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Raymond Clarinard (Traducteur)
EAN : 9782350871608
247 pages
Editions Héloïse d'Ormesson (03/03/2011)
  Existe en édition audio
3.6/5   756 notes
Résumé :
Paris, sous le Second Empire. Des centaines de maisons sont rasées et des quartiers réduits en cendres.

Alors que le vieux Paris s'effondre sous les ambitions du baron Haussmann, de nombreux Parisiens protestent sans parvenir à infléchir les ordres d'expropriation.

Dans sa maison de la rue Childebert, à l'ombre de l'église Saint-Germain-des-Prés, Rose Bazelet mène une vie paisible, rythmée par la lecture du Petit Journal, les visites ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (170) Voir plus Ajouter une critique
3,6

sur 756 notes

gouelan
  22 août 2014
Nous sommes à l'époque des grands travaux de rénovation de Paris, travaux d'embellissement et de modernité absolument indispensables pour en faire une ville moderne et salubre.
Rose est née dans cette ville, elle est attachée viscéralement à la maison de son mari Armand. Les évènements majeurs de sa vie se sont déroulés au sein de cette demeure, transmise de père en fils.
Cette maison est décrite comme un personnage à part entière de la famille; elle est imprégnée des joies et des souffrances de ses hôtes, elle vibre de leurs émotions, chaque pièce rappelle un souvenir.
Par ses lettres adressées à son mari défunt, Rose raconte le cauchemar qu'elle vit avec la destruction du Paris qu'elle connaissait. Elle se sent comme une étrangère dans cette ville.
Les hordes d'ouvriers ressemblent à une armée d'hommes armés de pioches et de pelles, avec à leur tête le baron Haussmann et l'Empereur . Paris ressemble à un champ de bataille avec ses avalanches de briques, ses éboulements.
Ces hommes sont comme des envahisseurs , avides de pouvoir, arrogants, en quête de gloire. Ils démantèlent les existences de ces parisiens qui n'ont d'autre choix que l'exil. le nouveau Paris ne sera pas pour eux.
Rose est entourée de personnages attachants et on découvre à travers eux, le Paris d'autrefois, avec ses boutiques et la chaleur humaine de ses occupants.
À travers ces lettres , elle nous dévoile son secret le plus douloureux, enfui au fond d'elle depuis tant d'années.
Très beau roman épistolaire, dans lequel on ressent les émotions de ses habitants de ce Paris de 1850 , leur désarroi face aux décisions arbitraires.
Rose , Alexandrine la fleuriste, et Gilbert le chiffonnier sont attendrissants, ils se comprennent et se respectent, on devine sans en connaitre les détails, qu'ils trainent avec eux un passé douloureux .
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Cath36
  08 avril 2012
Paris au temps du baron Haussmann, Paris qui meurt et renaît dans les soubresauts de travaux gigantesques, Paris qui voit disparaître une partie de son histoire pour s'ouvrir à la modernité.
On retrouve dans ce livre les thèmes chers à Tatiana de Rosnay : le deuil, l'absence, la mémoire et la fidélité. J'ai eu quelque peu l'impression de feuilleter un album de cartes postales anciennes en lisant ce texte, riche en humanité et en générosité : :"Imaginez un flot sans fin de calèches et de passants. Tout le monde semblait parader, exhiber atours, joaillerie, coiffes alambiquées, gorges généreuses, rondeurs des hanches... Les boutiques exposaient leurs marchandises en une profusion étourdissante de choix, de textures et de tons. Des cafés lumineux étalaient leur clientèle sur les trottoirs, sur des rangs et des rangs de petites tables, ses serveurs entrant et sortant avec précipitation, le plateau brandi bien haut"
Tatiana de Rosnay écrit avec une grande sensibilité, d'une écriture volontairement surannée, un peu "vieille France". Elle sait rendre avec beaucoup d'intuition ce clair-obscur de la mémoire qui, telle une bougie, vacille doucement en éclairant le présent de la lumière du passé, tout en donnant à son histoire cette patine qui est celle de ces vieux objets dont nous ne nous servons plus mais dont nous ressentons encore toute la vie dont ils ont été porteurs.
Il y a dans ce roman le charme profond et simple des vieilles demeures d'autrefois : on s'y sent chez soi dès qu'on pose le pied à l'intérieur, même si on ne fait qu'y passer. Je ne l'ai quitté qu'à regret, fermant le volet de ses ultimes pages sur leurs fragrances de nostalgie, d'amour et de fidélité au temps révolu.
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joedi
  07 août 2012
Les faits se déroulent à Paris, capitale française. le Baron Haussmann, affublé du sobriquet de Baron éventreur fait exproprier des rues entières. Son plan, la réalisation de grands boulevards.
Rose écrit à son mari décédé sa vie quotidienne qui est loin d'être ennuyeuse, son refus de cette expropriation qui la bouleverse. Je ne suis pas fan des romans épistolaires, j'ai donc fait une exception en lisant celui-ci jusqu'au bout et cela en valait la peine. Lorsque l'on se promène, on ne peut imaginer la douleur qu'ont subie les habitants expropriés pour la réalisation de ces grandes avenues qui participent à la beauté d'une capitale.
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isabelleisapure
  14 novembre 2021
J'ai aimé me promener dans ce Paris d'autrefois, déambuler dans les ruelles et les jardins à la rencontre des promeneurs qui prenaient le temps d'y flâner.
Oui, mais ça, c'était avant. Avant l'avènement des grands boulevards et avenues où l'on se bouscule, dans le bruit de la circulation et l'air pollué.
Avant que le baron Haussmann transforme cette ville pour en faire l'une des plus belles du monde.
Avant que l'on expulse les habitants des quartiers et des maisons qui les avaient vus naître.
Tatiana de Rosnay donne vie à des personnages attachants, parfois insolites. Comme Alexandrine, la fleuriste qui aime faire partager son talent pour composer les plus beaux bouquets, monsieur Zamaretti, le libraire grand amoureux de Flaubert, Baudelaire, Zola, ou Balzac, Gilbert un chiffonnier noir de saleté et de suie, mais au coeur généreux. On y rencontre aussi Marville, le photographe ayant immortalisé ces ruelles disparues et même le baron Hausmann, au détour d'un escalier de l'Hôtel de Ville.
Et surtout, il y a Rose dont la vie nous est dévoilée peu à peu au fil des lettres qu'elle écrit inlassablement à son époux décédé.
Rose est une femme courageuse, déterminée à se battre pour finir ses jours dans la maison emplie de souvenirs heureux ou tristes qui mis bout à bout font la trame d'une vie.
« Rose » est un roman comme je les aime, une histoire simple et belle, des personnages attachants, une écriture raffinée et par-dessus tout ça une touche d'histoire, celle d'une ville en pleine mutation.
Un grand plaisir de lecture.

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araucaria
  25 juin 2022
J'ai vraiment beaucoup apprécié ce roman car il met en scène des personnages très humains, confrontés à un véritable séïsme dans le courant du 19ème siècle à Paris. La destruction de quartiers entiers pour assainissement et aussi la création des grands boulevards et la construction des immeubles haussmaniens. L'auteur raconte simplement le bouleversement que subissent les gens expropriés, chassés de leur quartier, de leur rue, de leur maison, et le déchirement qu'ils peuvent vivre.
Rose, la narratrice se dévoile dans une longue lettre qu'elle écrit à l'attention de son mari défunt, sa vie simple, sa tristesse de ne plus reconnaître son environnement, mais aussi les rencontres amicales qu'elle a pu faire, et au travers de cela son intérêt pour la littérature... Je suis particulièrement sensible aux livres qui évoquent les livres et l'amour de la littérature et des librairies...
Un beau livre, une histoire simple mais surprenante teintée de nostalgie.
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critiques presse (2)
LeFigaro   27 mars 2012
«Rose» est un roman très sensible, presque doux malgré la violence des démolitions et des expropriations.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeSoir   14 juin 2011
Entretien avec Tatiana de Rosnay : "Rose est peut-être mon livre le moins grand public, poursuit Tatiana de Rosnay. Il est écrit dans un style plus recherché, peut-être plus précieux. Mais bien sûr, j’admets le qualificatif d’auteur populaire ! Pourquoi le réfuterais-je ? Populaire, ça peut aussi signifier “qui a plein d’amis”, et ça me va ! "
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (108) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   25 juin 2022
Le livre m'attendait sur la petite table devant le fauteuil et je me ruais dessus. Expliquer ce que j'éprouvais en lisant me paraît difficile, mais je vais m'y efforcer. Vous, grand lecteur, devriez me comprendre. C'était comme si je me trouvais en un lieu où nul ne pouvait me troubler, m'atteindre. Je devenais insensible aux bruits autour de moi, à la voix de M. Zamaretti, à celle des autres clients, aux passants dans la rue.
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araucariaaraucaria   22 juin 2022
En regardant Germaine plier soigneusement ma garde-robe, je fus frappée par la fragilité de nos existences. Nos biens matériels ne sont que de petits riens emportés par le tourbillon de l'indifférence. Gisaient là, emballés par Germaine, mes robes, jupons, châles, vestes, bonnets, chapeaux, sous-vêtements, bas, gants, avant d'être envoyés chez Violette, où ils m'attendraient. Tous ces vêtements sur lesquels je ne poserai jamais plus les yeux, choisis avec une dévotion infinie (oh, l'exquise hésitation entre deux couleurs, deux coupes, deux étoffes). Maintenant, ils n'avaient plus d'importance. A quelle vitesse pouvons-nous changer! Avec quelle rapidité évoluons-nous, telle la girouette dès que tourne le vent.
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araucariaaraucaria   19 juin 2022
Je peux les entendre remonter notre rue. Un grondement étrange, menaçant. Des chocs et des coups. Le sol qui frémit sous mes pieds. Et les cris, aussi. Des voix d'hommes, fortes, excitées. Le hennissement des chevaux, le martèlement des sabots. La rumeur d'une bataille, comme en ce terrible mois de juillet si chaud où notre fille est née, cette heure sanglante où la ville s'est hérissée de barricades. L'odeur d'une bataille. Des nuages de poussière suffocants. Une fumée âcre. Terre et gravats.
Je vous écris ces mots assise à la table vide. Les meubles ont été emballés la semaine dernière et expédiés à Tours chez Violette. Ils ont laissé la table, trop encombrante, ainsi que la lourde cuisinière en émail. Ils étaient pressés, et je n'ai pu souffrir ce spectacle. J'en ai haï chaque minute. La maison dépouillée de tous ses biens en un si court instant. Votre maison, celle dont vous pensiez qu'elle serait épargnée. Ô, mon amour, n'ayez crainte, je ne partirai jamais.
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nouka2000nouka2000   07 février 2015
« J'étais tellement folle de chagrin que je ne parvenais pas à comprendre votre calme. Je me rappelle avoir pensé : face à la mort d'un enfant, les hommes sont-ils plus forts que les femmes parce qu'ils ne mettent pas au monde ? Les mères ne sont-elles pas attachées à leurs enfants par quelque lien secret, intime et physique que les pères ne peuvent connaître ? »

« Personne ne se souviendra de la rue Childebert, de la rue d'Erfurth, la rue Sainte-Marthe. Personne ne se souviendra du Paris que nous aimions, vous et moi »

« Oh, quelle douleur, quelle horrible douleur. Je ne peux la laisser entrer. Je dois lutter, ne pas lui céder. Si je le fais, je sombrerai en elle, elle me videra de mes forces. »

« D'ici une centaine d'années, quand les gens vivront dans un monde moderne que nul ne peut imaginer, pas même les plus aventureux des écrivains ou des peintres, pas même vous, mon amour, quand vous vous plaisiez à envisager l'avenir, les petites rues paisibles dessinant comme les allées d'un cloître autour de l'église seraient enfouies et oubliées, pour toujours. »
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missmolko1missmolko1   25 juillet 2011
je souhaiterais tant gouter de nouveau à la délicate senteur de votre peau, mes lèvres brulent de vous couvrir de mille baisers, mes mains frémissent à l'idée de caresser les courbes de votre corps désirable que je suis le seul à connaitre et à vénérer. Je veux vous sentir onduler contre moi sous la tendresse de mes caresse, sous la violence suave de mon étreinte ; j'ai faim de votre amour, je veux savourer la douceur de votre chair, votre intimité. Je veux retrouver l'extase fiévreuse que nous partageâmes en tant qu'amants, mari et femme profondément, véritablement amoureux, là-haut dans le royaume paisible de notre chambre
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À l'occasion de la sortie de son podcast "Territoires intimes" (Kobo Originals), Tatiana de Rosnay est l'invitée du Salon Fnac Livres pour une rencontre en livestream sur LaClaqueFnac.com. Influencée par Émile Zola, Virginia Woolf et Daphnée du Maurier, l'auteure franco-anglaise nous embarque dans les livres audios qu'elle leur a consacrés. Elle nous partage cette expérience mêlant littérature et création audio, et propose une lecture en direct de ce nouveau format.
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