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EAN : 9782070401659
176 pages
Éditeur : Gallimard (14/01/1997)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 28 notes)
Résumé :

" Dans la soirée, après avoir bu deux ou trois poires en conclusion de mon dîner, dans un état donc, de légère ébriété, je suis descendu vers la gare Saint-Lazare en ruminant la lancinante question de ce que je pourrais bien faire, en voyage à Paris, qui ne soit pas du journalisme pittoresque ou de la sociologie de comptoir. Heureusement, les poires ne tardèrent pas, si je puis dire, à porter leu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
madameduberry
  01 février 2016
Comme les "zones" qu'il décrit, Jean Rolin se situe ici stylistiquement dans un no man's land, une frange incertaine de l'art littéraire, et c'est une réussite éblouissante. Rien de mieux en effet pour rendre présentes les situations prêtes à basculer, les scènes à la fois (abo)minables et très ordinaires dans ces lieux de transit où se croisent ceux qui rentrent chez eux et ceux qui s'en échappent. Zones de grisaille, ou zones de fêtes ennuyeuses parce qu'imposées
zones de voyageurs épuisés par le caractère syncopé de leur parcours et qui ne découvrent rien d'autre que leur lassitude. Une humanité contrastée, des enfants de bourges du 16è à la population bigarrée du 20è, et une silhouette de gris ou de noir vêtue, celle de l'auteur, narrateur, commentateur. A la différence d'Annie Ernaux, Jean Rolin ne s'oblige pas à prendre le point de vue de l'autre et lui seulement. Comme Queneau mais différemment, il croque au passage la dégaine et les mouvements de trois personnages, mais restitue leur dialogue et conclut en moraliste sur ce qu'il en a saisi. Les coulisses de la grande ville sont laides, pas d'esthétique d'une ville, la nuit. Un très beau livre qui évoque en un style ni flamboyant ni débraillé, mais dans sa sobriété, authentiquement littéraire, la laideur des espaces intermédiaires où se déplacent chaque jour y compris les jours chômés, une partie des habitants de la Ville.
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jeandubus
  23 février 2015
Zone.
1994. Jean Rolin part en ballade dans la « zone ». Pas celle de Brassens, de la porte des Lilas, disparue au « bénéfice » de l'urbanisation misérable du tout à l'égout dont seuls les « boat people » ont su se tirer au Sud de Paris. Cette « nouvelle zone » à l'ombre des grands projets (le grand stade, la grande bibol, le grand machin etc.) qui n'a guère évolué depuis, d'ailleurs, sauf à boboïser quelques franges près des gares de l'est ,du Nord et d'Austerlitz magnifiées par les LGV.
Ronchon comme pas deux, Jean Rolin enchaîne les petits hôtels à deux balles et peste contre la fête de la musique qu'il considère comme de la bouillie pour les chats. Vingt ans plus tard, la fête de la musique parait presque historique et sincère face aux journées du tire-bouchon, de la femme et des voisins rivalisant de populisme.
Les randos à Nanterre, à Gennevilliers sont passionnantes dans le détail des découvertes minimalistes et des réflexions qu'elles inspirent. Jean Rolin a des yeux de chirurgiens et un coeur d'anarchiste. Il aime les gens qu'il déteste dans une confusion chaleureuse.
A la gare Saint Lazare il ne croise pas le « gommeux » de Raymond Queneau, pas plus que le fantôme de Patrick Modiano (à la recherche de son père), transfuge du VIIIème arrondissement et natif comme lui de Boulogne Billancourt.
Jean R. boit trois « poires » dans un bistrot de la rue de Rome et divague en tentant de ne pas faire du journalisme pittoresque ni de la sociologie de comptoir en se sentant suivi par un « type amoché ».
Avec la même insolence que dans chemins d'eau (et plus tard « évènements ») le parcours s'achève brusquement rue de Vaugirard entre Paris, Meudon et Issy les Moulineaux. Nulle part en fait.
C'est bien de le suivre, dans les petits bouclards parisiens, dans des entre deux banlieusards qui n'en ont même pas le nom, de regarder les gens dans les yeux avec un peu de bienveillance. de prendre le bus, de glander et glander encore de juin à décembre.
Ce voyeurisme tranquille m'est familier et joue parfois des tours : Les gens n'aiment pas être observés, détaillés, ils disent « tu veux ma photo ?».
Jean Rolin l'ose.
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demro
  01 juin 2016
Notre narrateur voit tout. Le temps d'une année, il voit se dérouler les saisons à travers un périple dans Paris et sa banlieue. Il nous décrit les hôtels où il dépose ses valises, les paysages changeants, gris, souvent, et les personnes que le hasard met sur son chemin. Il voit tout et il nous décrit cela avec souvent d'amusants détails. L'idée m'a beaucoup plu et je pensais aimer ce livre. Mais c'était sans compter l'absence d'empathie que j'éprouvai à l'encontre du narrateur. J'ai relevé souvent ce besoin qu'il avait d'identifier l'origine, la couleur, la classe sociale des personnages rencontrés. En insistant, parfois, sur le "bon" comportement de certains personnages rencontrés, il flirte avec un discours qui m'a mis mal à l'aise car je crois que cela n'a pas été fait volontairement. Le narrateur voit tout mais ne voit que la surface. Il a tout décrit, tout raconté mais pas l'essentiel. Il ne m'a pas raconté l'âme de la banlieue. Et en s'arrêtant à leur couleur, il n'a pas vu l'âme de ses habitants.
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Thyuig
  14 novembre 2011
Les pérégrinations de Jean Rolin dans la périphérie de Paris. L'auteur loue des chambres d'hotel et constate page après page la détresse qui semble habiter la ceinture parisienne. Des trottoirs vides à huit heure du soir, quelques troquets, des terrains vagues, quelques caïds, des clodos, terrains vagues, tout un paysage lunaire que Rolin décrit au jour le jour, en plein dans la subjectivité, mais c'est ce qui en fait tout le charme. Très beau texte qui donne souvent à lire des passages à la poésie touchante, presque palpable. de beaux portraits de grands vaincus, de personnes en marge, désoeuvrées et presque inconsistantes dans ce désert social.
C'est un livre qui aborde l'espace, la friche, la marge, tout ce que l'homme refoule aux confins. Zones, mais aussi zoneurs et zonards, puisqu'il faut bien donner un nom à toute une frange de la population qui passe sa vie dans les transports en commun et, rentrant chez elle doit se dépêcher pour ne pas risquer de mauvaises rencontres en chemin. Jean Rolin reussit là un très beau texte, indéniablement.
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jeromejeromejeje
  19 janvier 2018
grand style, donne un sens à une friche, à un zonard, aux tags, aux squats... et cette solitude de l'artiste.;;;
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
santorinsantorin   12 octobre 2019
A Nanterre-Préfecture, je dus choisir entre deux hôtels, l'Allegro et l'Intermédiaires……
Dans la suite du texte de ce dépliant, ses rédacteurs se vautrent dans le "professionnel", le "modulable", le "personnalisé", le "prestige", les "espaces" et les "événements". Exemple : "des espaces de réunions modulables". Très bien. Parfait. Ils sont, dans cette fange doucereuse, merveilleusement à leur affaire. Qu'ils y restent donc à jouer avec leurs propres mots - élastiques, mollassons, d'autant plus inclassables qu'ils sont pour la plupart hors du sens - et qu'ils laissent tranquilles les mots les plus graves et fragiles. L'Allegro éliminé, rayé de la carte, il me restait l'Intermédiaires. Un rien verbeux, lui aussi, l'Intermédiaires, et pas toujours très heureux dans sa fureur de communiquer. (Pourquoi tout ce que nous avons connu muet, faisant son office en silence, est-il mis en demeure, aujourd'hui de communiquer ? Jusqu'au métro qui se met à parler dans le vide, à vous remercier de "votre visite" et à vous souhaiter "à bientôt", comme s'il s'agissait d'attirer ou de retenir une clientèle hésitante, capricieuse, comme si le fait d'emprunter ce moyen de transport ne relevait pas uniquement de la nécessité).
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santorinsantorin   28 septembre 2019
"A l'exception des commerçants, les gens qui voyagent sont des inquiets qui ne savent pas rester seuls avec eux-mêmes ; ils vont chercher au loin des images neuves qu'ils offrent à leurs yeux, mais leur cœur est vide.

"Car chose étrange , la plus belle chose que l'homme puisse faire, c'est d'essayer et de ne pas réussir".


MESA SELIMOVIC
La Forteresse
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sarasvatisarasvati   17 avril 2010
p.32/ Assis sur les premières marches du monumental escalier de l'Arche, adossé à son pilier sud (ou plutôt à une infime partie de ce pilier), bien calé dans le marbre et saturé de blanc étincelant, exposé au soleil et rafraîchi par le vent, je regarde sur l'esplanade des mères de famille de diverses couleurs pousser dans des landaus trop lourds, à grandes roues, des kyrielles d'enfants promis à un avenir incertain, et dans le ciel des nuages se hâter d'un bord à l'autre de mon champ de vision (en gros de la tour Bull à la tour Worms), et pour la première fois au cours de ce voyage circulaire, qui se mord la queue - ce voyage sans destination - je me sens aussi bien, aussi lointain, aussi absent, aussi soulagé de mon bât que je pourrais l'être à Kowloon, par exemple, contemplant depuis l'embarcadère du Star Ferry les tours de Central District.
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