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Citations sur Les Amours (48)

araucaria
araucaria   27 août 2013
A Cassandre

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.
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dbreit
dbreit   30 novembre 2012
Prends cette rose....

Prends cette rose aimable comme toi,
Qui sert de rose aux roses les plus belles,
Qui sert de fleur aux fleurs les plus nouvelles,
Dont la senteur me ravit tout de moi.

Prends cette rose et ensemble reçois
Dedans ton sein mon coeur qui n'a point d'ailes
Il est constant et cent plaies cruelles
N'ont empêché qu'il ne gardât sa foi.

La rose et moi différons d'une chose
Un Soleil voit naître et mourir la rose,
Mille Soleils ont vu naître m'amour,

Dont l'action jamais ne se repose.
Que plût à Dieu que telle amour, enclose,
Comme une fleur, ne m'eut duré qu'un jour.
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gavarneur
gavarneur   31 mai 2018
Heureuse fut l'étoile fortunée,
Qui d'un bon œil ma Maîtresse aperçut.
Heureux le bers, et la main qui la sut
Emmailloter le jour qu'elle est née.

Heureuse fut la mamelle enmannée,
De qui le lait premier elle reçut,
Et bien heureux le ventre qui conçut
Telle beauté de tant de dons ornée.

Heureux parents qui eûtes cet honneur
De la voir naître un astre de bonheur !
Heureux les murs, naissance de la belle !

Heureux le fils dont grosse elle sera,
Mais plus heureux celui qui la fera
Et femme et mère, en lieu d'une pucelle !
(Sonnet CXL)
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Akayashi
Akayashi   10 mars 2016
Je voudroi bien, affin d'aiser ma peine
Estre un Narcisse, & elle une fontaine
Pour m'i plonger une nuit à séjour :
Et voudroi bien que cette nuit encore
Durât tousjours sans que jamais l'Aurore
D'un Front nouveau nous r'allumât le jour.
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Orphea
Orphea   27 avril 2010
Amour me tue, & si je ne veus dire
Le plaisant mal que ce m'est de mourir :
Tant j'ai grand peur qu'on veuille secourir
Le mal par qui doucement je soupire.
Il est bien vrai que ma langueur désire,
Qu'avec le tans je me puisse guerir :
Mais je ne veus ma dame requerir
Pour ma santé : tant me plaist mon martire.
Tai toi langueur : je sen venir le jour
Que ma maistresse, apres si long sejour,
Voiant le soin qui ronge ma pensée,
Toute une nuit, folatrement m'aiant
Entre ses bras, prodigue, ira paiant
Les interés de ma peine avancée.
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Pralinerie
Pralinerie   24 septembre 2012
Maîtresse, embrasse-moi, baise-moi, serre-moi
Maîtresse, embrasse-moi, baise-moi, serre-moi,
Haleine contre haleine, échauffe-moi la vie,
Mille et mille baisers donne-moi je te prie,
Amour veut tout sans nombre, amour n'a point de loi.

Baise et rebaise-moi ; belle bouche pourquoi
Te gardes-tu là-bas, quand tu seras blêmie,
A baiser (de Pluton ou la femme ou l'amie),
N'ayant plus ni couleur, ni rien semblable à toi ?

En vivant presse-moi de tes lèvres de roses,
Bégaie, en me baisant, à lèvres demi-closes
Mille mots tronçonnés, mourant entre mes bras.

Je mourrai dans les tiens, puis, toi ressuscitée,
Je ressusciterai ; allons ainsi là-bas,
Le jour, tant soit-il court, vaut mieux que la nuitée.
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jvermeer
jvermeer   09 août 2019
*******

Marie, vous avez la joue aussi vermeille


Marie, vous avez la joue aussi vermeille
Qu’une rose de mai, vous avez les cheveux
De couleur de châtaigne, entrefrisés de nœuds,
Gentement tortillés tout autour de l’oreille.

Quand vous étiez petite, une mignarde abeille
Dans vos lèvres forma son doux miel savoureux,
Amour laissa ses traits dans vos yeux rigoureux,
Pithon vous fit la voix à nulle autre pareille.

Vous avez les tétins comme deux monts de lait,
Qui pommellent ainsi qu’au printemps nouvelet
Pommellent deux boutons que leur châsse environne.

De Junon sont vos bras, des Grâces votre sein,
Vous avez de l’Aurore et le front, et la main,
Mais vous avez le cœur d’une fière lionne.


Pierre de Ronsard - Recueil : Le second livre des Amours (1556)
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mcd30
mcd30   05 mars 2019
Que dois je faire ? Amour me faict errer,
Si hautement que je n'ose espérer
De mon salut que la désespérance.

Puis qu'Amour donc ne me veut secourir
Pour me déffendre il me plaist de mourir,
Et par la mort trouver ma delivrance?
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Titouan32
Titouan32   24 avril 2018
L'absence

Ce me sera plaisir, Genèvre, de t'écrire,
Étant absent de toi, mon amoureux martyre...
J'ai certes éprouvé par mainte expérience,
Que l'amour se renforce et s'augmente en l'absence,

Ou soit en rêvassant le plaisant souvenir,
Ainsi que d'un appât la vienne entretenir,
Ou soit les portraits des liesses passées
S'impriment dans l'esprit de nouveau ramassées ;

Soit que l'âme ait regret au bien qu'elle a perdu,
Soit que le vide corps plus plein se soit rendu,
Soit que la volupté soit trop tôt périssable,

Soit que le souvenir d'elle soit plus durable.
Bref, je ne sais que c'est ; mais certes je sais bien
Que j'aime mieux absent qu'étant près de mon bien...
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SimonLarriba
SimonLarriba   17 octobre 2016
Si c’est aimer, Madame, et de jour et de nuit
Rêver, songer, penser le moyen de vous plaire,
Oublier toute chose, et ne vouloir rien faire
Qu’adorer et servir la beauté qui me nuit :

Si c’est aimer de suivre un bonheur qui me fuit,
De me perdre moi-même, et d’être solitaire,
Souffrir beaucoup de mal, beaucoup craindre, et me taire
Pleurer, crier merci, et m’en voir éconduit :

Si c’est aimer de vivre en vous plus qu’en moi-même,
Cacher d’un front joyeux une langueur extrême,
Sentir au fond de l’âme un combat inégal,
Chaud, froid, comme la fièvre amoureuse me traite :

Honteux, parlant à vous, de confesser mon mal !
Si cela c’est aimer, furieux, je vous aime :
Je vous aime, et sais bien que mon mal est fatal :
Le cœur le dit assez, mais la langue est muette.


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