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ISBN : B00TIPRM0E
Éditeur : (11/02/2015)

Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Dans son désarroi, Olivier découvre la misère du peuple. Les deux amis se penchent alors sur le problème des injustices sociales. Mais l'activisme syndical et révolutionnaire les laisse sceptiques. Olivier, pris dans un mouvement de foule, meurt alors que Jean-Christophe se bat sur une barricade. Il doit s'exiler en Suisse, où il se réfugie chez un certain Erich Braun. Accablé par la douleur, il renaît à la vie et se prend d'une folle passion pour Anna Braun, l'épou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Sachenka
  06 mars 2018
Ça sent la fin… le buisson ardent est le neuvième et avant-dernier tome de la saga Jean-Christophe. Il se divise en deux parties distinctes, aux thèmes diamétralement opposés mais qui, étrangement, se complètent bien.
La première m'a beaucoup plu. Christophe est toujours à Paris. Il est l'observateur, parce qu'il ne participe pas activement – du moins, au début – mais il ne se gêne pas pour passer des remarques, commenter, juger même. C'est que, à ce moment, la France et sa capitale sont des coeurs névralgiques des grands courants qui secouent ce début de XXe siècle. La montée du nationalisme (pas dans le style allemand, mais plutôt réactionnaire, dans cette ère post-affaire Dreyfuss), le mouvement syndicaliste, je n'ose dire communisme mais c'était aussi dans l'air du temps. Et il y a des idées de révoltes. Christophe est assez sympathique à ces mouvements, peut-être parce qu'il ne se sent pas directement touché. L'auteur Romain Rolland résume très bien les idées qui faisaient trembler le monde à cette époque et, à travers les points de vue divergents de quelques uns de ses personnages, il fait valoir les pour et les contre de chacun. Évidemment, grand pacifiste qu'il est, son protagoniste fait pencher davantage la balance de ce côté et c'est bien ainsi : ce sont ces idées qui ont construit notre monde.
Mais une simpe promenade avec son grand ami Olivier vient tout changer. Les deux hommes se trouvent mêlés à une manifestation à laquelle ils se joignent, plus par curiosité et sympathie. Mais voilà que ça tourne mal, les soldats arrivent, des barricades sont montées, puis le drame… Dès lors, lus rien ne le retient à Paris. « Fuir, toujours fuir… Il rit. C'était sans doute sa destinée ! »
La deuxième partie m'a moins intéressé. Christophe a tout abandonné et s'est enfui en Suisse. Là, malade, il est rescapé par les bons soins du docteur Braun et l'attention de la riche veuve Anna. C'est une partie de l'intrigue beaucoup plus personnelle, teintée des sentiments du musicien envers sa bienfaitrice qui, elle, n'a que des desseins pieux. C'est une tourmente toute intérieure qui vivra Christophe, à l'opposé des troubles politique qu'il a traversé quelques mois plus tôt. C'est ce qui m'a moins interpelé. Après neuf tomes, le musicien a déjà connu plusieurs succès et revers amoureux. En ajouter un énième m'indifférait un peu et, puisqu'il n'y avait pas vraiment d'autres actions ou événements auxquels me rattacher, j'ai trouvé ce moment un peu long. Heureusement que ces livres de Romain Rolland sont brefs.
Ainsi, la boucle est bouclée… ou presque. Christophe aura tout vécu et, approchant tranquillement de la vieillesse, il n'aspirera plus qu'à la paix…
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Gwen21
  21 novembre 2017
Avant-dernier tome de la saga "Jean-Christophe", "Le buisson ardent" place Christophe Krafft, notre héros, dans la double tourmente de la révolte populaire et de la passion amoureuse.
Tome aux temps forts avec les difficiles expériences de la perte de l'être cher, de l'exil et de l'adultère. Autant de prétextes pour Romain Rolland de dérouler de leur écheveau les pensées et opinions de Christophe sur la question sociale et politique de son temps (ce qui est très instructif pour le lecteur étant donné que le roman a été publié deux ans avant la Grande Guerre), ainsi que sur les vices et les vertus, tout un programme. Un tome enfin qui expose d'intéressantes théories, entre autres sur l'art et sa place dans la société.
Un tome qui pénètre plus avant dans la philosophie que cherche à peindre l'auteur, celle décrite par Dante dans son "Enfer". Si vous avez bonne mémoire, vous vous rappellerez que l'Enfer de la "Divine Comédie" compte neuf cercles et ce n'est pas du tout un hasard si "Jean-Christophe" compte dix tomes, car les neuf premiers correspondent aux épreuves de la vie avant d'aboutir à l'harmonie de la vie universelle dans le dernier.
D'ailleurs, je me mets immédiatement en route vers "La nouvelle journée", un titre très révélateur.

Challenge Nobel
Challenge ATOUT PRIX 2017
Challenge PAVES 2017
Challenge Petit Bac 2017-2018
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Allantvers
  30 juin 2019
Ce neuvième et avant dernier tome à pour l'instant mon préféré, celui qui m'a le plus transportée, comme quoi l'intérêt ne s'émousse pas dans cette lecture au long cours, et même l'intensité ressentie augmente à mesure que l'on chemine aux côtés de Jean-Christophe.
Deux parties aux thèmes radicalement différents, mais qui en quelque sorte se répondent en miroir : contradictions irréductibles des sociétés humaines dans la première, qui passe en revue avec une lucidité féroce tous les courants politiques de l'époque et l'incapacité des hommes à concilier leurs idéaux; contradictions irréductibles de la passion dans la deuxième, qui voit Christophe enivré à la mort dans une passion pour une femme que la passion révulse et qu'il n'aime en rien.
Le buisson ardent est un chapitre de la vie de Christophe d'une profondeur quasi dérangeante; mais le dire est peu de choses, il faut le lire tant l'esprit de l'auteur est fin et puissant, et tant sa plume est belle.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   22 novembre 2017
Il ne pouvait plus songer aux animaux sans un frémissement d’angoisse. Il lisait dans les regards des bêtes, il lisait une âme comme la sienne, une âme qui ne pouvait pas parler ; mais les yeux criaient pour elle :
- Que vous ai-je fait ? Pourquoi me faites-vous mal ?
Le spectacle le plus banal, qu’il avait vu cent fois, - un petit veau qui se lamentait, enfermé dans une caisse à claires-voies ; ses gros yeux noirs saillants, dont le blanc est bleuâtre, ses paupières roses, ses cils blancs, ses touffes blanches frisées sur le front, son museau violet, ses genoux cagneux ; - un agneau qu’un paysan emportait par les quatre pattes liées ensemble, la tête pendante, tâchant de se relever, gémissant comme un enfant, et bêlant et tendant sa langue grise ; - des poules empilées dans un panier ; - au loin, les hurlements d’un cochon qu’on saignait ; - sur la table de la cuisine, un poisson que l’on vide… Il ne pouvait plus le supporter. Les tortures sans nom que l’homme inflige à ces innocents lui étreignaient le cœur. Prêtez à l’animal une lueur de raison, imaginez le rêve affreux qu’est le monde pour lui : ces hommes indifférents, aveugles et sourds, qui l’égorgent, l’éventrent, le tronçonnent, le cuisent vivant, s’amusent de ses contorsions de douleur.
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Gwen21Gwen21   21 novembre 2017
L’art n’est pas plus vrai que l’amour. Quelle place tient-il réellement dans la vie ? De quel amour l’aiment-ils, ceux qui s’en disent épris ?… La pauvreté des sentiments humains est inconcevable. En dehors de l’instinct de l’espèce, de cette force cosmique, qui est le levier du monde, rien n’existe qu’une poussière d’émotions. La plupart des hommes n’ont pas assez de vie pour se donner tout entier dans aucune passion. Ils s’économisent, avec une prudente ladrerie. Ils sont de tout, un peu, et ne sont tout à fait de rien. Celui qui se donne sans compter, dans tout ce qu’il fait, dans tout ce qu’il souffre, dans tout ce qu’il aime, dans tout ce qu’il hait, celui-là est un prodige, le plus grand qu’il soit accordé de rencontrer sur terre. La passion est comme le génie : un miracle. Autant dire qu’elle n’existe pas !…
Ainsi pensait Christophe ; et la vie s’apprêtait à lui infliger un terrible démenti. Le miracle est partout, comme le feu dans la pierre : un choc le fait jaillir. Nous ne soupçonnons pas les démons qui dorment en nous…
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Gwen21Gwen21   20 novembre 2017
Il ne croyait pas à la fatalité de la passion, - cette bêtise des romantiques ! Il croyait au devoir et au pouvoir de lutter, à la force de sa volonté… Sa volonté ! Où était-elle ? Il n’en restait plus trace. Il était possédé. L’aiguillon du souvenir le harcelait, jour et nuit. L’odeur du corps d’Anna enfiévrait sa bouche et ses narines.
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SachenkaSachenka   25 février 2018
Dans cette ville, nul ne peut se flatter de cacher sa vie. [...] L'invisible despotisme de l'âme collective pèse sur l'individu ; il est, toute sa vie, un enfant en tutelle ; rien de lui n'est à lui : il appartient à la ville.
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SachenkaSachenka   22 mars 2018
Quitter Paris ne lui causait pas de peine : la terre est vaste ; les hommes sont partout les mêmes. Où qu'il fût, ce ne lui importait guère, pourvu qu'il fût avec son ami.
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Videos de Romain Rolland (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Romain Rolland
« Un soir, dans sa chambre, les larmes le prirent ; il se jeta désespérément à genoux devant son lit, il pria. Qui priait-il ? Qui pouvait-il prier ! Il ne croyait pas en Dieu, il croyait qu'il n'y avait point de Dieu. Mais il fallait prier, il fallait se prier. Il n'y a que les médiocres qui ne prient jamais. Ils ne savent pas la nécessité où sont les âmes fortes de faire retraite dans leur sanctuaire. Au sortir des humiliations de la journée, Christophe sentit, dans le silence bourdonnant de son c?ur, la présence de son Être éternel.» Romain Rolland, Jean-Christophe.
La prière consiste à tourner son esprit vers Dieu. Serait-elle donc réservée aux croyants ? Ou en existe-t-il une version non religieuse ? Sans doute, en tout cas, le besoin de prier existe même chez les non-croyants. Lorsqu?on est bouleversé par l?inquiétude ou par la gratitude, lorsqu?on est confronté à l?indicible et l?illimité ; à chaque fois que nous nous trouvons face à des phénomènes qui nous dépassent, nous essayons de partager leur mystère par la prière, qu?elle soit adressée à un Dieu que nous connaissons ; à un autre, plus incertain, que nous espérons ; ou encore à des équivalents laïques : destinée, providence, principes qui régissent l?univers?
Quels liens la prière a-t-elle avec la vie intérieure ? À première vue, elle est tournée non pas vers l?intérieur, mais vers le supérieur. Pourtant, toutes les traditions religieuses rappellent que Dieu réside dans le c?ur même de l?être humain?
Dans la prière, il y a un double mouvement : celui de la prise de conscience, de la réflexion, de la tension ; puis celui de l?abandon, du lâcher-prise. La prière, même laïque, est un acte de foi, une confiance sans certitude. Nous offrons nos espérances, nos craintes, nos remerciements, sans avoir la preuve que nous sommes entendus, et encore moins qu?une réponse viendra. C?est enfantin et magnifique. D?où la subtile observation de Claude Nougaro dans sa chanson Plume d?Ange : « La foi est plus belle que Dieu ».
Je n?ai évidemment aucune leçon à donner sur l?art de bien prier, ce n?est pas mon domaine ! Juste une expérience personnelle d?humain, de psychiatre et de méditant?
Chacun sait qu?on prie mieux dans un corps stable, en général immobile, agenouillé ou assis. Mais il y a une autre stabilité importante, celle de notre attention : on ne peut pas prier avec l?esprit dispersé. D?où l?importance de poser son attention, en se focalisant sur son souffle, ou sur la répétition d?un mot ou d?une phrase brève : les Orientaux parlent alors de mantra, les chrétiens de prière monologique (du grec monos-logos : une seule parole). C?est sans doute pour cela que la philosophe Simone Weil écrit : « L?attention absolument pure est prière ».
Pour ne pas être qu?un rituel, que l?on accomplirait l?esprit absent, la prière suppose aussi d?avoir établi un lien sincère et attentif à soi-même. D?où son importance pour la vie intérieure des humains, depuis toujours.
Car les moments de prière sont des espaces où l?on est à l?écoute de sa vie intérieure, mais sous une lumière particulière : celle de Dieu, ou celle des grandes forces qui régissent ce Monde. Ce sont des introspections tournées vers le Ciel ! Et donc baignées par les sentiments d?humilité et d?appartenance. de gratitude aussi : nous sommes dépositaires de qualités qui nous dépassent, que nous n?avons ni mérité ni demandé : la vie, la conscience, l?intelligence? Comment ne pas être bouleversé par cela ? Et comment ne pas avoir envie de prier pour remercier ? Même si l?on ne sait pas très bien à qui adresser tous ces mercis, on peut tout de même prendre le temps de les exprimer intérieurement. Maintenant, par exemple?
À demain, et ne perdez jamais le lien? avec vous-même.
Par Christophe André, en partenariat avec France Culture
Plus d'info : https://www.editions-iconoclaste.fr/livres/la-vie-interieure/
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