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ISBN : 2221139151
Éditeur : Robert Laffont (14/11/2013)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 306 notes)
Résumé :
Lorsque Maude Pichon s'enfuit de sa Bretagne natale pour échapper à un mariage dont elle ne veut pas, elle monte à Paris, ville-lumière en ébullition à la veille de l'exposition universelle de 1889.

Hélas, ses illusions romantiques s'y évanouissent aussi rapidement que ses maigres économies. Elle est désespérément à la recherche d'un emploi quand elle tombe sur une petite annonce inhabituelle : "On demande de jeunes filles laides pour faire un ouvrage... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (159) Voir plus Ajouter une critique
missmolko1
  30 mars 2014
Aimant beaucoup Émile Zola et le Paris qu'il décrit si bien, j'ai eu envie de découvrir Belle Époque. Des les premières pages, nous sommes plongés dans le Paris miséreux, sales, cruels parfois au coté de Maud qui débarque de Bretagne a Paris pour fuir son père et son futur mariage. Elle répond a une annonce et se retrouve engager comme repoussoir. C'est a dire que des clients riches loue ses services pour être attirante a coté d'elle qui est sensé être très quelconque. Elle va travailler au service d'une comtesse dont la vie fait son entrée dans la société et découvrir l'autre Paris. Celui de la richesse, des bals, des mariages de convenances, des dîners ou la nourriture est la en abondance.....
J'ai eu un véritable coup de coeur pour ce roman, même si je dois dire que cette "happy end" est un peu bâclée et bien peu réaliste. Mais c'est une lecture légère qui permet de se détendre de manière très agréable. Au final on est très loin de style et de l'oeuvre de Zola mais l'auteure ne veut absolument pas le copier, elle s'en est juste inspirée pour construire la trame de ce roman. Et ça donne vraiment quelque chose de très réussi.
Maud est une jeune fille naïve et attachante. J'ai beaucoup aimé sa relation avec Isabelle, jeune fille libre qui rêve d'émancipation. Sa relation avec Paul est aussi très belle.
J'ai aussi apprécié le fait que la nouvelle de Zola figure a la fin du roman, cela permet de voir ou l'auteure a puisés son inspiration et puis surtout j'espère que la jeune génération (ce livre et cette collection s'adresse plutôt j'ai l'impression aux adolescents ou aux jeunes adultes) aura envie de découvrir Zola. Pour ma part, je connaissais déjà cette nouvelle mais j'ai pris plaisir a la relire.
En tout cas je vous conseille a tous cette plongée dans Paris a la Belle Époque.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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pititecali
  10 décembre 2013
Un magnifique voyage très prenant dans le vieux Paris, une histoire hors du temps. J'applaudis un YA si prenant et sans une seule touche de fantastique !
Je n'ai pas mis la mention "coup de coeur". Pourtant, on n'en est clairement pas passé loin. Je ne saurais d'ailleurs dire ce qui m'a manqué. Peut-être un style plus fouillé encore, peut-être juste une narration à la troisième personne, peut-être juste une narration au passé, je ne sais pas. Mais sincèrement, pour un young-adult, on a là un livre d'une belle qualité à tous les niveaux.
Avec Belle époque, nous entrons dans le Paris de la fin du XIXème siècle. le début du monde moderne, et un décor tout à fait impressionnant. La Tour Eiffel est en cours de construction, la mode parisienne est incroyablement chatoyante et luxueuse, et le fossé entre les pauvres et les nantis est immense.
Les femmes sont un peu superficielles, elles n'ont que la beauté à l'esprit. Et cela va inspirer à Mr Durandeau un bien triste commerce. Car à Paris, en 1889, tout se vend, tout s'achète, tout a un prix. La femme en l'occurrence. Et la femme - laide - peut rapporter gros.
Loués comme de vulgaires robes de bal, les repoussoirs ne sont que des objets d'ornement, destinés à illuminer la beauté de la riche personne qu'elles accompagnent, à en sublimer l'éclat, comme un bijou ou un carré de soie. Un objet, dans tous les cas. Les repoussoirs ne sont même pas considérés comme des êtres humains, comme le seraient des domestiques, non. Juste des objets.
Et c'est dans cet univers que débarque notre pauvre Maude. Si elle n'est pas spécialement laide, elle est par contre vraiment quelconque, et sa proximité met donc clairement en valeur la beauté d'une personne déjà plus jolie qu'elle, sa fadeur illumine le teint de la fille d'à côté, son visage terne et non remarquable envoyant toute la lumière sur celui de l'autre. Maude va devoir apprendre à mettre sa fierté, son amour propre au placard, car il n'y a pas de place pour ses sentiments si elle ne veut pas être renvoyée chez son père avec toute l'humiliation qu'on imagine.
L'histoire de Belle époque, librement inspirée d'une nouvelle d'Emile Zola Les repoussoirs, plutôt méconnue, est belle et glauque à la fois. On la découvre avec autant de dégoût de la façon dont des humains peuvent traiter d'autres humains, que de délectation devant le pouvoir d'Elizabeth Ross à nous la rendre aussi prenante. A nous dépeindre une Maude à laquelle on s'attache immédiatement. A laquelle on s'identifie, même. Malgré ses 16 ans. Malgré le fait que cela se passe il y a plus d'un siècle. Malgré les toilettes, les coutumes, la culture qu'on ne la connaît pas. de la première à la dernière ligne, on s'y croirait. On est Maude Pichon. Personnellement, ça m'a fait le même effet que la première fois que j'ai vu Titanic, à fond dedans, j'avais été plongée dans les années 1910, comme si j'y étais. Eh bien, avec Belle époque, tout pareil.
A tout bien réfléchir, cette histoire aurait même largement pu être exploitée en mode dystopie, dans un monde ultra moderne, mais franchement, ça aurait été une grave erreur. Je pense que si cette histoire s'était déroulée n'importe où ailleurs ou à une tout autre époque, cela aurait été fort dommageable. Mais Paris, le vieux Paris, cette époque précise, avec son faste injuriant la misère juste à côté, lui donne un charme incroyable. C'est une réussite.

Dans le détail :
- La couverture : L'une des plus belles réussites de toute la collection je trouve. Elle n'en fait pas trop et dégage pourtant une beauté tout artistique qui représente drôlement bien le contenu. On ne voit pas le visage de la personne représentée, du coup, on ne peut que "ressentir" sa beauté intérieure, l'esthétique qu'elle dégage. Les couleurs sont admirablement bien choisies, et le contraste entre l'etoffe luxueuse de la robe et le métal froid de la tour Eiffel derrière est parfaitement choisi. Un coup de coeur personnel pour cette couverture, qui est juste magnifique.
- le style : Comme toujours chez Collection R, c'est fluide, et ça a la particularité d'être extrêmement prenant. Ca se lit tout seul. Celui-ci en particulier est à retenir, au niveau du style, car même si ça reste young-adult, même si ça reste au présent, et à la première personne du singulier, l'effet ressenti, du fait des conversations mondaines dans la haute société, des bonnes manières, des descriptions d'objets, de vêtements, de décors aujourd'hui oubliés, en font un des petits joyaux de cette collection destinée à un public jeune. On ne ressent pas du tout de côté trop "ado", malgré le jeune âge de l'héroïne, car elle est déjà une adulte pour son époque, ne l'oublions pas.
Bref, côté style, c'est aussi une réussite. Quand on compare aux autres ouvrages de cette catégorie, bien sûr.
- L'histoire : A priori, comme ça, juste à la lecture du résumé, on ne s'attend pas à être complètement avalé par les évènements. Et pourtant, c'est hyper efficace. Les aventures de Maude, même sans aucun élément fantastique, même si l'action n'est pas au centre des choses, sont tout bonnement super prenantes. C'est une histoire à la fois réaliste et incroyable, on hésite entre véracité historique ou fiction presque dystopique. C'est glauque et en même temps très touchant. Bref, on ne reste pas de marbre en suivant l'histoire de Maude et de ses amies repoussoirs. L'auteure a eu la bonne idée de se sentir inspirée après la nouvelle de Mr Zola, et ça nous donne un roman à la fois réel et totalement inconcevable, c'est un mélange très curieux, mais encore une fois, ça fonctionne très très bien.
- Les personnages : Alors là, chapeau à l'auteure. D'habitude, j'ai toujours du mal (beaucoup de mal) avec les gamines de 15 - 16 ans, mais là c'est vraiment passé comme une fleur. Il faut dire que du haut de ses 16 ans, Maude, à son époque, est déjà une adulte, prête à se marier, à travailler. Et puis, ses origines modestes en font une jeune fille qui a les pieds sur terre, et la tête sur les épaules, qui va chercher à subvenir à ses besoins plutôt qu'à penser à des futilités. Un caractère appréciable donc pour un personnage aussi jeune. Elle est belle de l'intérieur, par son âme d'artiste, par sa fragilité, son besoin d'amour, de tendresse, d'amitié. J'ai beaucoup aimé Maude. J'ai également beaucoup aimé les personnages secondaires, qui sont tous réussis à leur niveau.
- L'édition : Au niveau de la correction, une petite déception. Petite parce que ça reste correct bien entendu, juste quelques couacs très peu nombreux. Mais déception parce que je ne me souviens pas d'avoir déjà relevé des coquilles dans les romans de cette collection (mais j'ai peut-être oublié...) Pas de fautes proprement dites, mais des coquilles (parfois assez grosses tout de même) passées à la trappe, des mots manquants, ou au contraire, des mots en trop. Rien de méchant, mais ça m'a surprise.
Pour le reste (objet-livre, couverture, chapitrage, aération du texte) rien à redire, il est parfait comme les autres. Ca se lit très (trop ?) vite, la police est vraiment grande, le texte très aéré, les chapitres très courts... Ca se dévore !

Vous l'aurez compris, je vous recommande chaudement ce roman, petite nouveauté chez Collection R, et un vrai bijou ! Vous aimerez, j'en mets ma main au feu !

Cali
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MllePeregrine
  01 novembre 2015
J'ai adoré ce livre!
L'histoire, je trouve, sort de l'ordinaire: Maude Pichon, une jeune bretonne qui a fugué à Paris pour fuir un mariage qui lui faisait horreur, se voir obligée, pour pouvoir vivre, de travailler pour la fameuse agence Durandeau, qui recrute des jeunes filles laides (ou au moins au visage banal, insignifiant). Ces jeunes filles servent alors de "faire-valoir" à des femmes de la haute société qui veulent mettre leur beauté en avant.
Comment cela me direz-vous? Prenez un fruit, normal, pas abîmé. Rien ne le démarque alors des autres. Placez-le à côté d'un fruit pourri. Forcément, le premier n'en deviendra que plus beau! C'est exactement la même chose avec ces femmes qui embauchaient des jeunes filles laides. Elles les fréquentaient, sortaient avec elles, dans l'unique but de faire ressortir leur propre beauté...
Ignoble! me répondrez-vous. Eh oui...
Cette histoire, inspirée d'une nouvelle d'Emile Zola: "Les Repoussoirs", est très bien écrite. Les personnages sont réalistes, aussi bien Maude qui, et on peut la comprendre, prend un peu la grosse tête à force de fréquenter la famille Dubern, qu'Isabelle, cette jeune comtesse qui cherche à échapper aux carcans imposés par sa condition. La mère de cette dernière est, quant à elle, presque une caricature d'elle même, obnubilée par le futur mariage de sa fille, sa beauté, etc.
Il ressort parfois de ce livre un certain malaise face à ses filles exploitées pour leur laideur. Comment peuvent-elles vivre ainsi? Quel regard ont-elles sur elles? C'est à ces questions, que Zola laisse en suspens, que tente de répondre Elizabeth Ross.
Enfin, ce roman a été sélectionné pour faire partie du prix des Incorruptibles. Il est à conseiller vivement aux adolescents qui découvriront peut-être alors une histoire inattendue, dans un univers parfois pas si éloigné du nôtre qui promeut sans cesse et par tous les moyens la beauté, la minceur comme des idéaux à atteindre.
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tousleslivres
  06 juillet 2014
Maude Pichon, 16 ans arrive à Parie en 1889. elle a fuit sa Bretagne natale. Elle a fuit aussi un mariage forcé avec le bouché du village. C'est son père qui veut la marier à tout prix. Sa mère étant morte quelques années plus tôt.
Maude rêve de cette ville, qu'elle voit romantique. Mais après quelques mois passé dans la capitale qui s'apprête à célébrer l'exposition universelle, elle se voit contrainte de changer de travail. Celui qu'elle occupe dans une blanchisserie ne lui permet pas de vivre, ni même de manger à sa faim.
Alors elle va répondre à une annonce :
« On demande
Des jeunes femmes
pour faire un ouvrage facile.
Bienséance respectée.
Présentez-vous en personne
à l'agence Durandeau,
27, avenue de l'Opéra, Paris. »
cette fameuse agence propose à de jeunes et riches clientes de louer les services de jeunes femmes « moches ». le rôle qu'on leu demande est de se prêter au jeux du « faire valoir »... des repoussoirs !!!
Maude va être embauchée par la comtesse Dudern, au service de la fille de cette dernière. Mais, elle n'est pas dans la confidence comme elle le devrait. Elle pense justement que Maude est une pauvre provinciale venue à Paris chez sa tante Mme Vary.
Maude devient peu à peu amie avec Isabelle puisqu'elle ne se doute de rien. C'est alors que leur amitié va être malmenée quand Maude ne veut plus jouer l'espionne et le « petite singe » pour la comtesse.
Mais la vengeance de Maude va être à la hauteur du traitement avec lequel elle a été traité depuis qu'elle fait partie de cette agence.
Une histoire tirée d'une nouvelle méconnue d'Émile Zola « Les repoussoirs ». L'auteur Elizabeth Ross, a su parfaitement tirer le maximum de cette nouvelle pour en sortir toute une histoire riche et plonge le lecteur dans le Paris de l'exposition Universelle de 1889.
J'ai adoré me replonger à cette époque que j'adore !!! Ce Paris avec ses ruelles malfamées et sombres. Ces hivers frais et neigeux. Ces petites gens qui n'ont pas de quoi manger malgré le travail harassant et en contre partie, cette bourgeoisie qui semble être au dessus de tout et qui peuvent tout acheter avec leur argent. Tout acheter, enfin, presque tout …
Et puis, cette Tour Eiffel que j'adore et qui a traversée ces années...
Ce livre m'a donné le goût de me replonger dans es deux tomes de Maxime Chattam « Léviatemps et le Requiem des abysses ».
Lien : http://tousleslivres.canalbl..
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afleurdemots
  06 mai 2014
« A Paris, tout se vend : les vierges folles et les vierges sages, les mensonges et les vérités, les larmes et les sourires. »
Tels sont les premiers mots de la courte nouvelle « Les Repoussoirs » d'Emile Zola qui nous relate comment un industriel, nommé Monsieur Durandeau, a fondé une agence de location de femmes laides qui vont servir de faire-valoir à des clientes issues de la bonne société. Ainsi naissent donc les Repoussoirs, ces filles sans attrait « que l'on prend au bras et que l'on promène sur les trottoirs pour rehausser sa beauté et se faire regarder tendrement par les jolis messieurs ! ».
Nous sommes en 1888, à Paris. C'est la Belle Epoque : une ère de décadence, de changements et surtout, de beauté. Fraichement débarquée à Paris pour échapper à un mariage arrangé par son père, Maude âgée de 17 ans, rêve de troquer son destin déjà scellé contre une nouvelle vie dans la capitale. Mais la jeune fille va rapidement déchanter. La vie à Paris est loin d'être aussi romantique et exaltante qu'elle l'avait imaginée ; et sans argent ni projets, Maude cherche désespérément un travail.
Un jour, elle tombe par hasard sur une annonce affichée dans la rue et émanant de l'Agence Durandeau qui promet un ouvrage facile à de jeunes femmes. Dans sa précipitation, Maude ne la lit qu'en diagonale et ne saisit pas que l'offre d'emploi s'adresse en réalité à des jeunes femmes laides dont le travail consiste à tenir le rôle de faire-valoir. A peine a-t-elle mis les pieds à l'Agence que M. Durandeau la présente à une riche cliente, la Comtesse Dubern, qui cherche une « compagne » pour sa fille, Isabelle.
Lorsque Maude prend finalement conscience de sa méprise et du véritable rôle qu'on lui demande de tenir, la jeune fille, d'abord scandalisée par le procédé, réalise pourtant bientôt qu'elle n'a pas les moyens de refuser cet emploi, aussi dégradant et humiliant qu'il puisse être. La garantie d'un salaire confortable aura raison de ses dernières réticences et la poussera à accepter la proposition de monsieur Durandeau.
Outre l'humiliation infligée par sa position de repoussoir, la nouvelle recrue doit également faire face à d'autres difficultés. En effet, Isabelle ignore que Maude a été engagée par la Comtesse afin de l'espionner et de la manipuler pour qu'elle contracte une union avantageuse. A mesure que Maude se rapproche d'Isabelle, le secret de sa réelle identité devient plus lourd à garder. Et bientôt, la jeune repoussoir comprend qu'elle va devoir faire un choix irrévocable et lourd de conséquence : continuer à jouer la comédie afin de protéger ses intérêts tout en ruinant le bonheur et les espoirs d'Isabelle, ou bien dire toute la vérité et sacrifier son propre avenir.
S'inspirant de la nouvelle de Zola, « Belle Epoque » reprend et exploite le thème central des Repoussoirs, ces jeunes filles sans attrait engagées par des aristocrates afin de mettre en valeur leur beauté. Afin de mieux servir son intrigue, Elizabeth Ross a légèrement modernisé le cadre historique de la nouvelle, situant l'action de son récit environ 30 ans après la publication du texte d'Emile Zola.
Le Paris à la Belle Epoque constitue donc la toile de fond de ce roman. Période de paix et de grand optimisme, riche en découvertes scientifiques et technologiques, elle incarne un tournant décisif vers la modernité.
Si l'on est loin des descriptions d'une précision clinique de Zola, Elizabeth Ross parvient cependant à retranscrire de manière tout à fait acceptable l'atmosphère de l'époque en s'appuyant sur des détails astucieusement choisis et à grande portée symbolique.
Ainsi, la construction de la Tour Eiffel en vue de l'exposition universelle de 1889, sert de véritable fil rouge à l'intrigue principale. Un choix particulièrement judicieux de la part de l'auteure compte tenu du thème central de son roman. Car la tour de Gustave Eiffel incarne parfaitement une des questions au coeur du récit, à savoir la nature de la beauté.
Monstre de fer défigurant Paris pour certains, la Tour Eiffel était pour d'autres une merveille d'élégance et de modernité, témoignant des progrès industriels et de l'innovation de l'époque. Aussi décriée qu'adulée, elle témoigne du caractère complexe et relatif de la beauté et incarne une époque au tournant du siècle, déchirée entre modernité et traditions. A travers « Belle Epoque », Elizabeth Ross nous démontre à quel point les standards de beauté évoluent avec le temps et changent d'une société à l'autre.
Mais au-delà du questionnement sur la nature de la beauté, « Belle Epoque » relate aussi la merveilleuse histoire d'amitié qui va progressivement unir deux jeunes filles issues de catégories sociales opposées. D'un côté, il y a Maude, petite provinciale à la vision fantasmée de la capitale, qui rêve de brader la précarité de son quotidien contre le train de vie dispendieux d'Isabelle. de bals en réceptions, la jeune fille va ainsi se laisser peu à peu enivrer par le monde d'opulence et de décadence qui s'ouvre devant elle… au risque de s'y perdre. A l'inverse, Isabelle n'aspire qu'à s'extraire de sa cage dorée pour réaliser son rêve : entrer à l'université afin d'y étudier les sciences.
En dépit de leurs différences, Maude et Isabelle aspirent donc toutes deux à se libérer des carcans de leurs conditions sociales. Au contact l'une de l'autre et au gré de leurs échanges, les deux jeunes filles vont progressivement prendre confiance en elles pour finalement prendre en main leurs destins.
D'un point de vue historique, on peut donc louer les efforts de l'auteure pour exploiter ainsi le contexte de la Belle Epoque afin de mettre en valeur son intrigue. Loin de n'en faire qu'un simple écrin pour son récit, Elizabeth Ross multiplient les images symboliques afin de donner davantage de profondeur à l'histoire et d'appuyer son propos.
Si j'ai apprécié les questionnements soulevés par l'auteure tout au long de son roman, sur le fond, l'intrigue de « Belle Epoque » est malheureusement sans surprisepour le lecteur qui assiste, impuissant, aux mauvais choix de Maude et à leurs conséquences aussi prévisibles qu'inéluctables. On devine rapidement que la vérité éclatera tôt ou tard et que les répercussions de ces révélations seront lourdes de conséquence pour nos deux héroïnes.
Pourtant, malgré une intrigue convenue et sans surprise, je n'ai pas boudé mon plaisir de lire un roman young adult proposant une intrigue se basant sur une idée originale et exploitant plutôt judicieusement le contexte historique abordé. J'ai été séduite par les nombreux thèmes évoqués, allant de la critique des standards de beauté à la place des femmes dans la société. Même si la démonstration manque certes d'un peu d'envergure pour pleinement convaincre, l'intention n'en est pas moins louable.
Un roman qui sort des sentiers battus, et un très bon moment de lecture.
Lien : http://afleurdemots.comli.co..
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critiques presse (1)
HistoiresSansFin   31 mars 2014
Cerise sur le gâteau, les éditions Robert Laffont ont choisi de publier la fameuse nouvelle de Zola à la suite de l'histoire d'Élisabeth Ross, bâtissant un pont agréable à traverser par les lecteurs « young adult » vers l'époque et la littérature française du 19e siècle.
Lire la critique sur le site : HistoiresSansFin
Citations et extraits (59) Voir plus Ajouter une citation
paraty62paraty62   07 janvier 2014
- Je vous mets au défi de trouver le chapeau le plus laid de la boutique, me lance-t-elle. Un chapeau qui me rendrait ridicule.
La comtesse et Mme Vary sont occupés avec la vendeuse ; aucune ne se portera à mon aide. Je prends une profonde inspiration et j'examine les couvre-chefs qui m'entourent, à la recherche du plus laid, du grotesque, de l'intrus. Isabelle ne me quitte pas d'une semelle. En voilà un qui fera l'affaire, avec sa voilette et cette profusion de roses en soie.
- Celui-là.
- Il ne vous plaît pas ?
- Je le trouve trop chargé pour être élégant.
Isabelle examine mon choix de plus près. C'est une avalanche de roses en soie, une masse informe où l'on ne sait où finit le chapeau, où commence le rosier. Même la voilette est semée de petites fleurs.
- Qui oserait porter une horreur pareille, à votre avis ? me demande Isabelle, amusée.
- Une actrice, peut-être. Une vedette du vaudeville ?
- Ou une courtisane, ajoute-t-elle avec une étincelle dans le regard, et elle pose le chapeau sur sa tête.
Je laisse échapper un rire contraint, à demi rassurée par la tournure qu'ont prises les événements. Mme Vary s'approche de nous alors qu'Isabelle parade avec le rosier sur le crâne.
- Avez-vous trouvé votre bonheur, avant que votre mère règle la note ?
_ J'ai eu un coup de coeur pour celui-ci, mais votre nièce prétend qu'il me fait ressembler à une demi-mondaine.
Je sursaute. Mme Vary, écarlate, me foudroie du regard. Isabelle retire le chapeau du bout des doigts, comme s'il était souillé de boue et le perche sur le présentoir. Quelle peste ! Elle ment comme elle respire.
- Maude ! Présentez immédiatement vos excuses, m'ordonne Mme Vary d'une voix acide. Isabelle, elle n'avait pas l'intention de vous froisser, j'en suis certaine. C'est qu'elle sort tout juste du ... euh, du couvent, et les dernières modes parisiennes sont pour elle une terre inconnue.
[...]
- (La Comtesse) Isabelle et vous, vous êtes parfaitement assorties. C'est vous que je veux pour ses débuts au bal des Rocheforts. Mais avant de vous lâcher dans le monde, vous dinerez avec nous demain soir - un diner entre intimes, qui m'assurera que vous savez vous comportez en société. Mais que cela soit très clair entre nous, poursuit-elle d'une voix aussi cinglante qu'un coup de fouet. Isabelle ne doit pas savoir qui vous êtes. Officiellement, vous êtes sa nouvelle meilleure amie. Il faut qu'elle soit dans l'ignorance la plus totale. Me suis-je bien faite comprendre ?
Lentement, je hoche la tête. J'ai parfaitement compris : la comtesse vient de me confier une mission impossible.
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JoohJooh   28 octobre 2015
-Combien de temps la tour [Eiffel] tiendra-t-elle debout avant qu'on la rase ?
-Quelques années, pas plus, répond Isabelle (...).
-Pourquoi les parisiens la détestent-ils tant ?
-La plupart la trouvent laide et vulgaire.
-Peut-être que la vulgarité n'empêche pas une forme de beauté.
[...]
C'est un véritable exploit de construire ce colosse - un hommage à l'imagination et au labeur humain.
-Ça m'a l'air très bien. Quelle tristesse ce sera quand il faudra la démolir; tous ces efforts pour bâtir quelque chose d'aussi grand et d'aussi solide - pour le détruire ensuite. C'est comme détruire un rêve.
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JoohJooh   16 novembre 2015
Le chapelet de notes me fait penser à un cours d'eau vive. Une douleur - non, pas une douleur, une forme de nostalgie affleure sous cette mélodie douce et pure. Les notes conversent soudain avec mes émotions, les amadouent, les attirent hors de leur cachette. J'ai l'impression que sa musique jaillit d'une source qui n'est autre que mon coeur; ce n'est pas l'expression d'une émotion, mais l'émotion en elle-même. Tout ce que je garde verrouillé en moi - mes rêves, la peur, l'angoisse, la désillusion - et, malgré tout, l'espoir.
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JoohJooh   23 octobre 2015
Il n'y a pas d'échelle empirique pour la beauté. L'humain est mille fois plus complexe. D'après tes observations, il y aurait des attributs quantifiables, susceptibles d'embellir ou d'enlaidir une personne par rapport à une autre, comme dans la table de Mendeleïev. Mais ça ne fonctionne pas comme ça. Il y a des critères plus relatifs.
[...]
L'intelligence, l'esprit, la bonté - en résumé, la personnalité. Il y a ensuite un facteur que tu as omis: l'oeil de celui qui regarde, une autre des innombrables complexités humaines.
+ Lire la suite
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orbeorbe   20 janvier 2014
Notez ces cheveux, à peine plus remarquables que de la paille mouillée ; ce nez en trompette ; ces taches de rousseur et ce teint fané ; et ce regard éteint - bovin dans l'expression, dirais-je, et d'une couleur quelconque. Notez enfin, je vous prie, cette carcasse mal charpentée, ces os saillants, récite Durandeau.

Mon coeur est percé par les mille épines que contient cet inventaire, cette liste de défauts, mes défauts, prononcée par ce petit bonhomme avec une telle désinvolture.
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