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ISBN : 2757864033
Éditeur : Points (20/04/2017)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 20 notes)
Résumé :
La dernière fois que Joaquín était venu le voir, Chacaltana l’avait trouvé un peu pâle. “Prends soin de toi. Tout ira bien”, lui avait-il dit. Apparemment il avait tort.

Félix Chacaltana Saldívar est assistant-archiviste au Palais de Justice de Lima. Il vit avec sa mère, une veuve austère, bigote et mal embouchée. Il aime l’ordre, le code pénal, le bouillon de poulet et sa fiancée Cecilia, qu’il aimerait bien embrasser (mais comment ?). Jusqu’au jour ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Electra
  04 mai 2016
Santiago Roncagliolo m'a embarqué à Lima, au Pérou en 1978. Et quelle épopée ! Entre le pays, qui vit au rythme des matches de la coupe du monde (chaque chapitre a le titre d'un match qui oppose le Pérou à un autre pays) et une sordide opération des services secrets péruviens, argentins avec la CIA en fond de toile, l'écrivain péruvien nous présente son héros : Félix Chacaltana Saldivar.
Félix est assistant archiviste au palais de Justice à Lima. le jeune homme est un fonctionnaire zélé, il prend son travail très au sérieux et est un garçon à sa maman. Cette dernière, une veuve austère et bigote lui mène la vie dure. Ainsi elle est contre sa relation avec Cécilia, sa petite amie et souhaite qu'il passe tout son temps libre à l'église avec elle. Félix aime son travail, la rigueur, la loi et l'ordre. Aussi, est-il fortement troublé lorsqu'on lui remet un procès-verbal rédigé à la va-vite et dont il ne sait que faire. Cette « irrégularité administrative migratoire mineure » ne gêne pas le moindre du monde son directeur, qui n'a qu'une envie : regarder tous les matches de la coupe du monde. Spectacle dont Félix n'a que faire surtout lorsqu'il est envoyé par ses pairs sur le lieu d'un crime et qu'il découvre avec horreur que la victime est Joaquin, son seul ami. Professeur à la faculté, il jouait souvent aux échecs avec Félix et la dernière fois qu'ils s'étaient vus, Félix l'avait trouvé nerveux et pâle.
Alors que la ville est paralysée par les matches de la coupe du monde, où le pays entier retient son souffle sauf pour hurler sa joie à chaque but péruvien, les assassins en profitent pour couvrir leurs crimes. L'écrivain péruvien retranscrit tout au long de son roman comme un fil rouge les commentaires des journalistes sportifs alors que se trament de véritables tragédies. Cette pépite narrative donne un rythme très agréable au récit.
Notre parfait Candide, à la demande du père éploré de Joaquin, accepte d'aller chez son ami. Lorsqu'il découvre des tracts de partis d'opposition et des faux passeports, il décide de se lancer dans une enquête sordide pour retrouver les assassins. L'assistant-archiviste croit naïvement que son ami faisait partie d'un groupe de « subversifs » et que ces derniers l'ont trahi. Ces méchants communistes qui veulent renverser le pouvoir alors que les premières élections démocratiques sont organisées d'ici quelques jours dans le pays après dix ans de contrôle par l'armée péruvienne. Félix a une bonne foi à toute épreuve, il est profondément honnête et patriote, il souhaite défendre sa patrie et voit en l'armée une alliée à son enquête et ne peut jamais envisager une autre explication.
Malgré ses découvertes, comme l'opération Condor, où les services secrets de plusieurs pays (dont l'Argentine) ont accepté d'échanger leurs prisonniers subversifs (des étudiants arbitrairement arrêtés et qui rejoignent les rangs des milliers de disparus), et ses rencontres comme ces activistes sur le qui-vive, ou cette mission secrète pour cet Amiral de l'Intelligence navale ou encore cette femme blonde mystérieuse, notre Candide continue son chemin bon gré mal gré, toujours animé de cette farouche volonté de faire la lumière sur ce crime.
Tout au long de ce roman, on suit également son histoire d’amour avec Cécilia et la relation compliquée avec sa mère, on parle cuisine péruvienne, religion, on suit chaque match de la coupe du monde (et où on finit par connaître les noms de certains joueurs), bref on garde le sourire malgré l’atrocité de certaines scènes – comme les lieux de torture de ces « disparus » que Félix découvre en Argentine. On apprend beaucoup sur l’histoire de ce pays et sur les nombreux immigrés qui ont fui Franco. Vous savez quel est le mot qui m’est venu à l’esprit en lisant ce roman ? Bienveillant. L’auteur est bienveillant, avec nous, ses lecteurs. Et que c’est agréable !
Une excellente découverte pour moi, un livre que j’ai dévoré en deux jours et où je découvre à présent que l’auteur péruvien raconte ici les années de formation de l’anti-héros de son roman le plus connu, Avril rouge, qui fut récompensé de nombreux prix lors de sa parution en 2006. Santiago RONCAGLIOLO vit aujourd’hui en Espagne.
J’ai bien entendu maintenant très envie de me jeter sur Avril rouge.
Lien : http://www.tombeeduciel.com/..
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traversay
  21 mai 2016
A partir du milieu des années 70, les dictatures militaires d'Amérique du Sud (Argentine, Chili, Bolivie, Brésil, Paraguay, Uruguay) mettent en place l'Opération Condor destinée à éliminer physiquement tous les éléments subversifs. le Pérou, où des élections démocratiques doivent avoir lieu en 1978, y participe en sous-main. Mais cette année là a lieu un évènement qui distrait les populations des crimes politiques : le mondial de football en Argentine où l'équipe nationale du Pérou se distingue avant de sombrer devant le Brésil puis le pays hôte. C'est ce contexte fort agité que Santiago Roncagliolo, auteur justement célébré pour Avril Rouge, choisit pour narrer les aventures de Félix Chacaltana, assistant-archiviste au Palais de justice de Lima. Félix, sous l'emprise de sa mère, est un garçon innocent, réservé et procédurier qui fait confiance aux autorités de son pays et à l'ordre qui y règne. Prototype de l'antihéros, un brin candide, voire niais, il est le candidat idéal pour un "dépucelage" politique et, accessoirement, sentimental, sous la plume de Roncagliolo qui va lui faire vivre une aventure échevelée dans laquelle il côtoie des assassinats brutaux et le cynisme des sphères dirigeantes alors même que la population péruvienne ne s'intéresse qu'aux exploits de ses sportifs. Naïf au pays de la violence, Chacaltana traverse ces évènements avec la peur au ventre mais aussi la volonté d'accomplir son devoir. Tout est noir dans La peine capitale, l'intrigue évidemment, mais aussi et surtout l'humour de Roncagliolo qui maîtrise parfaitement le mélange des genres dans ce roman plein de verve, où l'enquête en elle-même compte moins que l'atmosphère délétère dans laquelle est plongée ce pauvre Chacaltana. Un livre brillant et passionnant, à multiples entrées, qui entérine l'idée que Santiago Roncagliolo est à placer parmi les auteurs actuels les plus remarquables d'Amérique latine.
Lien : http://cin-phile-m-----tait-..
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Quelquepartentreleslignes
  06 mai 2016
Santiago Roncagliolo s'est distingué au milieu des années 2000 avec son roman Avril rouge, en remportant bon nombre de prix littéraires. La peine capitale est son dernier roman. Pour ma part, c'est la première fois que je lis cet auteur.
La vie du lecteur de polar est faite de rencontres et de voyages. Un regard dans le rétro, et je m'aperçois que j'ai déjà pas mal bourlingué ces derniers mois: New York, Paris, Malte, Toronto, Washington, le Pays basque, le Chili, les Vosges, l'Antarctique et j'en passe...
Autant de lieux visités à travers la lecture de polars donc, souvent bien écrits ( c'est quand même quelque chose d'unique de traverser l'île de Malte aux côtés de Tannhauser), parfois non (mais comme dirait l'autre, c'est le jeu ma petite Lucette...).
Aujourd'hui le Pérou donc. Pourquoi le Pérou ? Qu'est-ce qui pousse le lecteur à passer quelques heures dans des contrées finalement très éloignées de son quotidien ?
Pour ma part, il y a souvent cette petite voix dans mon esprit, qui à la lecture d'une quatrième de couverture me souffle "Cela pourrait être intéressant, pourquoi ne pas le lire...?"
Puis la voix de la raison fait son retour: "Non, c'est du déjà lu, c'est loin le Pérou, et ça ne fera pas baisser ta PAL, les finances étant ce qu'elles sont, il va falloir passer ton chemin ami..."
Si le lecteur a de l'intuition, qu'il la suive...
Je suis de plus en plus convaincu que suivre son intuition est beaucoup plus important que d'être "rationnel" dans la vie. Quoi qu'en dise Platon.
Ne pas avoir d'objectifs dans la gestion de sa Pal ou dans la vie. Les objectifs sont rigides, et rendent le lecteur esclave du plan établi. La vie est en désordre. La vie est aléatoire. La vie ne se déroule pas selon le plan.
Suivez votre intuition, si vous souhaitez continuer à prendre votre pied à la lecture de polar. Sortez de votre zone de confort, n'achetez pas systématiquement le dernier untel. Ne vous fixez pas des objectifs visant à faire diminuer votre Pal. Qui pense sérieusement que de tels objectifs sont atteignables ?
Finalement, le lecteur n'a pas besoin d'explication pour suivre son intuition. Sans cette intuition donc, je n'aurai pas lu La peine capitale de Santiago Roncagliolo. Je serai plutôt dans la lecture du dernier Indridason, qui patiente dans ma Pal depuis un moment. Un achat raisonné celui-là. Ne dit-on pas "Une valeur sûre"?
La peine capitale, c'est l'histoire d'un anti-héros attachant, drôle, malin... Chacaltana est archiviste. Il enquête sur la mort de son ami Joachin. Nous sommes en 1978, en pleine coupe du monde de football en Argentine. le Pérou vit ces quelques semaines au rythme du ballon rond, sauf Chacaltana. Il y a énormément de sincérité dans ce texte, les personnages transpirent l'authenticité et sont finalement bien loin des archétypes du polar. Et au fil de l'histoire, le tableau se noircit. Nous suivons alors Chacaltana au gré de ses pérégrinations et de ses rencontres. le plaisir de lecture est alors décuplé.
Une lecture enthousiasmante. Un nouvel auteur de découvert. Une Pal qui augmente. Des polars en veux-tu en voilà. Les copains bloggers qui ne lâchent pas le morceau.
Si le lecteur a de l'intuition, qu'il la suive...
Lien : http://quelquepartentrelesli..
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Martin1972
  19 avril 2016
Chacaltana est assistant-archiviste au Palais de Justice de Lima. Il vit une vie bien ordonnée aux côtés de sa mère et de sa fiancée, jusqu'au jour où il tombe sur un bout de papier griffonné qu'il ne sait pas où classer… Entrainé dans une enquête sordide pendant la Coupe du monde 1978, il promène sa bonne foi inébranlable parmi les espions, les activistes, une blonde mystérieuse et un vétéran de la guerre d'Espagne. Roncagliolo raconte les années de formation de l'anti-héros d'"Avril rouge". On passe sans crier gare de la parodie au pur roman noir, sans jamais perdre l'humour ni le plaisir.
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Chabe37
  20 avril 2019
Une belle découverte avec une intrigue au coeur de Lima fin des années 70. Un Pérou en plein trouble politique que la coupe du monde 1978 place à la fois dans une léthargie et dans une liesse. le protagoniste bien sous tout rapport dans une vie bien rangée mais qui va basculer au fil de la lecture.Le rythme est fluide et rapide avec des chapitres courts. L'idée que chaque partie soit découpée en fonction des rencontres footballistiques est assez originale. Un très bon divertissement.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Martin1972Martin1972   19 avril 2016
Il se posta à un croisement et tendit l'oreille. Il reconnut quelques paroles de la chanson, sa cadence solennelle et fière. C'était l'hymne national. Et il n'était pas chanté par les habitants des maisons. Il sortait des téléviseurs.
“Le foot, pensa-t-il, j'avais oublié.”
L'hymne terminé, un journaliste annonça la suite. C'était la première voix qu'on percevait nettement et il l'accueillit avec soulagement.
– Cette fois, ça y est, voilà le Pérou ! Avec Chumpitaz en défense, Cueto le “Poète gaucher” en milieu de terrain et le “Petit” Cubillas au centre, la meilleure équipe de notre histoire entre dans le stade de Córdoba. Nos garçons arrivent en Argentine, pour la Coupe du Monde 78, mûrs et prêts à créer la surprise. L'Écosse est un adversaire coriace, elle vient de vaincre la France et l'Angleterre, mais le Pérou a sûrement son mot à dire…
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Martin1972Martin1972   19 avril 2016
– … But ! Buuuuuuut péruvien ! Et un sacré but ! Le “Petit” Cubillas se révèle dans cette coupe du monde en faisant un match historique ! Pérou 3, Écosse 1 !
À cet instant la clameur de la victoire éclipsa tous les bruits de Barrios Altos. Pendant le cri triomphal qui suivit, pendant les embrassades, les baisers, les éclats de rire, personne n'entendit les pleurs, angoissés et désespérés, d'un bébé dans un sac rouge, et encore moins la détonation définitive d'une arme à feu.
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Martin1972Martin1972   19 avril 2016
Il entendit un bruit familier. Une clameur étouffée qui traversait les portes closes. Au début, ce n'était qu'un murmure informe. Un grondement lointain. Mais il se transforma en une mélodie obsédante et exaltée. Peut-être L'Internationale, ou un hymne communiste. Il ne savait pas, et n'avait pas envie de savoir. Il voulait juste partir d'ici. Trouver ce robinet ou la sortie, avec ou sans son sac rouge.
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Martin1972Martin1972   19 avril 2016
Il avait besoin de toute cette agitation. Le tohu-bohu était une protection parfaite pour sa mission : un échange bref et sûr. Une livraison discrète et professionnelle, sans paroles ni gestes superflus. Deux hommes se rencontrent dans la foule, ils se saluent, un paquet change de mains et ils se séparent. Cela ne devrait pas prendre plus de cinq secondes.
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Martin1972Martin1972   19 avril 2016
Les rues étaient pavoisées de drapeaux du Pérou. Ils pendaient aux fenêtres, aux portes, aux carrefours silencieux, comme les linceuls rouge et blanc d'une ville morte.
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Video de Santiago Roncagliolo (1) Voir plusAjouter une vidéo
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