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EAN : 9782253124382
339 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (14/03/2008)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 35 notes)
Résumé :

Chaque mois, depuis des années, Jacqueline de Romilly essaie de nous faire partager son amour de la langue française. Ce qu'elle veut avant tout, c'est nous en donner le goût. C'est-à-dire qu'elle insiste plus sur les beautés de cette langue que sur les dangers qui la menacent. A partir d'un mot qu'elle a choisi, elle cherche à en préciser le sens, la valeur correcte, l'étymologie, ainsi que l'évolution qui, en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
leluez
  13 juin 2012
Ce recueil de chroniques est composé d'articles parus sous la rubrique "Santé de la langue" dans Santé Magazine de 1998 à 2006.
Jacqueline de Romilly décortique mots et expressions en allant chercher aux origines, en nous en racontant l'histoire et aussi en déplorant certains usages qui appauvrissent la langue.
C'est un livre que l'on peut lire en picorant, chaque chronique est ciselée et j'ai beaucoup appris en le lisant. On a souvent le sentiment de se faire gronder (je me suis parfois reconnu dans les travers qu'elle dénonce), mais cela fait du bien et il n'y a rien de passéiste dans les plaidoiries exigeantes de l'auteur.

Lien : http://allectures.blogspot.f..
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afadeau
  09 décembre 2019
La place des femmes est actuellement, bien souvent, au coeur de l'actualité : salaires plus bas que ceux des hommes, faible représentation dans les cercles dirigeants, sexisme quand ce ne sont pas des violences physiques... le constat est plutôt convaincant sans que se dessine nettement une évolution rapide sur tous ces sujets. En effet le prolongement législatif et financier pouvant faire évoluer rapidement cette situation semble assez faible.
Ce livre, « Dans le jardin des mots » de Jacqueline de Romilly de l'Académie française, comme il est précisé sur la couverture, me donne envie de mettre au premier plan une de ces femmes exceptionnelles – elles sont nombreuses – ayant marqué leur temps, et d'interroger la place qui est la leur au sein d'une institution aussi conservatrice que l'Académie française !
Jacqueline de Romilly, appartenant au passé, a encore des choses à nous dire. Elle est à la jonction d'un monde qui s'estompe, celui d'une culture large et ancienne, et d'un monde moderne où l'efficacité et l'entreprise souveraine privilégie l'immédiateté.
Elle a été la première femme Professeure au Collège de France, puis la première femme membre de l'Académie des Inscriptions et belles-Lettres. Elle a été la deuxième femme, après Marguerite Yourcenar, à entrer à l'Académie française en 1988. Elle est la seule femme à avoir été membre de deux académies de l'Institut de France (qui possède au total 5 académies puisqu'il existe également l'Académie des sciences, l'Académie des beaux-arts et l'Académie des sciences morales et politiques). Loin de moi l'idée de faire la gloire des Académies et de leur fonctionnement mais, tout comme les cathédrales, elles sont un bien commun et font partie d'un legs culturel précieux. Je viens de visiter l'Institut de France, quai Conti à Paris, et j'ai ressenti cet incroyable poids de l'histoire qui arrive jusqu'à nous.
Pour l'Académie française ce sont 40 fauteuils et un 41ème, dit-on, fictif bien entendu, pour tous ceux qui n'ont jamais siégé. Ils sont nombreux et ont portant gagné la postérité : Descartes, Molière, Pascal, Rousseau, Diderot, Beaumarchais, Balzac, Flaubert, Stendhal, Maupassant, Baudelaire, Zola... alors que bien des écrivains ont siégé et sont maintenant totalement oubliés. Et actuellement certains siègent on ne sait pas trop pour quelle oeuvre littéraire : je me souviens que l'élection de Valéry Giscard d'Estaing ou encore celle d'Alain Finkielkraut ont donné lieu à de vives contestation.
Tous ces braves académiciens passeront au grand tamis du temps qui semble ne pas faire trop mal son travail si on en juge par les recalés.
Jacqueline de Romilly, académicienne donc, a consacré sa vie à la langue grecque et à la sauvegarde des enseignements littéraires. Elle a enseigné le grec ancien dans les écoles les plus prestigieuses – La Sorbonne, École normale supérieure, Collège de France, Universités –. Elle affirmait « nos ennemis ne sont pas à l'extérieur, mais bien à l'intérieur des institutions », visant des Ministères de l'Éducation nationale toujours occupés à couper dans des programmes culturels, littéraires ou autres, non directement nécessaires, de leur point de vue, au fonctionnement économique stricto sensu.
Dans ce livre, elle choisit des mots et en précise l'origine, les évolutions d'usage. Ainsi, elle nous guide dans ce beau jardin (c'est aussi un beau titre) où, à côté du mot carotte on trouve la couleur, voire le paquet de tabac et même la forme de l'enseigne des bureaux de tabac.
Au gré des parcours dans les allées de ce jardin extraordinaire, on pourra :
• visiter le mot omnibus, transport pour tous qui devient autobus, deux termes accolés mais sans le sens originel.
• apprendre si on ne le sait pas que le h à l'intérieur des mots signale une origine grecque (comme théâtre, orchestre…) et que Homme avec sa racine latine, signifie né de la terre, ce que beaucoup ont oublié.
• que catholique signifie étymologiquement universel, qui s'applique à l'humanité entière, ce que l'on oserait difficilement affirmer aujourd'hui si on estime que le respect des différences est une bonne chose. de même orthodoxe signifie, qui fait la bonne interprétation, donc un point de vue limité…
• s'arrêter sur les beaux mots autour de la couleur rouge : vermeil, vermillon, garance, amarante (rouge foncé), pourpre, écarlate, cramoisi, grenat, rubicond…
• être intrigué par l'évolution du verbe s'étonner, anciennement c'est être comme frappé par la foudre, un terme qui a perdu beaucoup de sa force.
• décortiquer le mot roman… au départ il désigne un texte écrit en langue romane et que le bouquin est un mot emprunté au néerlandais où on retrouve le terme anglais et allemand pour livre, book et Buch…
• s'intéresser au terme gauche, sinister en latin qui a donné sinistre en français… pour dire l'aspect péjoratif de ce terme… jurer de la main gauche ou se marier de la main gauche et autres expressions du même ordre. Est-ce un avantage pour la communication de la droite au niveau politique ?
• réfléchir au sens d'hôte décliné en hôtel et hôpital : à l'origine en grec il n'y avait qu'un mot : xénos désignant à la fois l'hôte et l'étranger du fait d'un rapport à l'hospitalité très fort. de nos jours xénos n'existe plus que dans le terme xénophobe ! Soit le contraire de l'hospitalité grecque…
Jacqueline de Romilly affirme qu'une langue mal utilisée peut disparaître, le latin a donné le bas latin avant de disparaître totalement, ce qui a correspondu à la chute de l'empire romain… Nous sommes prévenus et sommés de bien cultiver le jardin partagé des mots.
Au final un joyeux bric-à-brac qui a toujours sa place dans une bibliothèque d'amoureux des livres et des bons mots…
Pour avoir la version avec photo personnelle en hommage à l'auteure, rendez-vous sur mon blog, non commercial, Bibliofeel ou Clesbibliofeel. En indiquant votre adresse mail pour recevrez automatiquement les nouveaux articles (voir au départ dans indésirables)

Lien : https://clesbibliofeel.blog/
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amaryllis
  15 juin 2012
Jacqueline de Romilly est connue pour ses écrits sur le grec ancien mais aussi parce qu'elle était une académicienne. Dans ce livre sont rassemblées ses contributions pour Santé magazine où elle évoque la santé de la langue française.
Chaque chapitre se consacre à un point de grammaire, à une expression, à des mots de vocabulaire... Les thèmes sont assez riches et divers, ce peut être sur l'appauvrissement ou l'enrichissement de la langue. Elle se désole sur certains emplois de la langue malmenée surtout à l'oral mais elle s'émerveille aussi de son évolution à partir du grec, du latin...
C'est une petite merveille. Ce n'est pas un sempiternel livre où l'auteur se désole de l'évolution de la langue française aujourd'hui. Et ce n'est absolument pas moralisateur. Jacqueline de Romilly note les fautes, les évolutions et ne se pose pas seule en gardienne de la langue mais c'est le lecteur et tout un chacun qui doivent la défendre et l'utiliser correctement. Elle note avec émerveillement la richesse de la langue française, son évolution perpétuelle mais aussi des menaces qui planent sur elle.
Ce livre ne se lit pas comme une histoire d'un fil continu mais on peut lire quelques chapitres deci delà sans tenir compte de l'ordre. On apprend beaucoup de choses, des faits de langue ou des erreurs communes qui nous sont expliqués. Mais on n'apprend pas seulement pleins de choses, c'est aussi un vrai plaisir de lecture de lire quelqu'un qui manie et choisit les mots avec justesse. C'est très plaisant et même assez drôle parfois sur l'emploi de certaines expressions ou fautes. C'est limpide, clair, rien n'est de trop.
Pour tous les amoureux du français, je vous conseille ce petit livre qui vous ravira par son savoir et pour le plaisir des mots.
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Apoapo
  06 février 2016
Plutôt déçu par la simplicité des articles, assez superficiels et répétitifs. Dans la première moitié du recueil, j'ai eu le sentiment de ne pas apprendre grand-chose aux étymologies grecques et latines évoquées. Ensuite, écartée la motivation de l'apprentissage, je me suis laissé bercer par la petite musique narrative qui surgit souvent d'associations lexicales parfois inattendues parmi ces familles de mots, de "tours" (ou tournures), d'expressions et de locutions pourtant familières. Un certain plaisir pour la démarche, en somme, malgré les inconvénients de la forme des articles.
Par contre, j'ai été profondément gêné, souvent indigné par l'incessante remarque très mesquinement didactique sur le mauvais état de santé de la langue française. J'y retrouve la marque de l'institutrice du siècle d'avant, qui se refuse à sortir du manichéisme : "bon usage" (clarté, précision, voire grâce de la langue classique, telle qu'elle nous a été transmise par le théâtre racinien) vs. "fautes", multiples et diverses, mais notamment par simplification, familiarisation, argotisation, ainsi que par invention de vocabulaire, notamment abstrait, assimilé vertement à du pédantisme.
J'ai beaucoup de respect pour feue Madame de Romilly. J'ai de la familiarité avec cette néfaste vision professorale au crayon rouge-et-bleu. Je connais mon ignorance du bon usage et commets de multiples fautes dans ma vie, dont celles de langue(s), et ne me soustrais point aux formes de pédantisme ci-dénoncé, vis-à-vis desquelles j'éprouve même parfois une certaine délectation.
J'ai toutefois un trop grand amour des langues pour vouloir leur refuser, sans appel, tout ce qu'elles contiennent de richesses socio-linguistiques, connotatives, rythmiques, dynamiques et évolutives, et dans les multiples intentions (y compris affectives, ou identitaires, ou transgressives, ou artistiques) des locuteurs de tous les temps. Je demeure persuadé qu'il existe de multiples facettes même psychologiques expliquant l'apparition des dysorthographies, qui ne sont pas les ennemies de la langue. Je souscris à une verticalité de celle-ci, dans laquelle nous nous inscrivons tous, dès la naissance ou ensuite, sachant bien entendu que la langue nous précède et qu'elle nous succédera, qu'elle nous dépasse toujours car notre maîtrise à tous, dans toutes nos langues, est inévitablement autant perfectible que réversible. Je crois que la langue nous traverse et qu'elle ne saurait être mise en danger par les modifications que nous lui imprimons, individuellement ou collectivement, ne serait-ce que par ignorance ou par paresse ou par caprice. Car tout cela aussi fait partie d'une vitalité qui, a contrario, fait défaut aux langues mortes - la mort étant de toute chose le suprême danger...
Si enfin la langue est un monument plus pérenne que le bronze, qu'elle soit donc, dans le jardin des mots, une statue équestre, sur laquelle les pigeons de toutes races et couleurs se posent et défèquent !
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Vibrisse
  10 novembre 2011
Pas très digeste sur une lecture en flux continu, ce livre prend tout son sens si on y butine régulièrement, comme une bouffée d'oxygène linguistique, entre deux romans. Régulièrement, on y fait une découverte, que l'on aura à coeur de mémoriser en y revenant. C'est un plaisir de laisser la langue experte de Jacqueline nous professer son art, plaisir que l'on devine partagé.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
leluezleluez   13 juin 2012
Les lectures, les connaissances pêchées ici ou là, tout contribue à cet enrichissement des mots. Même nos souvenirs personnels, même ceux de conversations , de mots entendus, de paysages aimés. Il faut d'abord employer les mots correctement, ensuite les reconnaître dans leur histoire même, et enfin, s'entraîner à percevoir, à l'usage, toutes les résonances poétiques que peut leur apporter ce retentissement secret.
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afadeauafadeau   09 décembre 2019
La pire faiblesse, pour le langage, est sans doute de se contenter d'à-peu-près, alors que l'on dispose de tout un éventail de mots, de sens voisin, permettant de nuancer sa pensée et d'éviter les malentendus.
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eterneleternel   17 avril 2018
La transparence des mots donne le même plaisir qu'une photographie bien mise au point : on reconnait tout.
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eterneleternel   18 avril 2018
La grande tradition française a toujours été d'aller droit au but et de s'exprimer avec netteté.
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Videos de Jacqueline de Romilly (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacqueline de Romilly
Affinités électives. Par Francesca Isidori - Avec Jacqueline de Romilly. Le 10 mai 2007, Francesca Isidori recevait la femme de lettres Jacqueline de Romilly pour l’émission “Affinités électives”, diffusée sur France Culture. Photographie : Jacqueline de Romilly © AFP Alexandre Fernandes. Née à Chartres, en 1913 (fille de Maxime David, professeur de philosophie, mort pour la France, et de Jeanne Malvoisin), elle a épousé en 1940 Michel Worms de Romilly. Elle a effectué sa scolarité à Paris : au lycée Molière (lauréate du Concours général, la première année où les filles pouvaient concourir), à Louis-le-Grand, à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm (1933), à la Sorbonne. Agrégée de lettres, docteur ès lettres, elle enseigne quelques années dans des lycées, puis devient professeur de langue et littérature grecques à l'université de Lille (1949-1957) et à la Sorbonne (1957-1973), avant d'être nommée professeur au Collège de France en 1973 (chaire : La Grèce et la formation de la pensée morale et politique). Du début à la fin, elle s'est consacrée à la littérature grecque ancienne, écrivant et enseignant soit sur les auteurs de l'époque classique (comme Thucydide et les tragiques) soit sur l'histoire des idées et leur analyse progressive dans la pensée grecque (ainsi la loi, la démocratie, la douceur, etc.). Elle a également écrit sur l'enseignement. Deux livres sortent de ce cadre professionnel ou humaniste : un livre sur la Provence, paru en 1987, et un roman, paru en 1990. Après avoir été la première femme professeur au Collège de France, Jacqueline de Romilly a été la première femme membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres (1975) et a présidé cette Académie pour l'année 1987. Elle est membre correspondant, ou étranger, de diverses académies : Académie du Danemark, British Academy, Académies de Vienne, d'Athènes, de Bavière, des Pays-Bas, de Naples, de Turin, de Gênes, American Academy of Arts and Sciences, ainsi que de plusieurs académies de province ; et docteur honoris causa des universités d'Oxford, d'Athènes, de Dublin, de Heidelberg, de Montréal et de Yale University ; elle appartient à l'ordre autrichien “Ehrenzeichen für Wissenschaft und Kunst” et a reçu, en 1995, la nationalité grecque et est nommée, en 2001, ambassadeur de l'Hellénisme. Elle a aussi reçu de nombreux prix : Prix Ambatiélos de l'Académie des inscriptions et belles-lettres(1948), prix Croiset de l'Institut de France (1969), prix Langlois de l'Académie française (1974), Grand prix d'Académie de l'Académie française (1984), prix Onassis (Athènes, 1995). Ella est élue à l'Académie française, le 24 novembre 1988, au fauteuil d'André Roussin (7e fauteuil). Son dernier ouvrage : “Tragédies Grecques au fil des ans” paraîtra en juin 2007 aux éditions des Belles Lettres. Il s'agit d'un recueil d'études sur la tragédie grecque du dernier tiers du Ve siècle av. J.-C. et ses rapports avec les mouvements intellectuels athéniens. Jacqueline Worms de Romilly, née Jacqueline David le 26 mars 1913 à Chartres et morte le 18 décembre 2010. Invitée : Jacqueline de Romilly Source : France Culture
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>Langues romanes. Français (558)
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