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ISBN : 2246853788
Éditeur : Grasset (16/08/2017)

Note moyenne : 3.07/5 (sur 56 notes)
Résumé :
Tout commence avec une adolescente somalienne, Habiba, rescapée d'un naufrage sur les côtes maltaises. Elle sera, avec Grimaud, archéologue français résidant en Tunisie, et Harry, jeune orphelin d'une banlieue parisienne, l'un des trois fils rouges de cette fresque qui nous conduit en Somalie, en Ethiopie, en Turquie, en Irak, en Lybie, en Algérie, en Egypte et surtout en France ? A Paris, dans le secret des services, Bruno tente d'infiltrer les réseaux terroristes.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
deashelle
  05 décembre 2017
Une archéologie de notre époque finissante, puisqu'elle a égaré le secret de la vie.
Tout commence avec une citation d'Honoré de Balzac tirée de son roman « le père Goriot » « Ah! sachez-le: ce drame n'est ni une fiction, ni un roman. All is true, il est si véritable, que chacun peut en reconnaître les éléments chez soi, dans son coeur peut-être. » Si les personnages crées par Daniel Rondeau sont de pures fictions, la loi de la jungle devenue mondiale est bien réelle, et le tableau qu'il en tire, est apocalyptique. On ne veut pas croire que nous campons sur une bombe à retardement, entre « Soumission » de Houellebecq et « Katiba » de Rufin. Sur fond de chaos intégral : culturel, langagier et comportemental. 1984, d'Orwell, à côté de cela passe pour une lecture académique. Mécaniques du chaos a obtenu le Grand Prix du Roman de l'Académie Française 2017.
Grimaud, le narrateur principal est un archéologue spécialiste de Leptis Magna, une des villes importantes de la république de L'ancienne Carthage, déclarée Site du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1982. Grimaud est porteur des multiples expériences de l'écrivain et de l'ancien diplomate. Son moteur personnel est fait de plusieurs facettes qui raniment le courage, la probité, l'émerveillement, la joie et l'énergie. Laissant la truelle et le pinceau, à lui de rebâtir une fresque de notre époque, sorte de tapisserie où l'on prend de plein fouet la vue d'ensemble mais aussi les mille et un détails. En particulier, un de ces « détails » de l'HISTOIRE qui a sombré dans l'oubli. le 8 mai 1945, à Sétif, une manifestation nationaliste est autorisée dans la liesse de la fin de la deuxième guerre mondiale. Dès 8h à plus de 10 000 personnes envahissent les rues et défile avec des drapeaux des pays alliés. Vers 8 h 45, tout dérape. Des pancartes « Vive l'Algérie libre et indépendante » surgissent. En tête de la manifestation, Aïssa Cheraga, chef d'une patrouille de scouts musulmans, arbore un drapeau vert et rouge. Un jeune s'empare du drapeau mais est abattu par un policier. L'émeute fait dans les deux camps de nombre de morts et de blessés. Dans le même temps, des émeutes éclatent aux cris du « djihad » dans la région montagneuse. Des fermes européennes isolées et des maisons forestières sont attaquées et leurs occupants assassinés, dans des conditions atroces… Voilà ! le mot et lancé ! La force de destruction du djihad est sortie de la boîte de Pandore. le fardeau de ces événements est porté humblement par un personnage émouvant du roman: Bouhadiba, ancien pied noir. » On revoit aussi les avions du 11 Septembre, ce Pearl Harbour du djihad?
Chaque époque n'est-elle qu'une succession de cercles dans l'eau? Passant par les guerres puniques, Daniel Rondeau retrouve la pierre fatale sur laquelle sont gravés les massacres de Sétif. Grimaud, l'archéologue examine le terreau qui a engendré cette mécanique du chaos, le terrorisme islamique, dont on ne parlait pas il y a 40 ans. Il braque l'éclairage sur d'autres mécaniques délétères : l'absence de repères, le nihilisme général engendré par la destruction du paysage spirituel de l'Europe après le passage destructeur du nazisme et du communisme dont nos générations ne sont toujours pas remises. Mais comment pourrions-nous encore rayonner en 2016, si on ne croit pas en soi? Sans l'eau de l'histoire, de la poésie et de la culture… peu d'espoir est permis ! « Je suis Habiba et je vis… »
En rassemblant les points de vue des nombreux personnages du roman, tous des naufragés, de la journaliste française et petite amie de Kadhafi à l'étudiante bretonne anarchiste passée par la prostitution de luxe, la mosaïque s'éclaire. le délitement des valeurs familiales a aussi créé l'absence de repères. Bruno, le policier anti-terroriste flotte dans sa vie, perdu par son divorce et l'éloignement de ses filles. La peinture de l'époque passe par la sphère toute puissante de l'argent qui a englouti notre planète et ses états de droit avec tous les trafics illicites du trafic humain, migrants et esclaves, à celui des oeuvres d'art millénaires, à celui de la drogue, et jusqu'aux détrousseurs de cadavres dans les hôpitaux. Assiste-ton à la « grosse domination du sabre sur l'esprit ? »
L'écriture se fait à coups de sabre, de déflagrations, de valse d'informations aussitôt interrompue, dans un immense zapping mondial de la violence. Comment, à travers les cascades d'événements sans transition, et les lieux brûlants d'actualité ne pas se retrouver piégé par la barbarie, cloué d'angoisse, stupéfait devant les personnages déboussolés, aux quatre coins de la Méditerranée, notre berceau millénaire devenu fosse commune. Autour de Malte, il n'y a qu'un pas pour la Lybie, la Tunisie, la Somalie, Istanbul… Et puis la frileuse Europe aux fondements dévastés se déploie, fragilisée par la corruption et le crime, de Londres, à Paris, au Quai Matignon et dans une banlieue infecte nommée Taurbeil-Paradis la Grande Tarte. Au début les images et les personnages sont bien difficile à suivre et on se perd dans les cercles de l'enfer… Puis la mosaïque contre la domination du sabre sur l'esprit, prend forme et on ne lâche plus le livre, de peur de perdre le fil infernal! Et au passage, -ouf!- on se permet de savourer les apartés de l'archéologue, Grimaud, qui n'est avare ni de recul, ni d'érudition, ni de sagesse. « Les peuples se font et se défont de leur énergie propre s'engendrant de leur âme et de leurs actes incessants pendant que le temps s'écoule à son rythme imperturbable. » comme disait Michelet.
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mumuboc
  01 février 2018
Belle surprise que ce roman. Quand on me l'a remis, bof bof, j'avais lu et entendu du négatif lorsqu'il avait reçu le Prix du Roman de l'Académie Française 2017 (peut-être parce qu'un autre roman était plus pressenti !) et il était sur la liste des livres qui ne me faisait pas du tout envie.  Comme quoi il faut parfois sortir de sa zone de confort et se faire sa propre opinion.
Déjà l'année dernière j'avais beaucoup aimé le Dernier des Nôtres d'Adélaïde de Clermont Tonnerre qui avait reçu également ce prix, serait-ce un critère pour moi de livre à découvrir.....
Le récit se découpe en 4 parties + 1 épilogue (1 an après).
Dans la première "Petit monde" il s'agit de la mise en place des différents personnages et des lieux : Paris et sa banlieue, Malte, Tunisie, Turquie, Lybie, Somalie, Éthiopie etc.... Chaque partie est ensuite découpée en chapitres indiquant le lieu, la ville, le pays et heureusement car je ne vous cache pas qu'on voyage énormément dans ce récit...
Dans la deuxième partie "La dolce vita est terminée" tout est dit dans le titre: les rouages se mettent en place. Tout doucement, progressivement, les uns et les autres se révèlent, se rencontrent, se croisent. Les dessins se précisent : banlieue, trafic, terrorisme, vente illégale de trésors culturels, immigration, mais aussi amour, deuil, rencontre etc....
Dans la troisième partie "l'amour, la mort, les mots" on s'enfonce et l'on découvre les vrais visages, les vrais buts, la noirceur et les complicités.
Dans la quatrième partie "Blues March" : c'est le final, violent parfois, mais aussi des histoires qui se construisent, rien n'est acquis, on est parfois déstabilisé, surpris.
L'épilogue : "1 an après" nous permet de connaître le destin de certains, d'autres .....
Comment de petits trafiquants de banlieue se retrouvent impliqués dans le terrorisme, comment un archéologue de renom va être contacté par les services secrets afin de comprendre et mettre fin à la vente de trésors historiques par des groupuscules terroristes à des fins d'enrichissement ou de financement d'attentat, comment un chargé d'affaires ambitieux va manipuler, comment une jeune immigrée échouée va se trouver mêlée à un trafic liant une journaliste (ancienne maîtresse du Guide de Lybie), d'un chef de service secret en plein divorce, d'un archéologue traumatisé par la mort de sa femme, son amour de jeunesse, d'un petit délinquant de banlieue qui se cherche une famille, des repères, qui tente de survivre dans la jungle et se trouvera grâce à son intelligence et à sa poésie etc....
On ne choisit pas son époque, chacune a ses mauvais côtés, mais si nous voulons survivre, il faut aller chercher l'argent là où il se trouve.(p267)
Oui c'est un peu déroutant par la multitude de personnages, de lieux mais on comprend mieux comment fonctionnent les différents milieux : politique, affaires, délinquance, policier et journalistique,  comment ils sont mêlés, impliqués. Ils sont toutes les petites mécaniques qui permettent à la toile de se tisser et d'aboutir aux actes de terrorisme.
On sent le travail du journaliste derrière, sa bonne connaissance du monde diplomatique et des différents pays. L'écriture est agréable, fluide. Il faut simplement passer les premières pages où l'on se perd à travers tous ces personnages, sans lien apparent entre eux, arriver à les mémoriser (d'où l'utilité de noter leurs noms, lieux et fonctions pour s'y retrouver). Cela se lit comme une enquête dans la partie noire de notre monde mais avec des petites trouées d'espoir, de soleil par la présence de certains (Harry, Habiba, Jeannette). 
Un récit sur notre monde, sur son fonctionnement, où rien n'est tout blanc, ni tout noir, où le mal et la corruption règnent mais aussi la désespérance, la vengeance par rapport à des plaies anciennes jamais refermées.
Je ne suis pas spécialement attirée par ce genre de récit mais il permet de mieux comprendre le monde qui nous entoure, que les faits révélés par les médias ne sont qu'une toute petite partie de l'iceberg et que derrière il y a toute une mécanique, implacable, faite de rouages individuels avec un passé, un présent et peut-être un futur. Un rouage se grippe et la face du monde peut s'en trouver changer.
Lien : http://mumudanslebocage.word..
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nilebeh
  30 janvier 2018
« Mécaniques du chaos » est un roman dense et visiblement documenté (l'écrivain a été diplomate à Malte) sur les milieux diplomatiques et policiers dans cette France qui se découvre multi-ethnique, inhospitalière, assise sur ses prétendues convictions en matière de droits de l'homme et ravie du confort acquis depuis les trente glorieuse. Et tout étonnée de s'apercevoir que, parmi ses enfants, certains se tournent vers un autre modèle, à la recherche d'autres valeurs.
C'est ainsi qu'une petite Emma, Bretonne, se trouve un idéal auprès d'un Sami, pure réussite de l'Éducation nationale, avec un métier prestigieux dans le monde de la finance, mais ce fils d'émigré algérien, entre deux rendez-vous d'affaires, se transforme en militant djihadiste et prépare des attentats en France.
Dans la banlieue parisienne, au milieu des immeubles sinistres des « cités » ou des « quartiers », vit un petit monde structuré autour d'une sorte de nabab de banlieue, redoutable chef de bande, qui régente toutes sortes de trafics. Personnage redoutable et grotesque à la fois que ce Moussa dit M'Bilal. Il utilise les services d'un jeune Africain, Harry, seul personnage attachant de ce livre, par sa fraîcheur, son goût pour la poésie, son désir de se sortir de cet univers.
Le récit est essentiellement fait par la voix de Sébastien Grimaud, archéologue, spécialiste du Moyen-Orient, à qui les trafiquants vont proposer une partenariat pour expertiser les oeuvres d'art volées sur les sites détruits par Al-Qaïda pour financer le djihad. Sébastien est un homme de soixante-quatre ans, blessé depuis la perte de sa femme, Valentine, suicidée, par sa faute, à l'âge de dix-neuf ans. Depuis, il la recherche dans ses amours avec de toutes jeunes femmes, par exemple Rim, jeune fille mineure tunisienne qu'il finit par avoir envie d'épouser. Jusqu'au moment où il la trouve en situation amoureuse avec le policier Bruno, son ancien élève au cours d'architecture à l'université. Sébastien veut coopérer en apparence avec les revendeurs d'antiquités pour les dénoncer ensuite et protéger les oeuvres.
A la fin du roman, revenu s'installer en Sicile, il emploie une jeune italienne comme femme de ménage et commence à la regarder comme une nouvelle Valentine.
Nous entrons dans les lieux tenus secrets ( « la Villa », vers les Invalides) où travaille la brigade anti-terroriste, à Matignon, dans les locaux de la place Beauvau , dans les arcanes des services secrets et de la politique.
Seuls personnages attachants : Jeannette, ancienne maîtresse de Khadafi, journaliste, qui a découvert les deux jeunes migrants sur une plage de Malte, Habiba et son frère. le frère, tué par les djihadistes sur son lit d'hôpital, Habiba, réfugiée à Paris chez Jeannette et Lambertin, l'ex « premier flic de France » qui a géré les attentats de Paris. Habiba et harry créent un duo de slam HH qui connaît un certain succès.
Le point de départ des violences contre la France : le 8 mai 1945 à Sétif en Algérie. Manifestation des Algériens contre l'occupant français. Début du sentiment de colère et de désir de vengeance, refus des valeurs occidentales, corrompues aux yeux de l'islam.
Des chemins se croisent et se recroisent, les personnages évoluent, se durcissent (notamment les trafiquants, les convertis au djihadisme). Un intéressant éclairage sur les mécanismes du terrorisme, sur le fonctionnement des services anti-terroristes.
Un constant va- et- vient entre Paris, la Tunisie, la Libye, Malte. Un procédé d'écriture par tableaux successifs, assez bien évoqués. des personnages qu'on voit évoluer au fil des pages. Pas de suspens (ce n'est pas un thriller comme l'annonce l'éditeur), une marche assez implacable mais prévisible vers le dénouement.
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coquinnette1974
  20 octobre 2017
Merci à Net Galley et aux éditions Grasset pour la découverte de Mécaniques du chaos de Daniel Rondeau.
J'ai vraiment pris plaisir à découvrir cette rentrée littéraire même si je suis parfois déçue, comme avec ce roman là.
Je ne l'ai pas détesté, loin de là, mais j'a eu beaucoup de mal à rentrer dans ce roman, et à ne pas décrocher !
Trop de personnages, trop de lieux...
Une jolie écriture mais l'ensemble est un peu vieillot et je me suis vraiment perdue dans ce roman.
On sent que l'auteur a mis du coeur dans cet ouvrage, qui est très documenté, mais ça n'a pas suffit pour me passionner.
Je mets trois étoiles à ce roman, à vous de voir s'il vous tente... ou pas :)
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thomassandorf
  05 novembre 2017
Livre de rentrée, Mécaniques du chaos aligne les ingrédients du blockbuster littéraire : le nom de l'auteur qui est la tête d'un joli palmarès et connu pour ses engagements politiques, une histoire ancrée dans l'actualité (le terrorisme), une thèse dans l'air du temps (la fin de l'Occident) et la technique de la mosaïque (plusieurs personnages principaux, plusieurs lieux à travers le monde). Ecrivain et journaliste, militant diplomate, éditeur, Daniel Rondeau utilise beaucoup d'éléments personnels dans ce qui s'apparente plus à un docu-fiction qu'à un thriller ou un roman.
L'histoire est complexe par construction. J'y ai plongé d'abord avec délice, pensant trouver des correspondances avec Où vont les ténèbres. Mais comme il est difficile de suivre les fils de cette histoire ! Au final une belle écriture, classique, cependant gâtée par des dérapages dans la vulgarité, plaqués pour faire genre, et un résultat décevant car à trop vouloir en dire, le message se dilue, perd en efficacité et les personnages manquent d'épaisseur, perdus dans les méandre de trop nombreuses intrigues.
Lien : https://thomassandorf.wordpr..
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critiques presse (1)
LeFigaro   29 septembre 2017
Daniel Rondeau croit au pouvoir des mots. Sa fresque crépusculaire et polyphonique brasse l'histoire et l'actualité, interrogeant les dérèglements de notre société.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
mumubocmumuboc   01 février 2018
L'année qui venait de s'écouler n'était qu'une poussière dans l'infini des jours, mais nous avions pu mesurer son impact sur nos existences minuscules. Nous évoluions dans les mêmes paysages, les mêmes émotions revivaient en nous, mais nous étions différents. De tels retours en arrière sont peut-être nécessaires pour prendre la mesure de nos métamorphoses, que le quotidien maquille avec habileté dans les pages de notre calendrier intérieur, et comprendre à quel point nous sommes dans la main du temps des marionnettes changeantes, presque frivoles parfois. (p445)
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PickItUpPickItUp   12 mai 2018
Bruno l'a rarement entendu évoquer ses débuts. Il a essayé de le questionner, mais Lambertin reste avare de confidences. Cet "âge d'or" semblait frappé du poinçon de ses maîtres, qui avaient été chargés de lutter contre l'OAS.
"ça ne rigolait pas. De Gaulle leur avait demandé de mettre le paquet. Ils ont fait le boulot, sans état d'âme, on y croyait, en ce temps-là, et ils savaient qu'ils seraient couverts. Il y avait de la loyauté."

L'ancien professeur sait bien que la France, comme tous les pays, et sans doute plus que les autres, a ses hauts et ses bas. Avant, les désastres finissaient par des résurrections. Même l’Algérie, on s’en est sortis. Maintenant, c’est autre chose, les gens ne savent plus ce qu’ils veulent, Lambertin a raison, il n’y a plus de loyauté, tout le monde est flou, les aruspices des instituts de sondage interprètent des chiffres mystérieux. Les réseaux sociaux fabriquent du brouillard.
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rkhettaouirkhettaoui   28 décembre 2017
Je suis le dernier des Mohicans. Sans le soutien de ma femme, que Dieu le Miséricordieux la bénisse, et de ma fille, sans l’aide de mes six commis, il y a longtemps que j’aurais mis la clef sous la porte. Ils n’attendent que cela, récupérer mes murs, mon fonds de commerce, pour quoi faire j’en sais rien. On résiste à l’adrénaline. Les petits salafistes, je suis assez grand pour m’en occuper. Ils me voient aiguiser mes lames tous les matins. Ils savent que je suis prêt à leur couper les couilles avec mon couteau. Ils sont venus me chercher deux ou trois fois, on en a chopé un et on lui a fait prendre un peu de bon temps dans la chambre froide. Ils n’ont pas insisté. En revanche, les Familles, c’est autre chose. Intouchables. Ils utilisent les salafistes quand ils en ont besoin. Ce qui m’enrage, c’est qu’ils sont marocains, comme moi. Avec des connexions partout.
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PickItUpPickItUp   11 mai 2018
Je la récupère à la sortie du lycée (exactement devant un arrêt de bus assez éloigné du lycée) et nous allons marcher jusqu'au coucher du soleil sur le site abandonné par les touristes. Je veux qu'elle respire les odeurs de la terre à l'endroit où trente siècles auparavant, une femme a fondé une ville neuve, Qart Hadasht, dont nous avons fait Carthage. Carthage, cette branche de l'histoire des hommes qui a été coupée et n'a jamais repoussé, est un bon sujet de méditation pour une jeune fille qui grandit dans un pays menacé par les djihadistes.
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rkhettaouirkhettaoui   28 décembre 2017
Il est facile d’imaginer combien les Libyens se sont emmerdés sous Kadhafi. La plupart ne travaillaient pas, ou très peu, ils recevaient les subsides du pétrole, avaient de quoi vivre, manger, des HLM pour abriter leur famille, des parcs pour passer leurs journées à pique-niquer, et pas de liberté, si ce n’est celle de balancer massivement leurs ordures par la fenêtre. Des milliers de sacs d’ordures, poussés par le vent, s’éparpillaient sur la côte, s’accrochaient aux arbres et dessinaient des fleurs de plastique dans le paysage. Maintenant ils se terrent. La rue est dangereuse. Je n’ai même pas pu passer devant la résidence où l’ambassadeur nous recevait parfois le week-end.
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