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EAN : 9782253145875
220 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/02/1999)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 26 notes)
Résumé :

A quoi bon apprendre tant de choses qu'on s'empressera d'oublier sitôt les examens passés ? A cette critique si souvent entendue contre l'enseignement scolaire, Jacqueline de Romilly oppose ici quelques arguments simples, et dont chacun de nous a pu faire l'expérience. Entre un savoir précis et l'oubli total, il y a bien des degrés. Nos souvenirs peuvent être partiels, flous, incertains : pourtant nous sentons bien qu'ils son... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
myrtigal
  01 avril 2021
Je suis tombé sur ce petit ouvrage dans ma bibliothèque locale où il était rangé dans un petit recoin dédiée aux livres qui ne sont quasiment jamais empruntés et lorsque je l'ai aperçu je dois dire que la belle couverture mais surtout le titre original m'ont tapé dans l'oeil !
Alors je l'ai pris simplement pour le feuilleter...puis je ne l'ai plus lâché avant de l'avoir terminé le lendemain !
Ce petit essai écrit par Jacqueline de Romilly, célèbre femme de lettres et professeur que je ne connaissais jusqu'ici que de nom, est en soi un trésor à l'instar du titre.
Dans son introduction elle nous explique que depuis qu'elle a perdu la vue il y a quelques années, ses autres sens et surtout sa "vie intérieure" ont pris le pas sur ses yeux. C'est après ce constat qu'elle a décidé d'écrire un livre où elle tenterai d'expliquer et de démontrer, à ceux qui ont encore la vue, combien les souvenirs et la mémoire des choses oubliés jouent un rôle essentiel dans notre vie de tous les jours.
Agrémenté de nombreux exemples très concrets tirés de son expérience dans l'enseignement ainsi qu'auprès de son entourage, et avec un style fluide et limpide, Jacqueline de Romilly nous expose les mécanismes liés à l'apprentissage scolaire, à la littérature et à la culture de façon générale. Elle nous montre que même lorsqu'on les croit oubliés ils sommeillent toujours quelque part en nous et jalonnent notre vie, façonnent note jugement et nous aide dans la perception d'autrui et du monde autour.
Je n'aurais jamais pensé que l'oubli en tant que sujet puisse être si intéressant et surtout qu'il y aurait tant de chose à en dire ! C'est une approche certes originale mais qui quand on a lu le livre, fait vraiment sens.
L'autrice à divisé son ouvrage en chapitres et sous chapitres qui rendent la compréhension et la navigation claire et précise, le tout sans jamais tomber dans la démagogie et avec beaucoup de recul et de bienveillance. de plus les multiples exemples qu'elle utilise apportent une dimension très concrète et "pratique" au livre et on peut aisément visualiser les mécanismes auxquels elle fait référence.
J'ai trouvé cet essai absolument formidable, c'est une véritable pépite, un plaidoyer pour l'apprentissage de quelque sorte qu'il soit et un éloge des bienfaits de la culture à tous qui qu'on soit et quel que soit notre niveau.

Bref, un must à lire.
Je le conseille vraiment très vivement (!!) à tous les amoureux de la culture et de la littérature, qui j'en suis sure le trouveront, comme moi, fascinant et fort de vérité !
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Mimimelie
  09 avril 2013
Prendre conscience de tout ce que recèle notre esprit, savoirs, souvenirs, vécus, mais aussi transmission de connaissances, de valeurs, d'une culture, est une expérience intéressante à laquelle vous convie Jacqueline de Romilly.
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Annette55
  05 janvier 2014
Trés bon livre de cette grande dame que fut madame de Romilly à propos des souvenirs. On peut le relire!!!
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
ebardinebardin   16 août 2015
" La connaissance laisse toujours une trace, une marque; et, même sans revenir à la conscience, elle constitue comme un repère et une référence, qui nous aident à penser et à vivre." (p. 23-24 Le Livre de poche)
"Montaigne, déjà, connaissait bien le risque d'une recherche trop intense; et, se plaignant de sa mémoire, il écrivait (dans De la Présomption) : 'Plus je m'en défie, plus elle se trouble; elle me sert mieux par rencontre. Il faut que je la sollicite nonchalamment ; car, si je la presse, elle s'étonne; et depuis qu'elle a commencé à chanceler, plus je la sonde, plus elle s'empêtre et embarrasse : elle me sert à son heure, non pas à la mienne." (p. 66)
" De cet amas de connaissances que l'on croyait d'abord inutiles et qui peu à peu se sont effacées, disparaissant de notre conscience les unes après les autres, résulte donc pour finir la possibilité d'avoir une pensée personnelle, une vie indépendante et une personnalité autonome. La liberté toujours doit se conquérir : elle se conquiert aussi en classe par des exercices dont le sens n'est pas toujours reconnu ni compris." (p. 99)
"On vit, on perçoit, on voit, on entend par la littérature ou du moins on le fait mieux grâce à la littérature. Et même s'il ne s'agit pas de détails mieux perçus, l'évocation littéraire- soit sur le moment, quand nous sommes confrontés à elle, soit après coup, quand il s'agit de souvenirs oubliés- ajoute une présence et une richesse plus grandes à tout ce que nous voyons, même aux objets les plus familiers, aux circonstances, aux mots connus. " (p. 212)
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Annette55Annette55   05 janvier 2014
On a parlé du souvenir dont il n'a pas encore été question ici. On a parlé du souvenir en tant que connaissance, de son classement ou de son érosion: visiblement,on ne peut s'en tenir là. Dans tout souvenir il y a une force, il y a un élan dans un sens ou dans l'autre, comme une charge éléctrique positive ou négative prête à déclencher une réaction dans un sens ou dans l'autre.
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BorntobealivreBorntobealivre   29 juillet 2013
Depuis que je n'y vois plus, je découvre encore chaque jour les beautés du monde, ses étrangetés, ses laideurs, sa présence - parce que la littérature ne cesse de me les apporter.
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myrtigalmyrtigal   25 mars 2021
Ce n’est plus le jugement proprement dit qui se forme ici : c’est la compréhension.
Compréhension des êtres et des sentiments, compréhension des situations et des passions. Or, le meilleur moyen de réagir sainement dans la vie, est de percevoir les idées et les problèmes avec une profondeur humaine qui seul leur donne leur vrai sens. La compréhension qui naît ainsi chez l’élève est la forme la plus haute de l’intelligence.
(...)
Cela peut paraître peu de choses, mais l’avantage que nous découvrons ici n’est pas mince : on peut le définir d’un mot. Ce mot est liberté. Se former une opinion à soi, c’est faire preuve de liberté d’esprit, c’est par suite choisir soi-même sa voix, ses orientations, ses engagements. C’est éviter de se laisser guider par autrui, d’être prisonnier d’un milieu, de tomber dans tous les pièges de la propagande et de la malhonnêteté.
(...)
De cet amas de connaissances que l’on croyait d’abord inutiles et qui peu à peu se sont effacés, disparaissant de notre conscience les unes après les autres, résulte donc pour finir la possibilité d’avoir une pensée personnelle, une vie indépendante et une personnalité autonome.
La liberté toujours doit se conquérir : elle se conquiert aussi en classe par des exercices dans le sens ce n’est pas toujours reconnu ni compris.
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myrtigalmyrtigal   25 mars 2021
La culture, en apparence, ne sert à rien. Mais elle est faite précisément de la masse de ses souvenirs oubliés : quand ils ont été longuement accumulés, leur présence constitue un trésor particulièrement riche et varié et devient alors comme une seconde nature ; elle ajoute une sorte de halo à toutes les impressions, à toutes les expériences, à toutes les connaissances qui se présentent.
(...)
Tout cela sera en lui, aura déposé des couches successives de connaissances non pas présentes à la conscience mais plus ou moins disponibles, plus ou moins précises, qui rempliront à chaque instant ses perceptions et son existence.
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Videos de Jacqueline de Romilly (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacqueline de Romilly
Affinités électives. Par Francesca Isidori - Avec Jacqueline de Romilly. Le 10 mai 2007, Francesca Isidori recevait la femme de lettres Jacqueline de Romilly pour l’émission “Affinités électives”, diffusée sur France Culture. Photographie : Jacqueline de Romilly © AFP Alexandre Fernandes. Née à Chartres, en 1913 (fille de Maxime David, professeur de philosophie, mort pour la France, et de Jeanne Malvoisin), elle a épousé en 1940 Michel Worms de Romilly. Elle a effectué sa scolarité à Paris : au lycée Molière (lauréate du Concours général, la première année où les filles pouvaient concourir), à Louis-le-Grand, à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm (1933), à la Sorbonne. Agrégée de lettres, docteur ès lettres, elle enseigne quelques années dans des lycées, puis devient professeur de langue et littérature grecques à l'université de Lille (1949-1957) et à la Sorbonne (1957-1973), avant d'être nommée professeur au Collège de France en 1973 (chaire : La Grèce et la formation de la pensée morale et politique). Du début à la fin, elle s'est consacrée à la littérature grecque ancienne, écrivant et enseignant soit sur les auteurs de l'époque classique (comme Thucydide et les tragiques) soit sur l'histoire des idées et leur analyse progressive dans la pensée grecque (ainsi la loi, la démocratie, la douceur, etc.). Elle a également écrit sur l'enseignement. Deux livres sortent de ce cadre professionnel ou humaniste : un livre sur la Provence, paru en 1987, et un roman, paru en 1990. Après avoir été la première femme professeur au Collège de France, Jacqueline de Romilly a été la première femme membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres (1975) et a présidé cette Académie pour l'année 1987. Elle est membre correspondant, ou étranger, de diverses académies : Académie du Danemark, British Academy, Académies de Vienne, d'Athènes, de Bavière, des Pays-Bas, de Naples, de Turin, de Gênes, American Academy of Arts and Sciences, ainsi que de plusieurs académies de province ; et docteur honoris causa des universités d'Oxford, d'Athènes, de Dublin, de Heidelberg, de Montréal et de Yale University ; elle appartient à l'ordre autrichien “Ehrenzeichen für Wissenschaft und Kunst” et a reçu, en 1995, la nationalité grecque et est nommée, en 2001, ambassadeur de l'Hellénisme. Elle a aussi reçu de nombreux prix : Prix Ambatiélos de l'Académie des inscriptions et belles-lettres(1948), prix Croiset de l'Institut de France (1969), prix Langlois de l'Académie française (1974), Grand prix d'Académie de l'Académie française (1984), prix Onassis (Athènes, 1995). Ella est élue à l'Académie française, le 24 novembre 1988, au fauteuil d'André Roussin (7e fauteuil). Son dernier ouvrage : “Tragédies Grecques au fil des ans” paraîtra en juin 2007 aux éditions des Belles Lettres. Il s'agit d'un recueil d'études sur la tragédie grecque du dernier tiers du Ve siècle av. J.-C. et ses rapports avec les mouvements intellectuels athéniens. Jacqueline Worms de Romilly, née Jacqueline David le 26 mars 1913 à Chartres et morte le 18 décembre 2010. Invitée : Jacqueline de Romilly Source : France Culture
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