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Critiques sur Knock ou Le triomphe de la médecine (88)
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Nastasia-B
  29 juillet 2012
Jules Romains écrit cette pièce de théâtre au début des années 1920, c'est-à-dire à une époque où la société d'aujourd'hui commence à se dessiner ; celle où la crainte de mourir de faim cède le pas à des peurs moins ancestrales.
Il s'agit de créer d'autres peurs que l'apocalypse ou la famine et la médecine saura se tailler la part du lion dans ce faisceau de craintes. (Combien de laboratoires biomédicaux dans les plus grosses entreprises cotées en bourse à l'heure actuelle ?)
Je mets en parallèle cette pièce prémonitoire avec des ouvrages ou des films plus récents comme L'Aliéniste de l'excellent auteur brésilien Machado de Assis, comme le film Bowling For Columbine de Michael Moore ou encore comme l'essai d'Ulrich Beck La Société du Risque.
L'auteur sait avec beaucoup d'humour nous livrer une réflexion philosophique sur un sujet de société — le marché de la peur — la commercialisation du risque.
Vous reconnaîtrez nombre de situations que vous avez déjà connues (achat d'une extension de garantie, test complémentaire, assurance spéciale, etc.).
À l'heure actuelle, ne cherche-t-on pas à toujours créer de nouvelles peurs pour les mieux commercialiser (bug de l'an 2000, grippe aviaire, réchauffement climatique, H1N1, le fameux "principe de précaution"...) ?
Knock est un sinistre charlatant, froid et calculateur, l'exact sosie de l'abbé Troubert de Balzac (voir le Curé de Tours), qui joue à fond sur les cordes sensibles de la cupidité et de la crainte sur la grande lyre humaine.
Lui-même avait été escroqué par son confrère prédécesseur lors de l'estimation de la clientèle, qui n'a aucun scrupule à livrer la population aux mains d'un homme tel que Knock.
Toute la succulence réside dans la façon dont Knock doit, dès la première entrevue, prendre l'ascendant sur le patient, le dominer via la peur de la maladie, au point de laisser l'autre en position de quasi vénération pour son praticien. Bravo à Jules Romain pour cette grande finesse tant psychologique que sociologique.
Et quand bien même vous ne trouveriez aucun intérêt au propos de la pièce, lisez-la seulement pour rire et vous ne serez pas déçus car c'est drôlement bien écrit et écrit bien drôlement, en tout cas, c'est mon peu salubre avis, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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canel
  10 mai 2013
On se déplace rarement chez le médecin dans la bourgade de Saint-Maurice. Et pour cause : faute de motivation, le Docteur Parpalaid n'a pas l'oreille très complaisante, ses réponses restent évasives. Alors on se débrouille (on ne va quand même pas payer pour se voir conseiller une tisane !), et on ne voit pas beaucoup le pharmacien non plus. Lorsque Knock reprend le cabinet, tout change. Consultations gratuites une demi-journée par semaine, écoute attentive, diagnostics alarmistes mais aussi pleins de bon sens pour une meilleure hygiène de vie.

Philanthrope, ce Docteur Knock ? les gens adorent confier leurs petits malheurs, quitte à en rajouter/inventer... Filou ? Commercial ? Ingénieux en tout cas et ne ménageant pas sa peine. Il va faire prospérer sa "petite entreprise", ainsi que celle du pharmacien. Cela en faisant lourdement payer les patients fortunés, et en mettant une partie de la population au lit - pour le plus grand plaisir de ces "malades" (imaginaires), ravis d'être enfin l'objet d'attention.

Cette pièce a été écrite dans les années 1920. J'ignore quel accueil elle reçut à l'époque mais l'humour n'a pas vieilli. Ce texte visionnaire (sur l'art "capitaliste" de créer et développer un besoin) est pertinent, malicieux et jubilatoire. Je l'ai relu avec bonheur.

--- Livre découvert en 6e, en lecture imposée. J'avais beaucoup aimé, la prof avait dû nous le rendre limpide ; pas sûr que tout y soit accessible dès douze ans sans décryptage. Un premier pas réussi pour moi vers le théâtre écrit, qui m'a sûrement aidée à surmonter Molière les années suivantes (auteur génial pour les adultes, mais totalement indigeste au collège) et à continuer à lire des pièces avec plaisir.
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araucaria
  20 décembre 2012
Pièce de théâtre qui est devenue un très grand classique. Texte très agréable à découvrir, teinté de cynisme. Ce triomphe de la médecine, n'est-il pas aussi celui du charlatanisme? Comment un médecin se battit une solide clientèle en inventant des maladies à ses patients? Une affaire qui marche car elle fait s'enrichir le médecin, le pharmacien et l'aubergiste qui héberge la clientèle. le médecin s'enrichit sur le dos de ses victimes mais personne ne pourrait désormais se passer de ses services... Pièce qui nous montre comment un roué peu se jouer de la naïveté.
Une pièce qu'il faut avoir lue.

Lien : http://araucaria.20six.fr
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gill
  17 avril 2015
"Knock" est le morceau le plus visible, la partie émergée de l'iceberg, du théâtre de Jules Romains.
"Knock" est l'aboutissement qui apparaît comme le chef d'oeuvre.
Il aurait manqué quelque chose à la collection de "La Petite Illustration" si, en janvier 1924, elle n'avait pas contenu, dans son 135ème numéro, cette pièce représentée, un an plus tôt, à la comédie des Champs-Élysées.
Robert de Beauplan, l'âme de la splendide revue théâtrale, y affirme, déjà, avec raison que la qualité littéraire de la pièce, que sa saveur classique l'assurent de durer.
Elle sera reprise souvent, dit-il, et demeurera, en quelque sorte, à un répertoire permanent.
En 1911, Jules Romains aborde le théâtre avec "l'armée dans la ville", un drame de cinq actes, écrit en vers, que représenta le théâtre de l'Odéon.
Puis avec "Cromedeyre-le-Vieil" que joua le "Vieux-Colombier", en 1920.
"Knock" est une parenthèse entre "Monsieur le Trouhadec saisi par la débauche" et "le mariage de le Trouhadec".
"Knock" est aussi représentatif du théâtre de Jules Romains parce qu'une fois de plus, il est une belle rencontre avec Louis Jouvet, l'immense metteur en scène et comédien.
Jules Romains, en reprenant la satire des médecins, se réclame délibérément de l'héritage de Molière dont il reprend, modernisé, le type même du comique de caractères aussi savoureux qu'accusé.
L'outrance et la caricature font oeuvre de bouffonnerie mais sous cette bouffonnerie se cache une part de vérité.
Comme chez Molière, l'on n'en vient à ne plus savoir où la vérité cesse, où la bouffonnerie commence.
Découvrir "Knock" dans "La Petite Illustration" c'est remonter le temps pour découvrir la pièce, non plus dans son histoire, mais plutôt dans son actualité.
C'est aussi mieux l'appréhender grâce aux précieux commentaires de Robert de Beauplan.
C'est replonger dans les critiques de presse du lendemain de la répétition générale.
C'est entr'apercevoir, grâce aux quelques photos ajoutées, Louis Jouvet qui, sans le secours d'aucun maquillage, avec la seule expression de son masque osseux, de ses yeux perçants derrière ses lunettes, a donné au docteur Knock une intense réalité....


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cicou45
  05 décembre 2012
Toujours afin de compléter ma connaissance en manière de classiques, c'est mon mari qui m'a conseillé cette lecture qu'il avait lui-même étudié en classe de 5ème et je dois dire que le l'en remercie pour m'avoir orienté vers cette lecture.

Knock, après être arrivé dans un petit bled de campagne appelé Saint-Maurice rachète le cabinet du docteur Parpalaid. Il croit d'abord s'être fait arnaqué lorsque ce dernier lui raconte que la vie à Saint-Maurice est tranquille et que les gens ne sont jamais malades mais cela était sans compter sur sa prodigieuse capacité à envoûter son entourage et à son talent d'élocution. Pour reprendre une expression bien connue, "il aurait réussi à vendre de la glace à un esquimau".
Et c'est d'ailleurs ce qui se passe ici. Même les gens bien portants se voir découvrir par le docteur Knock une quelconque pathologie, à tel point que le chiffre d'affaires de ce dernier atteint des sommets et que le pharmacien voit son chiffre d'affaire multiplié par dix. Tout ça pour quoi ? "Par amour de le médecine", vous répondrait probablement Knock mais en réalité, il faut bien se rendre à l'évidence que c'est plus par amour de lui-même, pour flatter son ego alors qu'il n'y entend rien en médecine et pour se rendre indispensable que Knock agit de la sorte et avec une grande prouesse il faut bien le reconnaître.

Une pièce indémodable car il faut reconnaître que dans la société actuelle, non seulement certains médecins mais également les médias sont prêts à tout pour vous faire croire que vous êtes réellement malades ou susceptibles de l'être. Une fabuleuse satire de la société telle qu'elle l'était à l'époque où la pièce a été écrite et telle qu'elle continue à l'être.
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Patience82
  12 janvier 2016
Ca fait des années que je n'avais pas lu de pièce de théâtre, et encore plus longtemps que je n'y ai pas assisté. Cette lecture a été très agréable et j'ai beaucoup ri face à ces situations absurdes. C'est une histoire de manipulation. Comment obtenir ce que l'on veut pas simple suggestion. le peuple est manipulé par un grand esprit, et des opportunistes gravitent autour pour profiter de tout ça, certains avec moins de succès que d'autres.
Une lecture rapide et plaisante, que j'aimerais beaucoup voir en représentation.
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Malivriotheque
  17 novembre 2015
Le Dr Knock vient d'arriver dans la petite bourgade de Saint-Maurice où il rachète le cabinet du Dr Parpalaid. Ce dernier lui explique qu'il y a peu d'âmes à soigner dans le coin, mais le nouveau lui fait part d'une stratégie pour remplir son cabinet. Dès le premier jour, Knock met à exécution cette méthode, laquelle est très peu conventionnelle...

Voilà une pièce sympathique, très critique, se moquant en partie de la médecine qui se veut grande, plus grande que l'homme. Jules Romains couvre sur l'ensemble de sa pièce les différentes visions que peut générer cet "art" de la santé : du charlatanisme embobineur et voleur qui abuse de l'incrédulité des patients, au médecin de campagne considéré comme ne servant à rien par ces mêmes patients qui ne voient la médecine que par l'application de grands procédés mystérieux censément scientifiques à leurs yeux d'ignorantes petites brebis puisqu'il ne prescrit même pas de médicament coûteux pour parvenir à bout de petits bobos. Est-ce au final une critique seule du métier de médecin ? Pas si sûr. On a bien affaire à un examen accablant de la perception de la médecine par les hommes, leurs représentants (les médecins) ne surfant que sur les vagues du bon vouloir et des interprétations de ces derniers. Que dit Jules Romains au final ? Que ce n'est pas le docteur qui fait le médecin, mais bien le patient. La manipulation qu'exerce Knock donne en outre une image négative de l'homme-médecin, et pervertit l'art qui tend pourtant à aider autrui (de manière égoïste ou dans l'abnégation il s'entend). Knock ne fait pourtant que répondre à une demande, et voir un médecin s'affairer fait toujours mieux, pour l'image de la communauté et dans ses yeux, qu'un docteur qui se tourne les pouces et recommande des remèdes faciles et gratuits.
Le fameux 'triomphe de la médecine' en sous-titre est en soi non-négligeable, car même si le patient détermine l'existence de la médecine, c'est bien elle qui domine, au final, toute décision, toute perception de la santé. La médecine a ENORMEMENT évolué depuis l'apparition des premiers apothicaires et compagnie, depuis la saignée et les humeurs du sang. Jules Romains, certainement, appelle également à une modernisation de l'activité, aussi bien dans le temps que dans l'espace, avec les malades plus dociles car sans doute moins éduqués de la campagne.
Sans doute voyons-nous aussi l'idée de faire du chiffre sur l'ignorance, voire la vraie maladie, thème toujours d'actualité un siècle plus tard, les soins étant inaccessibles pour encore bon nombre d'êtres humains sur Terre.
Cette médecine au final tient un rôle à elle seule. Elle ne parle pas mais elle est là.
En résumé, c'est une pièce à plusieurs niveaux d'entendement, qui se laisse lire et certainement bien apprécier en représentation.
Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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rulhe
  16 septembre 2016
très bon livre contre la dépression
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Epictete
  09 décembre 2013
Bien des choses ont déjà été dites et écrites sur Knock.
Le mieux, c'est de le lire. Il ne se démode pas, On rit, on sourit et on se dit que ce Jules avait un génie d'observation et de compréhension du genre humain qui manque un peu aujourd'hui... sauf à nos plus grands humoristes.
Alors laissez tomber le fait qu'il est ancien, daté, voire scolaire. Offrez-vous un moment de fraîcheur : Lisez-le ! Relisez-le !
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olivberne
  13 décembre 2012
Voilà une pièce qui se prète à voir comme à lire, qui plaira aux grands comme aux petits et fera rire tout le monde.
La première partie est un peu longue, entre discussion sur le village, la médecine et des pannes de voiture, mais elle permet de mieux connaître les personnages et de deviner le projet de Knock.
La seconde partie montre la mise en place de ce projet et Jules Romain a utilisé le rire et la comédie burlesque pour ne pas nous effrayer de ce faux médecin qui commence à arnaquer ses patients. Et on rit franchement, comme avec Molière et le cours de grammaire du Bourgeois gentilhomme.
Enfin, la dernière partie est plus grincante et on prend peur de ce petit dictateur qui a répendu son emprise sur une région entière. On rit moins, on comprend enfin où nous a emmené Renard et comme les personnages, on est bleuffé, on s'est nous aussi fait avoir par ce mystificateur qu'on a trouvé sympathique, avant de comprendre qu'il était dangereux.
Cette pièce a plusieurs clefs d'entrée et je vous la recommande vivement. Attention, elle fait de l'effet: aujourd'hui, chaque fois que je me rends chez un médecin, je pense à Knock, en me demandant si je ne vais pas tomber sur un charlatan!
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