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EAN : 9782710331520
224 pages
Éditeur : La Table ronde (16/04/2010)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 10 notes)
Résumé :

En 1987, Jean Rolin parcourt l'Afrique australe, de Dar es-Salam à Capetown, à travers les pays que réunit, du moins en théorie, leur opposition au régime d'apartheid. Au fil de ses tribulations, certaines rencontres l'enrichissent : Robert, un révolutionnaire au bout du rouleau, expatrié à Zanzibar ; Ned et Joan, fermiers blancs cloîtrés au Zimbabwe derrière leur enceinte grillagée, ou encore un... >Voir plus
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
brumairebrumaire   12 mai 2017
Alors que je suis abîmé depuis près d'une heure dans la contemplation de ce spectacle (1) , "so lovely" , écrit Livingstone, que les anges doivent suspendre leur vol pour s'en délecter, je vois avec consternation surgir à quelques pas de moi une créature absolument détestable, une femme que l'on dirait née de l'imagination de quelque auteur boulevardier et misogyne, et dont je m'étais émerveillé, hier soir, à l'hôtel, que son mari pût subir aussi placidement ses incessantes avanies. Or cette espèce de carabosse envuitonnée , en dépit des regards haineux et menaçants que je lui lance dans l'espoir de la faire fuir, s'obstine et vient se planter au-dessus du gouffre en ce point précis que les cartes désignent comme "danger point". L' à-pic est ici de plus de cent mètres. Comment peut-elle être assez sotte pour ne pas se rendre compte que dans ce lieu absolument désert, sans témoin, il suffirait d'un geste maladroit, et bien entendu involontaire, de ma part, pour restaurer la magnificence de cette scène que m'a gâchée son intrusion, et faire le bonheur d'un mari ?

(1) Les chutes du Zambeze.
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CeCedilleCeCedille   09 février 2019
A la sortie de Dar es-Salam, vers le nord, la route de Bagamoyo enjambe une étendue d'eau qui tient de la lagune et de l'égout à ciel ouvert. Bien qu'elle semble venir de nulle part, cette eau s'écoule, faiblement, sans doute, mais elle s'écoule, de telle sorte qu'elle se jette dans l'océan Indien, pour finir, et qu'avant de s'y perdre elle dépose sur ses bords des sédiments très nourrissants, bien épais, dont des milliers d'oiseaux se régalent à marée basse. Parmi ces oiseaux, les ibis sacrés sont les plus dignes d'intérêt, et c'est dans l'espoir de les observer de plus près, que, sans songer à mal, quittant la chaussée de Bagamoyo Road, je m'étais avancé sur la plage, à pied, n'y voyant d'autre risque que de m'enfoncer jusqu'à mi-mollet dans l'alluvion, pour ne pas dire dans la merde. Naturellement, les ibis me fuyaient, s'envolant toujours un peu plus loin vers la mer, et cette vaine poursuite me tint assez longtemps en haleine. Au retour, je ne pris pas garde à une sentinelle qui me guettait, accoudée au parapet de Selander Bridge. En Tanzanie, comme dans le reste du tiers monde, les ponts, de même que tout ce qui peut être associé à des mouvements de troupes ou de marchandises, sont généralement considérés comme des objectifs stratégiques. C'est dire qu'il est interdit de les photographier, et. parfois même de les regarder, au moins par en dessous. Reprenant pied sur la chaussée de Bagamoyo Road, j'entendis bien la sentinelle, tss... tss... », qui m'enjoignait de m'arrêter, mais je fis celui qui ne s'émeut pas pour un « tss... tss... ». Cependant les injonctions, toujours ainsi modulées, se multipliaient, augmentaient de volume, et je dus m'immobiliser au milieu de Selander Bridge, et même revenir sur mes pas, faisant face désormais à « tss... tss... », un soldat dont au premier coup d'œil, en dépit de son fusil d'assaut, et de la responsabilité qui lui incombait de protéger ce pont contre ses innombrables saboteurs potentiels, j'estimai qu'il était d'une férocité sensiblement inférieure à la moyenne. Le soldat parlait l'anglais à peu près comme moi le swahili. Mais il était clair que ce qu'il voulait savoir, c'était ce que je fabriquais, cinq minutes auparavant, quasiment à quatre pattes sous le tablier de Selander Bridge. Désignant les ibis, désormais presque invisibles, confondus avec l'écume des brisants, je tentai de lui faire entendre que c'était cela, les oiseaux, ndeghe en swahili, qui m'intéressait, et cela seulement. Le soldat n'avait pas l'air de comprendre. Là-dessus, battant des ailes, claquant du bec, bondissant sur la chaussée du pont, je lui fis les oiseaux, puis, essoufflé, la main en visière au-dessus des yeux, le type qui court après les oiseaux. Je réitérai cette mimique deux ou trois fois, assez, me semble-t-il, pour que mon imitation de l'ibis sacré atteigne à la perfection. Enfin le soldat comprit ce qui m'avait attiré sur la plage, et, c'était manifeste, cette idée que l'on pût courir après les oiseaux, pas même pour les manger, non, rien que pour les voir, lui parut d'une telle absurdité, d'une telle innocence, que, dissipant toute méfiance, effaçant tout soupçon d'espionnage, elle lui inspira aussitôt la plus complète sympathie à mon égard, et que nous passâmes une bonne minute à en rire, moi refaisant l'oiseau, lui se tapant sur les cuisses. Quand il riait, on voyait quelle bonne tête avait le soldat, et combien il eût préféré venir boire une bière plutôt que de s'obstiner à garder le pont."
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