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EAN : 9782707331489
105 pages
Éditeur : Editions de Minuit (01/11/1983)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 26 notes)
Résumé :
La joie est, par définition, illogique et irrationnelle.
La langue courante en dit là-dessus plus long qu'on ne pense lorsqu'elle parle de " joie folle " ou déclare de quelqu'un qu'il est fou de " joie ". Il n'est effectivement de joie que folle ; tout homme joyeux est à sa manière en déraisonnant. Mais c'est justement en cela que la joie constitue la force majeure, la seule disposition d'esprit capable de concilier l'exercice de la vie avec la connaissance d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
gregostar77
  29 avril 2018
Un livre à connaitre des mélomanes, des inconditionnels de la musique classique et de la musique rock, amateurs de Mozart et des tragiques grecs (Sophocle, Eschyle).
Ce livre peut être un bon guide pour apprécier une interprétation musicale où on décèlerait un brin d'allégresse teintée de folie retenue. Clément Rosset vous permettra de connaitre la philosophie tragique de Nietzsche et de resituer les concepts qu'il a construits, l'apollinien et le dionysiaque, l'éternel retour, la joie et le tragique, dans des oeuvres musicales et théâtrales .
Clément Rosset, un philosophe contemporain, non habitué des plateaux de télévision qui gagne à être mieux connu, lorsqu'il nous invite à parcourir la galaxie philosophique, à travers la musique, la littérature et le cinéma.
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LucSeguin
  21 mai 2018
Le 12 février dernier, j'étais tout en émoi, je voyais des liens partout, notamment « une parenté d'esprit entre Émile Cioran et Clément Rosset, ce dernier lui ayant même consacré un essai : La Force majeure ». J'ai vraiment écrit ça ! Eh bien non. Je viens de terminer la lecture de cet essai, et, s'il est vrai que les deux philosophes s'accordent sur le constat de « l'égale et morne insignifiance de toute chose », en revanche ils s'opposent quant à la manière d'échapper à cet état de fait. Alors que Cioran ne voit d'issue que dans le suicide (la vie, un « état de non-suicide », écrit-il dans Précis de décomposition), Rosset, lui, table sur la joie, la « béatitude » nietzschéenne, laquelle tire sa force du réel, c'est-à-dire de ce qui, précisément, ne peut que la contrarier.
La suite sur mon blogue
Lien : http://lachambredecoute.blog..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
aleatoirealeatoire   21 août 2018
Affirmer le caractère névrotique de l'espérance peut certes sembler paradoxal : puisqu'on tient généralement celle-ci pour une vertu, c'est à dire une force. Pourtant il n'est pas de force plus douteuse que l'espérance. Ce n'est sans doute pas par hasard, ni par l'effet d'une erreur de copiste, que Hésiode assimile, toujours dans Les travaux et les jours, l'espoir au pire des maux, au fléau qui est resté dans la boîte de Pandore, à la libre disposition des hommes qui s'y précipitent dans la pensée qu'ils y trouveront le salut et le contre-poison à tous les autres maux, alors qu'il s'agit d'un poison parmi les autres, sinon du poison par excellence. Tout ce qui ressemble à de l'espoir, à de l'attente, constitue en effet un vice, soit un défaut de force une défaillance, une faiblesse, - un signe que l'exercice de la vie ne va plus de soi, se trouve en position attaquée et compromise. Un signe que le goût de vivre fait défaut et que la poursuite de la vie doit dorénavant s'appuyer sur une force substitutive : non plus sur le goût de vivre la vie que l'on vit, mais sur l'attrait d'une vie autre et améliorée que nul ne vivra jamais. L'homme de l'espoir est un homme à bout de ressources et d'arguments, un homme vidé, littéralement "épuisé" ; tel cet homme dont parle Schopenhauer, qui "espère trouver dans des consommés et dans des drogues de pharmacie la santé et la vigueur dont la vraie source est la force vitale propre".
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   10 novembre 2019
Une des marques les plus assurées de la joie est, pour user d’un qualificatif aux résonances fâcheuses à bien des égards, son caractère totalitaire. Le régime de la joie est celui du tout ou rien : il n’est de joie que totale ou nulle (et j’ajouterai, anticipant sur la suite de mon propos, qu’il n’est de joie qu’à la fois totale et de certaine façon nulle). L’homme joyeux se réjouit certes de ceci ou de cela en particulier ; mais à l’interroger davantage on découvre vite qu’il se réjouit aussi de tel autre ceci et de tel autre cela, et encore de telle et telle autre chose, et ainsi de suite à l’infini. Sa réjouissance n’est pas particulière mais générale : il est « joyeux de toutes les joies », omnibus laetitiis laetum, comme le dit un amoureux comblé dans une pièce du dramaturge latin Trabéa, partiellement citée par Cicéron. Parole pénétrante, encore qu’on ignore tout du contexte dans lequel elle se situait. Ce que suggère une telle parole peut à peu près s’énoncer ainsi : il y a dans la joie un mécanisme approbateur qui tend à déborder l’objet particulier qui l’a suscitée pour affecter indifféremment tout objet et aboutir à une affirmation du caractère jubilatoire de l’existence en général. La joie apparaît ainsi comme une sorte de quitus aveugle accordé à tout et à n’importe quoi, comme une approbation inconditionnelle de toute forme d’existence présente, passée ou à venir.

La force majeure, p. 7-8
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   13 novembre 2019
Conséquence curieuse de ce totalitarisme : l’homme véritablement joyeux se reconnaît paradoxalement à ceci qu’il est incapable de préciser de quoi il est joyeux, de fournir le motif propre de sa satisfaction. Car il aurait sur ce point beaucoup trop de choses à dire en général, tout en ne trouvant rien à alléguer en particulier.

La force majeure, p. 8
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PiatkaPiatka   12 février 2019
L’appoint de la joie est nécessaire à l’exercice de la vie comme à la connaissance de la réalité.
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DanieljeanDanieljean   25 janvier 2018
La langue courante en dit beaucoup plus long qu'on ne pense lorsqu'elle parle de "joie folle" ou déclare de quelqu'un qu'il est "fou de joie". Tout homme joyeux est nécessairement et à sa manière un dé­raisonnant. Mais il s'agit là d'une folie qui permet d'éviter toutes les autres, de préserver de l'existence névrotique et du mensonge permanent. À ce titre elle constitue la grande et unique règle du savoir-vivre
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Vidéo de Clément Rosset

L'autre Nietzsche - 2/3 - Conférence le Monde en partenariat avec la Fnac
A l'occasion de la sortie du hors-série du Monde consacré à Friedrich Nietzsche, le Monde, en partenariat avec la Fnac, a organisé une rencontre autour du philosophe, philologue et poète allemand, le temps d'un échange privilégié avec les invités. En présence de Philippe Sollers, écrivain, Clément Rosset, philosophe et Dorian Astor, auteur d'une biographie sur Nietzsche. Rencontre animée par Frédéric Joignot, journaliste au Monde. Enregistré le 27 juin 2011 à l'Auditorium le Monde.
Dans la catégorie : Allemagne et AutricheVoir plus
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