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EAN : 9782707171382
156 pages
Éditeur : La Découverte (26/01/2012)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 31 notes)
Résumé :
La vie moderne est une constante accélération. Jamais auparavant les moyens permettant de gagner du temps n'avaient atteint pareil niveau de développement, grâce aux technologies de production et de communication ; pourtant, jamais l'impression de manquer de temps n'a été si répandue. Dans toutes les sociétés occidentales, les individus souffrent toujours plus du manque de temps et ont le sentiment de devoir courir toujours plus vite, non pas pour atteindre un objec... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
deuxquatredeux
  31 octobre 2015
Dans Accélération. Une critique sociale du temps, Hartmut Rosa présentait longuement sa théorie de l'accélération sociale. Dans Aliénation et accélération, il se focalise, après une présentation condensée de la dite théorie, sur le thème de l'aliénation et les raisons (il faut entendre l'accélération sociale) qui mènent à l'Entfremdung, à l'aliénation.
Pour Rosa, l'aliénation, c'est le sentiment de "ne pas vraiment vouloir faire ce que l'on fait", de satisfaire la "liste des choses à faire" au détriment des activités réellement gratifiantes pour nous, authentiques à nos yeux et que nous voudrions vraiment faire.
L'aliénation s'explique par l'accélération sociale qui est devenue une "nouvelle forme de totalitarisme". Comme l'écrit Rosa,"il n'y a presque aucune arène de la vie sociale qui ne soit affectée par les diktats de la vitesse". Ce faisant, nous passons une grande partie de notre temps à courir pour "rester dans la course", pour rester dans la compétition. La compétition, positionnelle auparavant et performative désormais, est omniprésente et conduit à la sélection de nombreuses de nos partenaires de vie, de nos pratiques religieuses ou encore de nos centres d'intérêt.
En définitive, nous sommes devenus comme les hamsters qui courent dans des roues : nous courrons juste pour rester compétitif sans qu'il n'y ait nécessairement de sens à cette course.
Il est temps d'arrêter de faire les choses que nous ne voulons pas réellement faire afin de privilégier notre "être au monde".
D'une certaine façon plus léger que Accélération, Aliénation n'en reste pas moins un court essai d'une rare richesse pour expliquer notre époque et nos relations à cette époque.
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Latias
  01 avril 2020
Hartmut Rosa analyse comment nous en sommes arrivés au sentiment de vivre dans un monde où nos possibilités d'accomplissement personnel sont plus grandes que jamais tandis que nous nous sentons sous la contrainte de réaliser quotidiennement une foule d'actions que nous ne souhaitons pas vraiment.
En me risquant à résumer une thèse très fouillée : le projet moderne des Lumières, projet d'autonomie et de bien-être des individus, a eu pour conséquence l'instauration d'une concurrence généralisée ; pas seulement entre les entreprises, mais aussi entre chacun de nous ; pas seulement entre les entreprises et entre les groupes politiques, mais aussi dans les arts et les sciences. Depuis lors, ce ressort de la concurrence induit une accélération irrépressible de la vie de chacun, dite "accélération sociale". Celle-ci est arrivée à un stade tel que notre société qu'il qualifie "moderne tardive", risque de se renfermer sur elle-même, son accélération, parvenue à un stade qu'il juge totalitaire, ne laissant plus d'énergie disponible pour échapper à une profonde inertie culturelle, politique et structurelle.
En dépit de sa brièveté (140 pages) "Aliénation et accélération" reste presque constament accessible à qui, contrairement à l'auteur, n'est ni sociologue, ni philosophe et n'a pas lu les nombreux ouvrages cités en bas de page.
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phildec
  03 août 2014
Tout est dans le titre … une démonstration de l'aliénation humaine par l'accélération sociale au travers de l'accélération technique, du changement social et du rythme de vie. Un constat clair et étayé par une analyse critique sociologique. Il nous revient à présent de trouver les remèdes à cette maladie dont souffre notre société moderne.
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Mesjine
  05 juin 2019
Le sujet est un des sujets de prédilection d'Harmut Rosa. Toutefois cet ouvrage manque sa cible. En comparaison avec son autre ouvrage "Accélération, une critique sociale du temps" qui définit le concept d'accélération et jette les bases d'une véritable critique de celui-ci dans l'ère de la "modernité tardive" qui est la nôtre, l'ouvrage "Aliénation et accélération" échoue à démontrer des idées nouvelles. Il est touffu et épars, comme brouillon.
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critiques presse (1)
Telerama   29 février 2012
Dans ce nouveau livre, qui condense et prolonge Accélération, son best-seller de 2010, Rosa parfait les contours de sa théorie critique de la temporalité dans notre modernité tardive - en « bref », sa réflexion sur la logique de l'accélération sociale depuis les années 1970.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
deuxquatredeuxdeuxquatredeux   05 septembre 2014
En fait, c’est une tendance que Walter Benjamin a identifié il y a presque un siècle. En allemand, il pouvait distinguer les Erlebnissen (c'est-à-dire les épisodes d’expérience) et les Erfahrungen (le expériences qui laissent une trace, qui sont connectées, ou sont en relation pertinente, avec notre identité et notre histoire; les expériences qui atteignent ou transforment ceux que nous sommes). Et il faisait la suggestion que nous pourrions bien approcher d'une ère qui serait riche en Erlebnissen mais pauvre en Erfahrungen.
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   02 septembre 2014
Néanmoins, il est certain qu'il y a beaucoup de phénomènes sociaux auxquels le concept d'accélération peut être appliqué de manière pertinente. Les athlètes semblent courir et nager de plus en plus vite; les fast-foods, le speed-dating, les siestes éclairs et les drive-through funerals semblent témoigner de notre détermination à accélérer le rythme de nos actions quotidiennes, les ordinateurs sont de plus en plus rapides, les transports et et la communication demandent seulement une fraction du temps nécessaire il y a un siècle, les gens paraissent dormir de moins en moins (des scientifiques ont découvert que al durée moyenne du sommeil a baissé de deux heures depuis le XIXème siècle et de trente minutes depuis 1970), et même nos voisins semblent emménager et déménager de plus en plus fréquemment.
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   05 septembre 2014
Mais, dans la société de l'accélération, on ne répare plus les choses: alors que nous pouvons facilement accélérer la production, nous ne pouvons pas accélérer significativement la maintenance et le service. Par conséquent, réparer les choses devient de plus en plus cher par rapport au fait de les reproduire. De plus, comme la plupart des produits deviennent techniquement de plus en plus compliqués, nous perdons la connaissance pratique nécessaire à nous en occuper nous-mêmes. Enfin, comme la vitesse du changement social augmente, la "consommation morale" de choses surpasse toujours leur consommation physique: nous avons tendance à jeter et à remplacer les voitures, les ordinateurs, les habits et les téléphones bien avant qu'ils ne soient physiquement épuisés.
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   05 septembre 2014
Cette forme étrange et tout à fait nouvelle d'aliénation par rapport à nos propres actions résulte selon moi elle aussi des logiques autopropulsées de la compétition et de l'accélération. Dans un monde structuré par les impératifs de la vitesse, nous ne sommes pas seulement bien avisés de rechercher la réalisation à court terme de nos désirs (comme regarder la télévision) plutôt que leur évolution à long terme (jouer du violon); nous sommes aussi amenés, comme je l'ai dit auparavant, à acheter des "potentialités" et des options plutôt que des biens - et à compenser ainsi le renoncement à la consommation "réelle" par une augmentation du "shopping": nous ne prenons pas, ou ne trouvons pas le temps de lire Les Frères Karamazov - au lieu de cela nous achetons aussi L'Idiot de Dostoîevski ; nous ne prenons pas le temps d'apprendre vraiment à utiliser notre télescope (cela prend beaucoup trop de temps: pendant quatre des cinq nuits où vous projetez de sortir votre nouvel instrument, les nuages obscurcissent la vue, la cinquième nuit, il fait un froid glacial, la sixième nuit, vous ne vous sentez pas très bien, la septième nuit vous le sortez bel et bien - mais vous comprenez rapidement qu'il est extrêmement difficile de trouver en serait-ce que la Lune dans le petit secteur du ciel que vous voyez à travers le viseur) , au lieu de cela nous achetons un nouvel appareil photo que nous pouvons théoriquement fixer sur le viseur du télescope. Ainsi, nos pouvoirs potentiels, les options et les occasions auxquelles nous avons accès augmentant sans cesse, alors que nos capacités concrètes de "réalisation" diminuent progressivement. Nous possédons davantage de livres, de CD, de DVD, de télescopes, de pianos, etc. que jamais auparavant, mais nous ne pouvons pas les digérer. Puisque la "digestion" demande trop de temps et que nous ressentons un besoin impérieux et croissant de rattraper le retard temporel, nous compensons de plus en plus la consommation irréalisée à travers le shopping. C’est bon pour l'économie, mais c'est mauvais pour la vie bonne - et c'est de façon évidente un point de départ prometteur pour revisiter le concept des "faux besoins".
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   04 septembre 2014
Pour les sujets, le défi central est devenu de mener et de modeler leurs vies d'une manière qui leur permette de "rester dans la course", de maintenir leur compétitivité, de ne pas tomber de la roue des hamsters. De plus en plus, même les pratiques religieuses, les partenaires de vie et les familles, les hobbys et les règles de santé sont sélectionnés selon une logique de compétition. La vitesse du changement social et l'instabilité des conditions du milieu rendent formellement dangereux le développement et la poursuite d'un "projet de vie".
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Video de Hartmut Rosa (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hartmut Rosa
Présenté par Robert Maggiori, philosophe co-fondateur des Rencontres Philosophiques de Monaco et critique littéraire.
« Pourquoi lire (13 bonne raisons au moins) », co-écrit par Annie Ernaux, Philippe Garnier, Jürgen Habermas, Eva Illouz, Frédéric Joly, Esther Kinsky, Sibylle Lewitscharoff, Nicolas Mahler, Oliver Nachtwey, Katja Petrowskaya, Hartmut Rosa, Clemens J. Setz et Joëlle Zask. Publié chez Premier Parallèle, 20€, 240 pp.
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