AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2253149861
Éditeur : Le Livre de Poche (15/01/2001)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 25 notes)
Résumé :

Notre mémoire est plus riche que nous ne le croyons. A condition de « laisser flotter les rubans » du souvenir, elle nous ouvre un champ infini d'émotions et de sentiments. Un mot d'un être cher, qui revient à l'esprit, une rencontre qui n'a pas eu de suite, une scène à laquelle on a été mêlé sans la comprendre, un remords qui soudain vous assaille... Ces infimes détails de la vie disent bie... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Mimimelie
  20 août 2014
« Laisse flotter les rubans »… quel merveilleux titre, quel merveilleux livre ! qui n'est pas pour moi sans rapprochement avec « le trésor des savoirs oubliés » autre recueil magnifique de Jacqueline de Romilly, car notre mémoire aussi est riche de trésors près à s'offrir pour peu qu'on « laisse flotter les rubans du souvenir ».
Cette grande érudite, Jacqueline de Romilly dont on ne va pas énumérer ici tous les honneurs qui lui ont été décernés et qui du début à la fin de sa vie s'est consacrée à la littérature grecque ancienne, se révèle ici une magnifique conteuse pour notre plus grand régal, du moins pour celui de ceux et celles qui aiment à comprendre le sens et la portée des insignifiantes petites choses, paroles ou événements de nos vies pour leur donner sens ou poésie.
Jacqueline de Romilly nous offre dans ce recueil 14 nouvelles brèves qui chacune nous enseigne que, pourvu qu'on lève le voile qui souvent opacifie notre vue ou notre coeur, nous pouvons accéder à l'élargissement, à l'ouverture de notre coeur mais aussi accéder à la compréhension de nos faiblesses, au travers de celles que nous tolérons si mal chez les autres.
Je ne saurais dire si l'auteure, sous le couvert de son imagination subtile, nous livre ici quelques-uns de ses souvenirs, mais j'ai été frappée par le fait que sur ces 14 nouvelles pas une d'elles n'a manqué de trouver un écho dans ma vie…..(humaine exception où es-tu ?)
Inutile aussi de vous dire que l'écriture est d'une grande simplicité, lumineuse et toute en subtilité.
La dernière page tournée de ce livre qui sans aucun doute comptera parmi mes lectures de cette année, j'ai été animée d'un grand sentiment de gratitude pour la générosité de cette auteure.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
Gabrielle_Dubois
  28 mars 2019
Laisse flotter les rubans est un recueil de nouvelles… féminines ! Oui, je crois que ces histoires sont profondément féminines. Chaque nouvelle s'attache à un tout petit moment de la vie d'une femme : un regard, une réflexion, une phrase, une pensée, un détail, un souvenir vague. C'est une chose en apparence insignifiante qui va bouleverser les vies de chacune des femmes de ces nouvelles ; un petit grain de sable qui va les faire se remettre en question, revoir entièrement leur vie jusqu'à ce moment, se rendre compte qui, exactement, sont les personnes qui leur étaient proches : amies, maris.
C'est aussi léger qu'une plume qui se pose délicatement sur la surface lisse d'un lac, mais qui soudain le met en mouvement ; et alors, l'image change : de nette, elle devient floue, multiple, puis se lisse de nouveau, mais le ciel et les arbres qui s'y reflétaient dedans ont déjà changé : quelques feuilles sont tombées, quelques nuages sont apparus. Et ce n'est pas toujours plus triste : un ciel ressemble plus à un ciel quand quelques nuages, purs et blancs ou ombrageux et gris, y courent ; un arbre est en perpétuel changement, il vit, ses feuilles tombent, mais il renaîtra au printemps suivant.
La vie a des orages, la vie a des hivers, mais si on arrive à les affronter, on en sort plus fort.
Alors, laisser flotter les rubans. Sachez lâcher prise de temps en temps. Comprendre et pardonner. Ou comprendre et ne pas pardonner. On a le choix, l'essentiel est, au final, de s'arranger de la vie qu'on se fait, d'être en paix avec soi-même.
Vous donner quelques citations seraient vous révéler les intrigues des nouvelles, ce serait dommage.
Mais je peux vous dire encore que Laisse flotter les rubans parle du temps qui accumule les rancoeurs, du temps qui efface les douleurs, du temps qui passe.
Le temps qui passe, lui, ne parle que très peu aux jeunes gens. le temps qui passe parle mieux aux personnes qui ont vu le temps passer.
Tant de questions se posent dont chacun est seul pour trouver non pas la réponse, mais sa propre réponse :
Ce livre est inspirant, ne trouvez-vous pas ?
Allez, quelques citations, pour le plaisir, je ne peux pas résister au plaisir ! Et aussi pour m'expliquer à moi-même pourquoi ce livre a tant résonné en moi.
« C'est alors que la chose arriva.
Quoi ? Qu'arriva-t-il ?
À vrai dire, rien du tout. Simplement, elle vit devant elle la beauté de l'arbre dont les feuilles brillaient dans la lumière et accrochaient le soleil ; et elle en fut comme suffoquée. Jusque-là, elle n'avait rien regardé : elle travaillait et elle bataillait… La beauté de l'olivier dressé dans la lumière lui pénétra le coeur, comme si c'était le premier olivier qu'elle eût jamais vu. »
Il y a des années, j'ai eu un accident qui a entraîné de gros bouleversements dans ma vie personnelle. Après cela, et après quelques années pour se remettre, j'ai eu cette impression de pouvoir enfin ouvrir les yeux. Et vous voulez que je vous dise ? La vie peut être inattendue et merveilleuse !
« Vieillir est dur à supporter ; mais vieillir est aussi un enrichissement immense et une force. Être seule n'est pas gai ; mais être seule est aussi sentir monter en soi les ressources, la disponibilité, l'équilibre que ne possède pas la jeunesse. »
Je suis bien d'accord. Pour rien au monde je voudrais me retrouver à l'âge de vingt ans. Par contre, si le temps voulait bien ralentir un petit peu, je ne serais pas contre !
« le souvenir est remonté ensuite, profitant de cette petite fenêtre entrouverte : il fallait bien que quelque chose l'eût appelé. Trop souvent on vit à la va-vite : on ne perçoit pas ces appels. Pourtant, ils existent. »
Les appels existent bel et bien, je les entends souvent. Mais il faut bien tendre l'oreille !
« En fait, Judas dut avoir à peu près la même expression quand lui aussi commis sa trahison, car se sentir inférieur et coupable met au coeur la rage de détruire. »
Ô combien c'est finement analysé et vrai et malheureux, à moins que… à moins qu'on écoute plus les histoires racontées par les femmes auteures dans les livres, par les femmes réalisatrices au cinéma et alors, qui sait si le 21ème siècle ne sera pas féminin et beau ? C'est à tenter, qu'est-ce qu'on risque ?
Le futur est femme, c'est aujourd'hui, Gabrielle Dubois©
Lien : https://www.gabrielle-dubois..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
mireille.lefustec
  14 septembre 2014
Quel plaisir de lecture!!!
La qualité de l'écriture est un magnifique cadeau.
Commenter  J’apprécie          60
ptiteComete
  20 août 2012
Très bien écrit; ambiance un peu surannée
Commenter  J’apprécie          11
indelebilevagabonde
  28 décembre 2016
Quatorze nouvelles,
un thème commun
, largement développé,
celui de l’antichambre de la mémoire et des souvenirs, ou comment ceux-ci aiment se rappeler à nous le temps d’une fuite ou d’une fulgurance.Les rubans symbolisent les liens, ce qui rapproche, qui tient le fil ténu, les souvenirs qui refluent l’espace par une flagrance, un mot, une image…
Ces »infimes détails »qui marquent façon indélébile...
Lien : https://lecturesindelebiles...
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
gouelangouelan   13 juin 2019
Et je n'ai plus vu que ses cheveux. Brossés par le vent, ébouriffés, ils devenaient vivants — vivants et «romantiques». Par moments, le vent les rabattait sur le côté et ils se retournaient comme s'ils réagissaient à des gifles — aux gifles de la vie.

p.56 , Violettes sur un guéridon
Commenter  J’apprécie          110
MimimelieMimimelie   20 août 2014
« Le godelureau et l’olivier »
En libérant si peu que ce fût des racines de l’arbre, elle avait comme retrouvé ses propres racines et son équilibre. Elle ne comprenait plus très bien le désespoir d’enfant qui l’avait accablée tout le matin : tout était clair en somme, si simple.
….
C’était cela. On pouvait être à la fois émerveillé et nostalgique. Comme l’olivier qui vous offre en contraste cette petite feuille sombre ou lumineuse, comme le fruit qui arrive à sa splendeur, à sa maturité au moment où sa fin approche, de même elle découvrait que tout est donné ensemble, en une sorte de qui perd gagne, où tout se rejoint.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
gouelangouelan   13 juin 2019
Elle parlait d'une déchirure. Elle employait même des comparaisons que je n'ai pas oubliées ; elle disait que c'était comme quand on ouvre une amande verte, d'un coup de couteau, et que d'une pression on fait claquer l'écorce : tout s'ouvre et on découvre au fond la petite amande blanche, vivante et luisante, jusque-là cachée au jour et brusquement offerte aux yeux de tous. "J'étais comme cela, écrivait-elle, enfin ouverte, comme par un coup de couteau, et découvrant tardivement ma propre vérité."

p.31
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
indelebilevagabondeindelebilevagabonde   16 décembre 2017
Godelureau et l’olivier

« Et ses mains étaient déjà pleines de griffures, elle les regarda avec amitié: elle se rappelait le texte(…) où Colette célèbre ses propres mains, petites mains toutes couvertes d’égratignures dues au jardinage ».
Commenter  J’apprécie          80
LismondeLismonde   19 février 2014
Paul referma les yeux pour les rouvrir tout aussitôt : tout était encore là, les fleurs jaunes à gauche, l'arbre blanc à droite et le vert sombre du pin dans le fond, montant vers le ciel bleu. Il est absurde de désigner ainsi les couleurs par ces adjectifs tout faits, passe-partout, menteurs : jaune, blanc, vert, bleu (.....) les fleurs étaient mobiles, comme si elles respiraient. Le cerisier n'était pas blanc comme un mur passé à la chaux. Il était translucie et aérien. Il évoquait l'innocence. Et l'arbre n'était pas vert foncé comme peut l'être un velours, ou bien une simple bouteille, il était fait de profondeurs différentes de vert plus clair et de vert plus foncé qui s'organisaient dans la lumière de façon unique et sans doute provisoire, il disait l'épaisseur et la force des végétations naturelles écloses dans le vent et le soleil, et quant au ciel, ah ! il n'était pas bleu comme un pantalon de soldat d'autrefois ni mêem comme un ciel d'Ile de France. Il était d'un bleu fait d'abscence, suggérant une fuite vers l'irréel.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Jacqueline de Romilly (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacqueline de Romilly
Jacqueline de Romilly – La guerre du Péloponnèse par Thucydide.
Heure de culture française - La Grèce antique : La guerre du Péloponnèse par Thucydide. Par Robert Flacelière. Avec Jacqueline de Romilly. France Culture - 1ère diffusion : 03/03/1952, Chaîne Nationale.
autres livres classés : nouvellesVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
798 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre