tenaient ce langage manifestaient du moins, quant à l'essence même de la révolution, une lucidité dont nous étions incapables.
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sarasvatisarasvati   20 avril 2011
p.188/De nouveau nous conduisions la nuit des automobiles auxquelles il manquait toujours quelque chose pour être en règle. De nouveau nous transportions des substances illicites que nous devions désigner par des noms de code et, même si nous ne travaillions plus à la destruction de la société, nous pouvions persister dans l'illusion réconfortante qu'elle-même n'avait pas renoncé à nous détruire, puisque de nouveau il nous fallait craindre les barrages, éviter les contrôles, et mentir avec aplomb lorsque nous étions obligés de nous y soumettre. De nouveau nous étions unis par des liens de circonstance, à la fois artificiels et forts comme tous ceux qu'engendre l'illégalité. Et par surcroît, ce qui cimentait le groupe et le vouait à l'opprobre de la société procurait du plaisir, un plaisir qui remplissait le corps et l'esprit au point de ne laisser de place pour rien d'autre, un plaisir qui dispensait de tout commerce, y compris de l'usage de la parole : jusque-là, rien n'avait eu la force de me faire taire ainsi, même du dedans.
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Annette55Annette55   19 janvier 2015
" Celui qui attend une révolution sociale "pure" ne vivra jamais assez longtemps pour la voir".
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Videos de Jean Rolin (45) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Rolin
Jean Rolin vous présente son ouvrage "Crac" aux éditions POL. Entretien avec Yves Harté. Rentrée littéraire janvier 2019.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2281947/jean-rolin-crac
Note de Musique : Free Musique Archive
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