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Critiques sur Ormuz (18)
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francoisvaray
  27 mai 2014
C'est un roman de l'attente. le narrateur raconte les préparatifs et les repérages d'une tentative insensée, ubuesque, celle de la traversée du détroit d'Ormuz à la nage par un personnage mystérieux jusqu'au bout. Nagera-t-il, nagera-t-il pas, parviendra-t-il, sombrera-t-il ? En filigrane, il y a la guerre, partout, dans ce qui est la poudrière maritime de la planète, ce détroit contrôlé par l'Iran qui permet au pétrole de s'évacuer à coup de tankers géants vers le monde. Traverser cela à la nage, affronter les courants, les patrouilleurs, les destroyers, les Pasdaran, les ayatollahs, tout ça à la nage ? Insensé. Alors, le narrateur joue au narrateur: il est là pour planter le décor, pour faire vivre l'attente du dénouement. Par une écriture pointilleuse et méticuleuse, Jean Rolin narre l'impossible, l'irréel en le plantant dans le cadre de cette actualité poignante, celle du Golfe Persique. Il y a quelque chose du Rivage des Syrtes de Julien Gracq (peut-être le meilleur roman du XXème siècle, soit dit en passant) dans cette description lancinante et dans l'exaltation decette sensation d'attente. A lire pour qui aime la littérature. A déconseiller pour ceux qui aiment les histoires.
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jeandubus
  22 juillet 2015
Ormuz

Entre le golfe persique et la mer d'Arabie le détroit d'Ormuz est le lieu d'un incessant trafic de navires de guerre et de pétroliers. Y transite un grand pourcentage de la production mondiale de l'or noir : Iran, Irak, Koweït, Qatar, Bahreïn, Arabie Saoudite, Oman, Emirats, ont tous des bases et des ports sur cette bombe au bord de l'explosion hystérique.

Wax un aventurier improbable, décide pour des raisons aussi improbables que lui-même de traverser le détroit à la nage. le narrateur est chargé du repérage pour cette performance en doutant même de sa finalité et de la volonté de Wax d'effectuer réellement cette traversée.

Avec des phrases magnifiques, très longues et très construites (et qui impose un rythme de lecture plus lent qu'à l'habitude) Jean Rolin avec le flegme et le souci de la précision géographique de l'auteur de chemins d'eau nous entraîne avec lui dans ce parcours très instructif et nous fait comprendre qu'on peut rester paisible même sur un volcan au bord de l'éruption.

Il délie habilement les fils emmêlés des enjeux géopolitiques qui forment le noeud gordien de cette région du monde, et nous invite dans des lieux insolites, des bars et des hôtels douteux, des parcs d'attraction criards et vulgaires qui tournent, dans tous les sens, le dos à la mer et aux trafics dont elle est le théâtre.

Les pieds souillés par le pétrole, les yeux étonnés dans la contemplation des amas de pétunias, il nous fait découvrir Ormuz d'une façon magistrale.

Prenez votre temps. Ça en vaut la peine.


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zazy
  22 décembre 2013
Après les brumes islandaises, me voici avec les nuages de sable du détroit d'Ormuz.
Petite question. Savez-vous où si situe ce détroit ? Vaguement ? Comme moi ! Pour la bonne compréhension de ce nouveau Rolin, j'ai sorti la carte de géographie.

Je suis allée en Palestine avec Chrétiens . Je l'ai laissé cheminant sur les canaux de France avec Chemins d'eau ; dans ma pile, il est à Los Angeles, mais bon, je sentais une urgence à lire Ormuz.

J'ai pris une leçon de géopolitique. Je n'aurais jamais imaginé qu'il puisse y avoir autant de bateaux dans le Golf Persique ; un tiers du pétrole mondial passe par le détroit d'Ormuz. le trafic est amplifié par la contrebande de produits divers et variés à destination de l'Iran. Quant aux riverains ce sont l'Irak, Iran, les Emirats et autres Sultanats.

Ici, le narrateur, sert de « nègre » à Wax, un aventurier, ornithologue (il sait distinguer des goélands de Hemprich des goélands à iris blanc), passionné de batailles navales « asymétriques », qui veut traverser le détroit. Il doit décrire précisément toutes les faces de sa prouesse, enfin, s'il y arrive, car dès les premières lignes du livre, Wax a disparu !

Le narrateur continuera son travail de précision en répertoriant tout ce qui se trouve le plus proche du détroit d'Ormuz, c'est noté dans le contrat que Wax lui a établi. Il doit donc noter « toutes les créatures et tous les objets, depuis les plus vastes, telles des installations portuaires ou une ligne de métro, jusqu'aux plus restreints, tels une cabine téléphonique ou ce crocodile australien, susceptibles d'être décrits, chacun dans sa catégorie, comme "le plus proche du détroit d'Ormuz". » Voici le coeur de ce roman et de l'écriture de Jean Rolin. Les descriptions précises sont toujours émaillées là d'une réplique cinglante, là d'un trait d'humour, là d'une précision historique... Les phrases, longues montrent son souci du détail. On sent un Jean Rolin à l'aise au bord du Golf Persique à nous parler de géopolitique, de commerce, de guerre, de contrebande, sans oublier les descriptions des animaux.

Ormuz n'est pas un livre qui se dévoile immédiatement avec ses parenthèses, ses tirets, de retours en arrière. Pourtant, c'est cela qui en fait le sel. le regard humain, ironique, minutieux de Jean Rolin, son amour des paysages, sa minutie ; j'ai aimé me perdre dans les pages de ce livre. J'aime l'écriture de Jean Rolin.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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Chouchane
  21 novembre 2013
Ormuz c'est ce détroit qui relie le golfe persique au golfe d'Oman. Une zone à embrouilles ! Wikipédia vous indiquera que 2400 pétroliers y transitent chaque année autant dire que c'est un lieu sous tension, surveillé par une flopée de pays arabes (Iran, Emirats Arabes Unis, Quatar, Sultanat d'Oman, Irak), les Etats Unis sans doute aussi l'Europe… Dans cette zone dangereuse, désertique, surchauffé par le soleil, un homme, Wax, veut effectuer une traversée à la nage. Dès le début, on comprend que cette traversée fut un échec car le narrateur - qui est celui qui doit négocier les autorisations avec les autorités revêches du coin - débute le récit en explorant la chambre du nageur. Tout est dit, et pourtant le roman va faire 217 pages ! Une sorte de roman géographique épuisant avec un souci du détail qui confine à la lecture d'une carte Michelin : les villes, les îles, leurs distances, les falaises, les routes, les noms de lieux… Pour exprimer la complexité de la zone, Jean Rolin nous fournit des descriptions si détaillées qu'elles nous perdent et finalement nous ennuient : qui surveille qui, les bateaux, leurs noms, leur appartenance à telle ou telle flotte, leur commandement, les escarmouches de la zone, des plages brûlées de soleil et salies de mazout, des stations balnéaires à la limite de l'abandon rouillées par le sel, le repas de la veille, la rencontre de tel militaire, le refus de tel autre… J'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois avant de terminer ce livre qui a pourtant reçu des critiques élogieuses. Je me suis accrochée pour ne pas passer à côté et de loin en loin j'ai croisé des passages plus convaincants, avec une pointe d'humour. J'aurais aimé savoir ce qui motivait Wax - qui entreprends la traversée malgré ses limites physiques et les interdictions - mais je n'ai rien trouvé qui m'éclaire, je n'ai pas compris son défi, ni ce que voulait dire Jean Rolin. le livre dans son entier m'a paru plombé par le soleil incendiaire d'un midi de la péninsule arabe… Pas d'ombre, tout est blanchi et desséché par la lumière et le sel.
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cathe
  11 août 2015
Le narrateur est chargé d'écrire les exploits de Wax, un personnage énigmatique, plus très jeune, qui a le projet de traverser le détroit d'Ormuz à la nage. Ce détroit, c'est le point le plus "chaud" du globe, en effet c'est par lui que transite trente pour cent du pétrole mondial et c'est lui qui assure l'accès du golfe persique à la mer d'Arabie puis à l'océan indien à l'Irak, aux Emirats arabes unis, au Koweit, Qatar, Bahrein, Oman et à une partie de l'Iran. Autant dire que sa surveillance est toujours au maximum car son blocage aurait des conséquences dramatiques sur le plan mondial. Donc notre Wax va et vient dans ces contrées inhospitalières, nouant des contacts discrets, s'intéressant aux oiseaux, peaufinant son projet. Le narrateur, lui, part sur ses traces après sa disparition (c'est la première phrase du livre...) et explore ces lieux qui lui inspirent d'incessantes réflexions...


Je dois d'abord dire que j'étais sûre d'avoir déjà lu des livres de Jean Rolin (avant mon blog), Port-Soudan, L'invention du monde, tous tournant autour du récit de voyage sans vraiment en être. Mais le style d'Ormuz m'a mis la puce à l'oreille, je ne me souvenais pas de ce style très particulier... Renseignements pris, en fait ce sont les livres d'Olivier Rolin que j'avais lus. Et re-renseignement re-pris, ils sont frères ! Avouez que j'avais des excuses pour les associer !


Donc je reprends mes commentaires sur le style particulier de Jean Rolin, fait de descriptions méticuleuses, de digressions innombrables, d'apostrophes au lecteur et surtout d'un humour subtil qui allège le tout. Un peu interloquée au début, j'ai été aimantée par ces phrases à la longueur toute proustiennes et par ces divagations poétiques mais néanmoins très précises sur les lieux, les gens, les pétroliers,... Tout est prétexte au déploiement d'une écriture riche et originale et je pense que je poursuivrai la lecture de cet auteur et de son style jubilatoire où l'on prend plaisir à se perdre !
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Bluelune
  26 octobre 2014
J'ai lu quelques chapitres. Il ne s'est rien passé.

Des descriptions à n'en plus finir, des phrases interminables...

C'est un roman ? Mortel ! à mourir d'ennui !

J'ai abandonné.
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LevoyagedeLola
  03 octobre 2014
Dans cet étonnant bouquin, on sait exactement où on se situe géographiquement, il ne manque aucun détail. Pour le reste, par contre, c'est moins clair. Je me suis demandé tout au long de cette lecture où l'auteur voulait m'emmener, j'étais perdue mais je n'ai pas pu décrocher. J'ai navigué au hasard entre les sous-marins, les pétroliers, les porte-avions, entourée d'animaux inconnus, dans des endroits lointains et j'ai aimé ça.

La quatrième de couverture m'avait attirée ; l'histoire d'un type, "Wax, un personnage aux contours indécis", qui "a formé malgré" le danger, "le projet de traverser" le détroit d'Ormuz "à la nage". Y parviendra-t-il, avec l'aide du narrateur et en dépit de difficultés innombrables, ou bien va-t-il plutôt se noyer dans le détroit, pour finir ?"

Lire ce livre n'est pas une aventure facile. le genre de roman qui ne fait pas rêver, et pourtant tellement bien écrit, hyper réaliste, d'une précision folle, qu'il m'a captivée.

http://levoyagedelola.wordpress.com/
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jauchatpitre
  02 septembre 2013
Waz, un aventurier excentrique et passablement mythomane, a formé le projet de traverser le détroit d'Ormuz à la nage. Ce lieu a la particularité d'être sous tension, outre le fait qu'il est bordé par l'Iran, les Emirats Arabes Unis et le Sultanat d'Oman : 20 à 30% du trafique mondiale de gaz et pétrole y transite. Il va dépêcher le narrateur du récit pour faire des repérages et glaner des fonds pour son aventure.
Le projet de Wax, dont on ne sait pas s'il va aboutir ou pas, est un prétexte pour faire découvrir au lecteur le détroit d'Ormuz, un lieu bien connut de l'écrivain qui y a fait quelques séjours lorsqu'il était journaliste. Dans un langage plutôt direct, tinté d'une ironie parfois subversive, il nous décrit un univers à part où la vie s'écoule rythmé par le passage des pétroliers, bateau de pêche, frégate et autres destroyers de plusieurs nationalité. Un temps qui s'accélère parfois le temps d'une prise d'otage de pirates somaliens où lors de tension géostratégique. Des terres minérales et amphibiques balayées par les sables du désert et écrasées par la chaleur où règnent les contrastes : paranoïa des gardes côtes et parc d'attractions en carton pâtes, austérités religieuses et bar – bordels clandestins, univers rocailleux et arides – villes flamboyantes fleuries et piscine. Un récit de voyage plein d'humour qui offrira au lecteur découverte, divertissement et dépaysement …
Lien : http://au-chat-pitre.izibook..
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Nicolosette
  13 décembre 2015
Je connais bien la région et ai eu beaucoup de plaisir redécouvrir sous la plume talentueuse et teintée d'humour de Jean Rolin ce coin perdu du bout du monde ,seules les descriptions de ces navires venant des quatre coins du globe m'ont ennuyée mais c'est aussi cela le détroit d'Ormuz
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Stemilou
  03 juin 2014
Le détroit d'Ormuz, entre la mer d'Arabie et le golfe Persique, est un lieu stratégique pour l'économie mondiale de part le transit important d'hydrocarbure représentant une part belle de la production mondiale, une véritable source de tension entre l'Iran, le sultanat d'Oman et les Emirats arabes unis.

Une tension qui n'oppresse en aucune façon Wax, personnage flou, alcoolo et assez mythomane, dont le projet farfelu de traverser ce détroit à la nage sera « supervisé » par le narrateur. Pour cela, celui-ci sera en charge des repérages sur les eaux et sur les deux rives, tachant de prendre contacts avec des personnages divers tant politique, militaire que de simples pêcheurs. Et pour la gloire de cet aventurier fou pourquoi ne pas tenir une chronique même si ce projet paraît « incompatible avec son âge et sa condition physique ».
Et chose assez curieuse on n'en sait guère plus sur cet individu jusqu'au moment où il disparaît et que le narrateur débarque dans la chambre d'hôtel de Wax sur l'île d'Hengham pour faire l'inventaire de ses affaires.

Je ne vais pas jouer à la spécialiste en géo-politique, ni même à l'économiste avisée car dans ce récit tortueux nous passons d'une île à une autre dans un décor aux paysages fascinants et sous une chaleur accablante. le narrateur nous détaille le panorama du détroit d'Ormuz, ses courants marins et les navires de guerre si attardant.

« Une étendue d'eau apparemment sans limite, dont la coloration varie depuis le blanc laiteux, là où la mer se brise, au pied de la falaise, jusqu'au vif-argent là où elle disparaît, dans une brume scintillante due à l'évaporation, aux particules de sable en suspension dans l'air ou à Dieu sait quoi d'autre »

Il a fallu m'accrocher un peu avant d'arriver à suivre le fil du récit comme celui de l'eau, j'ai eu cette impression de lire un essai sur l'importance du détroit d'Ormuz entremêlée à une histoire improbable et rocambolesque dont on aura finalement que peu de détails. Il est lu mais je ne m'y risquerais plus.

Lien : http://stemilou.over-blog.co..
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