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Jean Céard (Éditeur scientifique)Daniel Ménager (Éditeur scientifique)Michel Simonin (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070112791
1712 pages
Éditeur : Gallimard (14/10/1993)
4.23/5   15 notes
Résumé :

Ce volume contient les oeuvres suivantes : Le Premier Livre des Amours - Le Second Livre des Amours - Vers d'Eurymedon et de Calliree - Sonnets et Madrigals pour Astree - Le Premier Livre des Sonnets pour Helene - Le Second Livre des Sonnets pour Helene - Les Amours diverses - Sonnets à diverses personnes - Gayetez - Livret de Folastries - La Charite - Les Odes - La Franciade - Pièces mêlées antérieures à 1560 et non recueill... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Variation6
  28 avril 2019
Poète des princes, Prince des poètes, Ronsard est une gloire de la France. Une des plus belles plumes de la langue française, une langue compréhensible par tous, une poésie immédiate et moderne, malgré ses 5 siècles de vie. De temps en temps, lisez Ronsard, en particulier Les Amours ! Vous en sortirez émerveillés et encore plus amoureux de notre belle langue.
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Hindy
  16 décembre 2010
On se laisse bercer par la musique de Ronsard.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
HarioutzHarioutz   02 juin 2019
Élégie à Hélène

Six ans étaient écoulés, et la septième année
Etait presque entière en ses pas retournée,
Quand loin d'affection, de désir et d'amour,
En pure liberté je passais tout le jour,
Et franc de tout souci qui les âmes dévore,
Je dormais dès le soir jusqu'au point de l'Aurore ;
Car seul maître de moi, j'allais, plein de loisir,
Où le pied me portait, conduit de mon désir,
Ayant toujours les mains pour me servir de guide
Aristote ou Platon, ou le docte Euripide,
Mes bons hôtes muets qui ne fâchent jamais ;
Ainsi que je les prends, ainsi je les remets ;
Ô douce compagnie et utile et honnête !
Un autre en caquetant m'étourdirait la tête.

Puis, du livre ennuyé, je regardais les fleurs,
Feuilles, tiges, rameaux, espèces et couleurs,
Et l'entrecoupement de leurs formes diverses,
Peintes de cent façons, jaunes, rouges et perses,
Ne me pouvant saouler, ainsi qu'en un tableau,
D'admirer la Nature, et ce qu'elle a de beau ;
Et de dire, en parlant aux fleurettes écloses :
« Celui est presque Dieu qui connaît toutes choses. »
Eloigné du vulgaire, et loin des courtisans,
De fraude et de malice impudents artisans,
Tantôt j'errais seul par les forets sauvages,
Sur les bords enjonchés des peints rivages,
Tantôt par les rochers reculés et déserts,
Tantôt par les taillis, verte maison des cerfs.

J'aimais le cours suivi d'une longue rivière,
Et voir onde sur onde allonger sa carrière,
Et flot à l'autre flot en roulant s'attacher ;
Et, pendu sur le bord, me plaisait d'y pêcher,
Etant plus réjoui d'une chasse muette
Troubler des écailles la demeure secrète,
Tirer avec la ligne, en tremblant emporté,
Le crédule poisson pris à l'hameçon amorcé,
Qu'un grand Prince n'est aise ayant pris à la chasse
Un cerf, qu'en haletant tout un jour il pourchasse,
Heureux, si vous eussiez, d'un mutuel émoi,
Pris l'appât amoureux aussi bien comme moi,
Que tout seul j'avalais, quand par trop désireux
Mon âme en vos yeux bu le poison amoureux.

Puis alors que Vesper vient embrunir nos yeux,
Attaché dans le Ciel je contemple les Cieux,
En qui Dieu nous écrit en notes non obscures
Les sorts et les destins de toutes créatures.
Car lui, en dédaignant (comme font les humains)
D'avoir encre et papier et plume entre les mains,
Par les astres du Ciel, qui sont ses caractères,
Les choses nous prédit et bonnes et contraires ;
Mais les hommes, chargez de terre et du trépas,
Méprisent tels écrits, et ne le lisent pas.

Or, le plus de mon bien pour décevoir ma peine,
C'est de boire à longs traits les eaux de la fontaine
Qui de votre beau nom se brave, et, en courant
Par les prés, vos honneurs va toujours murmurant,
Et la Reine se dit des eaux de la contrée ;
Tant vaut le gentil soin d'une Muse sacrée,
Qui peut vaincre la Mort et les sorts inconstants,
Sinon pour tout jamais, au moins pour un longtemps.

Là, couché dessus l'herbe, en mes discours je pense
Que pour aimer beaucoup, j'ai peu de récompense,
Et que mettre son cœur aux Dames si avant,
C'est vouloir peindre en l'onde et arrêter le vent ;
M'assurant toutefois, qu'alors que le vieil âge
Aura comme un sorcier changé votre visage,
Et lorsque vos cheveux deviendront argentés,
Et que vos yeux, d'Amour, ne seront plus hantés,
Que toujours vous aurez, si quelque soin vous touche,
En l'esprit mes écrits, mon nom en votre bouche.

Maintenant que voici l'an septième venir,
Ne pensez plus, Hélène, en vos lacs me tenir ;
La raison m'en délivre et votre rigueur dure ;
Puis, il faut que mon âge obéisse à nature.
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gavarneurgavarneur   17 août 2015
Quand au temple nous serons
Agenouillés, nous ferons
Les dévots selon la guise
De ceux qui pour louer Dieu
Humbles se courbent au lieu
Le plus secret de l'église.

Mais quand au lit nous serons
Entrelacés, nous ferons
Les lascifs selon les guises
Des amants qui librement
Pratiquent folâtrement
Dans les draps cent mignardises.

Pourquoi donque, quand je veux
Ou mordre tes beaux cheveux,
Ou baiser ta bouche aimée,
Ou toucher à ton beau sein,
Contrefais-tu la nonnain
Dedans un cloître enfermée ?

Pour qui gardes-tu tes yeux
Et ton sein délicieux,
Ta joue et ta bouche belle ?
En veux-tu baiser Pluton
Là-bas, après que Charon
T'aura mise en sa nacelle ?

Après ton dernier trépas,
Grêle, tu n'auras là-bas
Qu'une bouchette blêmie ;
Et quand mort, je te verrais
Aux Ombres je n'avouerais
Que jadis tu fus m'amie.

Ton test n'aura plus de peau,
Ni ton visage si beau
N'aura veines ni artères :
Tu n'auras plus que les dents
Telles qu'on les voit dedans
Les têtes des cimeteres.

Donque, tandis que tu vis,
Change, maîtresse, d'avis,
Et ne m'épargne ta bouche :
Incontinent tu mourras,
Lors tu te repentiras
De m'avoir été farouche.

Ah, je meurs ! Ah, baise-moi !
Ah, maîtresse, approche-toi !
Tu fuis comme faon qui tremble.
Au moins souffre que ma main
S'ébatte un peu dans ton sein,
Ou plus bas, si bon te semble.
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coco4649coco4649   30 mai 2015
Cet amoureux dédain, ce Nenni gracieux,
Qui refusant mon bien, me réchauffent l’envie
Par leur fière douceur d’assujettir ma vie,
Où sont déjà sujets mes pensers et mes yeux,

Me font transir le cœur, quand trop impétueux
À baiser votre main le désir me convie,
Et vous, la retirant, feignez d’être marrie,
Et m’appelez, honteuse, amant présomptueux.

Mais sur tout je me plains de vos douces menaces,
De vos lettres qui sont toutes pleines d’audaces,
De moi-même, d’Amour, de vous et de votre art,

Qui si doucement farde et sucre sa harangue,
Qu’écrivant et parlant vous n’avez trait de langue,
Qui ne me soit au cœur la pointe d’un poignard.
+ Lire la suite
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MichelePMicheleP   09 février 2017
Le temps s'en va, le temps s'en va ma Dame,
Las ! le temps non, mais nous nous en allons,
Et tôt serons étendus sous la lame,

Et des amours, desquelles nous parlons
Quand serons morts, n'en sera plus nouvelle
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Jean-DanielJean-Daniel   30 août 2020
Donc, si vous me croyez mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne,
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleur la vieillesse
Fera ternir votre beauté.
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Videos de Pierre de Ronsard (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre de Ronsard
Pierre de RONSARD – La Question des Œuvres Complètes (France Culture, 1995) L’émission « Poésie sur parole », par André Velter, diffusée le 4 mars 1995 sur France Culture. Invité : Daniel Ménager. Lecture : François Chaumette et Jean-Luc Borg.
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