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EAN : 9782253151814
220 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (14/11/2001)

Note moyenne : 4.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :

Helléniste de renom et membre de l'Académie française, Jacqueline de Romilly participe au débat sur la violence en proposant de prendre quelques siècles de recul. "Laissons parler les Grecs sur la violence.

Laissons-les nous dire ce qu'elle est et pourquoi ils n'en veulent pas. Peut-être cela nous aidera-t-il à préparer un monde où celle-ci soit enfin un peu moins virulente." Et les Grecs connaissaient la violence : n'ont-ils pas créé la trag... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
madamelafee
  04 juin 2015
Toutes les époques ont connu la guerre et la violence, certaines périodes étaient plus meurtrières que d'autres. Je n'en dresserai pas la liste tout le monde sait le faire. La violence se déchaîne, s'est déchaînée et se déchaînera encore un peu partout dans le monde et elle existait bien évidemment au temps des Grecs.
Le Vème siècle avant J.C était une époque violente mais bien différente de la nôtre en ce sens que l'antiquité était polythéiste, les guerres pour la religion étaient inexistantes. Alors que depuis des siècles et encore aujourd'hui, par exemple avec les minorités d'Orient, les guerres de religion sont omniprésentes.
Tout l'intérêt de ce livre est que J. de Romilly analyse la Tragédie et se pose la question de savoir pourquoi il y eut tant de violences dans ces oeuvres alors que les grecs et en particulier les Athéniens avaient des idéaux de pardon et de pitié.
Les Dieux dans l'antiquité sont présents et ont une grande influence sur les hommes.
J'avais du mal à croire à l'indulgence et à la douceur des grecs !! J. de Romilly s'est interrogée sur le rapport qu'il peut y avoir entre la violence divine et l'aspiration humaine à la douceur et maintenant grâce à elle je comprends mieux leur tolérance.
Je me suis laissée guider par J. de Romilly à travers la Tragédie pour mieux comprendre pourquoi la grèce antique ne voulait pas de la violence.
La Tragédie nous montre la caractère odieux de la violence sans nier son existence, elle l'analyse, la dénonce et la condamne.
La Tragédie inspire des sentiments de crainte et de pitié elle est donc par nature liée à la violence.
Les auteurs grecs bien connus comme Eschyle, Sophocle et Euripide ont analysé la violence pour protester contre elle.
Dans l'Orestie, Eschyle montre un déchaînement de violence pour être par la suite condamnée car les Erynies sont au début de sombres déesses qui deviennent par la suite avec l'avènement de la justice d'Athéna des Euménides ou des déesses bienveillantes. Dans les oeuvres théâtrales il y a toujours un "Deus ex Machina" qui surgit et incite les personnages à apaiser leurs passions.
Un grand nombre de tragédies ont condamné aussi la tyrannie avec force ex. : Prométhée.
La civilisation grecque a inséré des lois pour qu'il y ait une justice et a établi des jugements pour éviter toute vengeance. C'est grâce à leur esprit de justice que les grecs ont pu bâtir des cités.
Puis d'autres valeurs surpassent la justice chez les grecs c'est la douceur, l'indulgence, la pitié, le pardon. Avec l'Iliade nous sommes projetés vers ces sentiments. Lorsque Priam demande le corps de son fils Hector à Achille celui-ci est touché par la pitié.
Lorsque Hippolyte est blessé puis tué par son père, la déesse recommande à Hippolyte de lui pardonner son geste car il ne savait pas ce qu'il faisait. le pardon se mêle à la justice.
Autres exemples de la violence lors des batailles avec les Perses. Eschyle qui y participait décrira cette bataille du côté des Perses cela devient alors un plaidoyer contre la violence et dans les 7 contre Thèbes toujours d'Eschyle il nous décrit la terreur des femmes qui craignent d'être emmenées en servitude.
La violence divine est toujours présente elle aussi et elle apparaît nettement ave Médée. Médée est une mère cruelle, elle est décrite comme telle par les grecs car c'est une étrangère et en plus c'est une magicienne elle échappe donc à la condition humaine et se rattache à une puissance divine éprise de vengeance.
Mais quelle a été la réponse des hommes face à la violence des Dieux ?
L'humanisme car l'homme est devenu fragile.
La fragilité mène à l'humanité,
l'humanité mène à l'indulgence et l'indulgence mène à la bonté, à la douceur, à la tolérance !
Je voudrais dire aussi que les oeuvres grecques ne sont pas manichéennes, elles montrent par exemple la violence d'Achille et d'Hector. Achille et Hector sont des héros magnifiques, valeureux, braves, héroïques, souvent plaisants et violents, nous les admirons pour leur courage et leur ardeur au combat. Et bien la littérature grecque analyse les actes de ces héros, les rendent blâmables et condamnables.
Nous avons donc beaucoup à apprendre des grecs pour analyser et condamner la violence. La lecture de ces tragédies nous apportent et apporteront aux générations futures que des bienfaits pour comprendre le coeur des hommes.
Et c'est grâce à cette grande helléniste que fut J. de Romilly que j'ai pu saisir un peu mieux le sens de toutes ces tragédies et surtout la grande découverte que fut pour moi la non violence des âmes grecques face à la violence divine.
Je vous conseille la lecture de ce très beau livre d'une part pour découvrir ou redécouvrir cette grande civilisation qu'était le Grèce antique et d'autre part pour mieux se représenter l'état d'esprit des grecs de l'antiquité.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
BouldegomBouldegom   08 juillet 2015
Je n'imagine certes pas que la littérature soit le premier remède contre la violence, ni le plus efficace. S'il y a beaucoup à faire pour restaurer les sentiments que je viens de dire, il y a beaucoup à faire d'abord dans la réalité. Mais l'aide de la littérature, l'aide de l'enseignement, l'aide des textes, l'aide de la Grèce, pourquoi s'en priver, quand elle est là, réconfortante et lumineuse, capable de nous aider, et à portée de notre main?
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madamelafeemadamelafee   01 juin 2015
Il existe bien des merveilles, mais il n'est pas de plus grande merveille que l'homme : Sophocle Antigone
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Videos de Jacqueline de Romilly (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacqueline de Romilly
Affinités électives. Par Francesca Isidori - Avec Jacqueline de Romilly. Le 10 mai 2007, Francesca Isidori recevait la femme de lettres Jacqueline de Romilly pour l’émission “Affinités électives”, diffusée sur France Culture. Photographie : Jacqueline de Romilly © AFP Alexandre Fernandes. Née à Chartres, en 1913 (fille de Maxime David, professeur de philosophie, mort pour la France, et de Jeanne Malvoisin), elle a épousé en 1940 Michel Worms de Romilly. Elle a effectué sa scolarité à Paris : au lycée Molière (lauréate du Concours général, la première année où les filles pouvaient concourir), à Louis-le-Grand, à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm (1933), à la Sorbonne. Agrégée de lettres, docteur ès lettres, elle enseigne quelques années dans des lycées, puis devient professeur de langue et littérature grecques à l'université de Lille (1949-1957) et à la Sorbonne (1957-1973), avant d'être nommée professeur au Collège de France en 1973 (chaire : La Grèce et la formation de la pensée morale et politique). Du début à la fin, elle s'est consacrée à la littérature grecque ancienne, écrivant et enseignant soit sur les auteurs de l'époque classique (comme Thucydide et les tragiques) soit sur l'histoire des idées et leur analyse progressive dans la pensée grecque (ainsi la loi, la démocratie, la douceur, etc.). Elle a également écrit sur l'enseignement. Deux livres sortent de ce cadre professionnel ou humaniste : un livre sur la Provence, paru en 1987, et un roman, paru en 1990. Après avoir été la première femme professeur au Collège de France, Jacqueline de Romilly a été la première femme membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres (1975) et a présidé cette Académie pour l'année 1987. Elle est membre correspondant, ou étranger, de diverses académies : Académie du Danemark, British Academy, Académies de Vienne, d'Athènes, de Bavière, des Pays-Bas, de Naples, de Turin, de Gênes, American Academy of Arts and Sciences, ainsi que de plusieurs académies de province ; et docteur honoris causa des universités d'Oxford, d'Athènes, de Dublin, de Heidelberg, de Montréal et de Yale University ; elle appartient à l'ordre autrichien “Ehrenzeichen für Wissenschaft und Kunst” et a reçu, en 1995, la nationalité grecque et est nommée, en 2001, ambassadeur de l'Hellénisme. Elle a aussi reçu de nombreux prix : Prix Ambatiélos de l'Académie des inscriptions et belles-lettres(1948), prix Croiset de l'Institut de France (1969), prix Langlois de l'Académie française (1974), Grand prix d'Académie de l'Académie française (1984), prix Onassis (Athènes, 1995). Ella est élue à l'Académie française, le 24 novembre 1988, au fauteuil d'André Roussin (7e fauteuil). Son dernier ouvrage : “Tragédies Grecques au fil des ans” paraîtra en juin 2007 aux éditions des Belles Lettres. Il s'agit d'un recueil d'études sur la tragédie grecque du dernier tiers du Ve siècle av. J.-C. et ses rapports avec les mouvements intellectuels athéniens. Jacqueline Worms de Romilly, née Jacqueline David le 26 mars 1913 à Chartres et morte le 18 décembre 2010. Invitée : Jacqueline de Romilly Source : France Culture
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