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ISBN : B003X748X2
Éditeur : Librairie HACHETTE Vie des Hommes Illustres (01/01/1910)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :


Michel-Ange, sculpteur et peintre génial, a été toute sa vie englué dans des engagements forcés, par les papes, par les riches de ce monde. Romain Rolland prouve que cet homme, enserré dans le malheur et la tristesse, a toujours gardé un cœur pur et une bonté inégalée.

Bien que riche, Michel-Ange a vécu en pauvre, a préféré bien souvent la compagnie des humbles. Un artiste mondialement reconnu mais dont on ignorait le véritable caract... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
ATOS
  14 avril 2015
Est ce une illustration, est ce une biographie, est-ce les deux ? A travers l'artiste connaît on l'oeuvre ? Ou à travers l'oeuvre connaît on l'artiste ? Qui est la main, qui est le regard ? Et puis peu importe puisque ce qui prime c'est : l'Esprit. L'acharnement de la douleur de Michel-Ange.
Il est le Divin. Celui qui rêvait de sculpter les montagnes. le peintre, celui de l'enfer. Architecte dantesque. Il connaissait Dante sur le bout des doigts, et en parcourant son oeuvre il nous en donne lecture. Qui sont « ces illustres » ? de quel étoffe sont faits les héros que nous sanctifions? de courage, de vertu, d'inconscience ? Ou tout simplement d'âme et de chair ? Michel-Ange était pétri de contradictions, de peurs, d'angoisse. Il n'aimait pas Léonard de Vinci.
Et ce n'est pas seulement uniquement par qu'il n'aimait pas la peinture. Mais peut être parce que ces deux illustres n'étaient pas fait de même matière. Vinci apportait la Lumière, Michel-Ange, lui, était de cette matière qui se consume pour créer la Lumière. Vinci était libre. Michel -Ange se sacrifiait.
Il s'enflammait de tout bois. Partout des oeuvres, partout des commencements, partout des ébauches, partout des échecs partout l'inachèvement. Et pourtant il y parvint. Et c'est en cela qu'est peut être le miracle, si miracle il y a. Toute son oeuvre lui paru être un gâchis, un échec. Ce n'est ni la joie, ni l'extase qui le remplit. Aucun contentement.Aucune plénitude. de la douleur, de l'écoeurement, du dégoût.
Et pourtant, il a réalisé ce que bien peu d'hommes ont su réaliser. Il a traversé les siècles. Presque immortel...éternel? Peut on dissocié Michel-Ange de l'acte religieux ? Non. Ce n'est pas tant par les thèmes qu'il a illustrés, ceux qu'on lui a commandés, qu'on lui a imposés, c'est dans l'Esprit de son geste, dans celui de sa quête, dans ses échecs, ses terreurs, ses tourments qu'il est indissociable de la chrétienté.
Il est l'illustration d'un tourment, du combat entre le Bien et le Mal, le fruit conscient d'une pensée.
Vinci était un humaniste. Michel-Ange ne l'était pas. Michel-Ange n'avait qu'une pensée : sauver son âme. Vinci explorait la nôtre. Mais l'un et l'autre sont illustres.Tous deux sont des Maîtres. Tous deux nous rapprochent et nous élèvent.
Chez Michel-Ange, la beauté illustre la douleur. Voilà la parole de son geste, voilà l'intelligence de la perversion d'un génie. le Divin martyrisé.
Astrid Shriqui Garain
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
ATOSATOS   14 avril 2015
« Un jour, dans l'avenir au fond des siècles,-( si le souvenir de notre terre s'est encore conservé),- un jour ceux qui seront se pencheront sur l'abîme de cette race disparue, comme Dante au bord de Malebolge,- avec un mélange d'admiration, d'horreur et de pitié.
Mais qui le sentira mieux que nous, qui avons été mêlés, enfants, à ces angoisses, - qui avons vu s'y débattre les êtres qui nous sont les plus chers,- nous, dont la gorge connaît l'odeur âcre et enivrante du pessimisme chrétien,- nous à qui il a fallu faire, certains jours, un effort pour ne pas céder, comme d'autres, dans les moments de doute, au vertige du Néant Divin !
Dieu ! Vie éternelle ! Refuge de ceux qui ne réussissent point à vivre ici-bas ! Foi, qui n'est bien souvent qu'un manque de foi dans la vie, un manque de foi dans l'avenir, un manque de foi en soi-même, un manque de courage et un manque de joie !...Nous savons sur combien de défaites est bâtie votre douloureuse victoire !...Et c'est pour cela que je vous aime, chrétiens, car je vous plains.Je vous plains et j'admire votre mélancolie.Vous attristez le monde, mais vous l'embellissez.Le monde sera plus pauvre, quand votre douleur n'y sera plus.Dans cette époque de lâches, qui tremble devant la douleur et revendiquent avec bruit leur droit au bonheur, qui n'est le plus souvent que le droit au malheur des autres, osons voir la douleur en face et la vénérer ! Louée soit la joie, et louée la douleur ! L'une et l'autre sont sœurs, et toutes deux sont saintes. Elles forgent le monde et gonflent les grandes âmes. Elles sont la force, elles sont la vie, elles sont Dieu. Qui ne les aime point toutes deux n'aime ni l'une, ni l'autre. Et qui les a goûtées sait le prix de la vie et la douceur de la quitter. » Romain Rolland – Vie de Michel-Ange, préface, extrait. 1907.
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ElGatoMaloElGatoMalo   14 septembre 2016
Mais nuls conseils n’y firent jamais rien. Jamais il ne consentit à se traiter d ’une façon plus humaine. Il se nourrissait d’un peu de pain et de vin. Il dormait quelques heures à peine. Quand il était à Bologne, occupé à la statue de bronze de Jules II, il n’avait qu’un lit pour lui et ses trois aides. Il se couchait tout habillé et tout botté. Une fois, ses jambes enflèrent, il fallut fendre les bottes : en les enlevant, la peau des jambes vint avec.
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ATOSATOS   14 avril 2015
Au terme de cette histoire tragique, je me sens tourmenté d'un scrupule. Je me demande si en voulant donner à ceux qui souffrent des compagnons de douleur qui les soutiennent, je n'ai fait qu'ajouter à la douleur de ceux-ci à la douleur de ceux-là. Aurais-je donc dû plutôt , comme tant d'autres, ne montrer des héros que l’héroïsme et jeter un voile sur l’abime de tristesse qui est en eux ?
- Mais non ! La vérité ! Je n'ai pas promis à mes amis le bonheur au prix du mensonge, le bonheur quand même, à tout prix.Je leur ai promis la vérité, fût-ce au prix du bonheur, l vérité virile, qui sculptent les âmes éternelles. Son souffle est dur, mais il est pur : Baignons-y nos cœurs anémiques.
Le grands âmes sont comme les hautes cimes. Le vent les bat, les nuages les enveloppent ; mais on y respire mieux et plus fort qu’ailleurs. L'air y a une pureté qui lave le cœur des souillures. ; et quand les nuées s'écartent, on domine le genre humain.
Telle fut cette montagne colossale, qui s'élevait au-dessus de l'Italie de la Renaissance, et dont nous voyons au loin se perdre dans le ciel le profil tourmenté.
Je ne prétends point que le commun des hommes puissent vivre sur ces sommets. Mais qu'un jour par année ils y montent en pèlerinage. Ils y renouvèleront le souffle de leurs poumons et le sang de leurs veines. Là-haut, ils se sentiront plus près de l’Éternel. Ensuite, ils redescendront vers les plaines de la vie, le cœur trempé pour le combat journalier. Romain Rolland, Vie de Michel-Ange
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ElGatoMaloElGatoMalo   17 novembre 2015
L’inquiétude d’esprit n’est pas un signe de grandeur. Tout manque d’harmonie entre l’être et les choses, entre la vie et ses lois, même chez les grands hommes, ne tient pas à leur grandeur : il tient à leur faiblesse. — Pourquoi chercher à cacher cette faiblesse ? Celui qui est plus faible est-il moins digne d’amour ? — Il en est bien plus digne, car il en a plus besoin.
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ATOSATOS   14 avril 2015
Ne la lui marchandons pas. Donnons lui cet amour auquel il aspira toute sa vie, et qui lui fut refusé. Il a connu les plus grands malheurs qui puissent échoir à l'homme.Il vit sa patrie asservie.Il vit l'Italie livrée pour des siècles livrée aux barbares.Il vit mourir la liberté.Il vit, l'une après l'autre, s’éteindre toutes les lumières de l'art.
Il resta seul, le dernier, dans la nuit qui tombait. Et, au seuil de la mort, quand il regardait derrière lui, il n'eut même pas la consolation qu'il avait fait tout ce qu'il devait, tout ce qu'il aurait pu faire?Sa vie lui sembla perdue.En vain, elle avait été sans joie.En vain, il l'avait sacrifié à l’idole de l'art.
Romain Rolland, Vie de Michel-Ange
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Videos de Romain Rolland (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Romain Rolland
« Un soir, dans sa chambre, les larmes le prirent ; il se jeta désespérément à genoux devant son lit, il pria. Qui priait-il ? Qui pouvait-il prier ! Il ne croyait pas en Dieu, il croyait qu'il n'y avait point de Dieu. Mais il fallait prier, il fallait se prier. Il n'y a que les médiocres qui ne prient jamais. Ils ne savent pas la nécessité où sont les âmes fortes de faire retraite dans leur sanctuaire. Au sortir des humiliations de la journée, Christophe sentit, dans le silence bourdonnant de son c?ur, la présence de son Être éternel.» Romain Rolland, Jean-Christophe.
La prière consiste à tourner son esprit vers Dieu. Serait-elle donc réservée aux croyants ? Ou en existe-t-il une version non religieuse ? Sans doute, en tout cas, le besoin de prier existe même chez les non-croyants. Lorsqu?on est bouleversé par l?inquiétude ou par la gratitude, lorsqu?on est confronté à l?indicible et l?illimité ; à chaque fois que nous nous trouvons face à des phénomènes qui nous dépassent, nous essayons de partager leur mystère par la prière, qu?elle soit adressée à un Dieu que nous connaissons ; à un autre, plus incertain, que nous espérons ; ou encore à des équivalents laïques : destinée, providence, principes qui régissent l?univers?
Quels liens la prière a-t-elle avec la vie intérieure ? À première vue, elle est tournée non pas vers l?intérieur, mais vers le supérieur. Pourtant, toutes les traditions religieuses rappellent que Dieu réside dans le c?ur même de l?être humain?
Dans la prière, il y a un double mouvement : celui de la prise de conscience, de la réflexion, de la tension ; puis celui de l?abandon, du lâcher-prise. La prière, même laïque, est un acte de foi, une confiance sans certitude. Nous offrons nos espérances, nos craintes, nos remerciements, sans avoir la preuve que nous sommes entendus, et encore moins qu?une réponse viendra. C?est enfantin et magnifique. D?où la subtile observation de Claude Nougaro dans sa chanson Plume d?Ange : « La foi est plus belle que Dieu ».
Je n?ai évidemment aucune leçon à donner sur l?art de bien prier, ce n?est pas mon domaine ! Juste une expérience personnelle d?humain, de psychiatre et de méditant?
Chacun sait qu?on prie mieux dans un corps stable, en général immobile, agenouillé ou assis. Mais il y a une autre stabilité importante, celle de notre attention : on ne peut pas prier avec l?esprit dispersé. D?où l?importance de poser son attention, en se focalisant sur son souffle, ou sur la répétition d?un mot ou d?une phrase brève : les Orientaux parlent alors de mantra, les chrétiens de prière monologique (du grec monos-logos : une seule parole). C?est sans doute pour cela que la philosophe Simone Weil écrit : « L?attention absolument pure est prière ».
Pour ne pas être qu?un rituel, que l?on accomplirait l?esprit absent, la prière suppose aussi d?avoir établi un lien sincère et attentif à soi-même. D?où son importance pour la vie intérieure des humains, depuis toujours.
Car les moments de prière sont des espaces où l?on est à l?écoute de sa vie intérieure, mais sous une lumière particulière : celle de Dieu, ou celle des grandes forces qui régissent ce Monde. Ce sont des introspections tournées vers le Ciel ! Et donc baignées par les sentiments d?humilité et d?appartenance. de gratitude aussi : nous sommes dépositaires de qualités qui nous dépassent, que nous n?avons ni mérité ni demandé : la vie, la conscience, l?intelligence? Comment ne pas être bouleversé par cela ? Et comment ne pas avoir envie de prier pour remercier ? Même si l?on ne sait pas très bien à qui adresser tous ces mercis, on peut tout de même prendre le temps de les exprimer intérieurement. Maintenant, par exemple?
À demain, et ne perdez jamais le lien? avec vous-même.
Par Christophe André, en partenariat avec France Culture
Plus d'info : https://www.editions-iconoclaste.fr/livres/la-vie-interieure/
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