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ISBN : 2021168883
Éditeur : Seuil (11/09/2014)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 154 notes)
Résumé :
Son domaine c’était les nuages. Sur toute l’étendue immense de l’URSS, les avions avaient besoin de ses prévisions pour atterrir, les navires pour se frayer un chemin à travers les glaces, les tracteurs pour labourer les terres noires. Dans la conquête de l’espace commençante, ses instruments sondaient la stratosphère, il rêvait de domestiquer l’énergie des vents et du soleil, il croyait "construire le socialisme", jusqu’au jour de 1934 où il fut arrêté comme "sabot... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (51) Voir plus Ajouter une critique
Eve-Yeshe
  25 avril 2015
En 2010, alors qu'il est invité à participer à une conférence à l'université d'Arkhangelsk, Olivier Rolin, passionné par la Russie depuis toujours décide de prendre l'avion pour aller visiter un monastère sur les îles Solovki. Il vient souvent faire des conférences dans ce pays auquel il est attaché depuis l'époque de l'URSS, ayant été lui-même maoïste dans sa jeunesse.
Il est attiré par ces îles tant sur le plan géographique, le nord de la Russie, l'immensité de la Sibérie que sur le plan historique.
Ce monastère a été le premier goulag mis en place. Il apprend lors de sa visite, « qu'il y a avait existé, dans le camp, une bibliothèque de trente mille volumes, formée directement ou indirectement par les livres des déportés qui étaient, pour beaucoup d'entre eux, des nobles ou des intellectuels… » C'est ainsi que naît, d'ailleurs, l'idée de lui consacrer un film.
Au cours de sa visite, il tombe sur un album, reproduction de lettres qu'il envoyait à sa femme Varvara et à leur fille Eléonora, âgée de quatre ans quand il est déporté, dessins, herbiers, devinettes, et fait ainsi la connaissance de leur auteur : Alexeï Féodossiévitch Vangengheim, déporté aux Solovki en 1934. Cet album, hors commerce a été publié par Eléonora, à la mémoire de son père.
Tout au long de ce livre, il va nous raconter la vie de cet homme, né en Ukraine, d'origine noble, qui quitte tout pour épouser le Communisme et se consacrer corps et âme à la reconstruction de son pays en épousant la cause de la Révolution. Alexeï est météorologue et ses prédictions permettent aux avions de décoller ou atterrir dans de bonnes conditions ou aux bateaux de se frayer un passage dans la mer gelée.
Ce que j'en pense :
J'ai eu envie de lire ce livre après avoir vu le film "Solovki, la bibliothèque disparue" qui m'avait beaucoup intéressée.
On assiste à l'emballement d'Alexeï pour le communisme ; il est membre du Parti, fait partie des gens influents dont le travail est reconnu car ses prévisions peuvent être d'une grande aide pour l'agriculture socialiste que Staline dans sa folie veut collectiviser en éliminant les propriétaires terriens (des bourgeois, ou des nobles) ce qui aboutira à la famine en Ukraine provoquant la mort de trois millions de personnes…
Alexeï Féodossiévitch Vangengheim a des idées novatrices, il fait établir un cadastre des vents (il a la vision d'une forêt d'éoliennes, car « l'énergie du vent n'est pas seulement énorme sur notre territoire, écrit-il en 1935 mais elle est renouvelable et inépuisable… le vent peut transformer les déserts en oasis » et il envisage même « un cadastre du soleil » (quel précurseur !!!)
Un jour, où il devait se rendre au théâtre avec sa femme, il est arrêté. Un de ses collaborateurs vint d'avouer qu'il existe une organisation contre-révolutionnaire au sein du service d'Alexeï et qu'il en est le chef. Leur but : saboter la lutte contre la sécheresse en falsifiant les prévisions météorologiques.
Après un simulacre de procès, il est condamné pour sabotage économique et espionnage, à dix ans de camps de rééducation par le travail.
Oliver Rolin a divisé son livre en quatre parties. Dans la première, environ la moitié du livre, il évoque la vie d'Alexeï jusqu'à son arrivée aux Solovki. Dans la deuxième partie, on découvre la vie au Monastère et le courrier qu'il envoie à sa famille et aux autorités. La troisième partie est consacrée à la fin du voyage. Et enfin, dans la dernière Olivier Rolin reprend la parole et livre son interprétation des évènements.

On fait le parallèle bien-sûr avec les atrocités nazies, les deux tyrans, dictateurs fonctionnent de la même façon faisant régner la terreur ; Hitler a fait périr des millions de gens parce qu'ils étaient juifs, ou simples opposants, Staline a fait mourir son peuple, les paysans qu'il détestait, les intellectuels, et tant d'autres, car l'antisémitisme est omniprésent aussi.
Tous deux ont exploité le culte de la personnalité et, on peut dire qu'ils ont fait des émules ; tout deux aussi ont déporté, assassiné des personnes et les goulags russes sont aussi bien organisés que les camps d'extermination nazie. Ce vingtième siècle a imposé la terreur par ses dictateurs le vingt-et-unième siècle débute par des guerres de religions qu'on croyait d'un autre âge…
L'écriture d'Olivier Rolin est belle, avec beaucoup de rythme et on dévore ce livre avec passion. Parfois, il faut faire une pause pour s'aérer l'esprit car certaine scènes sont dures, notamment la troisième partie mais tout cela a existé. La description des paysages, de la Sibérie, des aurores boréales sont tellement vivantes qu'on a l'impression de faire partie du voyage, d'être penché par-dessus l'épaule d'Alexeï pour le voir dessiner. Les dessins sont exposés à la fin du livre, avec des herbiers géométriques, arithmétiques d'une belle précision.
Ce livre rend un bel hommage à cet homme ordinaire, qui n'était pas un politicien, pour bien prouver que cela pouvait arriver à n'importe qui. Olivier Rolin rend aussi hommage à la littérature russe, notamment un auteur qui est dans ma PAL depuis un moment : Vassili Grossman, qui évoque cette période dans son oeuvre (« Vie et Destin »), ou Bounine (« La vie d'Arséniev ») et d'autres.
Évidemment, ce livre est un coup de coeur et je vous le conseille vivement, ainsi que le film.
Note : 9,2/10
Et voici le lien avec le film, cela vous donnera une idée…
https://www.youtube.com/watch?v=pZtpHbF0wLE

Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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nadejda
  29 septembre 2014
Invité à parler à l'université d'Arkhangelsk en 2010, Olivier Rolin décide de rejoindre en avion l ‘archipel des Solovki où se dresse un monastère :
« C'était la beauté du lieu, tel que je l'avais découvert sur des photographies, qui m'avait poussé à entreprendre ce voyage. Et en effet, à peine sorti de la petite aérogare en planches badigeonnées de bleu, à la vue des murailles, des tours trapues et des clochers (d'or…) du monastère-forteresse allongé sur un isthme entre une baie et un lac emmitouflés de neige, j'avais compris que j'avais eu raison de venir là. La même beauté que le mont Saint-Michel, sauf que c'était tout le contraire : un monument monastique et militaire, et carcéral, au milieu de la mer – mais se déployant dans l'horizontale, quand le mont s'élance à la verticale. Et puis, ici, pas de foule, pas de pacotille touristique. »
Ce lieu magnifique est devenu, à partir de 1923, l'un des premiers camp du Goulag.
Olivier Rolin va y rencontrer un homme, un homme qui n'est pas un héros « Le météorologue », Alexeï Féodossiévitch Vangengheim, déporté aux Solovki en 1934.
Pourquoi lui, parce qu'une vieille dame, mémoire de l'île, va lui montrer un album, édité par Eleonora, la fille de cet homme qui avait 4 ans à l'époque, composé des reproductions des lettres qu'il lui envoyait et des herbiers, des dessins « une aurore boréale, des glaces marines, un renard noir, une poule, une pastèque, un samovar, un avion, des bateaux, un chat, une mouche, une bougie, des oiseaux… Herbiers et dessins étaient beaux, mais ils n'étaient pas composés seulement pour plaire à l'oeil, ils avaient une fin éducative. À l'aide des plantes, le père apprenait à sa fille les rudiments de l'arithmétique et de la géométrie. »

J'avais été bouleversée par le film intitulé « Solovki - La bibliothèque disparue » diffusé sur Arte où Olivier Rolin part à la recherche de traces de la bibliothèque du goulag des îles Solovki, 30 000 volumes dont des livres rares rassemblés par les déportés, disparue après la fermeture du camp en 1939.


Vous pouvez le revoir sur you tube avec le lien suivant : http://www.youtube.com/watch?v=hJ_CFsNYZmg 

Ce livre, qui en est l'aboutissement, rend un bel hommage, à travers le destin tragique d'un des leurs, aux millions d'hommes qui ont été broyés par le régime totalitaire stalinien qui pourtant avait tout fait pour effacer leur mémoire.
Olivier Rolin leur redonnent dignité et vie. Il nous fait croiser bon nombre d'entre eux auxquels il restitue leur identité et des poètes et des écrivains, eux connus.
Et sa conclusion après ce voyage nous concerne tous, nous qui étions si près et avons préféré ne pas voir :
« Il y a dans Voyage au pays des ze-ka un dialogue entre un ingénieur soviétique et le détenu Margolin. « Aujourd'hui, dit ce dernier, je sais exactement ce que j'éprouve en face de l'Union soviétique : c'est la peur. Avant d'arriver dans ce pays, je n'avais jamais eu peur des hommes. Mais l'URSS m'a appris à avoir peur de l'homme. » Phrase à quoi fait écho une autre, de Nadiejda Mandelstam : « De tout ce que nous avons connu, le plus fondamental et le plus fort, c'est la peur […] La peur a brouillé tout ce qui fait d'ordinaire une vie humaine. » Cette peur immense, diversement reflétée, subie, affrontée, dépassée, dans des centaines de milliers de regards, nous ne nous en sommes guère souciés. Nous nous alarmons aujourd'hui à bon droit des risques de voir de l'inhumain reparaître en Russie, mais nos alarmes seraient plus crédibles si nous avions prêté attention à ce qui dans l'histoire de ce pays fut humain, et cette humanité fut d'abord celle des victimes. »
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horline
  18 janvier 2019
Il n'était pas un opposant politique, ni un propriétaire terrien, encore moins un intellectuel contestataire. Pourtant, comme des millions d'autres, Alexeï Féodossiévitch Vangengheim a été victime de la Terreur stalinienne, déporté en 1934 aux Solovski.
Comment un noble acquis à l'idéal communiste, qui a renoncé à ses privilèges pour soutenir le prolétariat révolutionnaire avec un enthousiasme indéfectible s'est retrouvé condamné pour sabotage et déporté dans un camp de la mort ?
A l'appui de maigres archives, Olivier Rolin évoque, sans s'appesantir, les motivations qui ont fondé la condamnation d'un scientifique qui voulait seulement se consacrer à l'étude du climat pour soutenir l'agriculture et l'ouverture des voies maritimes du nord. Peu d'éléments décisifs viennent éclairer cette interrogation mais en même temps quelle réponse rationnelle donner lorsque la folie paranoïaque à la tête de l'État s'est achevée avec l'exécution des bourreaux et autres exécutants de la politique de Staline ?
L'auteur soulève bien quelques indices comme
Mais le portrait exhumé laisse un sentiment d'abomination, confirmant s'il en est encore nécessaire la cruauté du régime qui assassinait sans discernement, crucifiant toute une classe d'intellectuels à l'heure où émergeait un fort élan pour les idées novatrices. Si Olivier Rolin nous gratifie d'un texte mélancolique et désordonné alimenté par de nombreuses réflexions personnelles, c'est pour souligner les désillusions de la plus grande révolution du XXe pour un auteur russophile qui semble n'avoir pas totalement renoncé à l'utopie. Ou du moins qui a reçu en héritage «le désespoir né de la mort» de cette utopie.
On peut facilement imaginer que ce type de récit pourrait sauver de l'oubli une infinie quantité d'anonymes ensevelis dans les charniers de Sibérie. Et Rolin a su exploiter et donner au tragique le visage lisse d'un innocent sacrifié bien qu'il n'ait étrangement jamais remis en cause sa foi envers l'idéal soviétique. Mais le météorologue tire sa force et son émotion des dessins et correspondances adressés à la fille du scientifique, suscitant la minuscule pulsation d'amour dans cette vie broyée par une machine implacable.
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Annette55
  17 septembre 2016
En 2010, l'auteur est invité à l'université d'Arkhangelsk, dans le nord-ouest de la Russie.
Il en profite pour visiter un monastère sur les îles Solov-ki.
Il apprend, qu'en ces lieux, se trouvait le premier goulag .Il abritait une grande bibliothéque de 30 000 volumes, en partie constituée par les dons des détenus eux -mêmes, notamment un album composé de dessins et croquis que Vangengheim a envoyés à sa fille de quatre ans..point de départ du livre.....Le-meteorologue Alexeï Féodossiévitch Vangengheim, Ukrainien, tourne le dos à ses origines nobles pour épouser la cause communiste et met son savoir scientifique au service de son pays avec l'espoir "de construire le socialisme".
Au cours d'un simulacre de procés, il est accusé et désigné comme "saboteur" contre révolutionnaire. Arrêté en 1934 et condamné à dix ans de camp de rééducation par le travail il enverra des dessins , des herbiers, des devinettes à Eléonora, sa très jeune fille .......
L'auteur restitue avec beaucoup de minutie la détention de ce scientifique.
Olivier Rolin s'est beaucoup documenté, a beaucoup lu, ponctue son récit de références littéraires, de procés -verbaux ou d'extraits des lettres du détenu destinées à sa femme, le tout écrit dans un style à la fois dense, intense et fluide..
Certaines scènes sont difficiles, d'autres d'une grande beauté.
Le personnage de Vangengheim apparaît touchant, homme visionnaire mais ordinaire à la fois, sans véritable charisme, qui garde la foi dans un système qui l'a anéanti......
Combien de milliers de vies brisées, arrêtées, éliminées pendant cette épuration abominable ?
Combien de milliers de victimes disparues dans un silence impressionnant ?
Comment un régime pouvait broyer toute personne qui n'adhérait pas à son idéologie ou pire, toute personne dénoncée même à tort ?
Grâce à l'auteur, Scientifiques, Poétes, Artistes, tous condamnés à l'oubli ressuscitent !
Un ouvrage difficile, certes mais indispensable, intéressant, enquête, biographie, documentaire à la fois , un dépaysement total dans ces solitudes glacées, un formidable et bel hommage à ces millions de personnes, de toutes classes sociales victimes du régime Stalinien.
Un récit qu'il faut Lire !

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tynn
  21 février 2015
Terrorisme d'Etat contre un peuple.
En marge du contexte historique et géographique du Goulag des iles Solovki, dans la mer Blanche, Olivier Rolin s'est attaché à dresser le portrait d'Alexeï Vangengheim, zek parmi tant d'autres, sacrifié des purges staliniennes, fonctionnaire rigoureux mais sans grand charisme, ahuri de ce mauvais sort et de cette " erreur" qui le condamne à l'exil.
Un homme qui ne fut pas un héros, mais un simple "bon" communiste, militant convaincu, gavé d'idéologie jusque dans la captivité, incapable de lucidité, d'esprit critique et de remise en question d'un système qui le broie.
Sa femme et sa fille ne le reverront plus et ne resteront de ce père disparu que quelques lettres, carnets et herbiers échangés pendant 4 ans de captivité, suivie de près de 20 ans de silence administratif.
Travail d'enquête, biographie, devoir de mémoire, ce roman-documentaire est l'ossature d'un destin, celui d'un homme paisible par son métier, porté par l'enthousiasme des espérances en l'avenir d'un peuple. La vie arrêtée, brisée, du météorologue est celle, démultipliée, de tous les morts des opérations de masse de la Grande Terreur des années 30, qui finirent pour la plupart dans les charniers, milliers d'individus exécutés par une idéologie ignominieuse qui aura mis à terre une utopie humaniste.
Un livre difficile, factuel, mais indispensable, par son érudition et sa documentation, par les personnages réels croisés, par une réflexion sur les modes de gouvernance et, pour ce qui me concerne, par le souvenir extraordinaire de la visite du monastère orthodoxe des iles Solovki, un site naturel d'une beauté et d'une sérénité bien éloignées de l'idée de prison et de répression. ( il ne reste d'ailleurs aucun trace du camp de travail, et je ne peux que regretter la lecture de ce livre quelques années après ma visite: cela aurait bien changé ma perception des lieux).
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critiques presse (9)
LaLibreBelgique   09 novembre 2015
Un roman magnifique et triste.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaPresse   13 janvier 2015
Alexeï Féodossiévitch Vangengheim mettrait au point une nouvelle façon d'analyser la couleur du temps au sein de l'URSS, alors le plus grand pays du monde. [...] Olivier Rolin reconstitue avec minutie sa détention à partir des lettres à sa femme et à sa fille, puis son exécution sinistre à partir d'une longue enquête où il met à contribution son érudition pointilleuse.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Culturebox   18 novembre 2014
"Le Météorologue" (Seuil/Paulsen), magnifique portrait d'un communiste convaincu, plein de ferveur révolutionnaire, victime de la terreur stalinienne parmi des millions d'autres.
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Bibliobs   18 novembre 2014
Tout cela est présenté, composé, rédigé, avec une sobriété poignante. Pas question d'en rajouter dans le pathos, pas question de faire le malin, pas question de transformer le martyr en héros. C'est même une des prouesses du récit.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LesEchos   15 octobre 2014
Malheureusement, la petite étoile s’est éteinte trop tôt pour pouvoir lire cette tragique et émouvante stèle de papier.
Lire la critique sur le site : LesEchos
LeFigaro   13 octobre 2014
Olivier Rolin ressuscite une victime oubliée de la terreur stalinienne dans "Le Météorologue", un livre d'une infinie délicatesse où s'élucident quelques-unes de ses obsessions.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Liberation   29 septembre 2014
Olivier Rolin a déjà exhumé des vies oubliées, héroïques ou non. Avec Patrick Deville et Emmanuel Carrère, il appartient à la catégorie des petits Plutarque démocratiques : ils font passer les vies des uns, des vies qu’ils considèrent comme édifiantes, dans les consciences et l’imaginaire des autres.
Lire la critique sur le site : Liberation
Lexpress   24 septembre 2014
A travers le parcours tragique de ce martyr du régime, Rolin décrit de manière implacable la mécanique paranoïaque stalinienne et se demande si, sans le terrible "petit père des peuples", le siècle n'aurait pas pris d'autres directions.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LePoint   15 septembre 2014
J'aime les livres où il y a des images. Grises et mélancoliques chez Sebald, pleines du mystère de la vie chez Olivier Rolin, qui joint à son récit Le Météorologue tout un cahier de lettres et de dessins d'une lumineuse beauté arrachés à la nuit des camps staliniens.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
Eve-YesheEve-Yeshe   27 avril 2015

On ne peut regarder sans émotion, sans cette espèce de stupeur que suscitent les lieux terribles, l’écrasante façade grise et ocre soutachée de corniches roses de la Loubianka… je dis « on » mais qui en fait ? Ceux qui ont compté d’une façon ou d’une autre, à un moment de leur vie, l’espérance révolutionnaire et sa mort sinistre. Car, s’il est un lieu qui symbolise ce meurtre de masse de l’idéal, cette substitution monstrueuse de la terreur à l’enthousiasme, des policiers aux camarades, c’est la Loubianka. C’est ici le centre de cette alchimie à rebours qui a transformé l’or en vil plomb. P 64
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Eve-YesheEve-Yeshe   25 avril 2015
Son domaine, c’était les nuages. Les longues plumes de glace des cirrus, les tours bourgeonnantes de cumulonimbus, les nippes déchiquetées des stratus, les stratocumulus qui rident le ciel comme les vaguelettes de la marée le sable des plages, les altostratus qui font des voilettes au soleil, toutes les grandes formes à la dérive ourlées de lumières, les géants cotonneux, d’où tombent pluie, neige et foudre. Ce n’était pas une tête en l’air – du moins je ne crois pas. Rien, dans ce que je sais de lui, ne le désigne comme un fantaisiste. P 11
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Eve-YesheEve-Yeshe   26 avril 2015

J’aime Arkhangelsk à cause de son nom de ville de l’Archange, à cause du large estuaire qui la borde, qu’on traverse en hiver sur un chemin de planches, posé sur la glace et festonné, la nuit, de pâles lumières, à cause des maisons de bois qu’on voyait encore en assez grand nombre lors de mes premières venues (peu, depuis, ont résisté aux affairistes immobiliers), et parce qu’il me semble que les filles y sont particulièrement belles… Il me semble que Cendrars parle quelque part, des cloches d’or (ou des clochers d’or ?) d’Arkhangelsk, mais je n’ai retrouvé cela nulle part. Peu importe, les écrivains ne sont pas seulement ce qu’ils ont écrit, mais ce que nous croyons qu’ils ont écrit. P 14
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araucariaaraucaria   10 décembre 2014
Son domaine, c'était les nuages. Les longues plumes de glace des cirrus, les tours bourgeonnantes des cumulonimbus, les nippes déchiquetées des stratus, les stratocumulus qui rident le ciel comme les vaguelettes de la marée le sable des plages, les altostratus qui font des voilettes au soleil, toutes les grandes formes à la dérive ourlée de lumière, les géants cotonneux d'où tombent pluie et neige et foudre.
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SepoSepo   07 octobre 2014
L'ordinaire des exécutions de masse:

Dans la forêt, un grand feu brûle, autour duquel les hommes du NKVD se réchauffent, fument, boivent de la vodka, plaisantent. Ils ne sont pas impressionnés, ils ont l'habitude, ils travaillent pour les camps du canal, et le canal est un grand mangeur d'hommes. Ils ont creusé plusieurs fosses, pas très grandes, trois ou quatre mètres sur deux. Ils ont une vingtaine, il y a d'autres camarades un plus loin. Certains sont ivres. Il y a d'autres fosses un peu plus loin, fraîchement refermées, la terre retournée fume encore dans l'air froide. Le feu fait danser de grandes ombres sous les arbres, des tourbillons d'étincelle montent entre les troncs. Les gardes descendent des camions, demandent du monde pour décharger. Il faut se dépêcher, on n'a pas de temps à perdre, les camions doivent retourner à Medvejégorsk pour une autre fournée, ils ne seront pas de retour avant deux heures. on tire les suppliciés, on les fait tomber des bennes, comme des rondins, on les traîne par terre, ils sont nus ou en linge de corps, les bourreaux ont des vestes ouatinées et des chapkas, ils se moquent d'eux comme des hommes bien vêtus peuvent se moquer de ceux qui vont mourir, comme les centurions romains se moquaient du Christ . Les chiens aboient, excités. Le capitaine Matveïev finit sa cigarette, jette le mégot dans le feu, boit un coup de vodka, s'essuie la bouche, saute fans la fosse, arme son Nagant.p.180/181
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Videos de Olivier Rolin (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Olivier Rolin
Le mercredi 30 mai 2018, la librairie Charybde (129 rue de Charenton 75012 Paris - www.charybde.fr ) avait la joie de recevoir Olivier Rolin, pour évoquer avec lui plusieurs de ses romans, récents ou moins récents.
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