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EAN : 9782081475175
395 pages
Flammarion (13/02/2019)
4.26/5   63 notes
Résumé :
Nous nous croyons rationnels et informés. Ce n’est pas le cas. Nous nous trompons systématiquement, quel que soit notre niveau d’études, y compris – peut-être même plus – sur les sujets que nous croyons bien connaître.Mais, comme le met au jour Hans Rosling, statisticien de génie et star des conférences TED, les raisons pour lesquelles nous nous trompons sont toujours les mêmes! Hérité d’un ancestral instinct de survie, c’est le fonctionnement même de notre cerveau ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Denis3
  30 avril 2022
On me qualifiera sans doute de naïf, peut-être de gogo ou de manipulé. Mais, contrairement à la plupart de mes estimés confrères et consoeurs, qui ont critiqué ce livre, je n'y vois pas d'abord un travail concernant les biais cognitifs.
Certes , Rossling les dénonce, et les a combattu toute sa vie au moyen de graphiques, présentations, conférences et articles. Et finalement en écrivant ce livre, sorte de conférence perpétuelle. Mais là n'est pas son propos.
Rosling était avant tout médecin - spécialiste en santé publique- et comme tout médecin il voulait d'abord un bon diagnostic avant de proposer un traitement. Ceci, à mon sens, le différentiait fondamentalement des politiques et des idéologues qui veulent se proposer en solution quel que soit le problème : prescrivons d'abord, on verra le diagnostic après. Pas étonnant que la cause publique se porte si mal !
Ce livre, qui prend la forme d'une conférence, est le diagnostic posé par Rosling . Un monde beaucoup plus divers, beaucoup moins monolithique ou manichéen que celui dépeint par les idéologues. Une societé où le progrès et la santé côtoient la misère et la maladie. Mais où , sur la période 1960- 2000 en tous cas , la plupart des indicateurs vont dans la bonne direction. Pas à vitesse homogène et pas partout, non. Et avec de très grandes differences : santé et maladie se côtoient, s'entremêlent, dans la société comme dans l'individu.
Ce diagnostic, plusôt positif, est il indicatif du futur ? Cela, Rosling n'en dit rien. Personnellement, songeant aux multiples crises dont les premières sont déja sur nous, je réserverai mon pronostic.
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cailloudegringole
  07 février 2021
Sous couvert d'une approche factuelle dénonçant nos biais cognitifs et notre ignorance, à l'origine d'une vision catastrophiste et dichotomique du monde, Hans Rosling se fait l'avocat du système économique et social actuel. Sous couvert d'un livre « scientifique », il donne un message politique. Il promeut une vision du monde ultra positive et optimiste (même s'il se dit « réaliste ») en mettant sciemment de côté différents aspects problématiques de notre mode de vie actuel, et ce, en utilisant de formidables outils -les infographies- et une démarche basée sur les faits. Il dit vouloir rétablir l'équilibre et la vérité sur le monde, mais son approche devient aussi caricaturale que celle des journalistes qu'il critique : son discours manque de nuance, il aurait parfois suffi de seulement quelques phrases pour tempérer ses conclusions et donner une image plus juste.
Bien conscient des biais cognitifs, du pouvoir des graphiques et de la tendance à surgénéraliser, Hans Rosling choisit quelques exemples trompeurs et non représentatifs. Il aborde la préservation des espèces en mentionnant les tigres, les rhinocéros noirs et les pandas géants qui ne sont désormais plus menacés et présente un graphique sur la diminution des inégalités sociales au Brésil. Evidemment, il ne généralise pas explicitement : il ne conclue pas que la biodiversité ou les inégalités sociales s'améliorent de manière générale, mais il sait pertinemment qu'il induit en erreur ses lecteurs et que les moins informés feront implicitement cette généralisation. le choix de ces exemples me semble donc malhonnête ! En effet, l'intégrité intellectuelle serait de tempérer les conclusions hâtives qui pourraient émerger et de bien préciser les tendances générales de la biodiversité et des inégalités sociales.
Il met un point d'honneur à critiquer le système et non les personnes qui évoluent dedans, mais alors pourquoi ne va-t-il pas plus loin en présentant les limites, dérives et effets secondaires du système économique qu'il promeut ? Il explique que les droites ne sont pas forcément linéaires, mais quid des effets de seuil au niveau écologique ? Même s'il répète que les choses peuvent aller « mal et mieux », ce livre pousse à la minimisation et à la banalisation de certains problèmes, et donc à l'inactivisme: les militants sont par exemple présentés comme ceux qui crient au loup.
Pour finir, je tiens à noter quelques passages vraiment douteux sur le DDT, la « chimiophobie » (amalgames entre les anti vaccins et les inquiétudes sur les perturbateurs endocriniens et/ou autres substances toxiques) et la notion de « réfugiés climatiques ». de manière plus anecdotique, se référer au score potentiel de chimpanzés au lieu simplement du hasard (à 33 %) me semble un peu lourde et maladroite.
Pour rendre justice au livre, je tiens également à souligner les éléments qui m'ont particulièrement plu : la critique des politiques migratoires européennes plutôt que le seul blâme des passeurs, les différents niveaux de revenus illustrés en photos, l'exhortation des pays riches à diminuer leurs émissions de CO2 plutôt que d'empêcher les pays « pauvres » de se développer, les deux graphes de 1965/2017 sur la diminution du nombre d'enfants par femme, et enfin l'efficacité des politiques de prévention inscrites dans la communauté pour diminuer la mortalité infantile.
Malgré un message insidieux auquel, vous l'aurez compris, je n'adhère pas du tout, la lecture est agréable, facile et très bien vulgarisée. Je faisais de toute évidence partie de ces ignorants détenant une vision particulièrement négative sur certains aspects du monde et cela m'a donc permis de remettre certaines idées au clair et de changer mon regard sur les conditions de vie des différentes populations. Je suis donc partagée entre les réelles connaissances que ce livre peut apporter et le modèle sous-jacent qu'il défend. Si vous êtes donc amenés à le lire, je ne peux que conseiller prudence et recul !
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paulb2o
  03 avril 2020
J'ai lu ce livre pour la 1ère fois en 2018, à ce moment là je l'ai trouvé remarquable et j'en suis sorti soulagé et enthousiaste sur le futur. Deux ans plus tard, après être allé plus loin dans beaucoup des sujets qu'il aborde, j'ai la désagréable sensation d'avoir été manipulé. Il faut reconnaître que ce livre corrige certainement des idées fausses sur l'état du monde. le problème est qu'il les remplace par d'autres idées fausses, celles-ci bien plus dangereuses.
La force de ce livre est qu'il repose sur des faits. Néanmoins la sélection et le traitement de ces faits est extrêmement biaisé pour montrer ce qui va bien et ignorer ce qui va mal. Cela pourrait se comprendre si le titre du livre était “Tout ce qui va bien dans le monde aujourd'hui”. Néanmoins Hans Rosling déclare en introduction que ce livre “est à propos du monde et comment il est véritablement”. Pourtant, page après page, Hans Rosling ne parle que des aspects des sujets qui l'arrangent. Quand il parle de la qualité de l'air, il montre la diminution de la concentration en dioxyde de soufre mais pas celle des particules fines (qui aurait montré la tendance inverse). Quand il parle de la biodiversité, il tombe malencontreusement dans les mêmes pièges méthodologiques qu'il dénonce, en sélectionnant 3 exemples (tigres, pandas et rhinos) exceptionnels au vue de la tendance générale.
Bref, ce livre me fait penser à une mauvaise conférence TED, c'est très bien vulgarisé, c'est excitant mais dès qu'on y regarde de plus près, c'est trompeur. Tout cela est assez décevant étant donné l'aura médiatique dont a bénéficié Hans Rosling et ce livre. Comment alors expliquer le succès de ce récit ? C'est un sujet intéressant à creuser. Pour moi, une partie de la réponse est que, face à la douloureuse froideur du constat, maintenant solidement établis, de la non-soutenabilité de notre monde, ce livre exploite à merveille notre réflexe psychologique le plus naturel : le déni. Tout va bien, ces crises ne sont qu'un mauvais rêve créé par des prophètes de malheur, le futur est ra-dieux.

Plus d'exemples sur les erreurs et les biais de ce livre dans ma critique complète :

Lien : https://paulboosz.github.io/..
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Blok
  03 novembre 2020
Il s'agit apparemment d'un livre de plus sur les biais cognitifs. Pourquoi pas, bien qu'il n'yait peut-être plus grand'chose à dire apres Raymond Boudon et Nissim Taleb. mais je lis toujours ce genre de livre avec intérêt.Seulement ce livre ne parle des biais cognitifs qu'en apparence
En effet, il vise principalement, sinon uniquement,, ce qu'il appelle la “construction de fossés", c'est à dire la pensée binaire, l'idée qu'une chose est À ou Non A. L'ennui, c'est qu'il met à mal le principe du tiers exclu, une des base de la logique formelle et de la logique tout cours, sans lequel tout raisonnement scientifique est impossible.
Pour lui, il n'existe pas d'oppositions mais une transition graduelle entre des stades qui ne s'excluent pas mais se succèdent. Il illustre d'abord son propos à travers une démonstration visant à établir un progrès global et constant de l'humanité depuis le Néolithique.
La thèse apparaît certes juste, mais sans grand grand rapport avec le mode de démonstration, qui a le tort de nier l'existence des effets, en l'occurence occulter l'existence de ruptures catastrophiques périodiques, véritables collapsus, faisant régresser de plusieurs siècles la civilisation sur tous les plans, tel que l'effondrement de l'empire romain d'Occident.
J'en viens maintenant à ce qui est peut-être le coeur de la démonstration. Selon l'auteur, il n'est pas possible d'opposer la pauvreté à la richesse. L'auteur distingue en effet quatre stades de développement humain, tant à l'intérieur de chaque société qu'entre sociétés, entre lesquels les individus et les groupes opèrent une progression continue. Il n'y a pas de différences qualitatives, seulement des différences quantitatives momentanées vouées à être comblée. Certes l'auteur admet brièvement une différence qualitative entre les super-riches des sociétés développées et les super-pauvres des sociétés non développées, mais très rapidement il passe à autres choses sans approfondir. Malheureusement les exploités ont souvent du mal à le comprendre. Franchement,y a t il une vraie différence entre leur logement HLM et les propriétés de Monsieur Arnaud ? de même est écartee l'idée même de contradictions internes dans une société donnée. Donc il n'y a pas de lutte des classes puisqu'elles se situent dans un continuum évolutif
Il me semble voir où l'auteur veut nous mener sous prétexte de démonter nos processus cognitifs erronés. En fait tout repose sur un tour de passe-passe qui consiste à appliquer un procédé de raisonnement là où il est inopérant. L'auteur nous dit avoir un petit talent de société : il a appris à avaler des sabres et en fait profiter les auditeurs de ses conférences pour détendre l'atmosphère.
Mais c'est autre chose qu'il entend nous faire avaler.
Pourquoi ne suis-je pas plus surpris que M. Gates, l'homme le plus riche du monde, apprécié ce livre ?
Pourtant il n'existe entre nous qu'une simple différence quantitative appelée à être comblée...
Ce livre peut être rapproché de celui de Rudy Reichstadt ,"l'opium des imbéciles" dont l'auteur, sous prétexte de dénonciation du complotisme, essaie de faire passer toute opposition au capitalisme pour une croyance douteuse et irrationnelle.
Maintenant, l'auteur apparaît assez sympathique, et l'ouvrage est plaisant à lire.
Raison de plus pour bien comprendre d'où il parle.
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noid
  03 juillet 2021
« There are three kinds of lies : lies, damned lies, and statistics. »
Mark Twain
Hans Rosling tente ici d'objectiver l'état du monde et de montrer qu'il ne va pas aussi mal que ce que nos préjugés nous poussent à croire. Pour cela il s'appuie sur des chiffres, des tableaux, des statistiques… des éléments aussi indiscutables que possible et il est très convainquant. Oui, le monde ne va pas aussi mal et sur beaucoup de points, il va même bien mieux !
Et pourtant… le passage d'échelles logarithmiques à des échelles linéaires sans trop d'explications et certains partis pris de l'auteur (oui, lui aussi) m'ont quand-même franchement chiffonné.
Et le réchauffement climatique, et la captation des richesses, la déforestation, la disparition des insectes et des espèces (autres que les rhinos ou les pandas) … on en parle un peu plus ?
Et sans cesse, me revenait cette citation de Mark Twain
Alors, Non ! Tout ne va pas si mal et Oui ! Certaines choses vont même bien mieux que ce que nos a priori nous poussent à imaginer… Mais !
Lien : https://www.noid.ch/factfuln..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
omarechalomarechal   18 novembre 2019
Factfulness is … recognizing when we get negative news, and remembering that information about bad events is much more likely to reach us. When things are getting better we often don’t hear about them. This gives us a systematically too-negative impression of the world around us, which is very stressful. To control the negativity instinct, expect bad news.


Convince yourself that things can be both better and bad.
Good news is not news. Good news is almost never reported.
So news is almost always bad. When you see bad news, ask whether equally positive news would have reached you.

Gradual improvement is not news.
When a trend is gradually improving, with periodic dips, you are more likely to notice the dips than the overall improvement.

More news does not equal more suffering. More bad news is sometimes due to better surveillance of suffering, not a worsening world.

Beware of rosy pasts. People often glorify their early experiences, and nations often glorify their histories.
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omarechalomarechal   18 novembre 2019
The human brain is a product of millions years of evolution and we are hard-wired with instincts that helped our ancestors to survive in small groups. Our brains often jump to swift conclusions without much thinking, which used to help us to avoid immediate dangers.
... We still need these dramatics instincts ...
If we sifted every input and analyzed every decision rationally, a normal life would be impossible.
... But uncontrolled, our appetite for the dramatic goes too far, prevents us from seeing the world as it is, and leads us terribly astray.
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omarechalomarechal   18 novembre 2019
ust as I have urged you to look behind the statistics at the individual stories,
I also urge you to look behind the individual stories at the statistics.
The world cannot be understood without numbers.
And it cannot be understood with numbers alone.
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omarechalomarechal   18 novembre 2019
Because how should someone at the check-in desk at an airline be able to work out in 45 seconds whether someone is a refugee or is not a refugee according to the Geneva Convention? Something that would take the embassy at least eight months?

Why, then, must they come in such terrible boats? Actually, EU policy is behind that as well, because it is EU policy to confiscate the boats when they arrive. So boats can be used for one trip only.
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myre77120myre77120   19 février 2021
Les sociétés et les cultures sont en mouvement permanent. Même des changements qui semblent petits et lents finissent par s'additionner avec le temps : 1% de croissance annuelle correspond, au bout de soixante-dix ans, à un doublement ; 2% de croissance annuelle correspond à un doublement au bout de trente-cinq ans ; 3% de croissance annuelle correspond à un doublement en vingt-quatre ans.
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