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EAN : 9782070361823
154 pages
Éditeur : Gallimard (23/08/1972)
3.43/5   132 notes
Résumé :
Approche-toi.
Tire un peu sur les manches, et sur le col. Ca va. Je te fais officier de la Légion d'honneur. Ne me remercie pas ! Tout le monde en ferait autant à ma place... Comme tu es grand, assez maigre, et que tu as le nez rouge, que ton faciès présente quelque chose à la fois de bilieux et d'alcoolique, tu seras mon attaché militaire. Quel grade veux-tu ? Colonel ? Tu es un peu jeune ! Commandant ! Je t'appellerai " Commandant ! " Tu m'appelleras : " Mo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
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HORUSFONCK
  25 mars 2020
Ce fut ma première lecture de Jules Romains, voici bien longtemps.
La farce était fort sympathique, qui ridiculisait pas trop méchamment le Politique, l'Armée et le Clergé.
Ce sont Ambert et Issoire, imprudemment ostentatoires sur la carte de France, qui feront les frais de ce canular minutieusement concocté.
Le livre est aimable, donc, et j'en relirai volontiers quelques bon morceaux bien savoureux dans mon souvenir.
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Medieviste
  14 novembre 2019
Une lecture que j'ai engagée contrainte et forcée (par les lois de la camaraderie), à cause du désagrément très prononcé que j'avais eu à regarder le film avec Claude Rich, Noiret et consorts. Film ouvertement franc-maçon (pour ceux qui l'ont vu: "Vous êtes maçon, Monsieur? - Moi aussi, je suis maçon!" etc.) qui évoque une volonté morbide de subversion destructrice par haine de la société française, et nous rappelle les dignes origines de mai 68 et du Syndicat de la Magistrature.
Eh bien, rassurez-vous: c'est une récupération et un détournement. Chez Jules Romains, rien de tel. L'esprit, tout différent, est celui d'une bande d'amis qu'emmerdent les conventions, les idées reçues, les allocutions officielles, lesquelles sans doute - à la différence du "politiquement correct" - n'étaient pas intrinsèquement toxiques, venimeuses et suicidaires, mais dont la médiocrité et "l'esprit de sérieux" n'en étaient - évidemment - pas moins ressentis comme épisodiquement asphyxiants par les jeunes gens intelligents, surtout s'ils aimaient la fantaisie.
Alors, tout y passe: les politiciens de province, l'Armée, les curés, mais il n'y a aucune haine, c'est drôle comme un monôme de potaches qui s'amuse sans intention de faire mal ou de mal faire. Le sermon du curé était ce que je redoutais le plus parce que je l'avais trouvé écoeurant dans le film. Or il est ici à se rouler par terre. C'est de la farce, et le cataclysme orgiaque en guise d'ite missa est relève de Rabelais ou Brassens (*). Un grand moment d'anthologie.
Cette lecture m'a poussée à une réflexion un peu plus profonde à partir du contraste entre le film et le roman. En effet, les dialogues, les scènes, et même le sermon du film sont étrangement fidèles à ceux de Jules Romains. Et cependant le film est répugnant et sinistre tandis que le livre est joyeux et optimiste. le tout, une fois de plus, n'est pas la somme des parties. C'est l'esprit qui fait l'oeuvre. L'âme au sens d'Aristote, le principe de mouvement qui la transcende et la fait vivre.
Je terminerai en ajoutant cette autre réflexion personnelle, qui, oh! sans doute ne casse pas non plus trois pattes à un canard (mais bon je n'ai jamais prétendu au génie): impossible de "citer des extraits"! Par définition, dans un grand roman, qu'il soit tragique, comique, les deux ou ni l'un ni l'autre, il n'y a rien à jeter, et toute citation paraît dérisoire au regard de l'ensemble. Il faudrait pouvoir tout citer, et comme dans une nouvelle de Borges, on se retrouverait à réécrire tout le bouquin!
Ah, si peut-être, l'appel à l'autorité de saint Pie X pour justifier le sermon... Mais non, lisez tout.^^
-
(*) On apprend par René Fallet que Brassens avait détesté le film. Pour quelle raison? C'est ce que Fallet ne dit pas. Mais je me plais à imaginer que Brassens était trop "sain" pour apprécier la subversion vicieuse; sa "subversion" à lui étant d'une toute autre nature, et certainement incompatible avec la haine sordide du film.
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pdemweb1
  31 mars 2015
Des livres, même en édition de poche, ont des vies courtes (les traductions des romans de Steven Saylor par exemple) et d'autres comme Les copains de Jules Romains ont une longue vie.
Jules Romains tourne en dérision trois institutions : l'armée, le clergé , les représentants de la vie politique. N'ayant aucun rapport avec ces institutions, je n'ai pas pu apprécier à leur juste valeur, les farces qu'il proposait.
La longue vie de l'édition cette étude de moeurs m'étonne, car le livre est politiquement incorrecte : Les copains se sentent heureux que lorsqu'ils ont bu plus de raison, les copains sont des parisiens qui jugent la province avec beaucoup de morgue.
Jules Romains qui s'est bien moqué des travers de la société, et il s'est fait élire à l'académie française, haut lieu de la société dont il s'est moqué. « Les copains » est sans doute une oeuvre de jeunesse.
Il y a eu deux éditions « des copains », une avant et après la première guerre mondiale, malgré cette guerre, le texte reste intemporelle, seule l'amour de la bicyclette permet de situer l'époque du roman.
L'édition de poche n'a pas de préface pour présenter le texte, c'est dommage car peut être que j'aurais pu être plus sensible à l'ambiance des "Copains".
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araucaria
  14 décembre 2013
Livre que je vais oublier rapidement. Je n'ai pas été emballée, j'ai trouvé cela fade sans grand intérêt. L'Odyssée de farceurs, qui ne m'aura pas amusée. Déçue quand même j'avais apprécié Knock du même auteur.
Lien : http://araucaria20six.fr/
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Corboland78
  25 mars 2012
Jules Romains (né Louis Farigoule), écrivain et Académicien, né en 1885 et décédé en 1972, auteur d'essais, poèmes, pièces de théâtre (Knock 1923) et de la série romanesque en 27 volumes Les Hommes de bonne volonté (1932-1947). Il est le « créateur » de l'unanimisme avec John Dos Passos aux Etats-Unis, une doctrine littéraire selon laquelle l'écrivain doit exprimer la vie unanime et collective, l'âme des groupes humains et ne peindre l'individu que pris dans ses rapports sociaux.
L'histoire débute dans un café, ce qui donne la tonalité générale du roman. Une discussion dégénère en pari quand un groupe de copains met en doute la capacité annoncée d'un litre, des pichets de vins servis par le patron. Chacun dans le troquet propose sa méthode, plus ou moins farfelue, pour vérifier les faits. Après cette mise en bouche, nous retrouvons nos copains, sept joyeux drilles, tellement contrariés par une carte de géographie où deux villes semblent les regarder avec des yeux malfaisants qu'ils décident d'aller y mettre un chambard monstre, et les voilà partis pour Ambert et Issoire dans le Puy-de-Dôme afin d'y assouvir leur terrible vengeance. Mais auparavant ils iront consulter le somnambule, un devin qui communique avec les esprits en prenant un bain de pieds dans une cuvette pleine de vin !
Se faisant passer pour un ministre, un ecclésiastique éminent ou un sculpteur généreux, notre petite troupe va investir les deux sous-préfectures et ridiculiser l'armée, l'église, l'administration, la morale et les notables. Je me tais sur les moyens utilisés pour ne pas vous gâcher la lecture, mais l'épisode du sermon dans l'église déclenchant de furieux réveils de libido parmi les fidèles vaut son pesant de cacahuètes…
Enfin vengés, nos larrons s'esbignent en douce et en vélo, vers les Cévennes pour conclure leur redoutable périple par un casse-croûte comme on les aime avec force cochonnailles et vins de toutes les couleurs.
Vous avez compris qu'on se bidonne tout au long du roman et c'est un bel exploit car le livre a été écrit en 1913, l'année prochaine débutera la boucherie de la Grande Guerre. Nos sept loustics, anarchistes sympathiques, ne pensent qu'à mettre le bordel sans pour autant avoir un message politique réel à faire passer, si ce n'est se moquer des institutions. Je dois dire que ces personnages m'ont beaucoup rappelé les Pieds Nickelés cette fameuse bande dessinée datant de 1908 pour sa première édition, même esprit, mêmes bêtises forfaitées par des potes et même amour de la dive bouteille. Si les amis de nos amis sont nos amis, les copains de Jules Romains sont nos amis pour la vie !
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
pdemweb1pdemweb1   31 mars 2015
Quand ils eurent déjeuné, Bénin réclama la note.
— C’est facile à compter. Vous avez d’abord la chambre, à cinquante centimes par personne…
Les copains échangèrent un regard évangélique, et considèrent l’hôtesse avec affection.
— Ça fait un franc… Puis les deux guignolets à soixante centimes chaque, ce qui nous fait un franc vingt, plus un franc, deux francs vingt…
Les copains échangèrent un deuxième regard qui voulait dire : « Le guignolet est un peu cher. Mais ça doit tenir au climat, et nous aurions tort de nous plaindre. »
— Puis deux cafés au lait à un franc chaque, ce qui nous fait deux francs. Deux francs et deux francs vingt, ça nous fait quatre francs vingt.
Bénin se hâta de tendre une pièce de cinq francs, et il ouvrait la main pour recueillir la monnaie.
— Ça fait juste le compte : trente centimes pour l’éclairage… quatre francs vingt et trente quatre francs cinquante… et cinquante centimes pour les deux bicyclettes… Vous ne laissez pas un petit pourboire ?…
— Mais… je n’ai pas vu de bonne… vous êtes bien la patronne ?
— Oui ! Faut vous dire, ma bonne est à la noce d’un de ses cousins ; mais elle rentrera demain… ça lui aurait sûrement fait plaisir…
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araucariaaraucaria   14 décembre 2013
Vercingétorix avait une pose simple, mais belle : la main gauche sur la cuisse, la main droite tenant les rênes de son cheval.
Vercingétorix était nu. Il avait pour tout équipage un bouclier, pendu à son dos; une sorte de sac, de musette gonflée, sur le flanc gauche; et des brodequins.
Vercingétorix avait une tête martiale, certes, mais singulièrement poilue; sa barbe lui remontait jusque sous les yeux, lui inondait les joues, et confluait avec une épaisse tignasse.
Il avait le corps poilu comme la tête; la toison longeait le sillon de la poitrine, s'épandait sur le ventre, et foisonnait plus bas. Cheveux et poils, d'ailleurs, parfaitement imités.
Son sexe, bien étalé sur l'échine du cheval, frappait à la fois par sa grosseur et par son naturel. Les dames, et plus d'une jeune fille, n'en finissaient pas de l'admirer.
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NiratremNiratrem   13 janvier 2016
Rassuré, il chercha un compartiment. Il voulait être seul, pour que son enthousiasme pût se dilater à l'aise, sans se friper sur de la chair humaine. Tous les compartiments qu'il inspecta étaient vides, ce qui compliquait les choses, car il n'y avait plus de raison de choisir. Mais la sagesse des voyageurs conseille le milieu des trains, qui est l'endroit le moins exposé aux risques des tamponnements comme aux rudesses de la traction.
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frederrenaultfrederrenault   04 novembre 2019
« Ah, Vercingétorix! Il me semble que j’entends ta voix rude. Tu nous dis: « Enfants d’Auvergne, avec ma sueur, avec mon sang, j’ai cimenté les bases de la démocratie. J’ai... ». Alors il se produisit quelque chose de si effrayant, de si miraculeux, de si impossible que chacun douta de sa raison et pâlit. La statue ouvrit la bouche. La statue cria: - C’est pas vrai! Elle se tut, puis cria encore: - J’ai jamais parlé de ça! Et d’abord je te défends de me tutoyer! C’est pas devant moi qu’il faut sortir tes boniments! Vieille lope! Tu vas me faire rendre ma nourriture! Fous le camp que je te dis! Fous le camp !
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Corboland78Corboland78   25 mars 2012
Lamendin ! A ton tour !... Mais cette redingote te va comme un gant ! A peine quelques plis sous les bras et des effets de boudin dans la région du ventre. D’ailleurs tu n’es pas astreint comme ton compagnon à une élégance militaire. Un peu d’embonpoint, un certain avachissement de la chair et de l’esprit, je ne sais quelle descente de la cervelle dans les fesses, ne messiéent pas à un haut fonctionnaire. Car tu as mûri dans les bureaux. L’âge et la faveur t’ont promu à un poste élevé. Je t’appellerai : « Mon cher directeur », n’est-ce pas ? – Compris !
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Vidéo de Jules Romains
Dans l'Allemagne exsangue et tumultueuse des années 1920, le Bauhaus est plus qu'une école d'art. C'est une promesse. Une communauté dont le but est de mettre en forme l'idée de l'Homme nouveau. En 1926, l'école s'installe à Dessau. Dans le grand bâtiment de verre et d'acier, Clara, Holger et Théo se rencontrent, créant une sorte de Jules et Jim. À Berlin, toute proche, le temps s'assombrit. Les convictions artistiques ou politiques ne sont pas les seuls facteurs qui décident du cours d'une vie. Ce sont aussi, entre rêves d'Amérique et désirs de Russie, d'autres raisons et déraisons. Lorsque l'école sera prise dans les vents contraires de l'Histoire, les étudiants feront leurs propres choix. À qui, à quoi rester fidèle, lorsqu'il faut continuer ?
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