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EAN : 9782804022938
247 pages
Espace Nord (02/03/2006)
3.28/5   16 notes
Résumé :
L'expédition que conduit Haréton Ironcastle s'enfonce avec précaution dans un territoire semblant tout droit surgi des rêves les plus fantasmagoriques. Et pourtant, il s'agit bien d'une terre inexplorée, peuplée de créatures étranges qui n'ont que peu de rapport avec l'espèce humaine : bêtes monstrueuses à trois yeux, sauriens velus, Hommes-Écailleux, rhinocéros hideux, autruches à tête saugrenue, herbes bleues et violettes animées de facultés mystérieuses. Cet autr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
C'est un récit d'exploration dans l'esprit de “Le monde perdu” d'Arthur Conan Doyle, “Le Rayon U” d'Edgar P. Jacobs, “Allan Quatermain” d'Henry Rider Haggard, avec une ambiance de “Tarzan”. Hareton Ironcastle organise une expédition dans une jungle inconnue peuplée d'espèce inconnues, humanoïdes primitifs, reptiliens, sauriens à trois yeux, flore dangereuse… Nos héros sont armés jusqu'au dents, avouez qu'une mitrailleuse, c'est bien pratique pour dézinguer les cannibales. Il y a bien sûr une femme qui participe à l'expédition et qui va évidemment se faire enlever à un moment, sinon, à part faire la couture et la popote, à quoi servirait-elle dans cette histoire (j'exagère quand même un peu). Les personnages deviennent de fins traducteurs de langues inconnues en une demi journée à peine, et apprivoisent un Gorille en un claquement de doigts, il sont trop forts ces occidentaux, quels héros ! L'esprit colonialiste est bien ancré, le blanc, civilisateur, le noir primitif, voire cannibale, et on retrouve ce qui est cher à J. H. Rosny Ainé : les peuples primitifs. le récit se veut critique vis à vis de la civilisation occidentale, qui impose son empreinte irréversible sur la nature, il y a un côté presque écologique avant l'heure et à l'opposé, le racisme n'est pas loin, le mot “nègre” apparaît parfois, et la vie des “blancs” a bien plus de valeur que celle des “noirs”. Ça m'a rappelé les vieux films de Tarzan avec Johnny Weissmuler ou les porteurs noirs se faisait sacrifier jusqu'au dernier, et quand le premier blanc risquait d'y passer, tout s'arrangeait comme par hasard, enfant déjà j'y voyait l'aspect ridicule d'un racisme qui ne s'assumait pas, condescendant et sûr de la supériorité du blanc, “Li y'en a bon blanc, li y'en a Boula Matari”. le ton et l'écriture un peu désuète, dans l'esprit du XIXe siècle, rajoutent un cachet rétro à ce livre. Maintenant, on ne peut plus lire ce genre de romans au premier degré, c'est comme Tintin au Congo. Alors oui, c'est bourré de défaut parce que ce texte à bien vieilli, mais je trouve un certain plaisir à ouvrir ce genre de roman, pour son côté épique, aventureux, ses personnages caricaturaux, héroïques, mais aussi pour son kitsch colonial dont on peut se moquer aujourd'hui avec le recul.
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Vous aimez les romans d'aventure ?
Vous aimez les romances ?
Vous aimez les romans fantastiques ?
Vous aimez les romans de science fiction ?
Et bien plongez dans cet étonnant voyage.

Soit un père, sa fille et son amoureux transi qui se lancent, dans une expédition en des contrées inconnues. Ils rencontreront sur leur route des Trapus, sorte d'hommes préhistoriques, des gouras-zankas, des indigènes et des animaux étranges.

Ce roman à l'âge de son époque, plus vieillissant que les autres textes de l'auteur que j'avais lu. Nous sommes typiquement dans les romans d'aventure du 19ème siècle partant à la découverte de contrées perdues et exotiques. L'originalité ici est dans la synthèse des différents genres de l'oeuvre de l'auteur : du récit d'aventure à la SF-Fantasy (Heroïc fantasy ?), en passant par le roman d'aventure.
Et toujours ce regard scientifique sur ce qui entoure ces personnages sur la faune et la flore.

Ici, l'homme blanc, car il s'agit bien de cela, s'aventure dans des contrées où il n'est pas le maître absolu, la perte de repères est bien présente. La condescendance n'est cependant pas de mise, l'évolution cher à Darwin a emprunté d'autres chemins, s'adaptant à son monde. Des êtres différents certes, violents parfois, fraternels aussi. La communication est toujours possible. La supériorité du blanc, de cet homme incolore est réel mais dramatique, comme lors de ces combats avec les trapus, démunis face à l'avancée technologique de la poudre. Quelle pauvre victoire nous démontre l'auteur.
Cependant, j'y ai trouvé des choses assez inconcevables, du moins difficilement : les serviteurs sont noirs, appelés nègres, rien de bien différents de l'époque. Ce qui me chagrine un peu plus de la part de Rosny, ce chantre de l'altérité et de l'évolution, est que ces nègres soient plus ou moins fidèles à l'image du sauvage : peu intelligents, forts à la besogne, "loyaux" envers leurs maîtres. Etrange de naviguer entre célébration d'une espèce différente et imagerie colonialiste.

La fin du roman emmène le lecteur dans un monde dépaysant, où la faune et la flore sont fondamentalement différents, avec des pouvoirs défensifs très étranges. Mais le texte devient dès lors fort descriptif, gâchant mon plaisir de lecture.
Une découverte qui m'a fortement déconcertée, me balançant entre enjouement et amertume. Ma première déception rosnyenne.
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Je n'avais jamais lu Rosny aîné, et force est de constater que je suis passée à côté d'une plume très agréable, avec des personnages très modernes pour leur époque, notamment Ironcastle qui accepte (un peu contraint et forcé, certes) d'emmener sa fille avec lui dans une expédition périlleuse...
Lien : https://leslecturesdesophieb..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Par cette conjonction de territoires, le lac voyait surgir sur ses rivages toutes les bêtes étranges du désert, les fauves sournois de la prairie, les hôtes sans nombre des ramures : l’autruche et la girafe, le phacochère baroque et le rhinocéros monstrueux, l’hippopotame et le sanglier, le lion, le léopard et la panthère, le chacal, l’hyène et le loup, l’antilope, le zèbre, le dromadaire et le couagga, le gorille, l’hamadryas, la guenon à camail et le babouin, l’éléphant et le buffle ; le python et le crocodile ; les aigles et les vautours, les cigognes, les ibis, les grues, les flamants, les aigrettes, les martins-pêcheurs...
- Une solitude admirable... créée pour toutes les bêtes de l’Arche, dit Guthrie. Depuis combien de fois mille ans ce lac a-t-il vu passer l’immense vie que les hommes auront détruite ou soumise avant la fin du XX e siècle ?
- Croyez-vous qu’ils la détruiront ? répondit Farnham... Si Dieu le veut. Moi, je pense qu’il ne voudra point !
- Pourquoi ? Depuis trois cents ans, ne protège-t-il pas visiblement la civilisation ? Et surtout la civilisation anglo-saxonne ? N’est-il pas écrit : « Remplissez la terre, et l’assujettissez, et dominez sur les poissons de la mer, et sur les oiseaux des cieux, et sur toute bête qui se meut sur la terre ! »
- Mais il n’est pas écrit : « Détruisez ! » Or, nous avons effroyablement détruit, Sydney, sans miséricorde et sans discernement. L’œuvre de Dieu semble être entre les mains fragiles de l’homme... Nous n’avons plus, croit-on, qu’un geste à faire. Nous ferons ce geste. Il nous conduira à notre perte... tandis que la création libre refleurira. Voyez-vous, je ne peux pas croire que tout a pu être préservé si longtemps, jusqu’à l’Australie des marsupiaux et des ornithorynques, pour périr sous des armes humaines. Je vois distinctement l’abîme qui va s’ouvrir, je vois les nations se redissoudre en peuplades, les peuplades en tribus, les tribus en clans... En vérité, Sydney, la civilisation va mourir, la vie sauvage va renaître !...
Guthrie poussa un vaste éclat de rire :
- Je prédis, fit-il, que les usines de l’Europe et de l’Amérique fumeront sur toutes les savanes et consumeront toutes les forêts ! Toutefois, s’il en était autrement, je ne suis pas de ceux qui se répandraient en pleurs. J’accepterais la revanche des Bêtes !
- Moi, je l’accepte, répondit mystiquement Farnham, parce que ce sera la volonté du Seigneur.
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Que de fois, dans la nuit belliqueuse, des guerriers Trapus avaient été amenés comme ceux-ci, pour servir de pâture. Que de fois aussi les Goura-Zannkas battus n’avaient-ils pas été mutilés et suppliciés par les Trapus vainqueurs !
- Oui, murmura Philippe, qui songeait à ces choses, c’est une scène des vieux âges.
Il marchait, pensif, à côté de Muriel, et parfois, leurs regards se croisaient avec une douceur profonde...
- Ces choses finiront un jour ! dit-elle.
- Sans doute ! Mais peut-être par la disparition des Trapus et Goura-Zannkas. Sous les balles, les bombes ou les fléaux des Blancs... Car notre civilisation, Muriel, est la plus homicide qui ait paru sur la terre. Depuis trois siècles, nous avons fait disparaître plus de peuples et de peuplades que ne l’avaient fait tous les peuples conquérants de toute l’Antiquité et du Moyen Âge. La destruction romaine a été un jeu d’enfant à côté de la nôtre. Ne vivez-vous pas, Muriel, sur une terre aussi grande que l’Europe, où vous avez fait disparaître la race rouge !
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Rebecca Storm attendait les esprits.
Elle tenait, d'une main légère, un porte-crayon d'or, la pointe sur un bloc de papier glauque.
Les esprits ne venaient point.
- Je suis un mauvais médium, soupira-t-elle ...
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Le soir allait étreindre la forêt des vieux âges et la peur, faite de peurs accumulées par les générations sans nombre, agitait les bêtes herbivores. Après tant de millénaires, la forêt ignorait presque l’homme. Dans sa persévérance obscure et inlassable, elle refaisait les formes engendrées avant les temps où naquirent les Cromlechs et les Pyramides. Les arbres demeuraient les maîtres de la terre. De l’aube au crépuscule, à travers les jours, à travers les nuits, sous les rayons rouges, sous les rais d’argent, invaincus par les siècles et vainqueurs de l’étendue, ils dressaient leurs royaumes taciturnes.
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-- Mais vous ? répéta-t-il ?
Dans la lueur bleuâtre, elle eut un mélancolique sourire :
-- Ils ne m'ont pas encore fait de mal!... Leurs actes me sont incompréhensibles. Je suis aux mains de leurs sorciers. Par moments, on dirait qu'ils me rendent un culte... d'autres fois, ils sont menaçants... Je ne sais pas. J'attends quelque chose d'horrible.
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Videos de J.-H. Rosny aîné (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de J.-H. Rosny aîné
Emmanuel Roudier en interview pour planetebd.com .Dans la lignée d?André Cheret et de son cultissime Rahan, Emmanuel Roudier s?est spécialisé dans les aventures préhistoriques en BD. 3 tomes de Vo?houna chez Soleil, puis 3 autres de Néandertal chez Delcourt? et aujourd?hui, il s?attaque à l?adaptation de La guerre du feu, le roman de J-H Rosny, dont Jean-Jacques Annaud a déjà tiré un célèbre film. A travers son ?uvre de passionné, l?auteur offre une sorte de trait d?union habile entre l?aventure grand-public et l?étude universitaire de société, pointue et didactique. Une looongue et passionnante interview?
+ Lire la suite
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