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ISBN : B00175V0MY
Éditeur : (30/11/-1)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Jean-Christophe Krafft est un musicien allemand. Ce héros qui incarne un espoir d'une humanité réconciliée, notamment en montrant la complémentarité de la France et de l'Allemagne, est aussi un héros romantique comme le Werther de Goethe et l'image de Beethoven y apparaît en filigrane.

La vie du héros se transforme ainsi en quête d’une sagesse : il doit passer par une série d’épreuves, les « cercles de l’Enfer », maîtriser ses passions, avant de domin... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Sachenka
  20 février 2018
Jean-Christophe est maintenant un adulte. Il est libre, « libre des autres et de soi ! » Finies les passions amoureuses, il décide de se dédier corps et âme à la musique. Mais là aussi, il trouve la déception. « Ce qui l'exaspérait surtout dans ces oeuvres, c'était leur mensonge. » Pas seulement ses contemporains, musiciens, chefs d'orchestre, chanteurs d'opéra, même critiques artistiques, mécènes et simples amateurs, mais aussi ces compositeurs célèbres, morts depuis longtemps. Il voue une haine à Johannes Brahms. le dégoût devient si fort… En même temps, il est pris d'une fureur de vivre. Ce bouillonnement intérieur ne peut que mener à la révolte. Encore une fois, l'auteur Romain Rolland a su choisir un titre simple mais efficace, qui traduit exactement l'état d'esprit de son protagoniste.
Je tiens aussi à souligner son immense talent, l'érudition de l'auteur. À la fin de l'ouvrage se trouve une chronologie de la vie de Romain Rolland, j'y ai découvert qu'il a suivi des cours sur l'Histoire de l'Art ainsi que fait un doctorat dont la thèse principale était les origines de l'opéra. Donc, quand il parle de musique, il sait. Non seulement il sait, mais il arrive à le vulgariser. Ce roman est rempli de références musicales, allant des programmes d'orchestre aux salles de concert et aux opéras connus, en passant par les types de musique. Et j'en passe ! le roman est également truffé de citations de compositeurs et de philosophes, ainsi que latines. Ceci dit, s'il a toujours le mot juste, jamais on ne sent de lourdeur.
Pour revenir à Jean-Christophe, il est dégouté par le monde qui l'entoure et, conséquemment, se croit meilleur. Quelle déception que de constater qu'il est incompris et que ses oeuvres (de débuttant) ne rencontrent pas le succès escompté. On le traite d'imptertinent jeune homme. « Il est très beau de nier le monde. Mais le monde ne se laisse pas si facilement nier par une forfanterie de jeune homme. » Alors, Jean-Christophe se lance dans la critique, écrit pour une revue grâce à l'appui des Mannheim mais cette expérience lui laisse un goût amer. Il s'enlise dans le dénigrement des autres jusqu'à l'inévitable brouille. C'est une amourette avec une actrice française qui le convainc qu'il rencontrera peut-être plus de succès à l'étranger.
Mais il hésite, il ne peut abandonner sa mère. Malheureusement, c'est comme si le destin l'y poussait. Toutes ses relations disparaissent les unes après les autres. On se détourne de lui et les seules nouvelles connaissances qu'il fait et qui semblent prometteuses (dont sa complicité avec le vieux Peter Schulz), puis un événement dramatique l'oblige à s'en aller. Destination Paris. Peut-être y vivra-t-il plus de succès. À la fin du roman, je ne pus m'empêcher de faire le lien avec une autre arrivée célèbre, celle d'Eugène de Rastignac qui, devant Paris, qui s'écria : « À nous deux maintenant ! »
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Gwen21
  17 septembre 2017
Un quatrième tome qui s'intellectualise... un peu trop à mon goût. Derrière l'écrivain se dévoile ici le musicologue, le biographe mélomane, d'où des développements assez longs sur la musique et les polémiques qu'elle engendre au sein des cercles bourgeois de la petite ville rhénane où se déroule l'action. Je considère d'ailleurs que Romain Rolland est, dans sa façon de narrer, un alter ego convainquant de Stefan Zweig qui le considérait d'ailleurs comme l'un des plus grands hommes de lettres de son temps et qui lui a consacré une biographie.
Revenons à Christophe. Notre jeune héros va désormais sur ces vingt ans, cela fait donc près de quinze ans qu'il travaille et grenouille sous la protection du grand-duc du coin dans le milieu musical. Après une adolescence pleine de toutes les émotions exacerbées qui la caractérisent, le voici en passe de devenir un homme et ce sont désormais ses opinions qu'il aiguise. Opinions frondeuses voire belliqueuses qui ne sont pas du goût de tout le monde... S'ensuivent des luttes publiques et privées qui auront de sérieuses répercussions sur sa destinée.
Un tome qui m'a un peu plus ennuyée bien que la plume de l'auteur soit toujours aussi classique et facile à suivre. Ce rusé Romain Rolland a toutefois su ranimer la flamme dans le dernier quart du livre, en y intégrant une dose d'action suffisante pour me donner envie de poursuivre l'aventure.

Challenge NOBEL
Challenge ATOUT PRIX 2017
Challenge Petit Bac 2017 - 2018
Challenge PAVES 2017
Challenge ABC 2017 - 2018
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Allantvers
  09 juin 2019
Jean-Christophe est maintenant arrivé au quatrième temps de sa vie, celui dans lequel il est pleinement ancré dans sa qualité d'artiste et où il entend bien affirmer la singularité de son talent. Sûr de lui comme on peut l'être à vingt ans, il désespère de la médiocrité qui l'entoure, et plus il compose des oeuvres à ses yeux nouvelles et supérieures, plus il s'élève dans de violentes diatribes contre les faiseurs de mauvaise musique et contre la docilité bestiale des petits bourgeois de sa ville. Lesquels lui feront chèrement payer le prix de son outrecuidance, faisant prendre conscience au jeune homme de son insondable solitude d'artiste incompris.
Mais cette révolte signe aussi le temps venu de partir. Une rixe opportune règlera pour lui le dilemme qui le ronge entre abandonner sa vieille mère et quitter ce monde trop étroit pour lui : Christophe part pour la France...
"La révolte" est un chapitre tempétueux et bouillonnant de la vie de Christophe, dont j'ai beaucoup aimé à la fois le propos éclairé et sarcastique sur l'approche tristement conventionnelle de la musique par la société allemande du début du siècle, les pages sombres sur les déboires de l'incontrôlable et torturé musicien, mais surtout les passages lumineux dans lesquels Christophe rencontre des êtres simples dont la pureté naturelle lui parle. le personnage du vieux Schulz, homme brave et mélomane dont la musique de Christophe vient illuminer les derniers instants de vie, est beau à pleurer.
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Marti94
  05 janvier 2019
Changement de registre pour "Jean-Christophe" dans ce quatrième volet de la série littéraire de Romain Rolland, daté de mars 1908. le jeune homme va avoir 20 ans et s'il s'est assagit en amour il devient révolté en musique. D'ailleurs ce n'est pas pour rien que ce tome est intitulé "La révolte".
Il va d'abord s'en prendre aux grands musiciens, considérant que l'art allemand est construit sur le mensonge et l'hypocrisie. Pour lui il n'y a de joie que de créer et il se révolte face à la médiocrité de ce qu'il entend. Il s'exprimera sur le sujet en devenant critique musicale dans la revue de son ami juif Franz Mannhein. Mais son obstination dans la voie de l'intransigeance agressive contre les préjugés de l'art et de l'esprit allemand vont le mener à l'échec.
Dans sa fougue de jeunesse, il se fait beaucoup d'ennemis et ne sera plus joué alors qu'il a beaucoup composé. Il dit ce qu'il pense, c'est son tempérament, mais cela lui joue des tours jusqu'à devoir quitter ses amis. Il gêne, trop en avance sur son temps sans doute.
Heureusement, il rencontrera des personnes sincères en amitié comme le vieux Schultz ou la pétillante Corinne, actrice française qui va lui faire découvrir les écrivains et les artistes français.
Il croisera aussi sur son chemin la jeune et timide Antoinette qui devra retourner à Paris un peu par sa faute.
Attiré par la France il résolut de partir. Pourtant il devra rester en Allemagne tant le désespoir de sa mère est grand. Elle ne peut pas le quitter mais son amour pour son fils sera plus grand que son chagrin alors elle le laissera partir privilégiant son bonheur.
Il y a aussi une surprenante dernière partie avec un court dialogue entre l'auteur Romain Rolland et son ombre qui n'est autre que le personnage de son roman, Christophe. C'est sans doute une façon originale de nous dire qu'il y a une part d'autofiction, même si ce mot n'existait pas à l'époque.
Plus long que les autres tomes de la série, ce volume charnière est vraiment très intéressant car il se termine par le départ de Christophe pour la France et ouvre de nouvelles perspectives au fougueux compositeur.
Lu en décembre 2018
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   10 février 2018
- Ayez le courage d'être vrais, continua-t-il. Ayez le courage d'être laids! Si vous aimez la mauvaise musique, dites-le carrément. Montrez-vous tels que vous êtes. Débarbouillez-vous l'âme du fard dégoûtant de toutes vos équivoques. Lavez-la à grande eau. Depuis combien de temps n'avez-vous pas vu votre mufle dans un miroir? Je m'en vais vous le montrer. Compositeurs, virtuoses, chefs d'orchestre, chanteurs, et toi, cher public, vous saurez une bonne fois qui vous êtes... Soyez tout ce que vous voudrez ; mais par tous les diables! soyez vrais! Soyez vrais, dussent en souffrir les artistes et l'art! Si l'art et la vérité ne peuvent vivre ensemble, que l'art crève! La vérité, c'est la vie. La mort, c'est le mensonge.
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Gwen21Gwen21   19 septembre 2017
- Moi d’abord, je voudrais que, tous les cinquante ans, on procédât à un nettoyage général de l’art et de la pensée, qu’on ne laissât rien subsister de tout ce qui était avant.
- C’est un peu radical, dit Christophe, souriant.
- Mais non, je vous assure. Cinquante ans, c’est déjà trop ; il faudrait dire : trente… Et encore !… Mesure d’hygiène. On ne garde pas dans sa maison la collection de ses grands-pères. On les envoie, quand ils sont morts, poliment pourrir ailleurs, et on met des pierres dessus, pour être bien sûrs qu’ils ne reviendront pas. Les âmes délicates mettent aussi des fleurs. Je veux bien, cela m’est égal. Tout ce que je demande, c’est qu’ils me laissent tranquille. Je les laisse bien tranquilles, moi ? Chacun de son côté : côté des vivants ; côté des morts.
- Il y a des morts qui sont plus vivants que les vivants.
- Mais non, mais non ! cela serait plus vrai, si vous disiez qu’il y a des vivants qui sont plus morts que les morts.
- Peut-être bien. En tout cas, il y a du vieux qui est encore jeune.
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Gwen21Gwen21   18 septembre 2017
- Voulez-vous vous charger de la critique musicale ?
Christophe était confus d’un tel honneur : il mourait d’envie d’accepter ; il craignait seulement de n’en être pas digne : il ne savait pas écrire.
- Laissez donc, dit Mannheim, je suis sûr que vous savez très bien. Et puis, du moment que vous serez critique, vous aurez tous les droits. Il n’y a pas à se gêner avec le public. Il est bête comme pas un. Ce n’est rien d’être un artiste : un artiste, c’est celui qu’on peut siffler. Mais un critique, c’est celui qui a le droit de dire : "Sifflez moi cet homme-là !" Toute la salle se décharge sur lui de l’ennui de penser. Pensez tout ce que vous voudrez. Ayez l’air au moins de penser quelque chose. Pourvu que vous donniez à ces oies leur pâtée, peu importe laquelle ! Elles avaleront tout.
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SachenkaSachenka   09 février 2018
Plus un musicien allemand est naïf et de bonne foi, plus il montre les faiblesses de l'âme allemande, son fond incertain, son idéalisme un peu sournois, son incapacité à se voir soi-même, à oser se voir en face. Ce faux idéalisme était la plaie même des plus grands, - de Wagner.
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SachenkaSachenka   11 février 2018
Un vieux coeur peut se sentir très près d'un jeune coeur, et presque du même âge : il sait combien sont brèves les années qui l'en séparent.
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Videos de Romain Rolland (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Romain Rolland
« Un soir, dans sa chambre, les larmes le prirent ; il se jeta désespérément à genoux devant son lit, il pria. Qui priait-il ? Qui pouvait-il prier ! Il ne croyait pas en Dieu, il croyait qu'il n'y avait point de Dieu. Mais il fallait prier, il fallait se prier. Il n'y a que les médiocres qui ne prient jamais. Ils ne savent pas la nécessité où sont les âmes fortes de faire retraite dans leur sanctuaire. Au sortir des humiliations de la journée, Christophe sentit, dans le silence bourdonnant de son c?ur, la présence de son Être éternel.» Romain Rolland, Jean-Christophe.
La prière consiste à tourner son esprit vers Dieu. Serait-elle donc réservée aux croyants ? Ou en existe-t-il une version non religieuse ? Sans doute, en tout cas, le besoin de prier existe même chez les non-croyants. Lorsqu?on est bouleversé par l?inquiétude ou par la gratitude, lorsqu?on est confronté à l?indicible et l?illimité ; à chaque fois que nous nous trouvons face à des phénomènes qui nous dépassent, nous essayons de partager leur mystère par la prière, qu?elle soit adressée à un Dieu que nous connaissons ; à un autre, plus incertain, que nous espérons ; ou encore à des équivalents laïques : destinée, providence, principes qui régissent l?univers?
Quels liens la prière a-t-elle avec la vie intérieure ? À première vue, elle est tournée non pas vers l?intérieur, mais vers le supérieur. Pourtant, toutes les traditions religieuses rappellent que Dieu réside dans le c?ur même de l?être humain?
Dans la prière, il y a un double mouvement : celui de la prise de conscience, de la réflexion, de la tension ; puis celui de l?abandon, du lâcher-prise. La prière, même laïque, est un acte de foi, une confiance sans certitude. Nous offrons nos espérances, nos craintes, nos remerciements, sans avoir la preuve que nous sommes entendus, et encore moins qu?une réponse viendra. C?est enfantin et magnifique. D?où la subtile observation de Claude Nougaro dans sa chanson Plume d?Ange : « La foi est plus belle que Dieu ».
Je n?ai évidemment aucune leçon à donner sur l?art de bien prier, ce n?est pas mon domaine ! Juste une expérience personnelle d?humain, de psychiatre et de méditant?
Chacun sait qu?on prie mieux dans un corps stable, en général immobile, agenouillé ou assis. Mais il y a une autre stabilité importante, celle de notre attention : on ne peut pas prier avec l?esprit dispersé. D?où l?importance de poser son attention, en se focalisant sur son souffle, ou sur la répétition d?un mot ou d?une phrase brève : les Orientaux parlent alors de mantra, les chrétiens de prière monologique (du grec monos-logos : une seule parole). C?est sans doute pour cela que la philosophe Simone Weil écrit : « L?attention absolument pure est prière ».
Pour ne pas être qu?un rituel, que l?on accomplirait l?esprit absent, la prière suppose aussi d?avoir établi un lien sincère et attentif à soi-même. D?où son importance pour la vie intérieure des humains, depuis toujours.
Car les moments de prière sont des espaces où l?on est à l?écoute de sa vie intérieure, mais sous une lumière particulière : celle de Dieu, ou celle des grandes forces qui régissent ce Monde. Ce sont des introspections tournées vers le Ciel ! Et donc baignées par les sentiments d?humilité et d?appartenance. de gratitude aussi : nous sommes dépositaires de qualités qui nous dépassent, que nous n?avons ni mérité ni demandé : la vie, la conscience, l?intelligence? Comment ne pas être bouleversé par cela ? Et comment ne pas avoir envie de prier pour remercier ? Même si l?on ne sait pas très bien à qui adresser tous ces mercis, on peut tout de même prendre le temps de les exprimer intérieurement. Maintenant, par exemple?
À demain, et ne perdez jamais le lien? avec vous-même.
Par Christophe André, en partenariat avec France Culture
Plus d'info : https://www.editions-iconoclaste.fr/livres/la-vie-interieure/
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