AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
3,44

sur 142 notes
Kirzy
  12 septembre 2019
°°° Rentrée littéraire 2019 #19 °°°

Ce roman a connu un vif succès, critique et commercial à sa sortie outre-Manche. Sans doute parce qu'il est profondément contemporain, écrit par une jeune auteure irlandaise qui a su croquer un portrait plutôt tendre de la fameuse génération des Millenials à travers son héroïne narratrice, Frances : 21 ans, bisexuelle, poétesse vivant dans une grande précarité. A la fois mature et naïve, elle vit en pleine confusion des sentiments entre sa meilleure amie, ex-petite amie, Bobbi, et Nick, un bel acteur trentenaire marié, désabusé voire dépressif, dont elle tombe profondément amoureuse.

Cela se lit très facilement, beaucoup de dialogues, de conversations à deux, à trois, à plusieurs, de courriels pour dire au final le manque de courage à faire quelque chose de soi, la difficulté à s'engager, à se conformer, à aimer sans se renier.

Mais voilà, j'ai trouvé ce roman absolument minuscule et me suis profondément ennuyée à suivre ces personnages insignifiants ( je sauverai Nick, très touchant ), et ces petites coucheries entre amis sans réel enjeu. J'ai même souvent été agacée par la vacuité du propos et le manque de profondeur de ces personnages très nombrilistes.

Bon, on va juste dire, pour ne pas faire l'aigrie de service, que ce roman n'était pas pour moi, point final. Et vu les éloges qui ont plu au Royaume-Uni, le comparant à Jane Austen ou Salinger pour sa capacité à capter l'air du temps, ce n'est pas bien grave que je sois passée à côté.

Lu dans le cadre du jury Grand Prix des Lectrices Elle 2020 ( n°5 )
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          7612
fertiti65
  16 février 2021
Un premier roman de l'autrice irlandaise, Sally Rooney qui m' a plutôt plu. C'est un roman où l'amour et l'amitié se mêlent.
Frances, l'héroïne et narratrice est une jeune étudiante poétesse de 21 ans. Elle a vécu un temps avec Bobbi, une jeune étudiante du même âge en étant amantes. Un jour, elles rencontrent Melissa, une photographe d'une trentaine d'années, elle voudrait les aider à publier des poèmes. Melissa les invitent toutes les deux chez elle et lui présente son mari, Nick. Bobbi a le coup de foudre avec Melissa. Frances ressent de la jalousie face à cette attirance. Elle-même est très attirée par Nick.
C'est un peu les jeux de l'amour et du hasard...
Un roman où on se laisse aller par cette histoire. On ne sait pas trop l'évolution de ces personnages, mais il y a une certaine langueur qui nous attire à en savoir plus. Frances, on a que son point de vue, débarque dans cette vie artistique. A deux, à quatre ou plus ils conversent sur l'amour, l'amitié, la religion, le capitalisme. de sexe il en est beaucoup question, par contre les sentiments sont tabous, gommés par une certaine pudeur des personnages.
En résumé, j'ai bien aimé cette lecture vagabonde, un peu charmeuse et lointaine à la fois.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          454
LadyDoubleH
  03 novembre 2019
Sally Rooney est une jeune auteure irlandaise dont les deux premiers romans ont été encensés par la critique anglo-saxonne. Conversations entre amis est son premier roman. le second paraîtra l'an prochain en France. J'étais très curieuse.

Ce roman ne m'a subjuguée ni par son style – que j'ai trouvé assez plat dans les parties narratives – ni par son intrigue – même si elle est bien menée. Et pourtant j'ai été embarquée direct, littéralement emballée, et j'ai dévoré les quatre cent pages de Conversations entre amis en trois jours (je n'étais même pas en vacances !). C'est un livre véritablement habité.

Au coeur de l'histoire il y a Frances, la narratrice. Et puis Bobbi, sa meilleure amie et ancienne amante. Elles ont vingt et un ans, sont étudiantes à Dublin. Lors d'une soirée où elles performent de la poésie, elles rencontrent Melissa, photographe et écrivaine, et son mari Nick, un acteur ; tous deux trentenaires. Conversations entre amis, c'est leur histoire, leurs histoires.

Par moments, j'ai pensé à du Woody Allen. Un quatuor avec des relations imbriquées et complexes, beaucoup de bavardages et d'introspection, le tout saupoudré d'un humour savoureux.

« Nous aussi, on était dans une école religieuse, a dit Bobbi. Ce n'est pas sans conséquences.
Melissa a souri en demandant : lesquelles ?
Eh bien, je suis gay, et Frances est communiste. »

J'ai adoré le ton de ce roman, sa fraîcheur. Sally Rooney cultive à merveille chez Frances et Bobbi l'ironie comme arme de protection massive. Elle raconte la vie de tous les jours d'une génération hyperconnectée et désabusée, aussi naïve que mature, non avare de paradoxes et plus pudique sur les sentiments que sur le sexe. Qu'en est-il de l'amour, de l'amitié et des rapports humains à l'heure de la crise économique et des réseaux sociaux ? Quand les interactions sociales se construisent via textos, mails et messageries instantanées, quand pour s'y retrouver dans une conversation Messenger commencée il y a plusieurs années, on procède à une recherche par mots-clés, pour savoir quand on a ensemble parlé d'amour ?

Sally Rooney ne mâche pas ses mots mais n'oublie jamais d'être tendre. Elle explore avec acuité et finesse l'attachement et sa complexité, les incompréhensions entre individus et toutes les difficultés que l'on peut avoir à communiquer aujourd'hui. J'ai aimé que l'auteure nous livre le portrait d'une Irlande contemporaine ouverte sur les différences.

Je me suis beaucoup attachée à Frances… il y aurait tellement à en dire ! Et en plus la fin du roman est très réussie ! Joie. Franchement, je n'ai qu'une hâte, lire le prochain Sally Rooney.

« Qu'est-ce donc vraiment qu'un ami ? demandait-on avec humour. Qu'est-ce donc vraiment qu'une conversation ? »
Lien : https://lettresdirlandeetdai..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
delphp
  16 septembre 2019
✩ Présélection jury Grand Prix des lectrices ELLE 2020 ✩

Non mais là, à un moment, il faut que je vous dise, la vacuité de ce roman... c'est terrifiant... C'est un peu comme regarder dans les yeux d'un veau, sans l'apaisement lié au vide qu'on y perçoit.

Déjà, il faut dire que rarement un livre aura aussi mal porté son titre parce que de conversation il n'est aucunement question, et les personnages sont tout sauf des amis.

L'histoire est la suivante: Frances tombe amoureuse de Nick. Sauf que Nick est marié à Melissa. Melissa elle, elle aime bien Bobbi. Bobbi c'est une fille, c'est la copine de Frances. Elles ont fricoté au lycée. Et Bobbi voit pas d'un très bon oeil la relation de Frances avec Nick, même si elle est pas indifférente à Melissa, qui ne voit pas forcément de problème à ce que Nick et Frances se fréquentent, mais seulement si elle garde le statut de l'épouse de Nick...

Vous n'y comprenez rien? Normal, eux non plus. On dirait une saison des Feux de l'amour, sans la mise à distance kitsch.

Honnêtement je ne sais pas ce que l'auteure a voulu faire ou dire mais en substance c'est une histoire d'amour et d'adultère qu'on a déjà lue ou vue des centaines de fois, le panache en moins.

Autant c'était subversif quand Charlotte Brontë sortait Jane Eyre en 1847, autant aujourd'hui ça n'a plus grand intérêt et je ne pense pas qu'en 2019 il suffise d'ajouter une dose de bisexualité pour rendre la chose plus moderne.

Tout est insipide dans ce roman, les personnages n'ont aucune substance et sont comme des caricatures d'eux mêmes: des bobos artys qui se voudraient avant-gardistes mais se vautrent dans un moralisme social des plus pathétiques.

Tous se présentent ainsi comme progressistes, libres dans leur sexualité et leurs relations, mais en réalité chacun se révèle dans un strict conformisme: Frances veut l'exclusivité dans son couple, Melissa veut garder son statut marital, Nick aussi veut respecter les obligations du mariage...

A ce stade on se dit qu'on sera sauvé de ces pleurnicheries sentimentales par une substance plus politique puisque l'éditeur nous annonce fièrement que le roman se situe dans une "capitale poste crise économique où la jeunesse débat sur les ravages du capitalisme" et que "la voix de Frances (...) est celle de sa génération"

Là encore la désillusion frappe en plein visage, et personnellement j'aime pas trop ça, qu'on me frappe en plein visage.

Parce qu'alors si en 2019 débattre sur les ravages du capitalisme c'est se contenter d'écrire des choses comme "Philip souffrait d'avoir l'air riche lui aussi" ou de se définir comme "communiste" parce qu'on voudrait pas avoir "l'air riche" même si on fait des études en vivant aux crochets de papa et maman, dans un appartement mis à disposition par son tonton, tout en passant ses vacances chez des amis qui ont une villa en Bretagne...

Apparemment c'est encore écrire:

" j'ai dit que je ressentais parfois l'envie de rejeter mon appartenance ethnique, comme si, alors que j'étais de toute évidence blanche, je n'étais pas "vraiment" blanche, en tout cas pas comme les autres Blancs".

Là, alors là, je n'ai pas de mot.

Reprenons donc, on en est là: une bluette type Les mystères de l'amour en moins trash + une réflexion politique aussi intense qu'une mousse d'eau battue à l'air.

En l'absence de fond, reste la forme me direz-vous...

Et c'est encore un mawashi-geri, coup de pied circulaire dans la face tant le roman est dénué de style.

Je pense vraiment qu'il faut arrêter de qualifier de "poésie naïve" le vide syntaxique absolu.

Fait intéressant et révélateur, le parti pris étrange de supprimer les cadratins du récit, alors 1/ qu'on parle de sentiments (amour ou amitié peu importe) 2/ qu'on est supposé parler de "conversations".

Typographiquement, et donc symboliquement, c'est le dialogue qu'on supprime.

Et c'est précisément le gros défaut (enfin le plus gros, parce qu'il y en a beaucoup): il n'y a aucun échange, aucun dialogue.

On est face à un long monologue plaintif et autocentré, dépourvu d'humour et de recul.

On retrouve dans le récit ce qui, selon Brett Easton Ellis, caractérise cette génération des millenials: une quête constante et geignarde d'approbation mêlée à un vide existentiel vertigineux.

Chaque personnage se tripote le nombril en envoyant des textos, c'est à la fois vain et vaniteux, c'est vraiment terrible.

En bref, passez votre chemin, mais genre contournez ce roman de loin, très loin.


Lien : https://chatpitres.blogspot...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1810
LaGeekosophe
  16 juin 2021
J'avais beaucoup apprécié Normal People de Sally Rooney, un roman que j'avais trouvé sensible et moderne. C'est donc avec curiosité que je suis plongée dans le premier roman de l'autrice, qui raconte cette fois les liens complexes entre quatre personnages dans une Irlande encore atteinte par la crise économique. Ai-je de nouveau apprécié la prose très contemporaine de l'autrice ?

Sally Rooney met en avant un personnage nommé Frances, une jeune femme issue de la classe moyenne inférieure, avec des parents séparés et un père absent. Elle a cependant la particularité d'être d'une intelligence remarquable, mais aussi souvent nonchalante. Elle est restée amie avec son ex, Bobbi, jeune femme rebelle et charismatique née dans une famille riche. Leur relation est très bien décrite au fil du temps et c'est à mes yeux celle qui est la plus significative pour Frances. Il est intéressant de les voir se chercher, car ni l'une ni l'autre ne semblent avoir de projet professionnel, hormis leurs représentations artistiques, car elles sont poètes performeuses. A travers leurs discussions, j'ai retrouvé une génération très éduquée qui a tendance à tout intellectualiser pour créer une distance avec la tristesse de leur réalité. Son évolution au cours du roman est très bien menée, et montre la dégradation mentale de cette jeune femme qui doit affronter beaucoup de difficultés, relationnelles comme du côté de sa santé, qui finissent par l'abîmer profondément.

Frances et Bobbi font rapidement la connaissance de Melissa et de son mari, Nick. Les deux sont plus âgés, plus riches, mais appartiennent aussi à cet univers d'artistes auquel appartiennent les deux jeunes filles. Il s'ensuit une relation étrange, très bien décrite, entre ces quatre protagonistes, entre non-dits, confidences et trahisons. L'écriture se veut très moderne, sans ponctuation pour les dialogues. Ces derniers se mêlent avec le reste du texte, donnant au lecteur l'impression d'une certaine monotonie dans le ton. D'autant plus que ces derniers sont très réalistes : peu des personnages parlent de manière directe, sûre de soi… C'est même parfois un peu agaçant, notamment entre Nick et Frances, qui semblent apprécier cette forme de flou dans leur relation, mais je pense que ça parle à beaucoup d'entre nous. Car aujourd'hui, on garde beaucoup de flexibilité dans nos relations.

Sally Rooney évoque avec ce premier roman des thématiques qui reviennent dans Normal People. Bien sûr, nous avons le cadre Dublinois, un peu d'Irlande rurale… mais aussi un week-end passé chez des personnes plus riches. Les différences de classe sont abordées dans les deux romans à travers les deux protagonistes. L'argent est un sujet de tension entre Frances et Bobbi. Il y a aussi la question du lien ténu entre l'amour et l'amitié, notamment dans les relations qui ne sont pas pleinement assumées. On a l'impression que Frances et Nick jouent au jeu du chat et de la souris. L'autrice affectionne beaucoup écrire à propos des milieux intellectuels. Frances et Bobbi sont ainsi deux jeunes femmes très intelligentes et cultivées, parfois même arrogantes, en particulier Bobbi. Mais cette dernière a également les répliques les plus mordantes.

Conversations entre amis est par ailleurs un récit de tranche de vie. C'est-à-dire que l'histoire n'est pas spécialement palpitante et la fin, ouverte, peut laisser un goût d'inachevé. Alliés à l'écriture très contemporaine, certains passages m'ont paru un peu plats. Les événements s'enchaînent dans la vie de Frances sans qu'il y est de réel liant, ce qui, une fois de plus, peut déplaire. Mais c'est un peu un marqueur du style de Sally Rooney pour le moment, d'être à la limite entre le banal et le dérangeant. Beaucoup trouveront sûrement ce récit sans saveur, mais pour moi ça a plutôt bien fonctionné.

J'ai une fois de plus beaucoup apprécié la plume contemporaine de l'autrice ainsi que son acuité dans la description des liens entre les personnages. L'histoire de Frances aborde la difficulté des relations humaines, la fine frontière entre amour et amitié mais aussi les relations hors cadre traditionnel. Les personnages sont tous réussis, avec des personnalités qui leur sont propres. J'ai cependant trouvé que certains éléments auraient gagné à être approfondis, comme la relation entre Nick et Frances, que j'ai trouvée finalement un peu superficielle et ennuyeuse.
Lien : https://lageekosophe.com/202..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Analire
  26 mars 2021
Après avoir adoré Normal people de Sally Rooney début mars, je souhaitais découvrir son deuxième petit bébé : Conversations entre amis. Une seconde rencontre littéraire avec l'auteure qui vient confirmer mes appréciations lors de ma première lecture : j'aime énormément l'écriture et le style narratif de Sally Rooney, sa façon de raconter une histoire, de manière à la fois détachée, mais chaleureuse. Un talent que peu arrivent à acquérir.

Dans Conversations entre amis, nous faisons la découverte de Frances, la narratrice et Bobbi, son ex-petite amie. Ensemble, elles font faire la rencontre de Melissa et de son mari Nick, un couple explosif mais dissonant, qui se complaisent néanmoins dans leur équilibre de vie. Sans se l'expliquer, Frances ressent une attirance charnelle envers Nick, avec qui elle va commencer à entretenir une liaison, dans le secret le plus total. Une aventure passionnelle, difficile à décrire, va naître entre nos deux héros. À travers des échanges de mails, de sms, via des rencontres fortuites dans des dîners mondains ou dans des chambres d'hôtel, le triangle amoureux se met en place entre Nick, Frances et Melissa. Mais ce n'est pas tout : Bobbi ressent elle aussi une attirance toute particulière pour Melissa, la femme de Nick. C'est un quatuor aux relations imbriquées qui nous fait face, où les jalousies, les ressentiments, l'adultère, sont plus que jamais présents.

Comme dans Normal people, Conversations entre amis est plus un roman psychologique, où l'introspection et la réflexion priment sur l'action. Sally Rooney nous donne à repenser les relations amoureuses et les attaches sentimentales, à travers des histoires d'amour différentes que ce que l'on peut lire, voir ou vivre d'ordinaire. Une lecture moderne, qui s'ancre totalement dans l'ère du temps, où l'ouverture d'esprit est de mise pour apprécier l'ensemble des tenants et aboutissants de l'histoire !

Encore une fois, j'ai été totalement envoutée par le style narratif de l'auteure, je me suis laissé glisser dans sa prose et j'ai finalement terminé ma lecture en moins d'une journée. Les personnages sont attachants et les thématiques qui les traversent sont nombreuses. Outre la complexité des liens d'amour et d'amitié, on y parle également de féminisme, de confiance en soi, de repères familiaux… Autant de sujets qui viennent étoffer l'histoire et donner une plus grande part de réflexions aux lecteurs.

Un roman psychologique au style narratif contemporain, qui tend à analyser avec subtilités la complexité des liens entre les différents personnages. Une lecture moderne, voire avant-gardiste, qui saura séduire les lecteurs les plus ouverts d'esprit.
Lien : https://analire.wordpress.co..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
mariecloclo
  28 octobre 2019
Une jeune auteur irlandaise dont on parle beaucoup en ce moment.
Son roman m'a semblé dans l'air du temps.
Le personnage principal est Frances, étudiante en lettres de 21 ans et poétesse. Elle a eu une liaison avec Bobbi, une autre étudiante, avec qui elle fait des performances et se produit en public. Les deux amies sont restées très proches.
Ces deux étudiantes n'ont pas de problèmes d'argent, étant aidées par leurs parents. Elles font la connaissance d'une journaliste qui s'appelle Melissa, qui a la trentaine et vit avec Nick, un acteur très beau.
Petit à petit, ces quatre personnes vont se rapprocher et apprendre à se connaître. Frances va même éprouver des sentiments pour Nick et se sentir très attirée par lui, même s'il est marié et plus âgé qu'elle.
Le roman est centré sur l'évolution de leurs sentiments. On épouse le point de vue de Frances, on lit ses monologues, ses mails.
C'est un roman particulier car très narcissique et autocentré sur le personnage de Frances, qui ne m'a pas parue sympathique du tout. Curieusement, je ne me suis pas ennuyée, il se dégage un certain charme de ce roman, certaines interrogations ou réflexions sont universelles.
Pas un grand coup de coeur car le fond est assez vain en fait mais ça se lit facilement et c'est somme toute assez touchant.
C'est pourquoi je mets la moyenne. Je ne pense pas lire l'autre roman de cette auteur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
maevedefrance
  28 septembre 2019
Traduit par Laetitia Devaux

Frances et Bobbi sont, à leurs heures perdues, poétesses et performeuses. Elles ont aussi été en couple mais ont rompu tout en restant amies. Un jour, dans une soirée littéraire, elle rencontre Melissa, une journaliste photographe ayant des accointances avec le milieu littéraire. Celle-ci a 37 ans, est mariée à Nick, acteur de 32 ans. Frances et Bobbi sont plus jeunes, la vingtaine, étudiantes. Rapidement, Frances est attirée par Nick alors que Bobbi trouve Melissa charmante et sympathique. Bobbi n'aime pas Nick. Frances n'a pas vraiment de sympathique pour Melissa. Bon. Et alors ?

Alors, la première partie du roman réside sur le suspense du "Est-ce que Frances va coucher avec Nick et briser le couple qu'il forme avec Melissa ?". Déjà, je me sentais mal barrée au bout d'une centaine de pages, me demandant clairement ce que j'avais comme type de roman entre les mains. Nick et Frances s'envoient des SMS et des mails. Et finalement, ben si ce dont on se doutait n'était pas arrivé, il n'y aurait pas eu ce roman. Bref, il va s'ensuivre un Je-t'aime-moi-non-plus-tu-veux-ou-tu-veux-pas-on-arrete-ou-on-continue-par-devant-ou-par-derriere pendant 393 pages. Trop passionnant non ? :(

Mélissa et Nick sont soi-disant ensemble mais plus vraiment, mais non, sont ensemble mais dorment dans des lits séparés, mais en fait, Nick ne quittera pas Mélissa, et Mélissa, bien sûr, finit par apprendre ce que bidouillent Frances et Nick derrière son dos. Elle envoie un long mail à Frances pour lui dire ses vérités. Entre temps, Nick et Frances ont rompu plusieurs fois, puis se sont remis ensemble, puis ont rompu, puis se sont fait la gueule, puis se sont remis ensemble.

Pendant ce temps, Bobbi est un peu laissée de côté. Et Frances ne lui dit que très tardivement ce qu'elle bidouille avec Nick parce qu'elle a peur de sa réaction et surtout qu'elle se moque d'elle.

Ah oui, au fait, j'oubliais : Frances est pauvre et se dit communiste et féministe. Bobbi est d'un milieu aisé et se dit aussi féministe. Pourtant, on n'entend pas du tout parler de communisme dans cette histoire. Ni de féminisme, d'ailleurs.

Frances a un jour très mal au ventre, au point de faire un malaise et de se retrouver aux urgences. Elle pense faire une fausse couche de l'enfant de Nick. Mais c'est pas ça. Ses malaises se répètent tout au long du roman jusqu'à ce qu'on apprenne enfin ce dont elle souffre : endrométriose. Mais on se demande ce que ce détail vient faire dans cette histoire, d'autant qu'il n'est pas centré sur ce problème féminin mal connu, c'est vrai.

J'ai terminé ce roman avec labeur, tant il est insipide. Il est plein de détails qui ne servent à rien, en particulier de scènes de sexe (qui ne servent pas à grand chose, à mon humble avis !).
"C'était dur de savoir ce qu'il ressentait. Au lit, il ne me mettait jamais la pression, et il était toujours très respectueux de mes envies. Et pourtant, c'était comme s'il était absent, réservé. Il ne me complimentait jamais sur mon physique. Il ne me touchait ni ne m'embrassait jamais de façons spontanée. Je me sentais encore nerveuse en me déshabillant, et la première fois que je lui ai fait une fellation, il est resté si silencieux que j'ai dû m'interrompre pour lui demander si je lui faisais mal. Il dit non, mais quand j'ai repris, il a gardé le silence."

On se croirait dans 50 nuances de grey . C'est ainsi à plusieurs reprises. Je me suis surprise à rire plusieurs fois , non parce que c'était drôle, mais parce que c'était ridicule voire peu crédible. Frances et Nick couchent ensemble dans la maison où est présente Melissa et elle ne les surprend jamais. C'est dingue, non ?

Un roman est littérairement facile, occupé essentiellement par de la romance-sexe. On n'a pas mal à la tête à la fin, on n'a rien appris de nouveau, on ne s'est pas enrichi. Quelques jours après l'avoir refermé, je ne me souviens déjà plus de la fin. Si ce n'est que les 2 amies se remettent en couple et que finalement, non, Nick, c'est mieux que Bobbi. Mais c'est pas sûr. OMG ! Minette, mon meilleur conseil est de consulter un psy !

Sally Rooney a 27 ans. On en parle comme le nouveau prodige de la littérature irlandaise. Je ne comprends pas. Je n'avais aucun a priori sur ce roman, j'étais même impatiente de le découvrir. Ma déception est d'autant plus forte. La presse traditionnelle l'a montée en épingle.
Voici ce qu'en dit le magazine Lire de ce mois : "L'auteure irlandaise se fait le porte-voix des millennials, génération mal aimée. Souvent mise en porte-à-faux, cette jeunesse désenchantée est surtout incomprise. Comparée à Lena Dunham (la créatrice de la série Girls), Sally Rooney en dresse ici un portrait d'une justesse bluffante. Remise en question de la valeur travail, peur de la précarité, sentiment de ne pas être à sa place, émancipation sexuelle, combat féministe, indignation politique... Tout est passé au crible dans ce livre éblouissant." Je suis sidérée quand je lis ces propos car il n'est pas du tout question de la valeur travail, ni même de combat féministe et d'indignation politique. C'est bien facile de caser toute une génération dans une case. Mal aimée ? Ah bon ? Pourquoi ? Il est un chouya question d'argent car Frances est pauvre mais l'intrigue ne tourne pas autour de ça. Combat féministe ? Alors là, que nenni ! Indignation politique ? Ah bon ? ça ne saute pas aux yeux.

Voici ce que dit le magazine Elle de la semaine dernière : "Frances, narratrice et héroïne de ce premier roman, observe d'un oeil dubitatif et fasciné [le milieu de la bourgeoisie intellectuelle] quand une histoire d'amour avec un acteur de quinze ans son aîné la propulse dans la vie d'adulte. "Comme elle, explique Sally Rooney, je comprends l'attraction de ce style de vie sur une jeune femme d'un milieu populaire. Mais, comme elle, je veux rester sceptique vis-à-vis de ces systèmes et, en particulier, du monde de l'édition qui fonctionne comme une facette du capitalisme. Certains écrivains gagnent beaucoup d'argent, d'autres pas du tout." (...) Certains ont voulu faire d'elle l'emblème de la génération des millennials, mais le prisme par lequel Sally Rooney regarde le monde est, dit-elle, "plus marxiste et féministe que générationnel". Les bras m'en tombent ! Il n'est pas question de la condition des écrivains dans ce roman. Ni de capitalisme.

Je n'ai pas lu dans ce livre une analyse fine de la société ou même d'une génération. C'est juste une histoire d'amour passionnelle, et surtout de sexe, qui monopolise les lignes. Mais sans grand intérêt car rien de nouveau sous le soleil. Cette histoire un peu spéciale ne concerne pas une génération en particulier.

Bref, si vous voulez vous faire votre propre opinion vous pouvez le lire. Pour ma part, j'ai un peu en travers les 23€ que j'ai dû débourser pour lire un roman aussi insipide. La parution de son deuxième roman, Normal People est prévu pour bientôt. Je vais passer mon chemin : il y a tant de vraie belle littérature irlandaise à lire, à mon humble avis.
Lien : http://milleetunelecturesdem..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          52
hmurgia
  02 août 2021
Frances et Bobbi, deux étudiantes qui déclament des poésies dans des bars, sont repérées par Mélissa, photographe et écrivaine, qui les invite à dîner chez elle et son mari Nick. Si Bobbi est attirée par Mélissa, Frances elle est troublée par Nick, et une relation s'installe. Petites histoires d'amitié forte et d'amour dans le milieu littéraire et artistique de Londres du 21e siècle, avec une narratrice dépressive plutôt déchirée par ses sentiments qu'elle veut cacher.
Commenter  J’apprécie          30
MahaultMots
  15 juillet 2021
J'ai beaucoup apprécié ce roman qui se concentre sur une courte période de la vie de Frances, 21 ans, tiraillée entre son ex et désormais seule amie Bobbi et ses sentiments naissants pour un acteur marié et passablement déprimé, Nick.
L'héroïne évolue dans un milieu hyper intellectuel qui pourrait rebuter - pourtant, le livre en profite pour amener des thématiques super intéressantes telles que le sentiment d'être redevable, le flou des relations ou encore la lutte des classes.
Le style de l'autrice m'a également beaucoup plu et me donne envie de découvrir son autre roman, Normal people.
Merci aux éditions Points de m'avoir proposé cette lecture !
Lien : https://lesmotsdemahault.blo..
Commenter  J’apprécie          30


Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Vous aimez ce livre ? Babelio vous suggère




Quiz Voir plus

Quiz de la Saint-Patrick

Qui est Saint-Patrick?

Le saint patron de l’Irlande
Le saint-patron des brasseurs

8 questions
165 lecteurs ont répondu
Thèmes : fêtes , irlandais , irlande , bière , barCréer un quiz sur ce livre

.. ..