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ISBN : B003UABXMQ
Éditeur : Albin Michel (01/01/1941)

Note moyenne : 3/5 (sur 2 notes)
Résumé :
« Et cette maison ! continua Christophe. Cette maison qui transpire la saleté, la chaleur malpropre, l’ignoble misère, comment pouvez-vous rentrer tous les soirs là-dedans ? Est-ce que cela ne vous décourage pas ? Moi, il me serait impossible d’y vivre. J’aimerais mieux coucher sous un pont.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Gwen21
  09 octobre 2017
"Dans la maison" est le septième tome de "Jean-Christophe", la grande oeuvre romanesque de Romain Rolland, prix Nobel de littérature 1915. Sans doute le tome le plus brillant de la série (jusque là) et pourtant celui qui m'a le plus lassée.
Brillant car l'auteur manipule ici les idées et les opinions d'un Christophe adulte et mature. Nous sommes entre 1905 et 1912, Romain Rolland relate par les yeux de son héros l'état de la société franco-allemande de l'avant Première Guerre mondiale. Tout le monde y passe : Français, Allemands, Juifs, mondains, bourgeois, ouvriers, hommes, femmes. L'analyse est abrupte et sonne même parfois étrangement aux oreilles du lecteur d'aujourd'hui qui connaît la suite des événements historiques.
"Dans la maison" brosse également le portrait des relations entre les peuples et dresse ce qui semble un pronostic pour ce qui est des deux grands antagonistes de la période : la France et l'Allemagne. Intuition ? Prémonition ? Les pensées que Romain Rolland place dans la tête de Christophe sont assez confondantes.
Revers de la médaille, nous avons ici un tome très cérébral, très psychologique et très politique or, en ce moment, ma concentration est volatile ayant beaucoup de projets en cours qui nécessitent mon énergie. Il aurait été plus raisonnable et sans doute plus équitable aussi envers l'auteur que je mette ma lecture en pause plutôt que je persévère à le terminer avec ennui. Je vais essayer d'être plus sage à l'avenir, me réservant les trois derniers tomes pour dans quelques semaines, quand je serai plus disponible.

Challenge Petit Bac 2017 / 2018
Challenge NOBEL
Challenge ATOUT PRIX 2017
Challenge PAVES 2017
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Sachenka
  24 février 2018
Après sept tomes, la saga Jean-Christophe ne semble plus soulever autant l'enthousiasme. le nombre de lecteurs a constamment diminué, pareillement pour qui en ont fait des critiques. En cette date, il ne reste plus que @Gwen21, qui a persisté. le jeune musicien s'est rapproché d'Olivier Jeannin, les deux cohabitent ensemble. Ils sont pauvres, mais ils sont jeunes et travailleurs, plein d'idées et de projets. Je ne me rappelle pas m'être ennuyé en lisant Dans la maison mais j'éprouve de la difficulté à me remémorer des actions ou des moments précis. C'est comme un flou continue. Dans le tome précédent, Jean-Christophe était en mode survie, il se préoccupait surtout du monde de la musique. Maintenant, il cherche à mieux comprendre son environnement, la France et les Français. C'est un exercice intéressant, cet univers vu à travers les yeux d'un Allemand, mais surtout audacieux : à l'époque où le roman a été écrit, en 1908, les tensions nationalistes étaient vives. La Première Guerre mondiale couvait… Mais l'auteur Romain Rolland était un pacifiste optimiste (même si son analyse de la situation était lucide). Il ne cherchait pas à diviser mais plutôt à construire des ponts. Ainsi, son roman était une occasion supplémentaire pour exposer plus clairement sa pensée, ses idées et ses théories sur son pays la France (qui sortait de l'Affaire Dreyfuss), l'Allemagne, l'Europe, l'état du monde, le progrès, etc. Selon moi, son analyse juste aurait gagné à être rattachée à des actions (ou réactions) concrètes de son protagoniste.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   03 octobre 2017
- Votre joie est un leurre, le rêve d’un fumeur l’opium. Vous vous grisez de liberté, vous oubliez la vie. La liberté absolue, c’est la folie pour l’esprit, l’anarchie pour l’État… La liberté ! Qui est libre, en ce monde ? Qui est libre dans votre République ? - Les gredins. Vous, les meilleurs, vous êtes étouffés. Vous ne pouvez plus que rêver. Bientôt, vous ne pourrez même plus rêver.
- N’importe ! dit Olivier. Tu ne peux savoir, mon pauvre Christophe, les délices d’être libre. Ils valent bien qu’on les paye de risques, de souffrances, et même de la mort. Être libre, sentir que tous les esprits sont libres autour de soi, – oui, même les gredins : c’est une volupté inexprimable ; il semble que l’âme nage dans l’air infini. Elle ne pourrait plus vivre ailleurs. Que me fait la sécurité que tu m’offres, le bel ordre, la discipline impeccable, entre les quatre murs de ta caserne impériale ? J’y mourrais, asphyxié. De l’air ! Toujours plus d’air ! Toujours plus de liberté !
- Il faut des lois au monde, dit Christophe. Tôt ou tard, le maître vient.
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SachenkaSachenka   20 février 2018
Christophe demanda à Olivier :
- Vous [les Français] avez été soulevés jusqu'aux étoiles et précipités jusqu'aux abîmes par votre Affaire Dreyfuss. Où est le poète en qui a passé la tourmente? Il se livre, en ce moment dans les âmes religieuses, le plus beau combat qu'il y ait eu, depuis des siècles, entre l'autorité de l'Église et les droits de la conscience. Où est le poète en qui se reflète cette angoisse sacrée? Le peuple des ouvriers se prépare à la guerre, des nations meurent, des nations ressuscitent, les Arméniens sont massacrés, l'Asie qui se réveille de son sommeil millénaire renverse le colosse moscovite, garde-clefs de l'Europe ; la Turquie, comme Adam, ouvre les yeux au jour ; l'air est conquis par l'homme ; la vieille terre craque sous nos pas, et s'ouvre ; elle dévore tout un peuple... Tous ces prodiges, accomplis en vingt ans, et qui avaient de quoi alimenter vingt Iliades, où sont-ils, où est leur trace de feu dans les livres de vos poètes? Sont-ils les seuls à ne pas voir les poésies du monde?
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SachenkaSachenka   14 février 2018
La musique est une confidente indiscrète : elle livre les plus secrètes pensées. Sous le divin dessin de l'Adagio de Mozart, mais de l'ami inconnu qui jouait : la sérénité mélancolique, le sourire timide et tendre de cet être nerveux, pur, aimant, rougissant. Mais arrivé presque à la fin de l'air, au sommet où la phrase de douloureux amour monte et se brise, une pudeur insurmontable empêcha Olivier de poursuivre ; ses doigts se turent, et la voix lui manqua. Il détacha ses mains du piano et dit :
- Je ne peux plus...
Christophe, debout derrière lui, se pencha, ses deux bras l'entourant, acheva sur le piano la phrase interrompue ; puis il dit :
- Maintenant, je connais le son de votre âme.
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Gwen21Gwen21   11 octobre 2017
- [...] Tiens, regarde, en ce moment. Voici trois jours que la neige est tombée. Elle encombre vos rues, elle fait de votre Paris un cloaque de boue. Que faites-vous ? Vous vous récriez contre votre administration, qui vous laisse dans l’ordure. Mais vous, essayez-vous d’en sortir ? Qu’à Dieu ne plaise ! Vous vous croisez les bras. Aucun n’a le cœur de dégager seulement le trottoir devant sa maison. Personne ne fait son devoir, ni l’État, ni les particuliers : l’un et l’autre se croient quittes, en s’accusant mutuellement. Vous êtes tellement habitués par vos siècles d’éducation monarchique à ne rien faire par vous-même que vous avez toujours l’air de bayer aux corneilles, dans l’attente d’un miracle. Le seul miracle possible, ce serait que vous vous décidiez à agir.
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Gwen21Gwen21   09 octobre 2017
La femme ne lui paraissait avoir tout son sens que quand elle agissait, quand elle s’efforçait d’être par elle-même, de gagner son pain et son indépendance. Et elle ne lui paraissait même avoir qu’ainsi toute sa grâce, l’alerte souplesse des mouvements, l’éveil de tous ses sens, l’intégrité de sa vie et de sa volonté. Il détestait la femme oisive et jouisseuse : elle lui faisait l’effet d’un animal repu, qui digère et s’ennuie, dans des rêveries malsaines. Olivier, au contraire, adorait le farniente des femmes, leur charme de fleurs, qui ne vivent que pour être belles et parfumer l’air autour d’elles.
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Videos de Romain Rolland (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Romain Rolland
« Un soir, dans sa chambre, les larmes le prirent ; il se jeta désespérément à genoux devant son lit, il pria. Qui priait-il ? Qui pouvait-il prier ! Il ne croyait pas en Dieu, il croyait qu'il n'y avait point de Dieu. Mais il fallait prier, il fallait se prier. Il n'y a que les médiocres qui ne prient jamais. Ils ne savent pas la nécessité où sont les âmes fortes de faire retraite dans leur sanctuaire. Au sortir des humiliations de la journée, Christophe sentit, dans le silence bourdonnant de son c?ur, la présence de son Être éternel.» Romain Rolland, Jean-Christophe.
La prière consiste à tourner son esprit vers Dieu. Serait-elle donc réservée aux croyants ? Ou en existe-t-il une version non religieuse ? Sans doute, en tout cas, le besoin de prier existe même chez les non-croyants. Lorsqu?on est bouleversé par l?inquiétude ou par la gratitude, lorsqu?on est confronté à l?indicible et l?illimité ; à chaque fois que nous nous trouvons face à des phénomènes qui nous dépassent, nous essayons de partager leur mystère par la prière, qu?elle soit adressée à un Dieu que nous connaissons ; à un autre, plus incertain, que nous espérons ; ou encore à des équivalents laïques : destinée, providence, principes qui régissent l?univers?
Quels liens la prière a-t-elle avec la vie intérieure ? À première vue, elle est tournée non pas vers l?intérieur, mais vers le supérieur. Pourtant, toutes les traditions religieuses rappellent que Dieu réside dans le c?ur même de l?être humain?
Dans la prière, il y a un double mouvement : celui de la prise de conscience, de la réflexion, de la tension ; puis celui de l?abandon, du lâcher-prise. La prière, même laïque, est un acte de foi, une confiance sans certitude. Nous offrons nos espérances, nos craintes, nos remerciements, sans avoir la preuve que nous sommes entendus, et encore moins qu?une réponse viendra. C?est enfantin et magnifique. D?où la subtile observation de Claude Nougaro dans sa chanson Plume d?Ange : « La foi est plus belle que Dieu ».
Je n?ai évidemment aucune leçon à donner sur l?art de bien prier, ce n?est pas mon domaine ! Juste une expérience personnelle d?humain, de psychiatre et de méditant?
Chacun sait qu?on prie mieux dans un corps stable, en général immobile, agenouillé ou assis. Mais il y a une autre stabilité importante, celle de notre attention : on ne peut pas prier avec l?esprit dispersé. D?où l?importance de poser son attention, en se focalisant sur son souffle, ou sur la répétition d?un mot ou d?une phrase brève : les Orientaux parlent alors de mantra, les chrétiens de prière monologique (du grec monos-logos : une seule parole). C?est sans doute pour cela que la philosophe Simone Weil écrit : « L?attention absolument pure est prière ».
Pour ne pas être qu?un rituel, que l?on accomplirait l?esprit absent, la prière suppose aussi d?avoir établi un lien sincère et attentif à soi-même. D?où son importance pour la vie intérieure des humains, depuis toujours.
Car les moments de prière sont des espaces où l?on est à l?écoute de sa vie intérieure, mais sous une lumière particulière : celle de Dieu, ou celle des grandes forces qui régissent ce Monde. Ce sont des introspections tournées vers le Ciel ! Et donc baignées par les sentiments d?humilité et d?appartenance. de gratitude aussi : nous sommes dépositaires de qualités qui nous dépassent, que nous n?avons ni mérité ni demandé : la vie, la conscience, l?intelligence? Comment ne pas être bouleversé par cela ? Et comment ne pas avoir envie de prier pour remercier ? Même si l?on ne sait pas très bien à qui adresser tous ces mercis, on peut tout de même prendre le temps de les exprimer intérieurement. Maintenant, par exemple?
À demain, et ne perdez jamais le lien? avec vous-même.
Par Christophe André, en partenariat avec France Culture
Plus d'info : https://www.editions-iconoclaste.fr/livres/la-vie-interieure/
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