AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Liliane Hasson (Traducteur)
EAN : 9782742746293
128 pages
Éditeur : Actes Sud (16/01/2004)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 75 notes)
Résumé :
Livre échangé sous le manteau, longtemps introuvable dans sa langue d'origine, "Mon ange" a été instrumentalisé par les cubains des deux rives afin de le réduire à un sommaire règlement de comptes. L'histoire de sa publication serait simplement romanesque, si on contenu n'était dramatiquement testamentaire.

Un écrivain qui a fui le régime carcéral insulaire refuse la reddition sans condition à la sphère étriquée des "triomphateurs" qui l'attendent à M... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
cicou45
  22 février 2018
Ce livre m'a profondément dérangée car dérangeant et si vous ne ressentez pas quelque gêne en le lisant, c'est soit que vous êtes insensible, blindé comme une carapace ou encore que vous êtes fou vous-mêmes. Oui, car telle est bien l'histoire, celle que tout le monde prend pour un fou : l'histoire de William qui, comme tant d'autres réfugiés cubains aux Etats-Unis, après avoir vécu l'enfer à Cuba, sont partis pour ne plus jamais revenir? Ce qu'ils ne savaient pas, c'est qu'une autre prison les attendait à l'arrivée : celle que l'on appelle les "boarding home", véritable asile psychiatrique. Certes, tous les Cubains n'y ont pas été enfermés mais ceux qui avaient un profond dérèglement mental (du moins, au vu des autres) y étaient et l'enfer continuait de nouveau, pour ceux qui étaient fous sans vraiment l'être. C'est le cas de notre protagoniste qui, comme tant d'autres, se voit réduit à l'état d'animal de par les conditions de vie qui lui sont imposées. Pas d'hygiène, pas de nourriture convenable, des bourreaux en tant que surveillants ou encore hommes crapuleux, bref, je vous en passe pour ne pas vous révulser d'entrée envers cette lecture.
En arrivant dans ce home, William était d'une extrême maigreur et lorsqu'il en ressortira (enfin, si il en ressort un jour), son état n'aura pas changé. Obligé de cohabiter avec des véritables fous, lui, qui a lu tout Proust, Hemingway et bien d'autres à l'âge de quinze ans, notre narrateur se fait peu à peu une raison jusqu'à ce qu'il rencontre Francine, une nouvelle pensionnaire. Cette rencontre-là, il y en a rarement deux dans une vie et cela va véritablement le changer et surtout, lui redonner espoir...Espoir en la vie et espoir en l'amour. Cependant, si tout se terminait comme dans un conte de fées, ce livre n'aurait pas de raison d'être mais je ne vous en dirai pas plus par peur de trop vous dire.
Un ouvrage qui m'a parfois donné la nausée je l'avoue mais que je ne regrette pas d'avoir lu, bien au contraire. Je ne peux que vous en recommander la lecture mais vous préviens : ayez le coeur bien accroché !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          250
le_Bison
  29 mai 2012
Je me regarde dans le miroir qui reflète les nuages gris planant dans la pièce. Il y a quinze ans, j'étais beau. J'avais des femmes. Je me pavanais avec arrogance dans le monde. Aujourd'hui… aujourd'hui…
Regardez-moi… Je vis dans un 'Boarding Home' qui put la pisse et la merde au milieu des fous. Moi qui à quinze ans avait lu le grand Proust, Hesse, Joyce, Miller et Mann. Et Hemingway. Sacré auteur cet Hemingway. Un jour, je serais comme lui. Mais maintenant, voilà où j'en suis. Dans une maison de fous. A Miami. Cuba, ce n'était plus possible. Ici, c'est pire. Mais au moins ici, je suis libre. Libre de vivre au milieu de débris humains, libre de lire mon recueil de poètes anglais, libre d'aller pisser au milieu du réfectoire, libre de prendre Hilda par derrière, même si cela lui fait mal à cette vieille suintant la pisse. Miami, le 'Boarding Home', cette maison qui abrite les fous et les gars comme moi, des réfugiés de Cuba. Un jour, je partirai. Il le faut, si je veux retrouver le chemin de l'écriture, la voie de l'espoir et celle de l'amour. Un jour… Pour le moment, laissez-moi vous présentez mes compagnons de mauvaises fortunes, tous déchus dans cet hospice puant et répugnant. Laissez-moi vous ouvrir la porte, il y a René et Pepe, les deux débiles mentaux ; Hilda, la vieille décatie qui urine continuellement dans ses robes ; Pino, un homme gris et silencieux qui fixe l'horizon ; Reyes, un vieux borgne dont l'oeil de verre suppure sans cesse un liquide jaunâtre ; Ida, la grande dame déchue ; Louie, un yankee vigoureux au teint olivâtre qui hurle sans arrêt comme un loup pris dans la folie ; Pedro, un vieil indien, peut-être péruvien, témoin silencieux de la méchanceté du monde ; Tato, l'homosexuel ; Napoléon, le nain ; et Castano, un vieillard de quatre-vingt-dix ans qui sait seulement crier : « Je veux mourir ! Je veux mourir ! Je veux mourir ! » Cela fait du beau monde n'est-ce pas… dans ce 'Boarding Home'.
Si vous voulez comprendre les fous, lisez ce roman de Guillermo Rosales.
Si vous voulez comprendre les réfugiés, lisez ce roman.
Si vous voulez comprendre les cubains, lisez ce roman.
Si vous voulez juste prendre un bon coup de poing dans l'estomac, là où ça fait mal, là où ça déchire votre âme et pompe votre énergie, précipitez-vous sur ce petit roman (116 petites pages qui font mal) « Mon Ange » du cubain Guillermo Rosales. Une vraie réussite, un immense coup de coeur, surtout si voir des fous déféquer au milieu de la salle, uriner sur eux ou sortir leur pénis pendant le petit-déjeuner (à chaque page – ou presque) ne vous rebutent pas.
Sur ce, je vais allez pisser en méditant sur cette pensée : [...]
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          253
Myriam3
  28 juin 2018
Une petite centaine de pages suffisent pour sceller une vie dans la misère et la folie... William, exilé cubain à Miami, comme tant d'autres, et alter ego de Guillermo Rosales atterrit au dernier degré de la pauvreté avant celui de la rue: sa tante l'amène dans un "Boarding home", sorte d'asile privé qui accueille aliénés mentaux et immigrés indésirables. En l'occurrence, William est doublement concerné, malgré une carrière prometteuse d'écrivain, avant sa déchéance.
Guillermo Rosales aborde ici son expérience personnelle de l'exil politique et de l'enfermement : les descriptions de ce boarding home sont crues et difficilement tolérables tant on tombe au fond d'un inhumanité ordinaire, malgré une faible lueur d'espoir. C'est sans concession ni morale, le narrateur n'est pas blanc non plus dans ses actes, et c'est un témoignage bouleversant de comportements abjects bien réels.
Commenter  J’apprécie          250
PhilippeSAINTMARTIN
  05 novembre 2016
Je dis que ce livre est sauvagement torturé, culotté et brutal, courageux, sordide, amoral et détraqué. Je dis qu'il a l'odeur fauve de cuir crasseux d'un ring des quartiers portuaires de Valpo, le goût aigre et dépravé du vomi dont la gueule béante des exilés de tout recouvre les détenus. Je dis qu'il frappe d'humanité, de vide, de soumission, d'absence, de folie, de survie à tout prix comme les bastons scélérats à creux de dix mètres au large d'Unimak Island, je dis que ce livre arbore cette tignasse pouilleuse de petit saligaud qui casse les vitres de nos évidences en disant : c'est pas moi, qu'il purge les entrailles de nos vies et prend salement nos apparences à la gorge, tel un agressif souteneur à chaussures bicolores guetterait son prostitué cheptel en arpentant les artères nicaraguayennes de Belo Horizonte, je dis que ce livre n'arrondit jamais les angles de ses méfaits littéraires, qu'il éructe une envie d'échappée belle aussi vaine que la menace d'un poing rongé d'arthrose, qu'il pue l'urgence angoissée d'un mauvais matelas maculé du foutre de tous les autres avant moi. Je dis que ce livre crache l'existence par tous les orifices de ses infamies et de ses espoirs mutilés de guerre perdue d'avance. Je dis que ce livre est épouvantable, au sens carnassier du terme, qu'il se trémousse de perversion, d'enfermement et de vitalité à la façon d'une douteuse entrecuisse trop chère payée, qu'il saoule d'humanité raturée aussi frelatée qu'un rhum des bas-fonds de Las Reglas, je dis que ce livre n'a pas la grâce aristocratique d'une grand voile mais l'épaisse vaillance de la plus rageuse des voiles d'avant : ses mots claquent aussi fort qu'un brave Tourmentin dans la bave écumante du gros temps. Je dis que ce livre bande comme el hijo de la Gran Puta, qu'il est aussi suicidé que le fantôme noyé de la petite nonne dominicaine au ventre gonflé de promesse de l'île de Chacachacare, qu'il arnaque comme on quitte furtivement dans la moiteur profanée du matin un lit qu'on ne voulait pas défaire, qu'il est de l'infecte et noble race des mafieux qui refusent tout repentir, que sa lucidité fait battre nos tempes migraineuses d'une cuite trop longtemps solitaire, qu'il brûle sans sommation comme l'or impur d'un soleil achève les imprudentes coques éventrées des traîtres chenaux de Hog Island.
Je dis enfin que ce petit diamant brut violemment acéré est de la trempe de ceux qui ne se laissent jamais polir, carajo.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          122
Caro29
  07 juillet 2012
Je ne connaissais pas l'histoire des "boarding rooms" à Miami, ces "asiles" où étaient enfermés les exilés cubains qui devenaient, à leur arrivée aux Etats-Unis dans les années 70-80, des sortes de parias placés par leurs familles dans ces institutions, à défaut de pouvoir (et de vouloir) les aider à s'intégrer dans la société américaine. Ce court roman (120 pages environ) relate donc l'histoire d'un jeune homme, William (l'alter-égo de Guillermo Rosales), qui va passer des années dans un de ces "boarding rooms". Ce dernier y raconte son quotidien, mais aussi et surtout les magouilles du propriétaire des lieux (qui vole les pensions des locataires), son manque d'humanité et la descente aux enfers de certains exilés cubains qui ont quitté la dictature castriste et échappé à la misère, mais qui doivent faire face à présent à l'incompréhension, voire à l'abandon de ceux qui les ont précédés. Pas étonnant que ce roman ait longtemps été "échangé sous le manteau". Avec force et violence, "Mon Ange" dénonce le désoeuvrement et le désespoir de l'exilé.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160

Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
gaillard1gaillard1   15 avril 2012
Je m'appelle William Figueras. A quinze ans, j'avais lu le grand Proust, Hesse, Joyce, Miller et Mann. Ils furent pour moi comme les saints pour un dévot chrétien. Il y a vingt ans, à Cuba, j'achevais un roman. C'était une histoire d'amour entre un communiste et une bourgeoise, qui finissait par le suicide des deux héros. Ce roman ne fut jamais publié, le grand public ne connut jamais mon histoire d'amour. Les spécialistes littéraires du régime dirent que mon roman était morbide, pornographique et, en outre, irrévérencieux, car il traitait le parti communiste avec dureté. Après quoi, je devins fou. Je commençai à voir des diables sur les murs, je me mis à entendre des injures et je cessai d'écrire. Ce qui émanait de moi, c'était de l'écume de chien enragé. Un jour, croyant qu'un changement de pays me délivrerait de la folie, je quittai Cuba et arrivai dans le grand pays américain. Les parents qui m'attendaient ici ne savaient rien de ma vie : après vingt ans de séparation, ils ne me connaissaient plus. Ils s'attendaient à voir atterrir un futur triomphateur, un futur commerçant, un futur play-boy ; un futur père de famille qui aurait une future maison pleine d'enfants, qui irait à la plage le week-end, roulerait dans de belles voitures et porterait des vêtements haute couture de chez Jean-Marc ou de chez Pierre Cardin. Mais tout ce qui se présenta à l'aéroport le jour de mon arrivée, c'est un type devenu fou, presque édenté, maigre et craintif, qu'il fallut faire interner le jour même dans un service psychiatrique parce qu'il regarda tous les membres de la famille avec suspicion et, au lieu de les étreindre et de les embrasser, il les injuria. Je sais que ce fut un coup terrible pour eux tous. Spécialement pour ma tante, qui se berçait d'illusions. Tout ce qui se présenta, c'est moi. Une honte. Une tache terrible dans cette famille de petit-bourgeois cubains, aux dents saines et aux ongles soignés, à la peau éclatante, vêtus à la dernière mode, parés de grosses chaînes en or, propriétaires de somptueuses automobiles dernier cri, de maisons aux nombreuses pièces, avec climatisation et chauffage, au garde-manger bien rempli. Ce jour-là (celui de mon arrivée), je sais qu'ils se regardèrent tous, honteux, qu'ils firent certaines remarques caustiques et quittèrent l'aéroport au volant de leurs voitures, avec la ferme intention de ne plus jamais me revoir. Jusqu'au jour d'aujourd'hui. La seule qui resta fidèle aux liens familiaux, c'est cette tante Clothilde, qui décida de me prendre en charge et me garda chez elle pendant trois mois. Jusqu'au jour où, sur les conseils d'autres membres de la famille et de quelques amis, elle décida de me placer dans le boarding home ; la maison des déchets humains.
- Car il n'y a plus rien à faire, tu l'admettras.
Je la comprends.

Tel qu'intégré dans les fils de la pensée (FLP) https://xn--rflchir-byac.net/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          111
fanfanouche24fanfanouche24   25 mars 2014
- Il n'y a rien à faire
Je la comprends. J'ai été enfermé dans trois asiles de fous au moins depuis que je suis ici, dans cette ville de Miami où je suis arrivé il y a six mois pour fuir la culture, la musique, la littérature, la télévision, les évènements sportifs, l'histoire et la philosophie de l'île de Cuba. Je ne suis pas un exilé politique. Je suis un exilé total. (p. 10)
Commenter  J’apprécie          150
le_Bisonle_Bison   27 mai 2012
Nous avons ouvert la porte. Ils étaient tous là. René et Pepe, les deux débiles mentaux ; Hilda, la vieille décatie qui urine continuellement dans ses robes ; Pino, un homme gris et silencieux qui fixe l’horizon ; Reyes, un vieux borgne dont l’œil de verre suppure sans cesse un liquide jaunâtre ; Ida, la grande dame déchue ; Louie, un yankee vigoureux au teint olivâtre qui hurle sans arrêt comme un loup pris dans la folie ; Pedro, un vieil indien, peut-être péruvien, témoin silencieux de la méchanceté du monde ; Tato, l’homosexuel ; Napoléon, le nain ; et Castano, un vieillard de quatre-vingt-dix ans qui sait seulement crier : « Je veux mourir ! Je veux mourir ! Je veux mourir !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
le_Bisonle_Bison   24 mai 2012
Je me regarde dans le miroir qui reflète les nuages gris planant dans la pièce. Il y a quinze ans, j’étais beau. J’avais des femmes. Je me pavanais avec arrogance dans le monde. Aujourd’hui… aujourd’hui…
Commenter  J’apprécie          150
tristantristantristantristan   09 août 2019
J'ai rêvé que j'étais enchaîné à un rocher et que mes ongles étaient longs et jaunes comme ceux d'un fakir. Dans mon rêve, bien qu'enchaîné par le châtiment des hommes, j'avais un pouvoir immense sur les animaux de la Création. Je criais: "Poulpes! apportez-moi un coquillage avec la statue de la Liberté gravée à la surface". Et les énormes poulpes cartilagineux s'affairaient avec leurs tentacules pour rechercher ce coquillage parmi les millions et les millions de coquillages qui pullulent dans la mer. Ils finissaient par le trouver, le hissaient péniblement jusqu'à ce rocher où j'étais captif et me le remettaient humblement avec un grand respect. Moi, j'examinais le coquillage, j'éclatais de rire et le jetais dans le vide avec un dédain extrême. Ma cruauté faisait verser de grosses larmes cristallines à ces poulpes. Mais je riais de leurs larmes et rugissais d'une voix terrible: "rapportez-en un autre semblable!"
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20

>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
autres livres classés : cubaVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
969 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre