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EAN : 9782253012399
Éditeur : Le Livre de Poche (30/06/1997)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Vaste roman cyclique, ce roman fleuve est un signe d'amour et d'espoir adressé à la génération suivante. Le héros, un musicien de génie, doit lutter contre la médiocrité du monde. Mêlant réalisme et lyrisme, cette fresque est le tableau du monde de la fin du XIXème siècle au début du vingtième.
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  13 février 2018
Après L'aube vient naturellement le matin. Ce deuxième tome des aventures de Jean-Christophe raconte une nouvelle étape dans l'existence du garçon. À onze ans, finie l'enfance idyllique sur les bords du Rhin, les jolis airs de piano suffisent à peine au petit virtuose allemand pour passer à travers des problématiques qui le dépassent un peu, des dilemmes d'adultes arrivés trop tôt. Et, avec eux, les blessures de l'âme…
D'abord, Jean-Christophe doit surmonter la mort de son grand-père (je ne dévoile rien de trop important, sa possibilité est évoquée dans les premières pages puis elle survient peu de temps après). C'est ce vieil homme qui l'a initié à la musique, qui l'a poussé dans cette voix. Surtout, c'est son pilier, son seul soutien. La vie du garçon prend un tournant pour le pire, avec une mère effacée et un père alcoolique qui dilapide son héritage, entrainant sa famille dans la ruine. Ainsi, grâce aux subsides qu'il reçoit pour ses concerts, Jean-Christophe devient chef de famille à quatorze ans. Dure, dure, la vie !
Ceci dit, tout n'est pas noir et sombre. le garçon n'est pas complètement un adulte, il doit encore vivre les simples plaisirs de la vie comme ceux d'une amitié pure, innocente. Exclusive ? En lisant cette partie du roman, j'avais toujours en tête ces romans d'apprentissage d'un autre siècle, aux accents romantiques, dans la lignée de Tonio Kruger (Thomas Mann) ou Demian (Hermann Hesse). Pour la première fois depuis le début de la série, Jean-Christophe perd son aura de perfection. Sa personnalité se développe, il peut se montrer possessif, jaloux. Il devient un personnage complexe et, incidemment, plus intéressant.
Puis, après l'amitié vient l'amour. Les années passent, il doit approcher seize ans, alors c'est inévitable. Jean-Christophe découvre la passion auprès de Minna von Kerich, la fille d'une riche veuve revenue dans la région. le musicien est engagé pour lui donner des cours de piano. Il va sans dire qu'un amour entre un pauvre artiste et une fille de la haute société rencontrera des obstacles.
J'ai bien apprécié le matin, plus que le tome précédent (qui était beau mais qui manquait un peu de oumf). Ici, le rythme est soutenu, malgré la langueur des sentiments. En une centaine de pages, l'auteur Romain Rolland présente trois étapes charnières, centrées autour de trois relations importantes qui auront un impact dans la vie de Jean-Christophe. À plus d'un moment pendant ma lecture, j'ai été touché par ce garçon qui, malgré tout ce que le destin peut lui cracher à la figure, continue à espérer et à attendre quelque chose de la vie. À suivre…
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Gwen21
  08 septembre 2017
"Le matin" chasse "L'aube", ainsi en est-il de ce second tome de "Christophe", la grande oeuvre de Romain Rolland. Son personnage, Christophe Krafft, à l'instar de David Copperfield, grandit et se responsabilise, d'autant que son foyer est toujours aussi peu affectueux.
Le voici à onze ans, puis à quinze. C'est la période charnière entre enfance et adolescence, celle des premières pulsions, des premiers émois, d'abord la rencontre du premier ami qui nous sort de la solitude, puis le premier amour avec ses fulgurances et ses blessures, tout aussi paralysantes.
J'ai bien fait de ne pas m'arrêter au premier tome, j'ai davantage préféré celui-ci. Désormais familière de la plume très précise de l'auteur, je goûte avec plaisir le rythme enlevé qui colle si bien aux humeurs et aux émotions changeantes de Christophe, très bien rendues. L'éveil de cet adolescent m'a profondément touchée, j'y suis à présent fort attachée et vais continuer à cheminer avec lui un petit moment.

Challenge Petit Bac 2017 / 2018
Challenge ATOUT PRIX 2017
Challenge NOBEL
Challenge PAVES 2017
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sylvaine
  22 juin 2017
Nous avons quitté Christophe peu de temps après sa rencontre avec Olivier Jeannin . Il avait enfin trouver l'ami . Que du bonheur! Olivier et Christophe, Christophe et Olivier , l' Allemagne, la France , l'Europe et toujours l'amour . Olivier et Jacqueline, Christophe et Françoise ...
5 tomes ici Antoinette, Dans la maison, les amies , le Buisson ardent, la nouvelle journée . Publiés entre 1908 et 1912 ces romans sont un véritable plaidoyer pour la fraternité entre les peuples . Bercé par les évènements de la fin du 19 ème siècle, portant un regard lucide sur les premières années du XXème , doté d'un pouvoir de prémonition qui donne des frissons, Romain Rolland ce français vivant en Suisse n'était guère apprécié dans le monde de l'époque . Beaucoup lui reprochèrent ses pamphlets "au-dessus de la mêlée " qui prônaient un pacifisme de mauvais aloi aux yeux de nombreux "patriotes".
Cette fresque s'achève sur la mort en toute sérénité d'un personnage hors du commun. Un musicien de génie certes mais surtout et avant tout un homme de passions capable de tout donner par amour . Une lecture qui me laisse un goût surprenant en bouche : le plaisir et la fierté d'avoir enfin lu ce grand chef d'oeuvre de la littérature de langue française mêlé à la frustration de n'avoir pas pu tout appréhender . Néanmoins une lecture enrichissante avec ses exigences et le plaisir de savourer des pages hors du commun .
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Allantvers
  18 mai 2019
Après l'aube, voici notre jeune héros au matin de son existence, dans cette phase de vie perturbée et bouillonnante que l'on n'appelle pas encore la pré-adolescence. le caractère s'affirme, entier, pugnace, passionné et déjà rebelle, face à un sort familial qu'il rejette et la confrontation avec le père alcoolique et velléitaire s'engage, d'autant que le grand-père enchanteur et protecteur de son enfance a disparu. C'est aussi et surtout le temps des premiers émois amoureux, garçon puis fille, que Jean-Christophe a la malchance de rencontrer dans un milieu social qui n'est pas le sien. Au milieu de ces passions, la musique, doucement, s'enracine
En dépit d'un romantisme exacerbé et un peu suranné, il est fascinant de découvrir un portrait aussi profondément fouillé de l'enfance et d'assister à la construction d'une personnalité dont on soupçonne déjà le caractère exceptionnel, sous la plume d'une rare finesse de Romain Rolland.
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PiertyM
  19 février 2014
Pour le deuxième tome, Jean-Christophe, le génie de la musique continue, entre onze et quinze, à remplir les coeurs avec son talent. Mais la musique est encore à ses débuts, il lui rapporte une petite bourse mais pas assez pour atteindre une vraie fortune. Bien au contraire, avec ce peu qu'il gagne il se fait piller par son père alcoolique qui peut tout manquer de la journée sauf de quoi s'enivrer . Sentant l'irresponsabilité de son père, Christophe se fait chef de famille, il protège sa mère contre les maltraitances de son père, essaie de subvenir aux besoins de ses frères. Nous sommes au matin du personnage, de sa vie et de son génie, il quitte l'enfance pour l'adolescence, aussi commence sa révolte contre tout. Et aussi la découverte des grands sentiments, des grandes émotions. Dans son matin, trois noms marquent sa vie: Jean-Michel, Otto et Minna. Jean Michel est son grand-père, celui là qui, le premier l'a orienté vers la musique, celui là même qui l'a encadré et lui a fait écrire ses premiers vers. La mort de celui-ci va assombrir sa vie tant il était la seule personne à prendre soin de lui. Otto est le premier garçon dont il tombera amoureux. Cet amour homosexuel est décrit avec une intensité vraiment sensuelle et très possessive. Puis vient Minna la première fille qu'il aimera également mais tous ses amours se brisent dès qu'on découvre derrière ce génie de la musique se cache un homme infortuné et de peu d'éducation. Jean-Christophe emboîte le pas dans l'univers de la déception. A tout cela, viendra s'ajouter la mort de son père, l'alcoolique, celui-là qui désormais ne pourra plus entendre son pardon...
Un récit fluide et d'une intensité raffinée!!!
On a vite envie de découvrir l'adolescent!
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   13 septembre 2017
– Je t’en veux, mon amour, écrivait Christophe, de la peine que je te cause. Je ne puis supporter que tu souffres : il ne le faut pas, je ne le veux pas. (Il soulignait les mots, d’un trait qui crevait le papier.) Si tu souffres, où trouverai-je la force de vivre ? Je n’ai de bonheur qu’en toi. Oh ! sois heureux ! Tout le mal, je le prends joyeusement sur moi ! Pense à moi ! Aime-moi ! J’ai besoin qu’on m’aime. Il me vient de ton amour une chaleur qui me rend la vie. Si tu savais comme je grelotte ! Il fait hiver et vent cuisant dans mon cœur. J’embrasse ton âme.
– Ma pensée baise la tienne, répliquait Otto.
– Je te prends la tête entre mes mains, ripostait Christophe ; et ce que je n’ai point fait et ne ferai point des lèvres, je le fais de tout mon être : je t’embrasse comme je t’aime. Mesure !
 Otto feignait de douter :
– M’aimes-tu autant que je t’aime ?
– Oh ! Dieu ! s’écriait Christophe, non pas autant, mais dix, mais cent, mais mille fois davantage ! Quoi ! Est-ce que tu ne le sens pas ? Que veux-tu que je fasse, qui te remue le cœur ?
– Quelle belle amitié que la nôtre ! soupirait Otto. En fut-il jamais une semblable dans l’histoire ? C’est doux et frais comme un rêve. Pourvu qu’il ne passe point ! Si tu allais ne plus m’aimer !
– Comme tu es stupide, mon aimé, répliquait Christophe.
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Gwen21Gwen21   08 septembre 2017
"Mon âme ! Comment oses-tu parler de reconnaissance, parce que je t’aime ? Ne t’ai-je pas dit combien j’étais triste et seul avant de te connaître ? Ton amitié m’est le plus grand des biens. Hier j’ai été heureux, heureux ! C’est la première fois de ma vie. Je pleure de joie en lisant ta lettre. Oui, n’en doute pas, mon aimé, c’est le Destin qui nous rapproche ; il veut que nous soyons unis pour accomplir de grandes choses. Amis ! Quel mot délicieux ! Se peut-il que j’aie enfin un ami ? Oh ! tu ne me quitteras plus, n’est-ce pas ? Tu me resteras fidèle ? Toujours ! Toujours !… Comme il sera beau de grandir ensemble, de travailler ensemble, de mettre en commun, moi mes lubies musicales, toutes ces bizarres choses qui me trottent par la tête, et toi ton intelligence et ta science étonnante ! Combien tu sais de choses ! Je n’ai jamais vu un homme aussi intelligent que toi ! Il y a des moments où je suis inquiet : il me semble que je ne suis pas digne de ton amitié. Tu es si noble et si accompli, et je te suis si reconnaissant d’aimer un être grossier comme moi !… Mais non ! je viens de le dire, il ne faut point parler de reconnaissance. En amitié, il n’y a ni obligés, ni bienfaiteurs. De bienfaits je n’en accepterais pas ! Nous sommes égaux, puisque nous nous aimons."
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SachenkaSachenka   08 février 2018
L'amour a de curieux effets rétroactifs. Dès l'instant que Christophe découvrit qu'il aimait Minna, il découvrit du même coup qu'il l'avait toujours aimée. Depuis trois mois, ils se voyaient presque chaque jour, sans qu'il se fût douté de cet amour. Mais du moment qu'il l'aimait aujourd'hui, il fallait absolument qu'il l'eût aimée de toute éternité.
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SachenkaSachenka   08 février 2018
Elle était assez musicienne, mais n'aimait pas la musique - comme beaucoup d'Allemandes. Mais, comme beaucoup d'Allemandes, elle croyait devoir l'aimer, et elle prenait ses leçons assez consciencieusement, à part quelques moments de malice diabolique, pour faire enrager son maître.
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Gwen21Gwen21   11 septembre 2017
Assis auprès du lit, veillant le dernier sommeil de Melchior, dont le visage avait pris maintenant une expression sévère et solennelle, il sentait la sombre tranquillité du mort entrer en lui. Sa passion enfantine s’était dissipée, comme un accès de fièvre ; le souffle glacial de la tombe avait tout emporté. Minna, son orgueil, son amour, hélas ! quelle misère ! Que tout était peu de chose auprès de cette réalité, la seule réalité : la mort ! Était-ce la peine de tant souffrir, désirer, s’agiter, pour en arriver là !…
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Videos de Romain Rolland (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Romain Rolland
« Un soir, dans sa chambre, les larmes le prirent ; il se jeta désespérément à genoux devant son lit, il pria. Qui priait-il ? Qui pouvait-il prier ! Il ne croyait pas en Dieu, il croyait qu'il n'y avait point de Dieu. Mais il fallait prier, il fallait se prier. Il n'y a que les médiocres qui ne prient jamais. Ils ne savent pas la nécessité où sont les âmes fortes de faire retraite dans leur sanctuaire. Au sortir des humiliations de la journée, Christophe sentit, dans le silence bourdonnant de son c?ur, la présence de son Être éternel.» Romain Rolland, Jean-Christophe.
La prière consiste à tourner son esprit vers Dieu. Serait-elle donc réservée aux croyants ? Ou en existe-t-il une version non religieuse ? Sans doute, en tout cas, le besoin de prier existe même chez les non-croyants. Lorsqu?on est bouleversé par l?inquiétude ou par la gratitude, lorsqu?on est confronté à l?indicible et l?illimité ; à chaque fois que nous nous trouvons face à des phénomènes qui nous dépassent, nous essayons de partager leur mystère par la prière, qu?elle soit adressée à un Dieu que nous connaissons ; à un autre, plus incertain, que nous espérons ; ou encore à des équivalents laïques : destinée, providence, principes qui régissent l?univers?
Quels liens la prière a-t-elle avec la vie intérieure ? À première vue, elle est tournée non pas vers l?intérieur, mais vers le supérieur. Pourtant, toutes les traditions religieuses rappellent que Dieu réside dans le c?ur même de l?être humain?
Dans la prière, il y a un double mouvement : celui de la prise de conscience, de la réflexion, de la tension ; puis celui de l?abandon, du lâcher-prise. La prière, même laïque, est un acte de foi, une confiance sans certitude. Nous offrons nos espérances, nos craintes, nos remerciements, sans avoir la preuve que nous sommes entendus, et encore moins qu?une réponse viendra. C?est enfantin et magnifique. D?où la subtile observation de Claude Nougaro dans sa chanson Plume d?Ange : « La foi est plus belle que Dieu ».
Je n?ai évidemment aucune leçon à donner sur l?art de bien prier, ce n?est pas mon domaine ! Juste une expérience personnelle d?humain, de psychiatre et de méditant?
Chacun sait qu?on prie mieux dans un corps stable, en général immobile, agenouillé ou assis. Mais il y a une autre stabilité importante, celle de notre attention : on ne peut pas prier avec l?esprit dispersé. D?où l?importance de poser son attention, en se focalisant sur son souffle, ou sur la répétition d?un mot ou d?une phrase brève : les Orientaux parlent alors de mantra, les chrétiens de prière monologique (du grec monos-logos : une seule parole). C?est sans doute pour cela que la philosophe Simone Weil écrit : « L?attention absolument pure est prière ».
Pour ne pas être qu?un rituel, que l?on accomplirait l?esprit absent, la prière suppose aussi d?avoir établi un lien sincère et attentif à soi-même. D?où son importance pour la vie intérieure des humains, depuis toujours.
Car les moments de prière sont des espaces où l?on est à l?écoute de sa vie intérieure, mais sous une lumière particulière : celle de Dieu, ou celle des grandes forces qui régissent ce Monde. Ce sont des introspections tournées vers le Ciel ! Et donc baignées par les sentiments d?humilité et d?appartenance. de gratitude aussi : nous sommes dépositaires de qualités qui nous dépassent, que nous n?avons ni mérité ni demandé : la vie, la conscience, l?intelligence? Comment ne pas être bouleversé par cela ? Et comment ne pas avoir envie de prier pour remercier ? Même si l?on ne sait pas très bien à qui adresser tous ces mercis, on peut tout de même prendre le temps de les exprimer intérieurement. Maintenant, par exemple?
À demain, et ne perdez jamais le lien? avec vous-même.
Par Christophe André, en partenariat avec France Culture
Plus d'info : https://www.editions-iconoclaste.fr/livres/la-vie-interieure/
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